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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:53

- Comment est né le festival Korona Karpat ?

Le festival Korona Karpat a été organisé pour la première fois en 2010. En réalité, je travaille avec le festival depuis cette année. J’étais directeur de programmation d’un autre festival. Mon devoir est d’organiser la programmation des films en compétition et hors-compétition. C’est le directeur général du festival actuel Oleh Karpyn qui a lancé l’initiative. Il assiste souvent à différents évènements du monde cinématographique. En Ukraine, il existe en fait de nombreux festivals plus ou moins grands. Oleh se demandait pourquoi il n’y avait pas de festival de grande envergure dans l’Ouest de l’Ukraine. Pourtant il y a de quoi intéresser les cinéastes. Les paysages des Carpates, la culture y est plus préservée et enfin, selon l’exemple de Karlovyi Vary, c’est aussi une ville thermale. Et Trouskavets fait partie de ces villes qui ont toute l’infrastructure nécessaire pour un tel évènement. Peut-être que le seul défaut est l’absence d’aéroport à Trouskavets. De plus la reconstruction de l’aéroport de Lviv nous a posé quelques problèmes. Donc l’idée était là, mais comme vous le savez une simple idée ne suffit pas. On est passé par une période de recherche d’associés et la création d’une équipe. On peut dire que cette période est toujours en cours. Le festival est très jeune et nous devons tous encore beaucoup apprendre et acquérir de l’expérience. Si le premier festival était plutôt modeste, le deuxième quant à lui était assez ambitieux. Par conséquent, on a fait face à de nouveaux problèmes. Ce festival est comme un enfant qui grandit, et nous grandissons avec lui en découvrant toujours de nouvelles expériences.
 http://koronakarpat.com.ua/content/galleries/2010/15/_MG_5404-800.jpg
- Quel est l’objectif du festival ?

En réalité, l’objectif initial était d’attirer l’attention sur cette région à l’aide d’un festival de cinéma, mais avec le temps, avec l’entrée de nouvelles personnes dans l’équipe, nous avons mis au point de nouvelles idées que notre festival peut accomplir. Le bilan du deuxième festival montre déjà que les Carpates peuvent s’avérer très intéressantes aux yeux des cinéastes. Etant moi-même producteur, j’ai eu l’occasion de discuter avec quelques uns de nos invités à propos d’une coproduction. J’espère que cela sera concluant. Je pense que l’état actuel du cinéma ukrainien est connu. Ce sujet est très douloureux, parce que même s’ils filment en Ukraine et s’ils soutiennent que c’est un film ukrainien en coproduction, je me dois d’être en désaccord. Parce que le cinéma ukrainien, ce n’est pas un film qui parle de la province russe et qui est tourné en Ukraine, nous avons les moyens de réaliser des films, nous avons des spécialistes et le tournage ne coûte pas cher du tout en Ukraine. Surtout lorsqu’on compare avec les prix européens ou même russes. Ainsi, le festival nous ouvre de nouvelles perspectives que nous pouvons réaliser grâce aux diverses rencontres avec des gens de différents pays. L’un des buts est aussi d’attirer l’attention des chaînes de télévision ukrainiennes. Il y a aussi des téléfilms pendant le festival, et notre objectif est de montrer aux chaînes le niveau de production de chaque pays pour qu’ils aient aussi un moyen de comparaison avec leur propre production.
 
- Quels sont les partenaires du festival ? Quel est votre partenaire en France ?

Actuellement, nous collaborons activement avec l’ambassade argentine en Ukraine. Nous avons le soutien de l’Institut Français. Après le festival de cette année, nous avons des partenaires en Autriche, Allemagne, Grande-Bretagne et Géorgie. Bien entendu, nous avons beaucoup de contacts en Russie et en Biélorussie.
 
Mais en ce qui concerne la programmation du festival, alors les pays représentés sont bien plus nombreux. Cette année, dans le programme du festival, des films de tous les continents ont participé, sauf l’Australie. Quant à nos relations avec la France, elles sont bien plus étroites maintenant. Notre partenaire est l’association Aye Aye VO Nancy Lorraine. Cette année, nous avons reçu le représentant de l’association Aye Aye, Anthony Folkmann, il nous a présenté leurs travaux et projets. Non seulement les cinéastes ukrainiens ont été très intéressés mais aussi les collègues d’autres pays qui étaient invités. Et j’espère qu’il y aura des suites positives de ce partenariat. En même temps, le soutien du Aye Aye nous attire beaucoup puisque ils existent depuis déjà assez longtemps et ils ont de l’expérience. C’est pourquoi leur soutien et leurs conseils nous sont très utiles et pertinents. Enfin, il est possible que ce partenariat donne naissance plus tard à un projet nouveau et passionnant. Je pense que notre partenariat est une étape de plus dans le dépassement des frontières entre la culture et ses représentants. La collaboration est toujours une expérience utile. J’aimerais aussi que cette collaboration entre des festivals de cinéma français et ukrainiens ait des résultats positifs pour nos deux pays.
 
- Quels sont vos projets ?


J’ai quelques projets cinématographiques que j’aimerais mettre en œuvre. La grande majorité est éventuellement dans la coproduction. Et d’ailleurs la France est un candidat possible en tant qu’associé. J’ai aussi un projet de comédie qui compte une collaboration avec l’Amérique latine. Quant au festival, c’est dur de l’admettre mais l’Ukraine est très dépendante de sa situation politique. Et cela vaut pour tous les domaines. Par exemple, cette année le festival n’a reçu aucune aide de la part du gouvernement ou du ministère de la Culture. Dans de telles conditions, il est difficile de prévoir à l’avance mais surtout de prédire. Nous continuerons notre recherche de partenariats, nous travaillerons afin que nous dépendions le moins possible de l’Etat. Mais je pense aussi à la troisième édition du festival Korona Karpat que nous commençons déjà à préparer. Et nous serons ravis d’accueillir la France comme partenaire actif de notre festival.

Prix du festival Korona Karpat 2011 :
Meilleur film : Un cuento chino, Argentine (Un conte chinois)
Meilleur réalisateur : Youriy Musyka, Russie
Meilleur scénario : Un cuento chino, Argentine (Un conte chinois)
Meilleur rôle féminin : Zuzana Kanoch, Slovaquie et Elisaveta Boiarska, Russie
Meilleur rôle masculin : Bohdan Stoupka, Ukraine
Meilleur visuel : Nebo, Peklo… Zem, Slovaquie (Ciel, Enfer… Terre)
Meilleur film psychologique : Al-raheel min Baghdad, Grande-Bretagne ( En partant de Baghdad)
Meilleur début : Petr Voltchanov, Bulgarie, Avariyno Katsane ( Atterrissage d’urgence)
Meilleure musique : Istanbul Reys, Azerbaïdjan (Le vol d’Istanbul)
Prix des spectateurs : Zagrava, Ukraine
Meilleur film documentaire : Inokynia, Biélorussie (La bonne sœur)
Meilleur réalisateur de documentaire : Vahtang Mikeladze, Russie
Meilleur scénario : The other Chelsea - a story from Donestk, Allemagne ( L’autre Chelsea)
Meilleure bande-son de documentaire : Inokynia
Meilleur montage de documentaire : Muchedumbre 30s, Equateur ( Foule du 30 septembre)
 

Propos recueillis par Darya K.

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