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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 08:30

 

Ukraine accord d'association

crcuf

 

 

Paris,  22 novembre 2013

 

 

 

 

Communiqué de presse

 

 


Le gouvernement ukrainien a fait le choix inique de s'orienter vers un partenariat avec la Russie plutôt qu'avec l'Europe.

L’Ukraine, pays européen de 46 millions d’habitants, malgré une parenthèse forcée de plus de 70 ans, a toujours appartenu à la famille européenne.

Aujourd'hui, d'est en ouest, du nord au sud, dans les rues de toutes les villes d'Ukraine, le peuple ukrainien se mobilise pour exprimer clairement ses aspirations européennes.

La pseudo-proposition du gouvernement ukrainien d'un dialogue tripartite est une option dépourvue de toute crédibilité.

C'est pour ces raisons que les Ukrainiens de France se retrouveront ce dimanche 24/11 de 11:30 à 13:00 place des droits de l'homme à Paris en soutien au peuple ukrainien dans sa volonté de retrouver toute sa place en Europe.

Le peuple ukrainien ne capitulera pas. Vilnius ne sera pas un deuxième Yalta.

 

 

 

co-signé par les associations ukrainiennes et franco-ukrainiennes solidaires

 

 

 

 

 

Contact presse : Nathalie Pasternak 06 83 32 62 93 / Alla Lazareva 06 07 65 91 41

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 19:04

Dynamo-Kiev-France.jpgRémy Garrel est l'âme du projet Dynamo Kiev Francophone, qui anime des réseaux sociaux pour des fans francophones du Dynamo Kiev (Twitter: FCDKfrance). Spécialiste du foot ukrainien, il a répondu à quelques questions que Perspectives Ukrainiennes lui ont posées entre les deux matchs France-Ukraine du barrage qualificatif pour la Coupe du monde 2014.


- Que pensez-vous du match du 15/11 ?

L'Ukraine a fait ce qu'elle savait faire, le plan de Fomenko a marché à la perfection. Les ukrainiens ne se sont pas livrés durant les 45 premières minutes afin de jauger l'équipe de France et de ne pas encaisser de but très tôt. Ne pas se livrer ne veut pas dire ne rien faire et attendre, les « jaune et bleu » ont imposé d'entrée un jeu physique. Un jeu auquel les français ne s’attendaient pas.

 

En seconde période, l'Ukraine est rentrée sur le terrain pour gagner le match. Yarmolenko et Konoplyanka ont accéléré et posaient beaucoup de problèmes à la défense française. Roman Zozulya va finalement ouvrir le score sur une action collective très bien construite. Ce but symbolise à lui seul le match entier. La maitrise technique et collective des ukrainiens, et pour finir, Zozulya qui bat totalement Samir Nasri dans l'engagement physique pour marquer ce but. Pendant ce temps-là, la prise à deux sur Franck Ribery fonctionne toujours.

 

Rien à redire sur le second but, la faute de Koscielny est aussi inutile qu'indiscutable. Yarmolenko s'occupera de la punition. La suite on la connait, Koscielny va craquer (comme un week end sur deux lorsqu'il joue avec Arsenal). Le travail de sape d'Edmar va payer et le piège va se refermer. A 10 contre 11 les bleus vont passer tout prés de la correction sur une contre-attaque mal négociée par les ukrainiens en fin de match.

 

Kucher sera finalement exclu pour équilibrer les comptes. La victoire est totale pour l'Ukraine, sur le plan tactique mais surtout sur l'engagement. Les choix de Didier Deschamps sont je pense discutables, mais ça c'est encore une autre histoire.

 

equipe-ukrainienne-soutenue.jpg- Peu de Français soutenaient l'équipe nationale, qu'en était-il pour le soutien en Ukraine de l'équipe ukrainienne ?

Contrairement à la France, l'équipe d'Ukraine est en pleine ascension depuis près d'un an et n'a rien à se faire pardonner. Le public ukrainien répond présent à chaque match et l'engouement est très grand autour de cette équipe. Les retours que j'ai eu de Kiev sont très encourageants, bien qu'avant la rencontre beaucoup pensaient la France supérieure à l'Ukraine. D'autant que les « jaune et bleu » n'avaient jamais battu la France. Je pense que les fans ukrainiens ont un sentiment de revanche pour l'Euro-2012 où la France avait battu l'Ukraine et où l'arbitrage (Ukraine-Angleterre) avait privé cette équipe de la qualification, au profit des français bien sûr.

 

- Parlez-nous de l'équipe ukrainienne, en quoi est-elle différente de celle de l'époque de Chevtchenko?

La génération actuelle est bien meilleure. Aujourd'hui des clubs comme Dnipropetrovsk ou le Metalist Kharkiv apparaissent régulièrement en Coupe d'Europe, ce qui permet à ces joueurs d'acquérir une certaine expérience du très haut niveau. Seul Tymochuk n'évolue pas dans le championnat ukrainien, ce qui prouve la qualité grandissante de ces équipes ukrainiennes.

 

Shevchenko a longtemps été trop seul dans cette équipe, aujourd'hui des joueurs comme Yarmolenko ou Konoplyanka ont parfaitement pris conscience de leur mission. Mykhaylo Fomenko a révolutionné le jeu de l'équipe nationale, les joueurs prennent du plaisir à jouer ensemble et ça se retrouve dans les résultats.

 

Pour moi, les clés de la réussite de cette équipe sont la tactique mise en place par le coach Fomenko et le travail réalisé par les clubs qui préparent parfaitement ces joueurs aux rencontres de haut-niveau, même les plus jeunes.

 

- Quel a été le rôle de l'entraineur des Ukrainiens?

Le coach ukrainien ne cesse d'insister sur l'aspect physique du jeu, une composante qui a payé vendredi soir face à la France. Là où certains entraineurs tentent de créer une identité de jeu propre à leur sélection, Fomenko a su mettre ses joueurs dans les mêmes conditions de jeu qu'ils peuvent avoir dans leur club. Andriy Yarmolenko fait avec l'Ukraine ce qu'il fait chaque semaine avec le Dynamo Kiev, et c'est pareil pour les autres.

 

La principale menace vient des ailes avec une recette très simple mais qui fonctionne. Un gaucher à droite et un droitier à gauche. Konoplyanka et Yarmolenko dribblent, repiquent à l'intérieur et frappent. Simple et efficace.

 

- Les supporteurs d'Ukraine sont-ils organisés? Récemment ils ont été condamnés par la FIFA - expliquez-nous ce qui s'est passé?

Les supporters ukrainiens sont très bien organisés dans leurs stades, voire dans certaines villes organisés à la manière des sections ultra dans les clubs. Chose que nous ne savons pas faire en France.

 

Depuis quelques mois la FIFA est en guerre contre les supporters ukrainiens. L'affaire a commencé à la suite du match Ukraine-Saint-Marin à Lviv. Des émissaires sur place de la société anglaise FARE (Football Against Racism in Europe) ont envoyé un rapport à la FIFA pour dénoncer une incitation au racisme. Certains supporters de l'Arena Lviv portaient ce jour-là des maillots de leur club floqués du numéro 88. Numéro qui peut faire référence à la 8ème lettre de l'alphabet, le H. HH pour Heil Hitler. Si je ne me trompe pas, le stade de Lviv est désormais suspendu de tout match international pour les 5 prochaines années.

 

La FIFA va ensuite s'en prendre à un symbole ukrainien qui est cher aux habitants de Lviv, le drapeau rouge et noir de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne. Un homme est au cœur de ce mouvement patriotique, Stepan Bandera. Véritable héros dans certaines régions d'Ukraine, Bandera restera un homme controversé, accusé d'avoir un temps collaboré avec l'Allemagne nazie. C'est la raison pour laquelle la FIFA se bat pour faire interdire dans les stades ces drapeaux-là (mais pour l’heure la Fédération ukrainienne le refuse).

 

Propos recueillis par Olga Gerasymenko

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 10:07

http://www.sho.kiev.ua/sites/default/files/imagecache/article_main_thumb_486x313/3shala1.jpgCet été, Sorj Chalandon a été invité en Ukraine à l'occasion de la sortie de son roman "Retour à Killybegs", traduit en ukrainien. Perspectives Ukrainiennes présente des extraits de son interview réalisée par Iryna Slavisnka et Oleg Chynkarenko pour le magazine CHO.


- La préface du roman évoque des parallèles entre les destins irlandais et ukrainiens . De quel ordre sont les ressemblances entre ces deux nations ?


Je ne fais aucun parallèle historique. Quand j'ai appris que le livre serait traduit en ukrainien,  je voulais savoir s'il y avait un socle commun, s'il y avait des choses communes à ces deux pays. Je trouve que la bataille de la langue, le combat pour la nation et la famine entretenue sont trois choses qui sont extrêmement rares dans les pays européens. Je ne savais pas que des parallèles historiques pouvaient exister. J'avais entendu parler de la famine en Ukraine. Mais j'ai trouvé intéressant  de dire aussi que ce livre n'est pas traduit en ukrainien pour rien. 


- Qui vous a parlé de la famine ?
Dans les années 1970, j'avais lu (pour la première fois), mais c’est très lointain, un texte sur la famine en Ukraine. Et je pensais à l'Irlande en le lisant. Donc, je connaissais la famine parce que je me suis intéressé non pas à toutes les famines mais aux famines entretenues, voulues, aux famines officielles ou aux famines qu’on laisse se développer pour écraser un peuple, pour l’annihiler. Cela m’avait intéressé quand j’ai travaillé sur l’Irlande, quand j’ai appris et quand j’ai étudié la famine en Ukraine. Mais je ne fais pas de parallèles historiques, il n’y en a pas.


L’Irlande a perdu sa bataille, mais ce n’est pas le cas de l’Ukraine. Pourquoi, à votre avis, est-ce important de préserver sa langue nationale ?

Une langue c’est fondamental. Je pense que la langue c’est l’épiderme d’une Nation. Le problème c’est que les Britanniques l’ont interdite de façon tellement violente, tellement brutale que les Irlandais à un moment ont fini par céder. Ils l’ont perdue, ils parlent l’anglais. Mais en même temps, la première langue que l’on apprend à l’école c’est l’irlandais. La messe par exemple est en irlandais. A la télévision, à la radio, il y a des émissions en irlandais. Cependant parler l’irlandais c’est un effort plus qu’une volonté. Mais le mouvement républicain irlandais fait en sorte que les Irlandais reconquièrent leur langue. Il faut noter qu’il n’y a plus que quelques petits coins d’Irlande comme Gaeltacht où l’on refuse de parler l’anglais. En même temps une vieille irlandaise m’a dit un jour « l’anglais pour moi c’est une prise de guerre ».


Est-ce que pour vous c’était important d’être traduit en Ukraine ? L’Ukraine n’est pourtant pas un marché important pour ce livre.
Je ne préoccupe pas de cette considération économique. Ce qui est important pour moi, c’est mon attachement à  l’Irlande, à son peuple, à son courage, à sa lutte.

Vous pouvez lire l’interview en son intégralité en ukrainien sur le site du magazine CHO ( ici )

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 09:53

benedictebanet.jpgAprès des études de gestion, de cinéma et de sociologie, Bénédicte Banet commence sa carrière journalistique à l'international en suivant la dislocation de l'URSS au début des années 90. En France, elle se spécialise dans les conflits sociaux et devient la première femme Journaliste Reporter Images à couvrir le Paris-Dakar. Free-lance, elle travaille comme Journaliste Reporter d’Image pour France Télévision, la RTS, la RTBF et les agences de presse CAPA et 17 JUIN Media… En 1998, elle crée la société de production InSitu pour assurer les tournages news et magazines des chaînes étrangères ainsi que la réalisation de films d'entreprise. Depuis 20 ans, Bénédicte assure également la formation des reporters au CFPJ Paris. Passionnée par le documentaire, elle réalise et produit des projets "coup de cœur" tel que Plumes en exil (ARTE) et Vanuatu, le peuple de feu (Canal+, National Geographic), Prix spécial du Jury au festival ethnographique Ekoptofilm de Bratislava.


En 2013, elle a finalisé son film « Holodomor, le génocide oublié ». Il sera projeté à Paris au cinéma Action Christine le 23 novembre 2013 à 10h.

- Quelle place ce documentaire occupe-t-il dans votre carrière ?


 Ce film est pour moi un défi. Le premier défi était d’amener le projet de documentaire à son aboutissement, cette étape est atteinte pour la commémoration du 80ème anniversaire du Holodomor. Le deuxième défi est celui de la diffusion en télévision ou en salle pour toucher le maximum de personnes.


Ce film est dédié à tous les survivants que j’ai rencontrés. Ils m’ont touchée par leur émotion, leur souffrance mais aussi leur combativité et leur dignité.


 - Votre démarche est-elle d'essence historique, mémorielle ou sociologique ?


J’ai voulu traiter ce film au-delà d'un film historique,  comme un film de société.  Archives historiques, analyses de spécialistes s’intercalent avec le ressenti des ukrainiens d’aujourd’hui, leur vie au quotidien. Car la survie pour tout ukrainien de la ville ou de la campagne qui ne soit pas liée à l’économie mafieuse, dépend des produits de la terre, tout comme dans les années 30.


Ce film est pour moi un devoir de mémoire. La réalité du monde géopolitique aujourd’hui (comme par exemple en Somalie, en Syrie) montre que l’utilisation de la famine comme outil politique et arme de guerre est malheureusement toujours d’actualité.


En tant que citoyen d’un pays démocratique on ne peut rester endormi dans notre confort et laisser le monde se déchirer. Nous sommes tous concernés par l’histoire des autres. Le totalitarisme, quelle que soit la forme qu’il prend, doit être combattu.

benedicte-banet-holo.jpg
- Que vous inspirent les crispations qui surgissent dès que se pose la question de la reconnaissance du Holodomor comme génocide ?


Au niveau politique, si les pays européens restent indifférents à cette période de l’histoire, on peut légitimement s’interroger sur l’influence des intérêts économiques dans les relations entre l’Europe et la Russie, en autre le gaz et le marché potentiel que représente la Russie. L’Europe ne veut pas « contrarier son ami russe » !


Edouard Herriot, lors de sa visite en 1932, a déjà eu cette attitude. Les intérêts économiques et politiques lui ont fermé les yeux, d’autant plus que Staline déjà devenu maître dans l’art de la manipulation, avait su mettre en scène une Ukraine heureuse et en pleine expansion économique.


Staline avait peur de perdre l’Ukraine comme il l’avait écrit à Kaganovitch dans sa lettre d’août 1932. Aujourd’hui, Poutine suit une politique internationale qui s’inspire de celle du régime soviétique quant à la mainmise qu’il veut continuer à avoir sur les anciennes républiques de l’URSS.


Pour lui, l’Ukraine représente un autre enjeu : un débouché sur la mer Noire.


Le peuple ukrainien dont lahttp://a142.idata.over-blog.com/596x842/2/03/17/22/Documents/affiche_film_holodomor_web.jpg culture a été brisée par le Holodomor et par la période de terreur des années trente a profondément été blessé dans son âme. Le refus aujourd’hui  de le reconnaître comme un génocide par de nombreux pays, dont la France, est une seconde souffrance.


Ces souffrances se perpétuent de génération en génération consciemment ou inconsciemment.


J’espère que ce film pourra contribuer à une reconnaissance du Holodomor comme génocide.
 

Propos recueillis par Frédéric du Hauvel

 


Le film « Holodomor, le génocide oublié » sera projeté


A Paris : au cinéma Action Christine le 23 novembre à 10h suivi d’un débat avec l’historien Etienne Thévenin.
 

 

A Angers le 1er décembre.


Le film est disponible pour toute personne désirant organiser une projection publique. Le DVD sera en vente dans les prochaines semaines.

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 09:33

Le bulletin de Novembre 2013 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes ou en cliquant ici

 
Au sommaire:

p. 1 : Editorial

p. 2-5 : 3 questions à Bénédicte Banet réalisatrice du  film « Holodomor, le génocide oublié »

p. 6 : Entretien avec Sorj Chalandon, auteur du livre « Retour à Killybegs »

p. 7 : Programme des commémorations du 80e anniversaire du Holodomor

p. 8-10 : Colloque International à l’INALCO :  La Grande Famine en Ukraine - Holomodor :  Connaissance et Reconnaissance

p. 11-13 : Agenda culturel

p. 14 : Actualité du livre.

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:58

Dans le cadre des Commemorations de Holodomor, la grande famine artificiele 1932-1933, un colloque est organisé à l'INALCO les 29 et 30 novembres 2013. Pour voir son programme cliquez ici

 

Nous vous invitons également à la projection du film "The Living" de Serhiy Boukovsky :

 

affiche-cinema-ukraine-30-11-2013.jpg

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 15:25

affiche film holodomor web

 

HOLODOMOR un génocide oublié
Omerta sur 6 millions de morts !
Les derniers survivants témoignent


« Holodomor, le génocide oublié », un film de Bénédicte BANET


PROJECTION DEBAT


Le 23 novembre à 10 heures


au Cinéma ACTION CHRISTINE
4 rue Christine 75006 PARIS


Avec la participation d'Etienne THEVENIN
Maître de conférences en histoire contemporaine à l'Université de Lorraine

 


Cette projection s'inscrit dans le cadre de la commémoration du 80ème anniversaire du Holodomor


Dans les années 1932-1933, l’État soviétique dirigé par Staline organise une famine artificielle en Ukraine : le Holodomor, l’extermination par la faim. Dans l’indifférence du monde entier, 6 millions de victimes y trouvent la mort.
À travers les récits de survivants et les interviews de personnalités françaises et ukrainiennes (historiens, philosophes, hommes politiques…), « Holodomor, le génocide oublié » témoigne des moyens mis en place par l’Etat soviétique pour affamer volontairement des familles paysannes entières, et des raisons de Staline pour briser l’esprit d’indépendance ukrainien. Il démontre en quoi cette famine a été un véritable génocide.


Lorsqu'en 2010 Bénédicte BANET entreprend l'écriture et la réalisation de ce film, elle voulait porter à la connaissance du public ces évènements sur lesquels a plané jusqu'à maintenant une véritable omerta. Et dire avec les survivants qui ont accepté de témoigner "plus jamais ça".


La famine est de nos jours encore utilisée comme arme de guerre, en Syrie et ailleurs dans le monde. Faire aujourd’hui acte de mémoire sur le Holodomor, c’est aussi interroger notre histoire contemporaine.


"Ce film est dédié à tous les survivants que j'ai rencontrés, ils m'ont touchée par leur émotion, leur souffrance, mais aussi par leur combativité et leur dignité" Bénédicte BANET, réalisatrice


Et s’ils trouvaient un pot avec quelque chose de caché Ils le prenaient ou ils le vidaient et toi, tu n’avais qu’à crever tout de suite. Crève ! C’était ainsi… Je me souviens de tout…… Vira KOLOS, du village de Sobolyvka


En face vivait une femme enceinte, elle était sur le point d’accoucher, ma mère est allée l’aider. Ce matin-là ma mère voit à côté du poêle un sac de déchets et un chaudron sur le feu. La femme y avait mis son enfant et l’avait cuit. Elle dit à ma mère qu’il n’est plus là et qu’elle l’a mangé… Je connais ce fait. Une grand-mère de Tarhan


Si on considère le tout : les morts de faim et les morts de répressions politiques on aboutit à la définition du génocide. Yevguene Zakharov, historien, juriste, co-président du groupe de défense des droits de l’homme de Kharkiv.

 

InSitu production
Contact : Gilles PAYEN
TEL : 06 15 44 71 25
contact@insitu-production.fr
www.insitu-production.fr


HGIR
Holodomor, groupe
d’information et de recherches
Contact : Janette LE MOGNE
TEL : 06 10 22 22 88
jlemogne at gmail.com.fr

 


Bénédicte BANET, auteur-réalisatrice
benedictebanet at gmail.com
facebook.com/holodomorbenedictebanet
extraits du film

 

Cliquez ici pour accèder au communiqué de presse en pdf

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 22:25

Dans le cadre des commemorations de Holodomor, la grande famine artificiele 1932-1933, le Club littéraire ukrainien propose une rencontre avec historien Stanislav Koultchytsky et la directrice de sa maison d'édition Yulia Oliinyk.

 

20131201.jpg

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 22:03

20131121-copie-1

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 16:33

Borys-Gudziak.jpgBorys Gudziak est évêque gréco-catholique, éparque de l'éparchie de saint Vladimir-le-Grand de Paris des Byzantins-Ukrainiens depuis 2013. Le 27 septembre 2013, il a signé l’achat d’une église à Senlis. Nous l’avons interrogé sur la finalité de cette opération et sur les projets liés.

- Comment est née l’idée de l’achat de cette chapelle à Senlis ?

Je dois avouer que je n’en suis pas l’auteur, j’en ai « hérité » à la suite de ma nomination en France. Pendant mon premier voyage à Paris, la veille de lintronisation, le curé de la cathédrale Saint-Volodymyr, père Mikhaylo Romanuk, mavait parlé de ce projet. Il a été le porte-parole d’un groupe d’initiateurs parmi lesquels les plus enthousiastes étaient Anna Canter et Victoria Dellinger, qui sont engagées dans les activités sociales et paroissiales de Senlis depuis plusieurs années. L’idée de l’acquisition d’une église dans la ville où habitait la reine de France Anna Yaroslavna les a passionnés.

Le jumelage entre Senlis et l’arrondissement Petcherskiy de Kyiv a développé la conscience de l’importance de l’héritage d’Anna Yaroslavna. Avec l’aide du président Viktor Youstchenko, le deuxième monument de la reine a pu être érigé à Senlis. Ces dernières années, une école a été baptisée en l’honneur d’Anne de Kyiv.

Ainsi, l’intérêt envers Anne de Kyiv et sa ville de Senlis a grandi dans la communauté ukrainienne. C’est sur cette toile de fond qu’a surgi l’idée de l’acquisition d’une église, où l’on pourrait réaliser des services réguliers, présenter l’héritage de la fille du grand prince Iaroslav le Sage et la culture ukrainienne de manière générale.

Néanmoins, cela aurait pu rester encore très longtemps à l’état de projet si des hommes daffaire de Lviv ne m’avaient fait l'honneur de leur présence lors de mon intronisation le 2 décembre 2012 à Notre Dame de Paris. A l’occasion de leur séjour à Paris, ces amis lviviens ont visité Senlis et ont décidé de donner un signe fort : faire un cadeau royal, en contribuant à l’achat de l’église à Senlis. Plus précisément, cette rencontre entre des Senlisiens enthousiastes, des pèlerins de Lviv, Kyiv et d’autres villes d’Ukraine, d’Europe occidentale, des Etats-Unis et du Canada lors des fêtes de décembre a permis de répondre aux défis financiers et juridiques et de concrétiser l’achat de l’église le 27 septembre dernier.

Le 16 novembre, nous allons prier tous ensemble pour la première fois dans cette nouvelle église et nous organisons le même jour un débat avec la communauté ukrainienne au sujet du devenir de l’église et du centre culturel Anna Yaroslavna. J’espère que les travaux de rénovation du bâtiment pourront débuter l’année prochaine.

Selon moi, dans chaque affaire ce n’est pas seulement le but qui est important mais également le travail quotidien qui permet de l’atteindre. Jusqu’ici ce travail a été inspiré, positif et efficace. J’espère que l’église de Senlis permettra de mobiliser et d’unir des fidèles de France et d’autres pays.

eglise-de-senlis1.jpg- Vous avez évoqué les montants de 203 000 € pour l’achat et 1 500 000 $ pour les travaux  nécéssaires à ce projet. Qu’est-il exactement prévu de créer à Senlis?

Dans cet édifice, nous devrons reconstruire un temple qui portera le nom des grands princes martyrs Borys et Glib. Nous y créerons le centre culturel Anna Yaroslavna et probablement un logement pour le prêtre ainsi que des bureaux administratifs pour mener les activités spirituelles et culturelles de l’église comme du centre culturel.

Le cahier des charges n’en est qu’à ses débuts. Nous invitons donc la communauté internationale à nous rejoindre pour créer un consensus général et mobiliser tous ceux qui comprennent la spécificité du projet. Jattends avec beaucoup despoir ces rencontres qui permettront, je l’espère, d’initier beaucoup didées et de perspectives. Il est clair que cet endroit doit être un lieu de culte où l’on fera connaissance avec la tradition chrétienne millénaire ukrainienne, ainsi qu’avec lhéritage dAnna Yaroslavna et la mémoire ukrainienne en France.

Les visites de cet endroit saint et de ce centre culturel ne doivent pas porter uniquement sur le côté mémoriel ; nous souhaitons que Senlis devienne, avec Paris et Lourdes, une étape habituelle pour les pèlerins et touristes dUkraine. Dans ces lieux devrait être menée la réévaluation spirituelle et artistique des questions liées à notre appartenance à la culture européenne, aux relations franco-ukrainiennes, à notre culture, à l’art, à la musique et à histoire. Paris et Senlis sont une plateforme parfaite pour la visualisation et la création des projets d’avenir.

L’une des dimensions principales de cette modalité se cristallisera dès le premier jour, le 16 novembre prochain. Les invités du centre et de l’église doivent devenir également des acteurs, en apportant des propositions sur le programme et le style du projet. Ce samedi 16 nous proposerons un débat public autour de plans architecturaux et de leur contenu. Bien sûr, le centre Anne Yaroslavna sera un promoteur de la femme ukrainienne et de son rôle important dans l’histoire contemporaine. Parallèlement, une réflexion sur les défis qui se dressent devant les hommes ukrainiens pourrait se matérialiser par la création dune confrérie Borys et Glib à Paris. C’est lhéritage symbolique de Borys et Glib pour notre société déchirée et notre politique sans ambition.

- Quelles seront les sources de financement?

Actuellement, l’éparchie de Saint Volodymyr n’a pas les moyens de réaliser les travaux et installations nécéssaires. En parallèle avec le programme de fonctionnement, nous réfléchissons au système de financement ; par ailleurs, nous avons déjà les premiers soutiens. Ainsi, un jeune couple américain nous a écrit qu’à l’occasion de leur mariage ils veulent nous soutenir et faire un don pour l’église. La nouvelle de l’acquisition de l’église Borys et Glib s’est répandue en un clin d’œil en Ukraine comme sur tous les continents. Nous espérons que cet intérêt virtuel aura également une dimension d’engagement personnel pour le développement d’un centre innovant dans son environnement.

J’espère trouver un large soutien des donateurs pour ce projet comme pour l’éparchie.

- Est-ce que les investissements sont une priorité de l’église gréco-catholique aujourdhui?

Les investissements sont toujours une priorité pour l’Eglise. Il reste à définir quels investissements précisément. Vous m’interrogez en ce qui concerne les investissements matériels. La confrontation automatique du matériel et du spirituel est une erreur. La chrétienté est également une religion matérielle. Le fils de Dieu s’est incarné. Si pour Dieu le matériel n’était pas important, Il ne laurait pas béni par sa présence.

L’église ukrainienne gréco-catholique, à qui il manque souvent en Ukraine et à l’étranger des infrastructures, a besoin d’en posséder certains instruments, y compris de l’immobilier, nécessaire au contenu spirituel.

Selon moi, il est très important que les démarches matérielles ne laissent pas à part les idées, les valeurs et les engagements humains. Cest la raison pour laquelle dans le projet de Senlis les rencontres et la maturation des consciences sont dune importance capitale. C’est sur cela que nous prévoyons de nous focaliser prochainement et nous invitons tous les lecteurs à y participer, à partir de cette rencontre du 16 novembre.

- Vous proposez dacheter des églises, or en Europe occidentale de plus en plus de bâtiments de culte restent vides en raison du manque de prêtres. Alors, cela vaut-il la peine d’acquérir une église quand il y a la possibilité d’utiliser gratuitement des édifices existants, même s’ils ne sont pas la propriété de l’église ukrainienne ?

Je propose beaucoup de choses. Je propose de croire en Dieu qui œuvre parmi notre peuple, de la même manière que parmi d’autres. La proposition concernant les églises provient de notre mission principale qui concerne le développement spirituel et le développement sociétal. J’ai la foi que Dieu nous appelle à une vie dynamique et fructueuse. Nous sommes appelés à grandir. Mes propositions n’excluent pas votre intuition. Mais nous sommes conscients que trop souvent nous avons des positions incertaines, juridiquement non confirmées.

Ainsi, aujourd’hui à Paris nous avons une école ukrainienne de 115 enfants qui ne possède qu’une seule salle. Les cours et les rencontres se déroulent dans mon modeste bureau ou dans le bureau du curé. La salle est divisée en deux parties pour deux classes. Dans des conditions pareilles, il est difficile de donner des cours et de garder les enfants concentrés. Dautres classes sont dispersées dans des églises catholiques romaines. Nos enfants ne méritent-ils pas mieux ? Je propose qu’une partie des moyens collectés par les entrepreneurs ukrainiens soit destinée à satisfaire des besoins matériels, moraux et spirituels de nos enfants, de la jeunesse, des séniors, des immigrés et des démunis. Il me semble qu’il est temps de devenir les maîtres en Ukraine comme en dehors. Je sens que nombreuses seront les personnes qui soutiendront cet appel et cette vision des choses. Les autres les rejoindront plus tard, quand ils verront les premiers résultats et les fruits spirituels obtenus.

Pour tout cela il faut être courageux, entreprenant et plein dentrain.

- Pensez-vous que les investissements matériels dans des pays tels que la Suisse ou les Pays-Bas seront en adéquation avec le nombre de fidèles qui y habitent ? Les paroissiens gréco-catholiques ne seraient-ils pas plus nombreux en Espagne ou Italie ?

Ni l’Espagne ni l’Italie ne font partie de ma juridiction, alors il m’est difficile de me prononcer sur le sujet. Posséder sa propre maison en Suisse ou aux Pays-Bas est nécessaire. Notre communauté dans ces deux pays en est déjà à la quatrième génération. L’absence d’infrastructures et la faiblesse de notre implication dans la vie citoyenne et dans la vie de la paroisse sont liées.

- Avez-vous des projets concernant l’immobilier qui appartient à l’épiscopat gréco-catholique et qui tombe en ruines, tel que, notamment, le bâtiment de la société scientifique Chevtchenko à Sarcelles ?

Depuis un an dans léparchie nous menons un audit pastoral, administratif, financier et matériel et celui des biens immobiliers. Pour cette raison je me suis rendu à Sarcelles à de nombreuses reprises – tout seul comme accompagné des représentants de la communauté internationale scientifique ukrainienne, dans le but d’appréhender son triste état.

Avec des établissements tels que Sarcelles, il faut réaliser que la mémoire héroïque et glorieuse du passé ne peut pas toujours être une assurance pour un avenir radieux. Est-ce que Sarcelles est le meilleur endroit pour le futur développement scientifique en région parisienne ? Il nous faut y réfléchir ensemble. Depuis plus d’un quart de siècle à Sarcelles, les ressources matérielles et humaines pour la recherche sont absentes. Il est probable qu’il y a pour cela des raisons objectives.

Récemment je suis allé aux Etats-Unis où je me suis entretenu avec lacadémicien Leonid Roudnytskiy, qui est à la tête du Conseil mondial de la Société Scientifique Chevtchenko. Par ailleurs, je mène des consultations avec d’autres institutions en ce qui concerne le projet de Senlis comme celui de Sarcelles et sur d’autres problématiques qui se dressent devant nous. Ces entretiens me permettront de mieux comprendre le rapport entre les besoins et les moyens existants et de recueillir le consensus le plus large.

Un équilibre entre le réel et le souhait est primordial. Sommes-nous prêts à travailler de manière constructive et dynamique, jusqu’à l’oubli de soi-même ? Sommes-nous efficaces ? Je suis convaincu que dans les domaines spirituel, social, académique et culturel nous avons de merveilleuses opportunités en France, en Suisse et au Benelux. C’est une approche que je propose pour tous les défis et problématiques complexes qui se dressent devant nous.

- Quelles autres priorités voyez-vous pour la communauté ukrainienne en France ?

La communauté ukrainienne en France nécessite une consolidation morale, structurelle et institutionnelle. Elle est marquée par des divergences. Elle souffre également de problèmes politiques et sociaux qui existent en Ukraine et qui touchent les migrants ukrainiens qui viennent en France à la recherche d’un gagne-pain. Il lui manque des infrastructures qui devront assurer les besoins d’une nouvelle vague de migrants.

A mon avis, nous devrons premièrement créer une atmosphère de dynamisme, dans laquelle les échanges et le travail chasseront les conflits, les préjugés, les plaintes et la critique destructrice. Nous sommes tous appelés à la plénitude et au bonheur et nous ne devons pas douter de notre dignité. Nous chérissons notre composante spirituelle, nationale et culturelle, et restons ouverts à un dialogue et une coopération avec le monde qui nous entoure. A mon avis, notre ouverture institutionnelle à tous les gens de bonne volonté est primordiale aujourdhui.

Quels défis se présentent-ils à vous ? Quelles ressources possédez-vous pour y répondre ?

Mon premier défi a été de comprendre la situation sur place, ne pas hâter les décisions non-réfléchies, et écouter attentivement les gens. Je pense que j’ai bien écouté et bien entendu. Le temps de la réflexion préalable est passé et j’ai compris que nous avons besoin de plus de collaborateurs. Pour les cinq pays, nous avons 16 prêtres alors qu’il en faudrait 30 ou 40, voire 50 pour satisfaire les besoins existants. Je suis à la recherche de nouveaux candidats et j’espère que prochainement notre communauté fera connaissance avec ces jeunes et dynamiques prêtres prêts à donner beaucoup d’eux-mêmes.

Il est important dattirer des gens qui, pour une raison ou pour une autre, ne sont pas encore impliqués au sein de nos entreprises sociales ou spirituelles. Par exemple en France tous les ans 2 000 étudiants ukrainiens viennent faire leurs études. Jusqu’ici, ni l’église ni la communauté n’ont réussi à les attirer.

Le travail avec la jeunesse est très important et je suis très satisfait du travail des écoles ukrainiennes et de catéchisme. Nos enseignants, plus précisément nos prêtres et nos sœurs travaillent avec passion au quotidien. La jeunesse est notre avenir.

Actuellement, je reçois chez moi un symposium philosophique avec la participation de chercheurs : sociologues et théologiens de premier plan qui représentent 8 pays. Alors, jose espérer que notre quotidien sera marqué par la pensée scientifique, critique mais créatrice. Notre cathédrale à Paris rayonne par son enthousiasme, on y prie en communauté en chantant. C’est un bon point de départ.

Pour tous ces projets d’augmentation du personnel et de développement de l’infrastructure, il faut savoir trouver des moyens. Ce sont des tâches qui me préoccupent depuis ces derniers mois.

- Il y a quelques mois vous avez visité l’ancienne colonie de vacances de Mаcwiller en Alsace. La communauté ukrainienne de la Moselle voisine espérait votre visite. Aujourd’hui, vous avez la possibilité de vous adresser à eux.

Je madresse avec joie à tous vos lecteurs en les assurant que nos prêtres et moi ferons tout notre possible pour tendre la main à chaque âme, ukrainienne ou autre. Les habitants de Moselle connaissent bien ce lieu ukrainien à Macwiller, qui est étroitement lié aux activités du père Pavlo Kogut. Durant l’été 1982, étant séminariste à Rome, j’ai travaillé avec père Pavlo et j’en garde un souvenir précieux. Dans cet endroit, on apprenait le catéchisme comme des chansons traditionnelles ukrainiennes. Des couples se formaient, des gens de différentes générations se retrouvaient, venus de toute la France et de l’étranger. J’ai séjourné à Macwiller à plusieurs reprises. Aujourd’hui les bâtiments sont fermés et il n’y a plus aucune activité : ils ne correspondent plus aux normes et pour les rénover il faudrait des centaines de milliers d’euros.

Je souffre de voir cette maison vide se dégrader, je me désole que depuis trente ans la société scientifique à Sarcelles soit éteinte, que lhôtel ukrainien à Lourdes soit fermé depuis 5 ans parce quil ne correspond plus aux normes. Pourtant tous les ans ces bâtiments coûtent bien cher en assurances et en impôts. La communauté n’en tire pas bénéfice. Voilà pourquoi j’étais pressé de tout voir de mes propres yeux, de comprendre la situation et de rencontrer les personnes porteuses de leur histoire.

Mon champ de travail est grand, il comprend cinq pays. C’est plus que le territoire d’Ukraine. J’espère que les habitants de Moselle comme tant d’autres pardonneront à leur évêque qu’il n’ait pas pu se rendre dans chaque communauté durant les premiers mois de ses fonctions sur un territoire si vaste et si complexe.

J’ai un budget annuel de 35 000 € pour toute mon activité épiscopale sur 5 pays. Avec un tel budget, on comprend pourquoi mon prédécesseur n’avait ni secrétaire, ni chancelier, ni gestionnaire. Jusqu’à récemment à Paris il ny avait quun seul prêtre, celui de la cathédrale. Mon prédécesseur, feu l’exarque Mikhaylo Gryntchychyn, n’a pas pu me transmettre les dossiers, car il n’avait pas d’assistant ni de chancelier. C’est pourquoi actuellement je dois faire un travail de détective et essayer de comprendre quel est l’état des choses dont j’ai hérité – quelle est la situation pastorale, canonique, financière et matérielle.

Cest la raison pour laquelle, avec laccord du patriarche Svyatoslav Chevtchouk et du Saint-Synode, nous réalisons le premier audit extérieur transversal de lhistoire de notre église. J’espère que l’apparition de nouveaux prêtres, la normalisation des questions juridiques, fiscales et immobilières permettra de nous propulser sur de nouvelles bases de travail spirituel. Ce sont des réformes qui sont difficiles à mettre en place en quelques mois. J’ai des engagements par ailleurs : jusqu’en septembre je resterai recteur de l’Université catholique ukrainienne de Lviv. Je suis également à la tête de la commission de ressources humaines de la Province ecclésiastique de Kyiv-Halych et je suis également le membre du Saint-Synode de l’église gréco-catholique ukrainienne.

Je me sens coupable devant les Mosellans et les autres fidèles dont les attentes sont fortes. Je n’ai pas encore pu y répondre. J’espère pouvoir le faire dans un avenir plus ou moins proche. Pour l’instant, j’invite tout le monde à nous rejoindre le 16 novembre à Senlis et le 17 novembre à Notre Dame de Paris. Nous allons travailler dur, car il faudra de nombreuses années pour se sortir de la situation actuelle. Nous aurons besoin d’aide de tous les bords.

- Vous avez dit que parmi les Ukrainiens à l’étranger il y a différents courants et contre-courants. Comment pourrait-on les réunir, à votre avis ? Et est-ce le rôle de l’église que d’appeler à s’unir, cette même église qui durant des siècles s’est divisée et a lutté au sein d’elle-même ?

J’appelle de nouveau tous les croyants à se focaliser sur des choses positives. L’église comme la société commettent beaucoup de pêchés, mais jamais aucune institution mise à part l’église n’a démontré autant de possibilité et d’envie de « rassembler ceux qui existent dispersés ». L’église le fait depuis plus de 1000 ans et va continuer à œuvrer dans ce sens.

Tout n’est pas rose, mais notre Eglise en Europe occidentale œuvre beaucoup envers les emigrés économiques et les plus nécessiteux (je vous rappelle la modicité de notre budget). A mon avis, le monde des affaires comme l’Etat pourrait suivre cet exemple et s’appliquer davantage à la consolidation des Ukrainiens à l’étranger. Aujourd’hui nous en avons l’excellente occasion.

- Quelle est votre opinion sur des mythes historiques ? Cela vaut-il la peine de faire vivre les légendes, sous prétexte que les gens aiment les symboles et les références à lhistoire ancienne ? Ne serait-il pas préférable de les démystifier (prenons pour exemple la légende selon laquelle la ville d’Orly a été ainsi baptisée en l’honneur de Grégoire Orlyk) ?

Je suis historien et je pourrais consacrer à ce sujet une interview à part entière. Mais pour être bref, je dirais qu’il ne faut pas laisser perdurer les fantasmes objectivement erronés. Je suis partisan de la destruction des mythes. Néanmoins, une civilisation et une culture sont caractérisées par sa vision et sa réinterprétation de symboles et de signaux. Voilà pourquoi la réappropriation des symboles historiques comme contemporains peut apporter de grandes choses à notre époque. La déconstruction complète de tous les symboles et de toutes les traditions a été néfaste et a appauvri notre vie moderne. Au sens strict, un mythe est un mensonge. Néanmoins, si on prend le sens plus large du mot mythe, alors il s’agit de la signification profonde d’une certaine vision de l’histoire, de sa narration, de son cadre. Je suis partisan d’une recherche en profondeur.

 

 

Propos recueillis et traduits par Olga Gerasymenko

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