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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 12:08

 

JOURNÉE DU CINÉMA UKRAINIEN

 

CINÉ-CLUB UKRAINIEN

ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE

 

22, av. de Messine, M° Miromesnil. Tél. 01 43 59 03 53

Samedi 8 septembre 2012, 18 heures

 

Entrée libre.

 

 

L’HOMME QUI DÉFIA LE FEU

 

(ТОЙХТОПРОЙШОВКРІЗЬВОГОНЬ)

vosta

 

 Affiche-L-Homme-qui-defia-le-feu--1-.jpg

 

 

Production : Ministère de la Culture d’Ukraine, Agence cinématographique d’État, InsiteMedia Producing Center, 2011, 150 mn, coul.

Scénario : Mykhaïlo Illienko, Constantin Konovalov, Denis Zamriї, d’après le récit de Vadim Drapeї

Réalisation : Mykhaïlo Illienko

Photographie : Alexandre Krychtalovytch

Décors : Roman Adamovytch

Musique : Volodymyr Hronskyi

Son : Artem Mostovyi

Montage : Victor Malarenko

Chants : Dakhabrakha

Interprétation : Dmytro Linartovytch, Victor Andrienko, Olga Grychyna, Alexandre Ihnatoucha, Ivanna Illienko, Oleksiї Kolesnyk, Vitaliї Linetskyi, Oleg Primohenov, Halyna Stefanova, Artem Antontchenko, Maryna Yourtchak, Mykola Baklan, Serhiї Soloviov, Iryna Bardakova, Denis Karpenko, Volodymyr Levytskyi, Oleg Tsiona, Serhiї Sydorenko, Lev Levtchenko, Yaroslav Bilonoh, Taras Denyssenko

Genre : mélodrame

Principale récompense : Grand Prix au Festival International de Kiev 2011; Meilleur Film au Forum International d’Omsk 2012 

 

Synopsis

     Prisonnier des Allemands, le pilote de chasse Ivan Dodoka est libéré par l’Armée Rouge. Comme il lui est difficile de prouver son identité, il est envoyé au Goulag, d’où il décide de s’échapper. Après avoir traversé la Sibérie et le détroit de Béring, il s’empare d’un avion en Alaska puis se retrouve au Canada dans une tribu d’Indiens Iroquois dont il devient le chef. Pendant ce temps, son ami et frère d’armes le déclare ennemi dangereux pour pouvoir épouser sa femme.

 Photogramme-L-Homme-qui-defia-le-feu-1.jpg

 

Opinion

     Portée à l’écran par Mykhaïlo Illienko, l’histoire d’Ivan Dodoka est l’histoire revisitée d’un personnage réel dont le véritable nom est Ivan Datsenko, né en 1918 à Tchernytchyi Yar dans la région de Poltava. Pilote de bombardier pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce héros de l‘aviation soviétique effectua 213 raids, notamment sur Orel et Stalingrad, avant que son Iliouchine II eût été abattu par la Luftwaffe le 19 avril 1944 pendant qu’il bombardait la gare de triage de Lviv. Laissé pour mort par les autorités soviétiques, Ivan Datsenko fut retrouvé par des membres de la délégation soviétique ukrainienne visitant une réserve indienne iroquoise à l’occasion de l’Exposition Universelle de Montréal en 1967. Après avoir décliné sa véritable identité, Ivan Datsenko s’adressa à eux en ukrainien et dit s’appeler John Mac Nober, pour l’état civil canadien, et Chief Poking Fire pour sa tribu. Peu après, l’ambassadeur soviétique en poste au Canada Ivan Chpedko, lui-même d’origine ukrainienne, eut plusieurs entretiens avec Datsenko. D’après lui, ce dernier s’était installé vingt ans auparavant chez les Iroquois et avait fondé une famille. Devenu manager du tourisme et de spectacles indiens, il avait reçu pour cette raison le titre de chef. En Ukraine, sa sœur tenta d’entrer en contact avec lui en 2001 grâce à l’émission de télévision Attends-moi, mais la Croix-Rouge ukrainienne l’informa que son frère était décédé depuis deux ans. Plusieurs versions circulèrent sur l’extraordinaire destin de cet aviateur avant que son camarade de régiment Alexandre Chtcherbakov ne publiât en 2010 le récit Le ciel et la terre d’Ivan Datsenko. Selon l’une d’elles, il se serait évadé du camp de prisonniers allemand et aurait rejoint son unité. Accusé de trahison, il aurait été envoyé en Sibérie, d’où il aurait fui au Canada après avoir traversé le détroit de Béring. Selon une autre version, il se serait retrouvé à la fin de la guerre dans la zone américaine, puis aurait émigré au Canada, comme d’autres milliers d’Ukrainiens, et trouvé une terre d’accueil chez les Indiens Iroquois. Cette dernière version semble être la plus vraisemblable.

     En 2006, le directeur du Département Cinéma du Ministère de la Culture d’Ukraine Hanna Tchmil lança le projet de réalisation d’un documentaire sur Datsenko, mais fascinée par le personnage, elle proposa la réalisation d’une fiction à Mykhaïlo Illienko, qui à l’époque cherchait un producteur pour son nouveau projet – La Jachère (Толока). Illienko choisit la première version, plus romancée à son goût, pour en faire un film grand public, où le personnage central deviendrait un héros national. Le budget de la production se chiffra à 16 millions de hryvnias, dont six investis par le producteur indépendant InsiteMedia Production Center. Faute d’argent frais, le tournage fut maintes fois interrompu entre 2008 et 2010, notamment pendant la campagne des élections présidentielles de 2010 et les mois qui suivirent, épisode récurrent dans l’Ukraine postsoviétique. Le tournage s’effectua à Kiev, Rjychtchev, Kamianets-Podilsk. Lors d’un voyage en Amérique du Sud, le réalisateur enregistra un plan dans les Andes, sur la frontière argentino-chilienne, qui servit de décor d’arrière-plan pour les scènes de vie chez les indiens. Les diverses difficultés qu’il rencontra sur les plans financier, technique et  humain, se ressentirent dans le montage entre les différents épisodes. Ce n’était plus la compression du temps et de l’espace qui altérait la structure du film, mais les raccords ou faux-raccords qui consistaient à suggérer une action en montrant simplement ce qui se passait avant et après. Le film est truffé d’ellipses de convenance et d’autres utilisées pour rythmer le récit là où une trop longue rupture s’est opérée dans les reprises du tournage. Au montage, l’ellipse met en valeur tantôt des images métaphoriques trop évidentes, tantôt désoriente le spectateur, surtout lorsque qu’elle chevauche un flash-back ou un flash-forward. Mykhaïlo Illienko se défendra en excusant par avance le spectateur de ne pas y voir une parfaite linéarité du récit. Il avouera encore être en osmose conceptuelle avec son avant-dernier long métrage Foutchow datant de 1993, aussi bien sur le plan visuel et la distribution, que sur le thème musical du film. En réalisant cette fiction, Illienko prétend créer une véritable légende autour de son héros, comme l’ont été Tchapaiev, Rambo et d’autres, sans qui, selon lui, une nation ne peut rêver. Le film a été tourné en cinq langues - le russe (majoritairement), l’ukrainien, l’anglais, le tatare et l’iroquois. Et si Ivan Dodoka apprend l’ukrainien à sa nouvelle famille, pas une seule fois son nom, l’Homme qui défia le feu, n’est prononcé en langue iroquoise, pas même dans la scène finale. Cette scène rituelle revêt une importance initiatique : les Iroquois donnent des prénoms qui prennent souvent ancrage dans la nature qui les entoure, dans les forces surnaturelles qu'ils perçoivent, dans les qualités des personnes ou bien dans les événements de la vie. Le nom que les Iroquois attribuent à Dodoka est à sa juste valeur, puisqu’il défia le feu partant de son Ukraine en flammes jusqu’à son nouveau foyer. Depuis l’indépendance, ce mélodrame est l’un des rares films à figurer honorablement au box-office ukrainien. Il a surtout le mérite d’avoir révélé Dmytro Linartovytch, le Johnny Depp ukrainien, comédien du Théâtre municipal de Kiev.

Lubomir Hosejko

 

 

 

 

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 13:16

La nouvelle loi sur la langue russe en Ukraine provoque une vague de protestations, dans le pays comme à l'étranger. A Kiev, devant la Maison ukrainienne, un centre d'exposition situé au centre de la ville, sept personnes font une grève de la faim. Des manifestants restent nuit et jour à leur côté. Les uns, comme Katroussia, sont là en permanence. Elle ne rentre à la maison que pour se changer et prendre une douche. D'autres, comme Youlia, restent juste une heure ou deux chaque soir. De tels piquets de grève se sont installés dans de nombreuses villes ukrainiennes, à l'Ouest comme à l'Est et même en Crimée. A Paris, New York, Londres et Bruxelles, des Ukrainiens manifestent « pour protéger le droit à l'identité ». 

Pourquoi une telle mobilisation ? Pour le comprendre, il faut chercher les réponses dans l'actualité, mais aussi dans l'histoire du combat de la langue ukrainienne pour sa survie.  Katroussia Gladka passe donc ses nuits et ses jours à protester contre cette nouvelle loi. La jeune étudiante est indignée par « les manipulations pendant les votes, deux fois de suite, qui sont reconnues par le sténogramme officiel » de la séance au parlement. Effectivement, le pouvoir ukrainien a triché avec l'ordre du jour pour empêcher l'opposition de se mobiliser et faire passer la loi. Il n'y a pas eu de discussions dans l'hémicycle pour nombreux amendements. « On fait de la politique comme on joue aux cartes », remarque cette future journaliste qui cherche à protéger « l'état de droit et le respect de l'opinion publique dans le pays ».  Igor Petrouk, un jeune juriste ukrainien, constate une autre manipulation dans les termes employés : « Le projet fait référence à la Charte des langues régionales du Conseil de l'Europe. Or, la Charte était prévue pour des langues minoritaires, souvent en voie de disparition, parlées par des autochtones regroupés dans les même régions, comme les Tatars de Crimée ou les Gagaouzes. Mais les Russes ne correspondent guère à cette description. Dispersés un peu partout suite aux conquêtes militaires, ils disposent de journaux en russe, de livres et de chaînes de TV...  Et même en plus grand nombre que les Ukrainiens ». Selon Igor, c'est surtout l'ukrainien, opprimé et persécuté durant quatre siècles qui a besoin de soutien. « C'est la langue natale de 75% de la population. Il doit rester la seule langue d'Etat pour assurer le développement de la culture et la vie normale de la nation ukrainienne », affirme-t-il. 


Formellement, les langues tatare ou gagause font aussi l'objet de la future loi sur la langue. Mais en réalité ses deux auteurs, Serguy Kivalov et Vadim Kolesnichenko, deux députés du Parti des Régions, au pouvoir en Ukraine, ne cachent même pas que le vrai but est une promotion de la langue russe pour qu'elle acquière le statut de deuxième langue officielle. « C'est une manipulation électorale, estime Youlia Kazakova, qui ne manque pas une soirée devant la Maison Ukrainienne à Kyiv. Je suis d'origine russe, et je ne veux pas être instrumentalisée. Comme Andrey Kourkov (écrivain traduit en français et auteur notamment du livre « Le Pingouin ») et tant d'intellectuels du pays, je pense que la langue russe et ses natifs ne sont pas en danger. Mais que le Parti des Régions, en perte de popularité à la veille des législatives d'octobre cherche à faire monter son score en provoquant un schisme et en renforçant l'hostilité entre les gens ».


Actuellement la loi si controversée n'a passé que deux lectures au Parlement. Pour entrer en vigueur, elle nécessite la signature du Président ukrainien. Or il promet une expertise complémentaire. D'où l'importance des manifestations : une partie de l'opinion publique demande de retirer le texte. Tant qu'il n'est pas trop tard. Pour de nombreux Ukrainiens, la bataille pour la langue fait partie d'un long combat pour l'identité et la dignité qui perdure depuis plusieurs siècles…

par Alla Lazareva
www.atlantico.fr

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:25

lianaL ’Ukraine, « grenier à blé » et plus grand pays d’Europe, riche en terres noires, qui comprend 24 régions (oblasts), 457 villes et une république autonome de Crimée, garde ses traditions autant culturelles que culinaires.

 

 La cuisine ukrainienne s’est formée pendant les longues et difficiles époques de son histoire. Elle reflète dans sa gastronomie sa culture, son développement politique, ses conditions sociales, ses particularités climatiques et géographiques (voisinage avec la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Moldavie, la Russie et la Biélorussie), ses goûts et son calendrier religieux, car la plupart des Ukrainiens sont très croyants.

 

Le soir du Réveillon, dans chaque foyer même les plus modestes, les familles se réunissent autour de la table, et la maîtresse de maison propose le repas des « 12 plats » qui sont servis en même temps. Ils sont uniquement maigres, sans viande ni graisses animales :

- Le borchtch (soupe rouge maigre à la betterave)

- Les vushka (petites oreillettes aux champignons secs)

- Les varenyky (oreillettes aux pommes de terre et aux choux ou d’autres farces maigres)

- Le uzwar (boisson aux fruits secs)

- Le poisson farci

- La carpe frite

- Les pampoushky (beignets)

- Les harengs

- La machanka (une très épaisse sauce de champignons secs entiers)

- Les holubtci maigres (choux farcis au millet et pomme de terre)

- La salade vinaigrette

- La kutia (dessert aux céréales et miel).

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Pendant les fêtes de Pâques, on propose une belle et savoureuse brioche Paska faite maison avec une dizaine d’oeufs, une studenyna (viande de porc dans sa gelée), les bouratchky au chrin (betteraves râpées au raifort) et les bouratchky sucrés (betteraves râpées au sucre) pour accompagner toute la diversité des charcuteries et des jambons cuits/boucanés à la fumée du bois fruitier.

 

En Ukraine, on mange beaucoup de viande, surtout de la viande de porc. Son lard blanc fumé ou salé, poivré ou à l’ail, cuit ou nature (il y en a même au chocolat), est devenu un symbole de la cuisine nationale. On aime également le veau mais aussi les volailles avec comme mets courant le poulet… Le canard, la dinde et l’oie étant réservés pour les fêtes.

Il faut aussi ajouter un mot en faveur d’un bon lièvre ou d’un lapin cuit à l’étouffée (plus rarement un ragondin) dans sa sauce à la crème fraîche, qui est un vrai délice !

 

On prépare différents plats farcis, par exemple les holubtci (choux farcis), le poivron et le poisson farcis. Les céréales sont bien sûr à l’honneur avec le blé, l’orge, le mondé, le sarrasin ou le riz.

 

On ne peut pas s’imaginer une table sans pain. Tous les plats chauds et toutes les soupes sont toujours accompagnés de pain blanc ou noir au cumin.

 

La fête du Réveillon n’est pas possible sans les appétissantes pampoushky (les beignets). Un rôle très important est réservé aux légumes, et particulièrement à la betterave, ingrédient sans lequel la célèbre soupe rouge borchtch n’existerait pas. On compte environ 40 variétés de ce plat, chaque région à sa façon de la faire, chaque famille la prépare un peu différemment aussi…

 

On cuisine régulièrement le chou, les carottes, les tomates, l’oignon, les haricots blancs, le persil, le radis noir, l’oseille, les orties, l’arroche des jardins. Pour ajouter davantage de goût aux plats, on les assaisonne avec de l’ail, du persil, de la ciboulette, du raifort, de l’aneth, des girofles, des poivrons noirs, de la moutarde et des feuilles de laurier.

Les desserts d’été et les boissons se préparent avec les fruits locaux comme les pommes, les poires, les prunes, les mirabelles, les pêches, les abricots, les fraises, les cerises, les griottes, les mûres, les cornouilles, les cassis, les framboises, les fraises des bois, les airelles, les groseilles rouges et/ou vertes.

 

Les Ukrainiens aiment les champignons forestiers, surtout les cèpes qui sont très populaires, mais de plus en plus rares. Les bolets jaunes, les armillaires « couleurs de miel » comestibles, les girolles et les russules sont également très demandés.

 

Il ne faut pas oublier notre amour pour les poissons, qu’ils proviennent des rivières, des étangs ou de la mer : brochets farcis, brèmes avec les champignons et la kacha, esturgeon fumé, gardon salé, carassins frits, sandre cuit au four ou carpe cuisinée à l’étouffée, caviar, soupes au poisson…

 

Depuis quelques siècles, le maïs, les tomates, les potirons, les pastèques, les melons et bien sûr les pommes de terre sont devenus irremplaçables dans la cuisine de tous les jours. Presque toutes les soupes se font avec des pommes de terre, sans parler de tous les plats très aimés par les Ukrainiens et appréciés par les étrangers comme par exemple les deruny (galettes de pommes de terre).

 

En ce qui concerne les boissons alcoolisées, la bière avec sa longue tradition conserve la première place, suivi de l`horilka (l’eau-de-vie), les nastijky (genre de liqueurs, souvent à base d’herbes ou de miel). Les boissons non alcoolisées, mais non moins aimées, sont le café, les infusions aux fleurs et aux herbes, sans oublier le kwas et le uzwar.

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:11

Iryna ZvarytchPouvez-vous nous retracer en deux mots l’histoire du football féminin en Ukraine ? 

L’histoire officielle du football féminin ukrainien commence à partir de la création de la Fédération de football ukrainienne (FFU) en 1991. Depuis cette année-là, le championnat et la Coupe des équipes féminines sont devenus des compétitions annuelles. Huit équipes participent au championnat national. Les vainqueurs représentent l’Ukraine au championnat des clubs européens – la Ligue des Championnes.


Existe-t-il des joueuses professionnelles en Ukraine ?

 Les 8 équipes du Championnat national sont des équipes professionnelles. Les footballeuses ont le statut de joueuses professionnelles et se trouvent donc dans la base de la FFU. Par ailleurs, le football amateur bénéficie également du soutien des officiels. Ainsi, en Ukraine, il existe un certain nombre de compétitions réservées aux équipes amatrices féminines comme aux enfants (parmi les compétitions les plus réputées on peut évoquer « Offrons la joie aux enfants », « Es-tu le futur champion olympique », « Les jeux sportifs paysans », « Les enfants – un espoir olympique »).

 

Comment les fillettes sont-elles sélectionnées pour une carrière professionnelle ?

 En Ukraine, il existe un calendrier des compétitions pour les fillettes de différentes tranches d’âge. Les sélectionneurs des clubs professionnels fréquentent régulièrement ces compétitions et opèrent leur sélection.


Quel regard portent les proches des filles sur leurs choix de devenir footballeuse ?

 La grande majorité des Ukrainiens est convaincue que le football est un sport masculin ; c’est une des raisons qui font que l’entourage et les familles des filles ne comprennent pas qu’il puisse s’agir de leur futur métier et de leur destin. Cela provoque souvent des disputes entre les parents et les adolescentes. Mais plus tard, si la fille persévère et obtient ses premiers succès, les perspectives devenant plus concrètes, les familles acceptent le choix de leurs enfants, commencent à fréquenter activement les matchs et deviennent les supporteurs les plus ardents.


Le football féminin a-t-il autant de succès auprès des spectateurs que le football masculin ?

Aujourd’hui, en Ukraine on observe une augmentation de l’intérêt pour le football féminin. Cela se vérifie surtout dans les régions occidentales et les villes où le football masculin est bien développé. C’est à Tchernihiv que le football féminin est le plus développé. Son équipe locale « Léguenda » est une des favorites du championnat ukrainien et l’équipe nationale est toujours chaudement soutenue par les fans de Tchernihiv. Actuellement, on observe une extension géographique des matchs de l’équipe nationale – nos derniers matchs se sont déroulés à Sébastopol en Crimée, où nous avons commencé à gagner des supporteurs.


Comment la société accueille-t-elle le phénomène du football féminin ? La presse en parle-t-elle aussi volontairement que du sport masculin ?

 Le dernier championnat du Monde de football en Allemagne a suscité en Europe un grand intérêt pour ce sport. L’Ukraine n’a malheureusement pas participé à cet événement sportif, mais cela n’a pas empêché la presse ukrainienne de soutenir cet intérêt envers le football féminin. Les unes des périodiques le plus populaires ont commencé à parler du championnat national : les classements y sont désormais publiés, on y parle des meilleures joueuses du championnat, etc. D’ailleurs, en 2011, dans le cadre de la campagne médiatique dédiée au 20ème anniversaire de la FFU, les journalistes devaient sélectionner les personnalités du monde du football ukrainien les plus importantes. 3 footballeuses figurent sur cette liste.


Les stars du football féminin bénéficient-elles du soutien des sponsors et de contrats publicitaires ?

 Le football féminin ukrainien n’en est qu’à ses débuts et à ses premiers succès. Nous n’avons pour l’heure ni sponsor, ni contrat publicitaire. Mais, compte tenu de l’accroissement de la popularité du football féminin, on peut supposer que ce n’est qu’une question de temps.


Les footballeuses ukrainiennes jouent souvent à l’étranger. Dans quels clubs et qu’est-ce qui les empêche d’évoluer à la maison ?

 Les footballeuses ukrainiennes jouent dans toutes les équipes russes (huit équipes) ainsi que dans le FC Medic (Pologne). Le niveau du championnat ukrainien n’est pas aussi élevé qu’en Russie. Je pense que c’est surtout une question de moyens et d’investissements !

 

Propos recueillis par Olga Gerasymenko

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 12:07

 

CINÉ-CLUB UKRAINIEN

ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE

 

 

22, av. de Messine, M° Miromesnil. Tél. 01 43 59 03 53

Mardi 4 septembre 2012, 19 heures

 

Entrée libre.

Photogramme-1-Les-Ombres-des-anc-tres-oubli-s.jpg 

 

LES OMBRES DES ANCÊTRES OUBLIÉS

(ТІНІ ЗАБУТИХ ПРЕДКІВ)

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Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1964, 98 mn, coul/nb

Scénario : Serge Paradjanov, Ivan Tchendeї, d’après la nouvelle éponyme de Mykhaïlo Kotsioubynskyi.

Réalisation : Serge Paradjanov

Photographie : Youriï Illienko

Décors : Heorhiї Yakoutovytch, Mykhaïlo Rakovskyi

Musique : Myroslav Skoryk

Son : Sophie Serhienko

Interprétation : Ivan Mykolaїtchouk, Laryssa Kadotchnikova, Tetiana Bestaieva, Spartak Bagachvili, Mykola Hrynko, Léonide Yenguibarov, Nina Alissova, Alexandre Haї, Neonila Hnepovska, Alexandre Raїdanov

Genre : drame lyrique

 Photogramme-2-Les-Ombres-des-anc-tres-oubli-s.jpg

Principales récompenses : Festival International de Mar-del-Plata (1965), Prix La Croix du Sud, Prix Spécial du Jury pour la photographie, la couleur et les effets spéciaux à Youriï Illienko ; Festival International de Rome (1965), Coupe du Festival ; Prix de l’Académie du cinéma britannique pour le Meilleur film étranger (1966) ; Festival international de Salonique (1966), Médaille d’Or à Serge Paradjanov pour la réalisation ; Festival de Melbourne (1967), Diplôme d’Honneur ; Festival International de Sidney (1967), Diplôme d’Honneur ; Festival Pansoviétique à Kiev (1966), Prix Spécial du Jury pour l’ensemble de l’équipe ; Prix d’État Taras Chevtchenko (1991) à Serge Paradjanov (posthume), Youriï Illienko, Laryssa Kadotchnikova,  Heorhiї Yakoutovytch.

 

Synopsis

 

Ivan et Maritchka s’aiment depuis l’enfance, en dépit de la haine qui, depuis des générations, sépare leurs familles – les Paliїtchouk et les Houténiouk. Quelque temps avant leurs noces, Ivan quitte sa fiancée pour les alpages à la recherche d’un travail. Partie le rejoindre, Maritchka se noie en voulant sauver un agnelet. Perdu, Ivan erre à travers le pays et songe à mourir, mais une veuve accorte jette son dévolu sur lui. À contrecœur, Ivan épouse Palagna. Le souvenir de Maritchka le hante jusque dans ses rêves. Bientôt, Palagna le trompe avec Yourko, le sorcier du village. Ivan veut se faire justice, mais le sorcier le tue d’un coup de hache.

 

Opinion

 

     Septième adaptation cinématographique du nouvelliste Mykhaïlo Kotsioubynskyi, Les Ombres des ancêtres oubliés est l’œuvre par excellence qui lancera une nouvelle vague dans le cinéma ukrainien, appelée tantôt cinéma poétique ou métaphorique, tantôt pictural, et plus connue sous le vocable École de Kiev. Jusque-là, Paradjanov avait été un réalisateur peu remarqué, engagé par le Studio Alexandre Dovjenko de Kiev. D’abord assistant d’Igor Savtchenko et de Volodymyr Braun, il avait aligné coup sur coup trois documentaires et quatre longs métrages de fiction de commande, lesquels portaient déjà les prémices d’un cinéaste, dont la capacité de création allait croissant avec la génération montante, imprégnée de culture occidentale et à l’écoute de la dissidence.

   Photogramme-3-Les-Ombres-des-anc-tres-oubli-s.jpg  Paradjanov découvre chez Kotsioubynskyi une sorte de prose rythmée dont il faut, comme pour les peintres, connaître les couleurs parce qu’elles viennent à la rescousse des mots. Choisissant la solution picturale plutôt que la solution littéraire, il va donner libre cours à son interprétation du récit à partir de couleurs qu’il attribue à chacun des chapitres et dont la matière sera rigoureusement respectée : Les Carpathes oubliées de Dieu, Les Alpages, Solitude, Demain le printemps, Le Sorcier, L’Estaminet, La Mort d’Ivan, La Vie quotidienne, Noël, Ivan et Palagna, La Pietà. À première vue, le film impressionne par l’abondance kaléidoscopique des tons, par la symphonie des sons, la complexité technique, le souci du détail et, surtout, par la diversité des rites, les superstitions, l’art des Houtsoules, une ethnie carpathique méconnue, primitive mais raffinée, vivant en étroite communion avec la nature et l’univers de ses ancêtres. Au fil des séquences, une matière filmique semble se dégager dans des cycles de traitement de couleurs indissociables de la dramaturgie. Les références picturales sont choisies à l’origine du projet : Botticelli, Bosch, Bruegel, Goya, Chagall, Caravage, mais aussi les portraits de Houtsoules rencontrés dans les tableaux des peintres ukrainiens Ivan Trouch, Olena Koultchytska, Ossyp Kurylas. Cette débauche de couleurs, de broderies et de costumes chamarrés, est inspirée par le jeune décorateur Heorhiї Yakoutovytch et la costumière Lidia Baїkova. L’image se dissout dans des ocres, des bleus, des rouges, des gris, donnant au film une unité chromatique rythmique et plastique. Le film commence par une gamme de gris-argent soulignant l’âpreté du paysage puis un marché de Noël aux couleurs bariolées avec le premier choc émotionnel et visuel : un filet de sang coulant sur la lentille frontale de l’objectif et se transformant en chevaux rouges galopant (d’où le titre français Les Chevaux de feu) – trouvaille commune du réalisateur, du décorateur et de l’opérateur. Pourtant, il serait trop réducteur de ne voir que des couleurs, des figurants typés dans un contenu ethnographique hypertrophié, car il s’agit bien de la restitution de la culture d’un peuple de tradition orale, sublimée par le délire baroque d’un cinéaste enfin libéré du carcan réaliste socialiste. Le réalisateur se laisse emporter avec toute son équipe dans la matière première du récit en fondant littérature, histoire, ethnologie et métaphysique en une vision cinématographique totale. Et si c’est un Arménien déraciné travaillant en Ukraine qui réalise un film national dans sa forme comme dans son contenu, c’est justement parce que son histoire tend à l’universalité, à l’instar des tragiques grecs et des histoires d’amour légendaires de la littérature occidentale, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult.

     Le véritable thème du film est celui de la mort en forme de long adieu à la beauté et à la vie qui s’éteint dans un combat inégal avec les forces du mal. Ici, les rites funéraires ont une forte connotation économique et sociale : magie, sorcellerie, démonologie ordonnent la veillée et les levées des corps. Du point de vue anthropologique, le vérisme de la transe collective pendant la mise en bière du corps d’Ivan est un morceau d’anthologie inégalé. Au thème de la mort omniprésent tout au long du récit, s’ajoutent ceux de l’amour, de la fidélité et de la solitude, tenant à la fois du drame shakespearien et de la tragédie racinienne. Si Ivan croque une pomme après l’amour avec Palagna, c’est pour admettre qu’il a trahi le souvenir de Maritchka. Il est condamné à vivre dans un sentiment d’abandon et d’autodestruction. L’univers de Palagna lui demeure étranger, et la fidélité à son amour perdu devient la manifestation la plus accomplie de ses passions, celle qui soustrait à la temporalité et projette vers l’éternel.

     Natif de la région où se tourne le film in situ, le jeune premier Ivan Mykolaїtchouk interprète le rôle d’Ivan. Il est l’incarnation même de son homonyme, connaît les us et les coutumes, se signe nonchalamment à la houtsoule, parle le dialecte local. D’emblée son jeu imprime au film un style économe qui ébranle l’archétype de l’acteur soviétique, coincé dans un académisme désuet. Entouré de paysans houtsoules qui interviennent et exigent leur propre vision et la vérité absolue, il a pour partenaires Laryssa Kadotchnikova (Maritchka) et Tetiana Bestaieva (Palagna), toutes deux d’une exceptionnelle beauté. Comparé au comédien russe Vassili Choukchine et au Polonais Zbigniew Cybulski, il devient très vite une star de l’écran et sera lié à plusieurs films à succès.

     La conception du film est due tant au réalisateur qui jette les fondements de la mise en scène frontale, avec peu de gros plans et une absence totale de raccords dans l’axe, qu’à son opérateur Youriï Illienko. Cependant, tout deux entrent en conflit. Alors que Paradjanov veut une caméra statique et contemplative, Illienko la rend très mobile. Enivrée par ses propres mouvements, elle vacille de plongée en contre-plongée, avance, recule dans des travellings époustouflants. Souvent portée, elle balaie tout sur son passage, exécutant des filages, des décadrages, des panoramiques à 360°, comme dans la séquence de la veillée funèbre. Au montage, la technique de la caméra coup de poing et les astuces optiques, notamment les images solarisées, donneront raison à Illienko qui applique la théorie de la caméra émotionnelle, marquant le retour au cinéma de poésie qui tend à revaloriser le point de vue visuel et l’impact émotionnel de la couleur contre l’envahissement du bavardage. Ce visuel émotionnel est accompagné par la musique symphonique de Myroslav Skoryk, doublée de plaintes lugubres des trembites, de glas de cloches et de guimbardes de bergers.

     Présenté hors concours au Festival de Moscou en juillet 1965, le film reçut un accueil mitigé, pour ne pas dire hostile, et fut démoli par le critique moscovite Mikhaïl Bleiman. Les instances cinématographiques qui souhaitaient voir Paradjanov réintégrer le réalisme socialiste qualifieront cette œuvre d’expression du nationalisme ukrainien. Paradjanov  avait notamment refusé de doubler le film en russe, car, selon lui, le doublage aurait été dévoyé,  aurait vulgarisé le sens des mots et détourné la force des images. Néanmoins, ce film culte obtiendra un succès international en Occident, notamment en France. Il orientera la production ukrainienne vers un cinéma de qualité à consonance plus nationale qu’auparavant, mais restera un cas isolé dans l’histoire du cinéma ukrainien, accompli par une équipe de cinéastes trentenaires exaltés.

Lubomir Hosejko

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 17:41

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 17:21

logo_fond_bleu.jpgLa Fondation Robert-Schuman est l’un des grands think tank européens qui publie régulièrement des analyses approfondies sur l'Ukraine. Son dirigeant, Jean-Dominique Guiliani se rend souvent en Ukraine. La Fondation a pris une position très ferme vis-à-vis du pouvoir ukrainien. En particulier, M Giuliani qui s’est exprimé pour un boycott de Euro-2012 et pour l'interdiction aux dirigeants de l'Ukraine de fouler le sol européen. «Les Européens doivent refuser de s'asseoir sur les mêmes gradins que les liberticides », a-t-il écrit sur son blog.

 

Monsieur Giuliani soutient ainsi la position du gouvernement français qui consiste à ne pas aller en Ukraine en juin. « Notre Fondation suit très attentivement les événements, nous a-t-il dit dans une interview. Je me suis rendu en Ukraine en automne. Youlia Timochenko, Youri Loutsenko, Valery Ivashchenko étaient déjà en prison. J'ai rencontré beaucoup de monde, et j'ai trouvé que les responsables du gouvernements que j'ai rencontré n'avaient aucune conscience de l'importance que représentait pour nous cet abus de droit. Il s'agit d’une véritable logique d’abus de droit, parce que ces gens sont condamnés pour des faits commis dans l'exercice de leur fonction sur la base d’un droit pénal hérité de l'époque soviétique. Ce sont deux raisons par lesquelles leurs condamnations sont considérées par les européens comme une double manœuvre politique

 

Compte tenu de la détérioration de la situation des droits de l'homme, Jean-Dominique Giuliani estime que le moment n'est pas venu pour que les négociations entre l'Ukraine et l'UE aboutissent à la signature d'un accord d'association: « Les ploutocrates de Kiev craignent leurs compères russes et ont fait mine de se tourner vers l'Union européenne, avec ce chantage : ou l'Europe ou la Russie. C'est ainsi que l'Union a entrepris, sous la pression d'une Pologne qu'on a connu plus attachée aux droits fondamentaux, de négocier avec l'Ukraine un accord de libre-échange qui n'est pas près d'être ratifié. Elle découvre aujourd'hui, à l'occasion de ce qui devait être la fête du football européen, la réalité triste et inacceptable de la politique ukrainienne. »

 

 Jean-Dominique Giuliani souligne que même une libération rapide des opposants politiques n'entrainerait pas un retour immédiat aux négociations, comme si rien ne s’était passé. « Il faudra beaucoup plus que des gestes cosmétiques, car les violations de l’Etat de droit sont édifiantes » nous a-t-il dit. En Ukraine il y a les gens formidables, beaucoup de richesses potentielles, notamment, au sein de la jeunesse qui est très entreprenante, très européenne sur touts les plans et notamment culturels et économiques... Et je considère que le pouvoir est confisqué de manière pire  encore qu'en Russie ».

 

La Fondation Schumann est l’une des toutes premières institution à avoir évoqué la nécessité de sanctions contre les dirigeants ukrainiens. Aujourd'hui le Parlement Européen parle de plus en plus de mesures restrictives comparables à celles prises à l’encontre des autorités biélorusses. « Le pouvoir ukrainien fait de jolis sourires à tout le monde et exerce une chantage avec l'Union Européenne, en, pensant jouer sur les contradictions entre les différents pays de l'Union. Mais il se trompe dans cette stratégie, parce que s'il existe un sujet sur lequel l'UE et pleinement unie, c'est celui de l'Etat de droit et les droits de l'homme ».

 

Durant sa dernier visite en Ukraine, M Giuliani a formulé la demande de rencontrer Ioulia Timochenko. La réponse de Kiev a été négative. « C'est une situation inadmissible », estime le dirigeant de Fondation Schumann. Il ne s'agit pas que de Madame Timochenko,  mais de tous les prisonniers politiques qui sont privés de liberté et en mauvais santé. L'Ukraine doit changer sa politique vis-à-vis d'eux. Autrement, l'accord de libre-échange avec l'UE ne sera jamais signé ».  

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 17:17

jerome-dubus-conseiller-nc-du-17eme-au-conseil-de-paris-268.jpgPour quelle raison avez-vous déposé un vœu relatif à la situation de Ioulia Timoshenko au conseil de Paris ?

 J’ai eu la chance de rencontrer Ioulia Timochenko lors d’une visite qu’elle effectua en France en tant que Premier Ministre. Elle avait souhaité rencontrer des chefs d’entreprise français pour les encourager à investir en Ukraine. Elle avait fait forte impression grâce à son charisme et à sa volonté. Sa condamnation à sept années d’emprisonnement de manière totalement injustifiée a été un grand choc : il fallait réagir et montrer que Paris, considérée comme la capitale des Droits de l’Homme, ne pouvait rester indifférente devant cette profonde injustice. Ces deux raisons m’ont incité à déposer ce vœu.

 

Comment cette initiative a-t-elle été accueillie, d'une part par le Nouveau centre, parti dont vous êtes secrétaire national, d'autre part par les différents groupes politiques du conseil de Paris ?

 Cette initiative a été très bien accueillie par les différents groupes politiques du Conseil de Paris puisque ce vœu a été voté à l’unanimité. Les élus ont bien senti qu’il ne s’agissait pas d’une affaire politicienne mais bien d’un problème de liberté, qui transcende les courants politiques ; Il s’agissait de manifester notre opposition déterminée au sort réservé à Ioulia Timochenko et au-delà à l’ensemble des opposants qui sont aujourd’hui injustement emprisonnés. Je pense notamment à Monsieur Lutsenko.

 

Au regard des dégradations avérées des droits de l'homme et des libertés fondamentales, considérez-vous que l'Ukraine est encore une démocratie ?

 Les opposants sont clairement privés de liberté d’expression, voire de liberté tout court. Certains ne pourront pas être candidats aux élections législatives d’octobre puisqu’ils ont été privés de leurs droits civiques. Dans ces conditions, la démocratie est bafouée puisque le pluralisme politique ne peut plus s’exercer. L’Ukraine est devenue une démocratie « canada dry » : elle en a encore vaguement l’apparence mais son exercice est devenu impossible. La dégradation s’accélère de jour en jour sans parler de la corruption qui est une autre forme de déni de la démocratie, plus économique mais néanmoins très présente.

 

Quelle attitude se doivent d'adopter les dirigeants européens, et notamment français, face au pouvoir ukrainien  ?

 Le nouveau gouvernement français doit adopter une position très ferme vis-à-vis du régime ukrainien actuel. Il ne peut pas tolérer le maintien de la situation actuelle. Il doit peser de tout son poids politique pour obtenir la condamnation immédiate de la part de l’ensemble des pays européens, assortie éventuellement de sanctions diplomatiques, voire économiques. Ces condamnations ont prouvé, par le passé, qu’elles pouvaient avoir une influence décisive sur l’évolution de tel ou tel régime qui bafouait la démocratie. L’Union Européenne doit parler d’une même voix et doit parler rapidement : c’est sa vocation et c’est son rôle.

 

Plus de deux décennies après l'implosion de l'URSS, quelle lecture avez-vous de la citation de Voltaire : " L'Ukraine a toujours aspiré à être libre " ?

 Voltaire avait raison et il est vraiment dommage que nous soyons encore aujourd’hui au XXIème siècle obligé de défendre la liberté dans ce pays. Il y a une histoire commune entre l’Ukraine et la France qui ne peut laisser indifférent le peuple français. L’Ukraine a payé par le passé un lourd tribut à la soviétisation de son territoire : des millions de morts ; un univers concentrationnaire terrible ; une économie détruite par une idéologie absurde puis l’invasion allemande. Ce pays qui a de nombreux atouts notamment économiques, doit rapidement retrouver un fonctionnement démocratique normal, gage de liberté et de prospérité pour son peuple.

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 16:47

liana-benquet.jpg«A la découverte de la cuisine ukrainienne » vient d'être de paraitre aux Éditions Publibook. Son auteur, Liana Panasevych-Benquet, est membre de Perspectives Ukrainiennes.

Liana, il s'agit bien d'un premier ouvrage au sujet de la cuisine ukrainienne?
D'après moi, oui, c'est le cas. J'ai tenu entre les mains un petit livre dans un style « samizdat » réalisé il y a près d’un siècle, mais c'est tout. C’est précisement l'absence de livres sur notre cuisine qui m'a donné l’idée de contacter les éditeurs. J'en ai rencontré plusieurs mais les démarches n’aboutissaient pas. Finalement, je me suis entendu pour ce projet avec les Éditions Publibook, en contactant leur filière canadienne.

Ce travail a dû vous prendre pas mal de temps...
Une année à peu près. Ce livre n'était pas si long à écrire. Mais la phase de relecture et de corrections a duré plusieurs mois. Cet ouvrage, n’est pas qu’une compilation de recettes, j’ai souhaité en effet proposer aux lecteurs français de découvrir ce qu’il y a au-delà de la cuisine ukrainienne, c’est à dire l'Ukraine, pays méconnu. J’ai pensé également aux descendants des émigrés ukrainiens qui perdent peu à peu le lien avec le pays de leurs ancêtres. J’ai aussi une pensée pour mon arrière-grand-mère Anna Voniatovych et sa soeur Varvara. Comme des milliers d’Ukrainiens er ukrainiennes, elles ont quitté leur maison, au début des années 30, dans le but de gagner un peu d’argent à l'étranger. Mon arrière-grand-mère a du laisser en Ukraine sa fille (ma grand-mère) qui était alors toute petite. Elle n'est jamais rentrée en Ukraine et n’a jamais pu revoir sa fille. Je ne suis pas parvenu à retracer son parcours, je sais juste qu’elle est venue en France.

Actuellement vous partagez votre vie entre la France et l'Ukraine ?
Tout à fait. Je suis née à Lviv, j'ai obtenu un baccalauréat dans une école spécialisé sur la langue allemande. J'ai une diplôme de traductrice d'allemand obtenu à l'université de Lviv. En Ukraine, je travaille de temps en temps pour différents médias , écrivant des articles et en tant que traductrice. La maison d'édition « Vydavnytstvo starogo Leva » vient de publier ma traduction vers l'ukrainien d'un livre pour enfant « Ma soeur Katy », de Monika Feth. La maison d'édition kyivienne « Sima » a publié mes traductions de contes de George Sand.

«A la découverte de la cuisine ukrainienne » est déjà commercialisé par les librairies?
Le livre est présenté sur le site des Éditions Publibook. Il figure dans la rubrique « nouveautés » Il est  possible de le commander directement chez mon éditeur. Très prochainement il pourra être acheté sur  le site Amazon.com. Les Éditions Publibook viennent de m'envoyer une liste de librairies en France, où mon livre sera disponible à la vente. Cette année, il sera présenté et proposé dans plusieurs salons du livre. Mais le but de ce travail n'est pas commercial. C'est plutôt, je dirais, une démarche philanthropique. un souvenir de l'Ukraine et de la vie ukrainienne dédié à tous ceux  qui sont partis, loin de leur familles, qui ont tenté leur chance et se sont exposés aux épreuves de l’exil.

http://www.publibook.com/librairie/images/9782748385670_r.jpg

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 16:39

francois-hollande.jpgLors d’une conférence de presse commune avec Vladimir Poutine organisée à l’Elysée, le président François Hollande a estimé que la « place » de Ioulia Timochenko n'était « pas en prison ». « Pour ce qui concerne ma présence et celle de membres du gouvernement, j'ai considéré que ce n'était pas notre place », a par ailleurs affirmé le président français.

 

Fin mai, François Hollande avait déjà évoqué ce sujet en marge du sommet informel de l'UE à Bruxelles. « J'aime beaucoup le football. Mais ce qui se passe en Ukraine est un problème », avait-il déclaré en marge du sommet informel de l’Union européenne (UE) à Bruxelles. Une démarche visant à mettre la pression sur les autorités ukrainiennes au sujet de la situation de l’ex-Premier ministre, Ioulia Timochenko.  L’opposante a été condamnée en octobre 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir, consécutivement à un procès controversé.

 

Ioulia Timochenko a affirmé subir de mauvais traitements en prison et a engagé pendant plusieurs jours une grève de la faim. Certains dirigeants de l’Union européenne ont émis le souhait de boycotter l’Euro 2012 de football, organisé conjointement par la Pologne et l’Ukraine. Un boycott symbolique, afin de protester contre le sort réservé à l’ex-Premier ministre ukrainienne et aux autres opposants politiques incarcérés.

 

Joseph Daul, député européen français issu des rangs de l’UMP, est actuellement  à la tête du groupe PPE au Parlement Européen. Il a choisit une autre option : il a suggéré aux députés de son groupe politique de se rendre en Ukraine à l’occasion de  l'Euro-2012 afin de demander à rencontrer des opposants emprisonnés.

 

 L’Euro 2012 de football se déroulera du 8 juin au 1er juillet.  C’est en plein milieu de la compétition que l’affaire Timochenko pourrait prendre un nouveau tournant : l'appel déposé par l'opposante contre sa condamnation sera examiné par la justice le 26 juin. Soit quelques jours avant la finale qui se disputera dans la capitale ukrainienne...

 

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