Culture

Jeudi 10 juin 2010 4 10 /06 /2010 21:46

Apollonia-Poilane-petite.jpgQuelles attaches familiales et affectives vous lient à l’Ukraine ? 

Ma grand-mère maternelle était Ukrainienne. Ma maman, IBU, était fière de ses origines. Architecte de formation, elle a ouvert une galerie en juin 2000 au Palais Royal. Nous y exposons toujours ses bijoux et sculptures fonctionnelles. Dans la présentation qu’elle faisait du lieu, elle n’oubliait jamais de mentionner son ascendance ukrainienne. (http://ibugallery.fr.)

Petite, j’entendais ma maman et ma grand-mère parler en ukrainien. C’est écouter leurs conversations, et manger les plats qu’elles préparaient , qui m’a fait découvrir mes origines. C’est tout naturellement que je garde une affection particulière pour l’Europe orientale, l’Ukraine en particulier.

Vos racines ukrainiennes ont elles contribué à façonner votre culture culinaire et  gustative ?

Lorsque ma grand-mère nous rendait visite, cela donnait lieu bien entendu à des repas partagés, à des moments dans la cuisine partagés.  Pour moi, ces moments permettaient la découverte d’une nouvelle culture, d’un nouveau patrimoine culinaire. Chacun de ces instants était d’ailleurs un voyage en soi. Ces repas m’ont permis également de comprendre pourquoi notre réfrigérateur était si différent de celui de mes camarades !

Mais c’est le goût de ma maman pour le pain noir qui m’a particulièrement marquée. Je pense qu’il est lié au goût des pays à l’Est de la France pour les pains à base de farines de blé complètes ou de seigle. En cela, l’union de mon papa et de ma maman était une évidence car chez Poilâne, nos farines ne sont pas blanches mais grises. Et puis, il y a le livre publié par mon papa au début des années 80. Dans le Guide de l’Amateur de Pain, il y mentionnait ce pain recouvert de petits oiseaux offert traditionnellement aux jeunes mariés pour leur souhaiter une union longue et heureuse.

Quelles places occupent les pays d’Europe centrale et orientale dans la stratégie de développement de votre entreprise ?

Nous avons fait le choix de déterminer notre développement à l’étranger par la possibilité de livrer rapidement notre pain, même si celui-ci se conserve plusieurs jours. La plupart des destinations sont livrées en 24 h. Quand le délai de livraison excède 48 h, nous préférons décliner les demandes, dans un souci de qualité de nos produits. Malheureusement, à ce jour, le délai de livraison vers l’Europe Centrale et Orientale est souvent encore trop long.

Nous poursuivons nos efforts pour trouver des transporteurs et importateurs locaux qui sauraient faciliter et accélérer  les démarches. Cela dit, nous livrons depuis plusieurs années une boutique à Prague, « Fruits de France », via un de nos revendeurs à Rungis.

Propos recueillis par Frédéric du Hauvel

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Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /2010 16:57

http://tamara-crimea.com/images/full/seb/2.jpgSébastopol évoque des faits d'armes importants dans la mémoire collective européenne, la ville est-elle toujours imprégnée de ce passé militaire ?


Sébastopol est l'une des citadelles navales les plus célèbres au monde, son siège et sa chute ont constitué les éléments les plus importants de la guerre de Crimée (1853-1856). Les armées françaises et britanniques furent victorieuses mais les pertes en vies humaines furent énormes. Le cimetière militaire français de Sébastopol a été restauré dernièrement, il comporte plusieurs stèles dédiées aux 95 615 morts de l'armée française d'Orient. Durant la seconde guerre mondiale la ville fut encerclée par les troupes de l'axe. La ville ne tomba aux mains des allemands en juin 1942 qu'après 250 jours de siège. La vaillance de ses défenseurs a conféré à Sébastopol une aura d'héroïsme et d'esprit de résistance. Plusieurs musées ainsi que de très nombreux monuments témoignent de ce passé glorieux. De nos jours Sébastopol demeure un port militaire important, sa particularité est d'abriter à la fois le quartier général de la Marine ukrainienne ainsi que celui de la flotte russe de la mer Noire.

 

http://tamara-crimea.com/images/full/bah/1.jpgPendant plusieurs siècles, la Crimée fut sous la domination des Tatars, que reste-t’il de cette période qui s'est achevée en 1783 ?


C'est en 1430 que les Tatars établirent un État indépendant dans la péninsule, le Khanat de Crimée. Jusqu'à ce que la région tombe sous influence russe à la fin du XVIIIe siècle, Bakhtchyssaraï en fut la capitale. La ville perdit alors son rôle de centre administratif mais demeura le pôle culturel des Tatars de Crimée jusqu'à leur déportation en masse sur ordre de Staline en 1944. Bakhtchyssaraï abrite le somptueux Palais du Khan, jadis visité par Pouchkine. A l'intérieur de ses murailles se trouvaient une mosquée, un harem, un cimetière, des jardins et la romantique fontaine des larmes

qui, selon la légende, pleurait l'amour d'un prince musulman pour l'une des esclaves chrétiennes de son harem.

http://tamara-crimea.com/images/full/seb/12.jpg

 

La Crimée a t’elle conservé quelques vestiges de son antique passé grec ?


Située à la périphérie de Sébastopol, Khersones, surnommée la Pompéi ukrainienne, constitue un site archéologique d’importance mondiale. Il révèle tout l’intérêt que portaient les grecs à la Crimée il y a 25 siècles lors du grand mouvement de colonisation de la Mer Noire. Un antique serment, prêté par les citoyens est entré dans l’Histoire : « Je fais le serment devant Zeus, la terre, le soleil, les déesses et les dieux de l’Olympe et les héros de la Cité que je  me consacrerai au bonheur et à la liberté des citoyens de Khersones ».

 

 

Propos recueillis par Ivan Heintz

Site de Tamara Gautreau

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /2010 17:07

kurkov-andriy-copier.jpg Invité par la section des études ukrainiennes de l’INALCO à participer à la table ronde « LES ECRIVAINS », dans le cadre de la Journée Europe Centrale et Orientale, le 14 avril 2010, le romancier Andreï Kourkov a fait honneur à l’Ukraine. Né à Saint-Pétersbourg (Léningrad) en 1961, il vit dès sa petite enfance à Kyiv.

 

Très doué pour les langues, il en parle neuf à présent, y compris le français et le japonais. Eclectique dans ses goûts, c’est un auteur aux multiples talents : chanteur, compositeur, caméraman, scénariste, journaliste et écrivain. Il est le seul écrivain ukrainien d’expression russe qui soit traduit dans le monde entier. Son œuvre est aujourd’hui traduite en 32 langues.

 

 Après avoir brièvement travaillé comme rédacteur en chef d’un magazine destiné aux ingénieurs, il est enrôlé comme gardien de prison à Odessa durant son service militaire. C’est à ce moment là qu’il a écrit un grand nombre de contes pour enfants.  Scénariste de talent, Kourkov a rédigé 18 scénarios. Il a été sélectionné comme un des trois meilleurs scénaristes d’Europe pour son scénario du film de V. Krychtofovytch «  l’Ami du défunt », par l’Académie du film européen à Berlin.

 

 Son premier roman paraît en 1991, à Kyiv, deux semaines avant la chute de l’Union Soviétique. Deux ans plus tard, il réussit à publier deux autres romans en Ukraine indépendante. Mais c’est son roman Le Pingouin, paru en France en 2000, qui lui apportera le succès international, confirmé par les romans suivants : Le Caméléon (2001), L’Ami du défunt (2002), Les Pingouins n’ont jamais froid (2004), Le dernier amour du président (2005), Le Laitier de nuit (2010).

 

Les romans d’Andreï Kourkov se caractérisent par un regard acéré et ironique sur la vie dans la société post-soviétique. Il décrit cette société  avec un humour incisif et une profonde tendresse dans laquelle évoluent aux frontières du fantastique et parfois même de l’absurde, des personnages en mal de repères, décalés et attachants.

 

Comme Nicolas Gogol, Kourkov fait cohabiter le drame et l’humour, il entremêle un réalisme social âpre et une fantaisie pétillante. Certains critiques français n’hésitent pas de l’appeler « l’héritier direct de Gogol ».

 

 « Si Gogol a quitté son Ukraine natale en 1828, à l’âge de 19 ans pour s’installer à Saint- Pétersbourg, et devenir un auteur russe, à l’inverse Kourkov, lui, a quitté St Pétersbourg à l’âge de 2 ans, pour s’établir en Ukraine, et devenir un écrivain ukrainien. Donc, l’Ukraine a perdu un écrivain, un grand, mais elle a récupéré un autre, de talent ».

 

 

Olga Mandzukova-Camel,

Professeur d’ukrainien à l’INALCO

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Mardi 11 mai 2010 2 11 /05 /2010 16:49

Comment êtes-vous venu à la littérature ?


Quand j’avais six ans, mon père m’a acheté trois hamsters que je laissais vagabonder à leur guise dans l’appartement. Mes hamsters ont eu une vie assez tragique : le premier a été tué par accident, alors que mon père a ouvert la porte un soir en rentrant à la maison. Le second a été mangé par un chat que j’avais trouvé dans la rue et ramené à la maison. Quand au troisième, il est tombé du balcon. On n’a jamais su si c’était un accident ou un suicide… Mais c’est alors que j’ai écrit mon premier poème, sur la solitude du hamster qui a perdu ses amis.

 

Mon frère était dissident et il a été arrêté sous le prétexte de cambriolage de kiosque. Ma mère a passé beaucoup de temps à essayer de faire commuer la peine de mon frère. Finalement, le juge, qui était collectionneur de médailles soviétiques, a levé les deux ans de prison de mon frère en échange des médailles de guerre de mon grand-père. Ce juge avait une grande bibliothèque, et étonnamment, beaucoup de livres interdits. C’est chez lui que j’ai découvert Hermann Hesse ou l’œuvre d’Andréï Platonov. J’ai beaucoup écrit en m’inspirant de ces auteurs, au début, jusqu’à ce que je décide qu’il fallait que je trouve mon propre style. J’ai finis mon premier roman à l’âge de 17 ans et j’ai approché  les éditeurs soviétiques et les grands écrivains ukrainiens, mais ce roman ne correspondait pas aux standards soviétiques… Au début, mes livres se sont diffusés par le biais de lectures privées.

 

Mes manuscrits ont commencé à voyager dans l’URSS et j’ai eu des invitations à Riga, à Vladivostok, pour lire mes textes. J’ai donc débuté comme écrivain « Underground »  J’ai commencé à écrire beaucoup pendant mon service militaire. Etant pacifiste, j’ai longtemps tenté de l’éviter, notamment en prolongeant mes études de linguistique : j’ai presque réussi mais c’était tellement dur à éviter que j’ai finalement dû me résoudre à y aller.  J’ai atterri comme gardien de prison à Odessa en 1984.  Mes officiers étaient surpris de mes diplômes…

 

Quand j’ai dit que mon ambition était de devenir écrivain, on m’a demandé d’écrire des textes communistes pour les journaux locaux. J’étais censé travailler toute la nuit, mais je finissais mes textes en deux heures avant d’écrire pour moi. J’écrivais des histoires pour enfants, et en 1987, j’ai commencé à gagner ma vie en écrivant des scénarios de films. En 1991, c’était la crise. J’ai pris un prêt de 16 000 dollars pour imprimer mes propres livres que j’ai commencé à distribuer http://ecx.images-amazon.com/images/I/51GgqkLjagL.jpgartisanalement,  j’en vendais moi-même sur Andreivsky Spousk. J’en envoyais également à l’étranger et j’ai finalement été publié en Autriche…

 

Parlez-nous de votre dernier roman, le Laitier de Nuit

 

J’ai essayé d’écrire un roman sans politique. Mon précédent roman, le Dernier Amour du Président, dans lequel un Président ukrainien est empoisonné et le président russe Wladimir Poutine est réélu après une pause de quatre ans, m’a valu trop d’ennuis. Les commandes ont tout simplement cessé en Russie… Avec ce roman, j’ai donc arrêté la politique et j’ai essayé d’écrire une histoire d’amour… C’est donc trois histoires, trois couples, qui essayent d’être heureux dans ce pays un peu bizarre qu’est l’Ukraine…

 

 

 Propos recueillis par Grégoire Grandjean


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Lundi 3 mai 2010 1 03 /05 /2010 20:37

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien
Mardi 1er juin 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade
22, av. de Messine, M° Miromesnil, tel. 01 43 59 03 53.
Entrée libre.

LES SCEAUX DE L’HETMAN  (ГЕТЬМАНСЬКІ КЛЕЙНОДИ)
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Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1993, 87 mn, coul.
Scénario : Serhiї Diatchenko, Léonide Ossyka
Réalisation : Léonide Ossyka
Photographie : Vadim Illienko
Décors : Inna Bytchenkova
Musique : Volodymyr Houba
Son : Bohdan Mykhnevytch
Interprétation : Serhiї Romaniouk, Loudmyla Yefimenko, Lès Serdiouk, Svitlana Kniazeva, Boris Khmelnytskyi, Volodymyr Kolada, Volodymyr Holoubovytch, Kostiantyn Stepankov, Taїssia Lytvyvenko, Vladyslav Kryvonohov, Svitlana Krout.
Genre : drame historique

Photogramme Les Sceaux de l'Hetman 1
Synopsis
Après la mort de l’Hetman Bohdan Khmelnytskyi, l’Ukraine se déchire pour sa succession. D’un côté, la majorité des officiers supérieurs cosaques qui ont soutenu Khmelnytskyi lors des guerres contre les Polonais, de l’autre les prorusses regroupés autour du colonel Martin Pouchkar qui ambitionne de devenir le maître de l’Ukraine, appuyé par une partie des Cosaques Zaporogues opposés à l’élection du nouvel Hetman Ivan Vyhovskyi. Les sceaux de feu l’Hetman gardé par sa fille Olèna sont convoités par Zahrava qui n’hésite pas à enlever la femme et les deux enfants de Jourba, fidèle serviteur de l’Hetman.


Opinion
Léonide Ossyka, qui depuis Zakhar Berkout (1971) espérait monter une superproduction historique, réalise en 1993 le dernier film de sa carrière Les Sceaux de l’Hetman, d’après le roman de Bohdan Lepkyi L’Abîme. Interdit en Ukraine Soviétique, le roman décrit les événements de 1659 sur fond d’infamies, de forfaitures et de luttes intestines de la noblesse cosaque. L’Ukraine risque de perdre son indépendance car la Russie ne la considère plus comme un pays ami mais comme l’objet de son expansion territoriale, passant outre le traité d’alliance qu’elle avait signé avec elle en 1654. Le sujet est traité à la limite du film d’aventures avec des héros exempts de contradiction. Après maints rebondissements et un duel final entre Zahrava (Boris Khmelnytskyi) et Valko Bossakivskyi (Serhiї Romaniouk), les sceaux seront enterrés, à l’insu de tous, par Olèna (Loudmyla Yefimenko) et Valko qui s’en iront vivre avec la mémoire des lieux. Filmé dans une authentique propriété cosaque, Les Sceaux de l’Hetman ne s’inscrit pas dans la série des western-borchtch, méthode décriée par Léonide Ossyka à l’encontre des réalisateurs comme Boris Chylenko (La Vallée noire) ou Serhiї Omeltchouk (La Marche des Cosaques). Pas vraiment un film à thèse ni film d’auteur, il est un dernier adieu au cinéma et à l’Ukraine auxquels le réalisateur se consacra corps et âme, avec ses acteurs fétiches, Svitlana Kniazeva, Kostiantyn Stepankov, Lès Serdiouk et tant d’autres. Le personnage central est interprété par le quadragénaire Serhiї Romaniouk dont la première apparition sur les écrans annonce l’un des plus grands acteurs du cinéma ukrainien contemporain.
Au moment de la sortie du film, il était intéressant de comparer la crise politique, économique et culturelle des toutes premières années de l’indépendance de l’Ukraine de 1991 avec le thème du film sur l’époque cosaque communément appelée les Temps de la ruine. La projection dans l’actualité immédiate était frappante : lutte pour le pouvoir, résistances passéistes, sentiment de semi-liberté ou de semi-indépendance où chacun se repent mais n’en fait qu’à sa tête. Souvent en avance ou en adéquation avec son temps, Léonide Ossyka termine sa carrière à un moment clef de la renaissance de sa patrie. L’Histoire retiendra que Les Sceaux de l’Hetman était en cours de réalisation lors de la remise solennelle des Grands Sceaux de la République Nationale d’Ukraine par le président en exil Mykola Plaviouk au président en exercice Léonide Kravtchouk. La hache de guerre était définitivement enterrée.
Dans la foulée, Ossyka n’entreprendra pas son nouveau long métrage, Dovbouch, mis en chantier scénaristique et en liste d’attente depuis plus de vingt ans, car jugé trop coûteux. Dans un ultime effort, il se lancera avec Lès Serdiouk, dans un projet sans lendemain. Après quelques jours de tournage, Et ne nous soumets pas à la tentation est abandonné, faute d’argent. Le réalisateur décèdera en 2001, après Ivan Mykolaїtchouk (1987) et Serge Paradjanov (1990), les deux grands ténors du courant de l’Ecole de Kiev.


                                                                                                                                   Lubomir Hosejko

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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /2010 20:44

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien

Mardi 4 mai 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

LES CLOCHES DE PAILLE  ( СОЛОМ’ЯНІ ДЗВОНИ )

vostf

avec le concours d’Arkeion film

 photogramme Les Cloches de paille

 

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1987, 142 mn, coul.

Scénario : Youriї Illienko

Réalisation : Youriї Illienko

Photographie : Youriї Illienko

Décors : Alexandre Danylenko, Alexandre Cheremet

Son : Bohdan Mykhnevytch

Montage : E. Soummovska

Directeur de production : Mykola Vesna

Interprétation : Lès Serdiouk, Pylyp Illienko, Serhiї Pidhornyi, Mylhaїlo Holoubovytch, Nina Matvienko, Loudmyla Yefimenko, Borys Galkine, Maїa Boulgakova, Serhiї Haletiї, Mykola Mouraviov, Natalia Soumska, Olga Soumska, Vassyl Tsybenko, Dmytro Tsapenko, Loudmyla Lobza, Victor Demertach.

Genre : drame psychologique

 

Récompenses : Prix du meilleur acteur à Lès Serdiouk au XXVIème Festival International du film de Karlovy Vary de 1988. Prix décerné à Youriї Illienko pour sa contribution au développement du cinéma ukrainien au Festival républicain de Dnipropetrovsk en 1988.

 

 

Synopsis
Quelqu’un a tiré sur Vilhota, père du collabo Yourko, tué naguère par les partisans. Vilhota, qui fut en cheville avec  les fascistes, cache soigneusement ce fait connu de tout le monde et du jeune Sachko que soupçonne le milicien chargé de l’enquête. Se sentant menacé, Vilhota veut se débarrasser du milicien et de Sachko avant que n’intervienne Yakiv Tcherneha, le père de Sachko.

Opinion
C’est avec Les Cloches de paille que prend fin, en pleine perestroïka, la période de contrainte idéologique du cinéma de Youriї Illienko. Au Festival de Dnipropetrovsk, le Prix de la contribution personnelle au développement du cinéma ukrainien lui est remis en 1988, dès son retour de Toronto, où il fut l’invité d’honneur au Festival du film ukrainien en compagnie des poètes et scénaristes Ivan Dratch et Dmytro Pavlytchko. Il y avait montré ses œuvres maîtresses, Une source pour les assoiffés, La Nuit de la Saint-Jean, mais son dernier opus Les Cloches de paille ne fut projeté qu’en huis clos dans une salle communale.
Ne subissant plus la pression idéologique brejnévienne, par laquelle il avait perdu la lucidité de regard du cinéma d’auteur de ses débuts, Illienko amorce une transition vers un art plus libéré. Les personnages de sa dramaturgie, bons et méchants, rouges ou bruns, paient une dernière fois leurs trahisons mutuelles et paranoïa lassante par nettoyage ethnique et éthique. Et si ce film reste en-deçà des films à constat social de ses confrères Mykhaїlo Biélikov (La Désintégration), Léonide Ossyka (Entrez, assoiffés), ou des films tentés par l’argument commercial de Roman Balaїan (Le Fileur) et de Viatcheslav Krychtofovytch (Femme seule désire rencontrer), il suit le postulat logique et immuable des propres choix thématiques du réalisateur. Ces choix sont empruntés à la littérature soviétique ukrainienne centrée sur l’Histoire, comme le confirme sa filmographie tout entière.
Tiré du récit de l’écrivain Yevhen Houtsalo La Zone morte, ce dixième long métrage de Youriї Illienko se passe de musique, comme jadis dans Une source pour les assoiffés,  mais  porte un titre métaphorique, allusif aux bruissements mélodiques des champs de seigle communément appelés cloches de paille. Relayées par la voix de la chanteuse Nina Matvienko, ces mélopées traduisent les misères d’une nation soumise aux maintes invasions et occupations ennemies. Elles épousent les réminiscences de la réalité filmophanique, entrelacée de scènes d’une extrême violence autour d’une population traumatisée par l’occupation allemande et la police supplétive. La scène de la pendaison, l’insoutenable scène où un nouveau-né est jeté sur un toit de chaume dévoré par le feu, évoquent la barbarie nazie dans l’Arc-en-ciel de Marc Donskoï. Irréaliste, celle du réveillon de Noël met en émoi toute une famille contrainte de manger une nourriture dans une écuelle vide, sous l’œil d’un officier allemand. Au fil du récit filmique, la caméra de Youriї Illienko annonce son retour aux impulsions oniriques et surréalistes, notamment dans les plans aériens expressément chagalliens. L’interminable séquence, où apparaissent en enfilade wagons et compartiments d’un train, véritable morceau d’anthologie fixant dans un long travelling les parias et les nantis de la population au sortir de la guerre, est digne d’une invention fellinienne. L’interprétation très convaincante de Lès Serdiouk dans le rôle de Vilhota, sans doute le plus émouvant de sa carrière, de Loudmyla Yefimenko dans le rôle de la démente, et de Pylyp Illienko dans celui de Yachko, atteste d’une direction d’acteur maîtrisée qui avait fait défaut au réalisateur pendant la stagnation. Les Cloches de paille met fin à la longue série de films qui stigmatisaient la participation des collabos à l’occupation allemande. Les frères Vadim et Youriї Illienko seront les premiers à revenir sur cette période sombre à travers leur nouveau film Le Dernier bunker (1990). Ils essaieront d’évacuer les clichés antinationalistes sans toutefois prétendre réhabiliter le maquis nationaliste, mais le replacer dans son contexte historique par rapport à la tournure que prennent les événements dans le nouveau paysage politique de l’Ukraine en marche vers son indépendance.

                                                                                                                         Lubomir Hosejko

              

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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /2010 09:12

http://www.clairedenamur.com/index.php/content/download/24080/311759/file/c_photos_de_cedric_rivrain_13_reference.jpgVous avez des racines extrêmement diverses, pourriez-vous nous expliquer un petit peu vos origines ?


Mon père est Franco-Hollandais et ma mère est née en Argentine mais elle est d’origine ukrainienne. Mes arrières grands-parents maternels ont émigré à Buenos Aires dans les années 1920, et ils étaient originaires d’Odessa et de Prusse. Ils ont fui l’Europe de l’Est au moment des vagues de Pogroms… Leurs noms de famille étaient Dejtiar et Schvarstein. Ma mère a grandi avec l’Espagnol et le Yiddish comme langues maternelles… Pour ma part, j’ai vécu dans ma jeunesse en Amérique du Nord : aux Etats-Unis et au Canada. Nous sommes revenus en France quand j’avais 15 ans. Tout ce mélange et le fait d’avoir grandi dans plusieurs pays différents représente une grande richesse pour moi, mais il y a aussi des temps d’adaptation qui sont parfois difficiles, comme quand je suis revenue en France. Au brevet, certaines de mes notes ont été catastrophiques, en biologie notamment : je ne connaissais le vocabulaire qu’en Anglais !



Cette diversité culturelle doit s’exprimer à travers votre musique…


Absolument. Mon frère, ma sœur et moi avons été élevés dans un univers musical au gré des goûts et origines de nos parents ainsi que des lieux où nous avons vécu. Mon père, Yves Denamur, nous a passé sa passion pour Bob Dylan, America ou Neal Young. Petite, j’ai été forcée à apprendre le piano mais suis rapidement passée à la guitare en autodidacte. Au début, je jouais pour moi et mes amis, et rapidement, j’ai commencé à écrire des chansons influencées aussi bien par le country blues, le negro spiritual que par les musiques d’Amérique latine. Une de mes chansons, La Mal Aimée, dédiée à ma mère, a de fortes influences de Fado argentin et certains m’ont dit y voir une influence Klezmer…



Quel lien gardez-vous avec l’Ukraine ?


Et bien très franchement, je dois dire que mes origines ukrainiennes remontent assez loin, et je commence tout juste à m’intéresser vraiment à ce passé. De mon arrière-grand-mère, j’ai hérité le prénom : Clara. Au-delà de cela, j’espère aller bientôt en Ukraine et découvrir le pays qu’ont quitté mes arrières grands-parents.



Vous avez déjà publié un premier album, vous jouez dans toute la France et à l’étranger et avez déjà foulé la scène de l’Olympia… Quels sont vos projets pour le futur ?

 

Je fais toujours beaucoup de concerts en France et à l’étranger. D’ailleurs je joue à Varsovie dans deux semaines… Cependant j’essaie de ralentir un peu la cadence des tournées pour me consacrer à mon deuxième album. J’ai beaucoup appris des erreurs du premier et je m’investis aujourd’hui sérieusement dans la réalisation du second, tant au niveau de la musique que des paroles. Je suis donc en phase d’écriture et de composition, et je vise une sortie en 2011.

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

Site de Claire Denamur

Claire Denamur sur MySpace

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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 16:55
Olena Tokar

Comment est né ce projet de création d’une librairie franco-ukrainienne en ligne ?

Le projet est né en décembre 2009. Nous avons fait un constat : il n’y a pas de librairie franco-ukrainienne en France, que ce soit sous forme de boutique ou de magasin virtuel. Les livres sur l’Ukraine sont noyés dans les rayons des grandes librairies (Littérature étrangère, Voyages, Histoire de l’Europe de l’Est, Géopolitique, etc.). Dans ces librairies comme en ligne, il faut connaître le titre d’un livre avant de pouvoir le trouver.

 

Il existe des fonds de documentation comme la Bibliothèque Simon Petlioura à Paris, mais pas d’endroit où acheter des nouveautés en ligne. Nous avons souhaité regrouper les livres concernant l’Ukraine sur une plate-forme organisée par thèmes. Elle permet aux personnes s’intéressant à l’Ukraine d’avoir un tour d’horizon de la littérature existant en France. Les ventes ont commencé avant même que l’on ne commence la promotion du projet!

 

Selon quels critères choisissez-vous les livres présentés sur le site ?

C’est simple : figurent sur le site tout livre en Français portant sur l’Ukraine et tout livre ukrainien publié en langue française. On peut également trouver des CDs et des quelques objets en lien avec l’Ukraine comme des drapeaux…

 

Nous y allons petit à petit dans le choix des livres, l’idée étant d’avoir, à terme, une base de données des publications existant en Français sur l’Ukraine tout autant qu’un lieu où l’on peut les acquérir depuis toute la France. D’ailleurs, nous invitons les lecteurs de Perspectives ukrainiennes ainsi que les personnes visitant le site à nous suggérer des titres à rajouter à notre sélection. Toutes propositions d’autres passionnés de l’Ukraine sont bienvenues. Il suffit pour cela de nous écrire à librairie@perspectivesukrainiennes.org

 

« Perspectives ukrainiennes » est un blog et une newsletter d’information sur l’Ukraine. Le blog devient-il une opération commerciale ?

Absolument pas. Nous ne vendons pas les livres nous-mêmes mais utilisons un programme d’amazon.fr nous permettant de sélectionner et classer des livres sur notre blog. On achète les livres en étant rebasculé sur Amazon et avec son compte Amazon, qui offre tous les services, notamment en termes de sécurité de paiement et de port. Pour chaque livre vendu, Amazon nous reverse un petit pourcentage et ces recettes serviront à payer l’hébergement du blog.

 

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 17:11

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien

Mardi 6 avril 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

AÉROGRAD (АЕРОГРАД)

vostf

 

photogramme A-rograd 1 Restauration numérique : Centre National Alexandre Dovjenko, IBS d’ART 2006, Kiev

 

Production : Mosfilm, Ukraїnfilm, 1935, 78 mn, nb.

Scénario : Alexandre Dovjenko

Réalisation : Alexandre Dovjenko

Assistants-réalisateurs : Youlia Solntseva, Stépan Kevorkov

Photographie : Edouard Tissé, Mikhaïl Guindine, Nikolaї Smirnov

Décors : Alexeï Outkine, Victor Panteleiev

Musique : Dimitri Kabalevsky

Texte des chansons : Victor Goussev

Son : Nikolaї Timartsev

Interprétation : Stépan Chahaїda, Stépan Chkourat, Sergueï Stoliarov, G. Tsoї, Boris Dobronravov, Nikolaї Tabounassov, Léonide Kan, I. Kim, Elena Maximova, Evguenia Melnikova, Volodymyr Ouralskyi.

Genre : ciné-poème patriotique

 

Synopsis

Ami de Dersou Ouzala, le chasseur de tigres et frontalier Stépan Hlouchak poursuit deux saboteurs japonais dans la taïga. Après avoir tué le premier, il retrouve l’autre chez son ami Khoudiakov, lui-même en cheville avec les Japonais. Des vieux-croyants, manipulés par le koulak Chabanov, s’opposent à l’édification d’une ville sur la côte du Pacifique. Le soulèvement réprimé, Hlouchak exécute Khoudiakov pour trahison, alors que, par centaines, des avions déferlent sur la taïga, amenant les constructeurs d’une future cité.

photogramme A-rograd 2 

Opinion

N’hésitant pas à s’expatrier à Moscou après la grande famine en Ukraine de 1932-33, Alexandre Dovjenko connaît un double exil l’éloignant à la fois de sa terre natale et de son univers créatif qu’il réimagine en Extrême-Orient, lors d’une longue expédition pour les repérages de son nouveau film, Aérograd. Avec le scénariste Alexandre Fadéiev, qui avait vécu sa jeunesse en Sibérie, il parcourt à l’automne 1933 la taïga, mais des divergences dans la conception même du film les séparent dès leur retour à Moscou. C’est finalement le réalisateur lui-même qui écrit le scénario, très différent du projet primitif. Tout en se prévalant du réalisme socialiste naissant, son scénario penche plutôt vers un romantisme pathétique et hymne à l’avenir radieux. Confronté pour la première fois à un paysage non-ukrainien, il trouve dans l’immensité du site un exutoire poétique, photographié par Edouard Tissé, qui n’altère en rien le style du tandem Dovjenko-Demoutskyi. Dans des conditions climatiques souvent très hostiles, il lance un défi au temps, à l’espace et à l’action. Plaidoyer héroïque et lyrique sur le patriotisme soviétique par sa forme, film de défense par son contenu, Aérograd demeure une synthèse de l’imaginaire et du visionnaire. photogramme Aérograd 3Mais c’est aussi une mystification chère à l’âme slave qui abolit la notion du temps, recule les limites de l’espace et active la complexité des digressions philosophiques pour ne servir que le support idéologique et politique, la défense de la patrie contre l’infiltration d’espions insaisissables. Partant du projet de la construction de nouvelles villes qui serviront de base de défense aérienne sur la côte Pacifique, afin de parer à une éventuelle invasion japonaise de la Sibérie orientale, Aérograd reste invisible dans le film parce que futur objectif militaire dont l’emplacement est suggéré au cours d’une conversation avec Staline par Dovjenko lui-même : « Nous devons créer une ville au bord de l’océan, un second Vladivostok… Aérograd n’est pas une fiction d’artiste, mais la réalité de notre temps. Et si la ville n’existe pas encore, ce n’est pas bien grave. » Cité utopique, Aérograd reste un prétexte. Un jeune Tchouktche, courant 80 soleils pour y venir étudier, ne se sent nullement rebuté par son inaccessibilité. Si Aérograd n’existe pas encore, il le bâtira. Et si ce film d’anticipation s’inscrit dans la production de films appelés films de défense, aux avant-postes d’un cinéma de plus en plus martial, alimenté par des bandes vulgarisatrices traitant de la préparation militaire, il est d’abord un film sur la taïga et sur les hommes de la taïga. Humaniste, Dovjenko s’attarde sur la communauté des vieux-croyants, vieux-ritualistes schismatiques, réfractaires à la réforme de 1653. Pourchassés, vivant au fin fond de la taïga, ils sont utilisés par les Japonais en vue de leurs propres buts de conquête. Comme dans tous ses films précédents, le réalisateur traite le thème de la mort se fondant dans la magnificence du décor naturel. Lorsque le traître affronte sa propre exécution, c’est à la mort tragique d’André de Taras Boulba que pense le réalisateur. Dovjenko, qui depuis Zvenyhora a la fâcheuse manie d’hypertrophier les happy-end de ses films par des défilés militaires, n’échappe pas, une fois de plus, à cet exercice bolchevisant : parachutistes, aviateurs, marins, convergent par centaines vers Aérograd. Ceci conforte sa servile soumission dans la terreur stalinienne, lorsqu’il affirme qu’il se considère comme un combattant, un militaire dans les troupes du Parti. Proposé comme plat de résistance au Premier Festival kolkhozien de Kiev à l’automne 1935, âprement discuté et divisant les spécialistes, Aérograd ne tardera pas à quitter l’écran. Ayant trouvé asile à Moscou puis envoyé en Sibérie pour voir de quel bois il devait se chauffer, Dovjenko sera interpellé par Staline lors de la remise du Prix Lénine pour sa contribution à l’évolution de la cinématographie soviétique : « Il a encore une dette. Il nous doit un Tchapaiev ukrainien ». Le réalisateur retournera donc à Kiev pour tourner Chtchors dans un studio spécialement construit à cet effet. Son exil devenait-il alors un véritable asile plutôt qu’une double résidence pour cinéaste en mal de soutien ou en mal d’avenir ? À vrai dire, le cinéaste avait tout simplement une colossale aptitude à s’orienter dans les événements politiques et de passer à travers les purges et les confrontations directes avec le maître du Kremlin.

Lubomir Hosejko

 
Par Perspectives Ukrainiennes - Publié dans : Culture
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 08:53

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien

Mardi 2 mars 2010, 18h45, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, M° Miromesnil.

Entrée libre.

 

MELODIE POUR ORGUE DE BARBARIE ( Мелодія для шарманки )

vosta

  affiche Mélodie pour orgue de barbarie

Projection suivie d’une intervention de Eugénie Zvonkine auteur d’une thèse de doctorat intitulée « Les états de la dissonance dans l’œuvre de Kira Mouratova, 1958-2009 »

 

 

 

 

Production : Studio d’Odessa, Sota Cinema Group, 2009, 153 mn, coul.

Scénario : Kira Mouratova, Vladimir Zouiev

Réalisation : Kira Mouratova

Photographie : Vladimir Pankov

Décors : Yevhen Holoubenko

Musique : Volodymyr Sylvestrov

Son :

Montage :

Directeur de production : Oleg Kokhan

Interprétation : Roman Bourlaka, Olena Kostiouk, Natalia Bouzko, Jean Daniel, Gueorgui Deliev, Renata Litvinova, Nina Rouslanova, Oleg Tabakov, Mykola Sliozka, Pylyp Panov.

Genre : comédie dramatique

Récompenses : Meilleur rôle féminin (Prix FIPRESCI) à Olena Kostiouk, au XXXIème  Festival International du Film de Moscou 2009 ; Grand Prix au 38ème Festival Kinochok des pays de la CEI et des Pays Baltes (Anapa), 2009.

  photogramme Mélodie pour orgue de barbarie 2

Synopsis

Le jour de Noël, le petit Nikita et sa demi-sœur Aliona dorment appuyés l’un contre l’autre dans un train qui les emmène en ville. Plus tard, nous comprendrons qu’ils sont à la recherche de leurs pères respectifs. Leur itinéraire semé d’embûches les mène à travers tous les lieux emblématiques de l’Ukraine contemporaine…

 

Opinion

Ce long-métrage est le dernier en date de Kira Mouratova, une cinéaste soviétique puis postsoviétique, aujourd’hui classée par Andrei Plakhov, l’un des critiques russes les plus en vue, comme l’une des « grands classiques vivants ». Réputée pour être une cinéaste marginale, Mouratova parvient à étonner et déranger avec chaque nouveau film. « Je ne représente aucune école, je n’en crée aucune et je n’en ai créée aucune, clame-t-elle. Tu es ce que tu es. Par exemple, je dis : je dois plaire en premier lieu à moi-même, et ensuite il me serait agréable de plaire aussi à l’humanité. Mais même si je ne le disais pas, je ne pourrais rien faire d’autre. Je peux dire : celui-ci, il fait des films pour l’argent, mais même pour l’argent, il fait aussi comme il sait, autrement dit, comme il aime, ce qu’il aime, ce qui lui plait. De toute façon, les gens font ce qu’ils peuvent, ce qui leur est caractéristique. »

Mélodie pour orgue de Barbarie, qui raconte l’histoire de deux orphelins à la recherche de leurs pères respectifs, n’échappe pas à la règle et se présente comme un film surprenant. Il semble prendre la suite de films-contes mouratoviens tels que Le Milicien amoureux (1992) où l’intrigue démarrait lorsqu’un milicien trouvait un bébé dans un chou. Il apparaît, en effet, de prime abord comme un conte de Noël, car il est émaillé de références aux grands classiques littéraires du genre tels que Le Petit garçon à l’arbre de Noël du Christ de Dostoïevski ou encore La Petite fille aux allumettes d’Andersen. L’imagerie de Noël parsème le film sous forme de sapins synthétiques aux couleurs criardes, qui surgissent dans la gare, le supermarché, le casino et les rues de la ville et qui sont vendus dans le train, ou encore sous forme de cartes postales et de chants de Noël. Mais cette imagerie est détournée ou inversée. Le conte de Noël se révèle être un anti-conte non seulement dans sa narration, mais également et surtout dans son refus de l’empathie et du miracle divin. La société que le parcours des enfants permet au spectateur de découvrir est une société éclatée, où se côtoient des personnages isolés et incapables de communiquer. Plus encore, des espaces entiers de cette société autiste semblent dédiés aux pratiques solitaires et soliloquantes. C’est le cas pour le supermarché, où l’action du film vient s’échouer. Si le film se refuse à être un simple conte, il ne se satisfait pas non plus de refléter l’état du monde contemporain. À travers quelques éléments, nous sentons sourdre dans la structure du film une temporalité mythologique.

Eugénie Zvonkine

Par Perspectives Ukrainiennes - Publié dans : Culture
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