CINÉ-CLUB UKRAINIEN - ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE
22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53
Mardi 3 mai, 19 h. Entrée libre.
INCLINE-TOI JUSQU'À LA TERRE (ВКЛОНИСЯ ДО ЗЕМЛІ)
vostf
Projection suivie d’un débat animé par Virginie Symaniec, spécialiste du théâtre bélarusse, chargée du pôle édition et traduction (Maison d’Europe et d’Orient)
Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1985, 78 mn, coul.
Réalisation : Léonide Ossyka
Scénario : Valentin Yéjov, Volodymyr Loubomoudrov, Léonide Ossyka
Photographie : Valeriï Kvas
Décors : Petro Slabynskyi
Musique : Volodymyr Houba
Son : Alexandre Kouzmine
Interprétation : Stéphanie Staniouta, Nadia Markina, Victor Fokine, Pavlo Kormounine, Nina Tobilevytch, Slava Kniazev, Evhen Pachyne, Alexandre Movtchane, Lev Kolesnyk, Lès Serdiouk, Mykola Krioukov, Svitlana Kniazeva, Volodymyr Andreïev.
Genre : drame psychologique
Récompense : Diplôme du Festival de Jdanov décerné à Léonide Ossyka, Prix du Comité d’État de la cinématographie d’Ukraine et Diplôme de la meilleure Photographie décernés à Valeriï Kvas.
Synopsis
Maria vit dans une petite métairie. Survient la guerre, son mari part au front. Les Allemand
s occupent le village voisin. Maria cuit du pain pour les partisans qu’elle rejoint bientôt avec ses trois fils. Au cours d’un raid, son fils Mykola est arrêté et fusillé. Sa fille Nina
préfère le suicide au déshonneur. Son fils cadet tombe en héros sur le champ de bataille. Plongée dans le chagrin, Maria trouve un jour à côté d’une femme tuée un bébé. Elle recommence à vivre et
adopte par la suite trois orphelins qu’elle aime comme ses propres enfants. La voici grand-mère avec ses petits-enfants. Mais le temps n’efface pas ses peines. Des
années plus tard, Maria retrouve la tombe de celui qu’elle enterra de ses propres mains en 1943.
Opinion
Après huit années d’absence, Léonide Ossyka revient à la fiction avec Incline-toi jusqu’à la terre, relatant le rude destin d’une femme ukrainienne qui a
perdu sa famille pendant la guerre, réalisé dans l’esprit du film d’Elem Klimov Requiem pour un massacre. Le thème de ce drame psychologique est aussi celui qu’il développa dès son
premier long métrage Qui reviendra, aimera (1967) – le destin d’une mère face à la guerre. Le rôle de l’héroïne Maria est interprété successivement par la jeune première Nadia
Markina et par l’actrice bélarusse Stéphania Staniouta, coutumière des rôles de mater dolorosa. Devenue très populaire en dehors de sa patrie, après l’admirable rôle de Daria qu’elle tint
dans Les Adieux à Matiora d’Elem Klimov et Laryssa Chepitko, Stéphania Staniouta revient une deuxième fois dans le cinéma ukrainien. En 1976, elle avait participé à Septembre, mois
d’angoisse (1976), autre film de guerre du même Ossyka qui stigmatisait le maquis nationaliste ukrainien.
Ici encore, comme dans la plupart des films de guerre de l’époque, une séquence
antinationaliste s’impose. Marie, la jeune héroïne, refuse de se donner à un policier ukrainien parce qu’elle ne veut pas de rejeton nationaliste. Film alimentaire, quand bien même humaniste mais bien en-deçà des Cloches de paille que Youriï Illienko se prépare à
réaliser, Incline-toi jusqu’à la terre sera le dernier tribut que
paiera Léonide Ossyka au cinéma brejnévien. Passage obligatoire pour la survie des cinéastes, ce cinéma phagocyte plus du quart de la production des Studios Alexandre
Dovjenko de Kiev, livrée à l’occasion du 40ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le succès de Stéphania Staniouta lui vint relativement tard dans sa carrière, lorsque des rôles de femmes âgées lui furent confiés. Par la suite, l’actrice participera dans d’autres productions ukrainiennes, notamment dans Les Histoires d’Ivan (1988) de Boris Ivtchenko, Le Paria (1990) de Volodymyr Saveliev et Le Prix d’une tête (1992) de Mykola Ilinskyi, des films importants qui laisseront une trace visible dans le passage mouvementé de la perestroïka vers l’indépendance.
Lubomir Hosejko
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Synopsis

en plein chaos.
La réalité que montre la cinéaste – celle des années de la perestroïka – n’est plus qu’une parodie des rapports humains. Les deux héros – qui apparaissent dans deux segments de film successifs –
réagissent de manière diamétralement opposée à l’agression permanente qu’ils subissent du monde extérieur, à la spirale de violence que la réalisatrice nomme « corridor de la haine ».
Le premier, une veuve qui vient d'enterrer son mari, "cogne” littéralement tous ceux qu'elle croise sur son chemin. Le second, enseignant, souffre du “syndrome asthénique”: sa tactique de fuite
consiste à s’endormir chaque fois qu’on l’assaille, jusqu’à ce qu’il ne se réveille plus de ce sommeil irrésistible, allongé par terre dans une rame de métro, mort dans l’indifférence
générale. Mouratova alterne lieux publics (bus, marchés, escaliers d'immeubles collectifs) où l'obscénité est à son comble, et lieux privés, où l'individu affronte soit une solitude
insupportable, soit une incommunicabilité totale. Un assemblage de voix cacophoniques occupe la plus grande partie de la bande-son. Les dialogues ne sont que des monologues à plusieurs. Ils sont
rédigés dans un langage largement ordurier, ce qui a retardé de quelques mois l’autorisation de sortie du film, bien que la levée de toute censure ait été proclamée en 1986 lors du Ve Congrès de
l’Union des Cinéastes de l’URSS. 
Premier d’une série de trois longs métrages à consonance idéologique (Le Premiers gars, Rhapsodie ukrainienne, Une fleur sur la pierre), Le Premier gars est une
comédie calquée sur des dizaines d’autres films louant le paradis soviétique, avec parfois des situations à la limite de l’absurde. Dans la traduction filmique du scénario aux velléités
satiriques, ainsi dans la scène du dégel qui commence par la fonte d’un bonhomme de neige, Paradjanov arrive à injecter çà et là un brin d’ironie. Passant au crible quelques poncifs du cinéma
stalinien et parodiant, par certains côtés, le burlesque américain, sa fantaisie moqueuse fait de cette comédie un classique acidulé du cinéma khrouchtchévien. Tout l’art du réalisateur, qui
engage des comédiens frais émoulus de l’Institut théâtral de Kiev, consiste à tourner en dérision des choses qui passeront inaperçues ou seront minorées aux yeux de la censure et de la critique.
De jolies blondes époussettent les tournesols avec des mouchoirs blancs, des tracteurs défilent sur un extrait du Lac des cygnes, des bicyclettes composent des ballets, le socialisme
avance au rythme des moissonneuses-batteuses et de l’accordéon. Cependant, Paradjanov ne semble pas se soustraire au message social que lui demande de délivrer la direction des studios, mais
s’attache à filmer avec une conscience militante, dans la plus pure tradition du réalisme socialiste. Ici, c’est le souci du détail, la décoration, le rituel, l’utilisation de la couleur qui
l’intéressent. Extrêmement mobile, la caméra est celle de Serhiї Revenko, avec qui Paradjanov fit ses premières armes dans Maxymko en tant qu’assistant de Volodymyr Braun. Le tout est
plutôt réussi, malgré quelques aspects irritants - joie de vivre, kermesse, chants et danses folkloriques -, les personnages devenant à la longue moins intéressants.
zien –, dans un style visuel et sonore recherché autour du thème de l’eau. C’est l’histoire vraisemblable
d’un vieillard abandonné par les siens qui s’éteint dans un village déserté. Il garde et entretient un puits où viennent se désaltérer toutes sortes de passants assoiffés. Les visions du
vieillard traduisent un univers furtif et associatif, oscillant entre prémonition et prophétie, où tout est codifié : la fin de la vie spirituelle, la désintégration de la cellule familiale,
la destruction de la vie rurale, la pollution. Pour le vieillard qui perd ses repères et ne peut retrouver la tombe de sa génitrice, la vie n’a de sens que si le puits ne tarit
pas.

exploitée dès 1989 par l’acteur Mykola Ichtchenko à la
sortie du film Le Songe du même Boukovskyi. En 2008, le producteur d’origine américaine Mark Edwards confia à Serhiї Boukovskyi, chef de file des documentaristes ukrainiens, la
réalisation de cet opus reposant sur de nouveaux éléments mais encore sur les antagonismes politiques existant dans l’Europe des années 30. Plus que tout autre cinéaste engagé ayant travaillé sur
le thème du Holodomor dans la décennie écoulée, Serhiї Boukovskyi réussit à créer le recul nécessaire à l’égard du sujet sans se risquer à faire sentir le poids des revendications nationales ou
sociétales, et se gardant même d’employer le terme de génocide. Pourtant, le film ne se prive pas de couvrir d’ignominie une frange de la population autochtone qui participa aux réquisitions et
aux exactions. D’une remarquable tenue conceptuelle, tel le travail sur la reconstruction de la bande son d’images d’archives, à l’instar des documentaires de Serge Loznitsa, Les
Survivants s’inscrit dans la continuité de la nouvelle école documentariste ukrainienne. Présenté dans plusieurs festivals de par le monde, ce documentaire reste cependant inédit en France.

Lors d’un banquet organisé par le nationaliste Kroupiak (Boryslav Brondoukov) en l’honneur d’officiers allemands, il reçoit même la Croix de fer pour sa fidélité au Reich. Kroupiak a la
monstrueuse idée de faire danser les partisans capturés sur une estrade jonchée de tessons de bouteille. Parce qu’ils refusent de danser pieds nus, ils sont exécutés sur le champ, sauf Ivanko qui
accepte le défi. Dardant son regard sur Roman, il danse pour Annytchka. Mais, comme pour ses camarades, l’estrade a été dressée pour son exécution. Envahi par les remords, Roman regrette sa
conduite. Rien n’apaisera sa conscience, pas même son union avec Annytchka. Lors de la danse nuptiale, selon la coutume, un garçonnet lui jette une assiette décorée qui se brise. La mélodie du
cymbalum se transforme progressivement en tintement de verre pilé qui lui déchire les tympans. La mise à mort d’Ivan le hante.
Quelles
attaches familiales et affectives vous lient à l’Ukraine ? 