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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 12:07

Le bulletin de Juin 2012 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes

 

Au sommaire:

Page 1: François Hollande refuse de se rendre en Ukraine pour l’Euro 2012
Page 2: 5 questions à Jérôme Dubus, élu du 17ème arrondissement de Paris
Page 3: Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman : « L'Union Européenne
doit sanctionner les dirigeants ukrainiens »
Pages 4: Entretien avec Liana Panasevych-Benquet, auteur de l’ouvrage « A la découverte
de la cuisine ukrainienne »
Pages 4: Agenda
Le mois de juin dans l’histoire
Page 5 : Actualité du livre

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:48

Invit-soiree-du-2-juin-2012.jpg

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 08:32

CINÉ-CLUB UKRAINIEN

ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE

 

Mardi 5 juin 2012, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

 

AU PRINTEMPS

(НАВЕСНІ)

copie restaurée en 2011

création et accompagnement musical d’Alexandre Kokhanovskyi

vostf

 Affiche-Navestni.jpg

Production : VOUFKOU, Studio de Kiev, 1929, 60 mn, nb, muet/musicalisé

Scénario : Mikhaїl Kaufman

Réalisation : Mikhaїl Kaufman

Photographie : Mikhaïl Kaufman

Musique : Alexandre Kokhanovskyi

Genre : documentaire, ciné-poème

 

Synopsis

     Réveil en douceur de la ville de Kiev à la sortie de l’hiver. Le printemps s’installe. La population envahit les rues et les stades dès les premiers rayons du soleil.

 Photogramme-Au-printemps-1.jpg

Opinion

     Entré en conflit ouvert avec son frère Dziga Vertov dès la sortie du film L’Homme à la caméra, principalement pour des raisons esthétiques concernant la structure du film, Mikhaïl Kaufman tourne son propre documentaire, Au printemps, où l’on découvre le Kiev de 1929, ses habitants, leur quotidien, leurs pratiques sociales et religieuses, leurs loisirs, peu avant le grand tournant annoncé par Staline en décembre de la même année. L’opus s’inscrit en marge des symphonies urbaines (New York 1911 de Julius Jaenzon, Manhatta de Paul Strand et du peintre Charles Sheeler, Rien que les heures d’Alberto Cavalcanti, 24 heures en trente minutes de Jean Lods et Boris Kaufman, Moscou du même Mikhaïl Kaufman, L’Homme à la caméra de Vertov, Berlin, symphonie d’une grande ville de Walter Ruttmann) dont la particularité est de mettre en avant la foule, l’architecture et les moyens de transport et dont la trame diégétique se décline de l’aube à la nuit. Ici, cette trame s’étale sur un temps plus long et s’attarde sur un espace anthropologique régi par ses nouveaux rites. Si dans L’Homme à la caméra Vertov montrait des personnages à travers la ville et sa complexité, en revanche, dans son nouvel opus, Mikhaïl Kaufman les réduit à une échelle plus humaine tout en ne s’écartant pas des principes du manifeste des kinoks. Pour lui, le réalisateur stimule le tournage, certes, mais celui qui le réalise reste l’opérateur. Beaucoup moins chaotique sur le plan du montage, Au printemps est un ciné-poème qui porte un regard subjectif et contemplatif sur l’individu et ses sentiments, mais aussi sur une société voulue sans classes à la fin de la NEP. Photogramme-Au-printemps-2.jpg Contrairement à l’obsession de Vertov pour le machinisme, Kaufman livre, sans pourtant s’y soustraire totalement, une œuvre lyrique chargée de poésie vitaliste qui constitue une sorte d’hymne à la vie, à la lumière, à la joie de vivre. Les images aériennes de la ville de Kiev sous la neige, assez rares pour l’époque, et celles des faubourgs de la rive gauche du Dniepr inondés par la crue, sont d’une extrême beauté. Kaufman y insère des images tournées auparavant, ce qui lui vaut des accusations de plagiat de la part de Vertov. Il utilise souvent des objectifs à longue focale pour suivre les gens dans leurs déplacements, capter les visages d’enfants, et pour souligner le rôle important du deuxième et troisième plan. Avec parcimonie, il pratique la double exposition, l’accélération et le ralenti, le passage de l’image nette à l’image floue et l’inverse, l’arrêt sur image. Kaufman inclut aussi dans son film des images d’animation satirique, pour montrer que les rites anciens ne sont rien d’autre qu’un spectacle de marionnettes et de trucage. Les images du poisson ou du cochon, effrayés par la perspective d’être transformés en nourriture pour la fête de Pâques, restent désopilantes par rapport à l’esthétique du film. S’appuyant sur le montage dialectique, Mikhaïl Kaufman oppose les symboles de la société nouvelle aux symboles de la société ancienne – ainsi les images des sportifs à celles des ivrognes, la Fête du Premier mai, avec danses populaires et défilés du Komsomol, aux fêtes pascales. Plus accentuée que dans L’Homme à la caméra, l’ukrainisation de l’espace économique, social et culturel abonde sur les enseignes, les panneaux publicitaires, les signalétiques et autres slogans de propagande. Métaphorique, ce documentaire à message idéologique reste incompris du public et est taxé de biologisme par la critique.    

     Dans le cadre du cycle des performances Kolo Dziga, organisé par le Centre National Alexandre Dovjenko de Kiev à l’occasion du 90-ème anniversaire de  la Direction Générale de la Cinématographie et Photographie d’Ukraine (VOUFKOU), une création musicale originale a été réalisée par le compositeur Alexandre Kokhanovskyi autour de ce documentaire récemment restauré. Deuxième film du cycle Kolo Dziga enregistré en live, Au printemps a été présenté en ciné-concert le 28 mars  2012, au Centre d’Art Contemporain de Kiev M 17.

 

Lubomir Hosejko

 

 

 

L’EXÉCUTION

(СТРАТА)

vosta

 

Production : Institute of Screen Arts, Kiev, 2008, 8 mn 30, coul.

Scénario : Serhiї Martchenko

Réalisation : Andriї Martchenko

Photographie : Andriї Martchenko

Musique : Volodymyr Houba          

Genre : documentaire

 

Synopsis/Opinion

 

     Planté en 1937 face au 6 de la rue Zolotovoritska à Kiev, un érable est étêté puis abattu le 12 décembre 2007. Conçu d’après une idée de l’écrivain Ivan Dratch, ce film de fin d’études d’Andriї Martchenko est à la fois un film témoignage et un film témoin de l’espace arboré en milieu urbain. Il est à regretter que la technique du found footage n’ait pas été utilisée, sinon pensée, avec quelques plans du Kiev de 1937.  

 

Lubomir Hosejko

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 22:41

Votre étude sur la genèse et les rouages de la répression stalinienne en Ukraine s'articule autour des parcours de deux intellectuels ukrainiens : Serhiy Efremov et Mykhailo Hrouchevsky. Pour quelles raisons vous paraissent- ils emblématiques ?

 

Le choix de ces deux intellectuels tient à plusieurs raisons: Hrouchevsky est naturellement emblématique aujourd'hui de l'histoire de l'Ukraine, tant il a de l'importance dans les milieux intellectuels ukrainiens et tant son approche historienne est l'une des premières à élaborer une histoire autonome de l'Ukraine. Nous souhaitions, Yuri Shapoval et moi-même, partir d'un personnage central du monde académique ukrainien mais aussi soviétique à partir de son retour en URSS. De plus, lorsque j'ai commencé à travailler avec Yuri Shapoval, ce dernier avait déjà rassemblé (et partiellement publié) cet immense ensemble d'archives sur la surveillance de Hroushevsky. Il est vrai qu'alors, nous ne pensions pas mettre au centre de l'analyse Efremov, moins connu même s'il s'agit d'une grande personnalité intellectuelle (et politique) de l'Ukraine. Mais il est moins emblématique. Je l'avais personnellement "croisé" au détour d'une recherche antérieure qui portait sur les statisticiens soviétiques, car certaines déclarations d'Efremov lors de son procès avaient été reprises lorsque les statisticiens soviétiques furent mis en accusation en 1937 (sans qu'il n'y ait aucune relation directe). Cependant, cette personnalité s'est très vite imposée dans notre recherche, tant son parcours croise celui de Hroushevsky et que la relation entre les deux hommes, en pleine montée du stalinisme, apparaissait exemplaire de la distance mais aussi de l'étroite articulation entre monde académique et monde politique. Qui plus est, les sources devenaient pour l'historien particulièrement fascinantes, puisqu'on disposait non seulement des sources de surveillance, de l'instruction des enquêtes contre Hroushevsky et Efremov, du procès de l'Union pour la libération de l'Ukraine (SVU), dont Efremov était le personnage centrale, mais aussi du journal que ce dernier rédigea presque quotidiennement jusqu'à son arrestation. Le croisement entre toutes ces sources offrait une opportunité assez exceptionnelle pour comprendre tous les mécanismes en oeuvre. Un autre personnage, moins central, de cette histoire, Durdukovskij, aurait d'ailleurs pu prendre plus de place, car nous avions identifié qu'il avait aussi rédigé un journal, évoqué dans le procès de la SVU. Mais nous ne l'avons pas retrouvé. Ces choix se sont avérés finalement très adéquats ; Hroushevsky et Efremov sont emblématiques de l'histoire du monde scientifique et intellectuel face au pouvoir bolchevique, puis à la montée de la dictature stalinienne. Leur relation avec le monde politique est emblématique de la relation complexe entre science et politique. Leur mise en cause et les affaires et procès dans lesquels ils sont impliqués et sont même les acteurs centraux, sont emblématiques de la logique policière du pouvoir stalinien, en particulier à partir du Grand tournant. L'un et l'autre n'ont pas la même relation aux bolcheviks, même s'ils participent à la vie académique durant la période étudiée : Hroushevsky cherche sans doute plus le compromis, est en relation plus directe avec le pouvoir, alors qu'Efremov apparaît plus radical dans ses choix, même s'il participe entièrement aux destinées de l'Académie des sciences d'Ukraine. La mise en perspective de ces deux personnages permet de comprendre beaucoup aux diverses formes de relation entre pouvoir politique et pouvoir scientifique.

 

Quelle a été au début des années 20 la stratégie bolchevique vis a vis de l émigration et des élites ukrainiennes ?

 

Elle a été double : d'une part, il y avait bien entendu une grande méfiance, non pas tant vis à vis de ce qu'ils écrivaient, mais de ce qu'ils pouvaient représenter comme force un peu organisée, comme réseau de connaissances hostile a priori aux bolcheviks. Il fallait donc les mettre sous surveillance d'un côté, et essayer de développer, au sein du monde scientifique, des tensions qui fragilisent le pouvoir d'opposition que ces élites pouvaient constituer. Cependant, et c'est l'un des paradoxes, au début des années 20, les bolchéviks avaient un réel respect pour la science (le communisme se voulait une approche scientifique du monde et de la société) et un respect pour la connaissance. Du coup, ils n'ont pas voulu simplement écarter ces élites, mais s'appuyer sur elles et les ont laissées travailler, même si ce travail a été ponctué de conflits parfois violents, et qu'elles étaient sous surveillance. Reste la dimension nationale de la politique bolchevique des années 1920. Ils ont réellement cherché à promouvoir les élites nationales et les langues, à déléguer une partie du pouvoir à ces élites, mêmes s'ils s'en méfiaient. Enfin, bien qu'ils aient de fait expulsé certains intellectuels, en particulier en 1922, cette politique ne fut pas de grande ampleur, car ils se méfiaient plus encore de la reconstitution d'une force intellectuelle en exil, que d'une force qu'ils pouvaient surveiller, contrôler, déplacer, en URSS.

 

A quel moment et dans quel but précis la GPU met-elle en place un dispositif de surveillance politique policière à l'encontre du monde scientifique ukrainien ?


Cette surveillance se met en place très tôt, et est déjà développée en 1922, même si elle se renforce nettement à partir de 1926. En ses débuts, et jusqu'à la fin des années 1920, l'objectif de cette surveillance est assez routinier et cherche à connaître les faits et gestes d'une élite dont on se méfie. Il n'y a pas à l'époque véritablement d'objectif répressif direct, mais simplement celui de connaître les réseaux sociaux qui se constituent au sein du milieu de l'académie, les tensions entre groupes, ce qui se dit, les rencontres, etc. Il s'agit aussi d'impliquer des scientifiques en leur imposant de collaborer avec le nouveau pouvoir et de fournir des informations. Certains le choisissent probablement par engagement, d'autres par opportunismes, d'autres y sont probablement contraints, par diverses formes de pressions. Mais cela est un moyen d'introduire des failles dans le milieu scientifique. Les bolchéviks jouent ainsi des ambitions de chacun, de leurs convictions, etc. Se conjuguent ainsi une vision terriblement policière et une vision politique d'hostilité aux élites, ici en l'occurrence scientifiques.

 

Comment s’élaborent les accusations et selon quel processus se déclenchent les mécanismes inquisitoriaux ?


Lors de la répression qui débute avec l'arrestation d'un proche d'Efremov, puis d'Efremov lui-même, les enquêteurs reexaminent les documents de la surveillance tous rassemblés dans les dossiers personnels des principaux scientifiques. Ils procèdent à une relecture policière et criminelle de documents qui relèvent essentiellement d'un quotidien du savant: une réunion de travail devient réunion où se constituent des plans anti-soviétiques. Un groupe de savants qui sont proches et solidaires, dans les conflits intra-académiques, deviennent cellule ou comité central d'un parti contre-révolutionnaire. Les voyages en province sont interprétés comme des missions de prospection pour la mise en place de filiale de partis. Ce sont donc essentiellement les groupes de proches et les assemblées ou réunions qui sont visés et renommés, réinterprétés, en des termes politiques et criminels (parti contre-révolutionnaire, etc.). Il est intéressant d'observer que, dans les premiers rapports issus de cette surveillance, cette interprétation n'est pas présente. Il faut attendre la grande offensive de 1929 pour qu'elle apparaisse et que policiers, instructeurs des affaires criminelles imaginaires, juges et procureurs relisent ces documents avec ce nouveau regard. La méfiance policière habituelle, présente dès le début, se transforme en interprétation criminelle. Les mécanismes inquisitoriaux passent alors par les interrogatoires, où la pression physique et psychologique est particulièrement forte sur les inculpés. L'enquêteur cherche à faire dire à l'inculpé, en terme criminel, des faits qui ne le sont pas. Durant l'interrogatoire, le registre du quotidien se transforme peu à peu en un registre politique contre-révolutionnaire et donc criminel. D'une certaine manière, les accusés peuvent "avouer" plus facilement, puisqu'ils n'inventent pas des faits, des réunions, des groupes d'amis, mais sont conduits progressivement à relire cela avec le regard que leurs imposent ceux qui les interrogent. La forme des aveux est particulièrement typique de cela (nous parlons dans notre livre d'aveu-désaveu), qui consiste à avouer tout en disant que cet aveu est une construction imaginaire.

 

Quels ont été les soubassements et les enjeux des procès de l'Union pour la Libération de l'Ukraine (SVU) et du Centre National Ukrainien (UNC) ?

 

On peut considérer qu'il y en a deux : l'un est clairement une attaque frontale contre les élites, destinées à rompre les liens de solidarité qui apparaissent comme autant de liens pouvant conduire à des oppositions, des résistances, etc. Le pouvoir stalinien est particulièrement sensible à tout groupe constitué qui peut apparaître comme un obstacle à un pouvoir total. A ce titre, la succession de procès entre 1929 et 1934 environ, en est la preuve. Toutes ces affaires, qui passent ou non par un procès public, touchent aussi bien les ingénieurs (procès des ingénieurs des mines de Chakhty), les scientifiques ukrainiens (procès de la SVU), puis biélorusses et kazakhes (sous la forme de deux procès qui sont construits exactement sous la même forme et selon les mêmes procédés que le procès de la SVU), les économistes des commissariats centraux ou les responsables industriels (procès des mencheviks, procès du parti industriel, etc.), les milieux académiques (affaire des académiciens ou affaire Platonov, affaire du Centre national ukrainien, qui s'élargit quelques années plus tard à l'affaire du parti national de Russie). L'instruction de toutes ces affaires passe souvent par une tentative de démontrer l'existence de réseaux, locaux, nationaux ou qui couvrent plusieurs républiques soviétiques. Les élites sont visées. Dans le cas de la SVU ou de l'UNC, de quelques autres encore, se rajoute un changement dans la politique nationale de l'URSS, un coup d'arrêt à une politique, mise en place par Lénine, qui consistait à des formes diverses de mise en avant des élites nationales, des cultures et sociétés nationales : la structure administrative avait été élaborée sous ce principe, les langues nationales devenaient, localement, langues officielles, les élites nationales avaient souvent un accès privilégié aux positions de pouvoir. L'affaire de la SVU peut être considérée comme la première qui marque un retournement de cette politique, une stigmatisation violente de tout ce qui est appelé "nationalisme". A ce titre, que ce retournement touche d'abord l'Ukraine n'est pas anodin, ni étonnant : les élites nationales ukrainiennes sont parmi celles qui ont le plus saisi cette opportunité pour se développer et affirmer leur autonomie. L'Ukraine a aussi été au centre de tensions, autour de cette politique, entre les diverses populations vivant sur son territoire. Enfin, l'Ukraine est essentielle pour l'URSS comme réservoir de grain, dont l'exportation devait permettre de soutenir l'importation des équipements nécessaires pour l'industrialisation accélérée au fondement du 1er plan quinquennal et du grand tournant stalinien. Cette conjugaison de facteurs conduit Staline à vouloir, dès 1929, soumettre les élites ukrainiennes, et plus généralement contrôler totalement l'ensemble du territoire ukrainien, pour mener à bien sa politique d'industrialisation massive, cela conduisant à la tragique famine de 1933. Pour autant, en 1929, la dimension nationale de la politique répressive stalinienne n'est pas encore dominante, comme je viens de le souligner. Il faut vraiment attendre la Seconde guerre mondiale, pour que l'obsession d'une relation étroite entre appartenance nationale ou ethnique et loyauté ou déloyauté domine toute les autres.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 22:17

Comment réagissez-vous au traitement réservé à l’ex-premier ministre Ioulia Timochenko qui a cessé de s’alimenter après avoir été battue par des gardiens dans sa cellule ?


Je suis choquée et consternée. Ce qui vient de se passer dans la prison ukrainienne de Kharkiv est insensé pour une citoyenne française. Depuis le début de son incarcération, Mme Timochenko est victime de mauvais traitements, moraux d'abord et physiques maintenant ! Injustifiable, inacceptable, insoutenable !!!  Et je n'oublie pas M. Lutsenko qui est en attente de transfert dans une prison où l'attendent des criminels ayant été arrêtes lorsqu'il était Ministre de l'Intérieur.

 

Quelle est la situation politique et sociale de l'Ukraine ? Le pays est-il en voie de resoviétisation ?

 

Le pouvoir en place fait tout pour empêcher le pluralisme, et se prépare depuis de nombreux mois aux élections législatives d'octobre, et même déjà aux élections présidentielles de 2015. Priver les opposants de leur liberté, c'est les priver d'être candidats. Les peines d'emprisonnement ont été aggravées par des années d'inéligibilité, aussi bien pour Mme Timochenko que pour M. Lutsenko. S’agissant de la situation sociale, le taux de chômage est important, le pays se vide de ses forces vives, fuyant la pauvreté imposée. Imposée par des mafieux qui s'approprient les entreprises sans contribution, pour s'enrichir et les fermer rapidement, laissant la population sans emploi. Les réformes pour faire face à la crise féroce qui a touché l'Ukraine n'ont pas été entreprises.

tim11-yuli-volyu.jpgL'Ukraine est aux bords d'une révolte sociale. La corruption est plus que jamais omniprésente. Le racket des petites entreprises est quotidien. Quant à une soviétisation, je préfère parler de désukrainisation méthodique. Le Ministre de l'Education, M. Tabachnyk, est l'auteur, depuis plusieurs mois, de "grandes réformes": l'Histoire de l'Ukraine et de ses voisins revisitée dans les manuels scolaires, l'obligation de passer les examens à l'Université en langue russe alors que l'enseignement se fait en ukrainien, l'annulation d'un examen en langue ukrainienne et son remplacement par un examen en russe pour les fonctionnaires ukrainiens, il est même question de la suppression de deux lettres de l'alphabet ukrainien ! La russification encore avec l'exemple d'un studio de doublage de films occidentaux en ukrainien que l'on menace de fermeture prenant pour prétexte un contentieux fiscal. Et puis il ne faut pas oublier que le Ministre de la Défense n'est ukrainien que depuis six ans, et que le SBU (Service de renseignements ukrainiens) est aujourd'hui dirigé par un ... ressortissant russe. Cette russification à tous les niveaux constitue une atteinte à la souveraineté nationale. On assiste par ailleurs à un déploiement de mesures qui sont la marque d’une dérive dictatoriale : le muselage de toute opposition, le mensonge, la corruption. Cela nous ramène quelques années en arrière, quand les prisons et le système concentrationnaire soviétiques étaient remplis d’ukrainiens "contestataires". Ce qui est inquiétant c'est que le pouvoir n'a que faire de son image internationale. Méthodiquement il soumet la population, l'opposition, pour pouvoir préserver ses privilèges et imposer sa "démocrature".

 

Quelle attitude se devrait d'adopter le prochain président français face à l'Ukraine ?


Le nouveau président français devra se montrer vigilant et intransigeant vis à vis du pouvoir ukrainien pour ne pas sacrifier le peuple ukrainien à une prétendue real politik. Il ne devra pas oublier que le peuple ukrainien est un peuple européen, par sa culture, son histoire, sa situation géographique ainsi que dans ses aspirations les plus profondes.

 

Appelez-vous l'Union Européenne à des sanctions ciblées telles que la mise en place d'un gel des avoirs financiers ou encore à l’interdiction de visas pour les hauts responsables ukrainiens ?


Il me paraitrait cohérent que l'Union européenne agisse avec le pouvoir ukrainien de la même manière qu'elle le fait avec les autres gouvernements bafouant les droits de l'Homme et les principes démocratiques.

 

Pensez vous que la dégradation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales en Ukraine pourrait être de nature à remettre en cause le déroulement de l'Euro 2012 de football qui doit avoir lieu en juin prochain ?


En effet, le boycott de l'Euro 2012 est envisagé par certains. Le sport véhicule des valeurs humanistes et pédagogiques, il met en exergue l’éthique, l’honnêteté et la loyauté ; il implique le respect des règles, de soi-même, de ses équipiers et de ses adversaires. Comment peut-on assister à la compétition, inviter les jeunes à regarder les matchs, alors que ces principes fondamentaux sont ouvertement bafoués dans les cercles du pouvoir ? Nous serions alors tous caution de cette dégradation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales en Ukraine. Je garde l'espoir que dans les prochains jours les Ukrainiens sauront trouver les ressources pour faire plier le gouvernement et préserver ce moment festif.

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 22:07

 

Le bulletin de Mai 2012 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.

p. 1 Agenda
Le mois de mai dans l’Histoire


p. 2 Annonce du club littéraire ukrainien


p. 3 Entretien avec Nathalie Pasternak, Présidente du Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne de France


p. 4 Annonce du comité de jumelage Senlis-Kyiv-Petchersk


p. 5-6 Rencontre avec Alain Blum co-auteur du livre Faux coupables, surveillances, aveux et procès en Ukraine soviétique


p. 7 Annonce du Choeur Borysthène


p. 8 Actualité du livre

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 21:50

CINÉ-CLUB UKRAINIEN

ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE

 

Mardi 15 mai 2012, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

 

 

L’ENFANT

(ДИТИНА)

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Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1968, 20 mn, nb

Scénario : Mykola Machtchenko

Réalisation : Mykola Machtchenko

Photographie : Valeriï Kvas

Décors : Anatole Dobroleja

Musique : Arkadiї Filipenko

Son : Youriï Rykov

Interprétation : Tania Ossyka, Volodymyr Frolov, Youriï Mykolaїtchouk, Uldis Putytis

Genre : court métrage de guerre

 

Synopsis

Perdue pendant l’exode de 1941, une fillette est recueillie par des soldats soviétiques. Egarée à nouveau pendant une fusillade, elle se retrouve dans les bras d’un Allemand.

 

 

 

 

MARIAGE AVEC LA MORT

(ВІНЧАННЯ ЗІ СМЕРТЮ)

vo

 

Photogramme Mariage avec la mort 4 

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, Studio XXI, 1992, 79 mn, coul.

Scénario : Ivan Dratch, Mykola Machtchenko, Mykhaïlo Tchernytchouk

Réalisation : Mykola Machtchenko

Photographie : Serhiї Bordeniouk

Décors : Yevhen Pitenine

Musique : Vadim Khrapatchov

Son : V. Soulimov

Montage : S. Roussetska

Directeur de production : V. Rybakov, R. Tychkovets

Interprétation : Oleg Savkine, Heorhii Drozd, Heorhiї Moroziouk, Halyna Soulyma, Natalia Polichtchouk, Constantin Chaforenko, Loudmyla Tchyncheva, Heorhiї Melskyi, Andriї Alexandrovytch, Loudmyla Lohiїko, Victor Stepanenko, Olès Sanine, A. Hnatiouk, Alexandre Tcherniavskyi, S. Borovyk, O. Zatoutchnyi, V. Maїstrenko, O. Maїstrenko

Genre : drame psychologique

 

 Photogramme Mariage avec la mort 1

Synopsis

 

     Vers la fin des années 30, la terreur stalinienne sévit partout. Le jeune lieutenant Chtcherbakov reçoit l’ordre d’exécuter plusieurs ennemis du peuple dans une forêt. Egaré sur les lieux de l’exécution, un cortège nuptial assiste malencontreusement au massacre. Conformément aux instructions militaires, le lieutenant est contraint de liquider les témoins de la tuerie.

 

Opinion

 

     Après 1991, année bénie où le secteur privé complétait les maigres subsides de l’État, la baisse progressive de la production cinématographique ukrainienne n’épargne pas le Studio Alexandre Dovjenko de Kiev qui livre péniblement 11 longs métrages. Loué aux Occidentaux ou sous-loué pour d’obscurs contrats commerciaux, le studio reste néanmoins le dernier refuge pour les quelques cinéastes qui prennent une position ouverte en faveur d’un cinéma national, et parmi eux Mykola Machtchenko et Alexandre Mouratov. Libéré de ses fonctions de directeur général du Studio Alexandre Dovjenko (installé depuis 1989, il continue de le diriger dans l’ombre en qualité de directeur artistique), Mykola Machtchenko signe, en 1992, Mariage avec la mort, sur un scénario original d’Ivan Dratch et de Mykhaïlo Tchernytchouk, un sujet sur le comportement tragique d’individus enrôlés par manipulation idéologique et même par la force dans le NKVD.Photogramme Mariage avec la mort 2 Oleg Savkine interprète le rôle d’un lieutenant de l’Armée Rouge, qui a décidé de consacrer sa vie au service de l’État en larbin docile accomplissant n’importe quelle mission. Héros tragique, il approuve au nom de la morale suprême les exactions des organes de sécurité. Monté dans la hiérarchie, il deviendra, à son tour, chef de camp et recrutera pour les services, comme il fut lui-même recruté dans sa jeunesse. Véritable descente aux enfers parmi les morts-vivants, des images très dures de simulacres d’exécutions ponctuent ce film aux personnages négatifs, minés par le doute, les réticences, les scrupules (Oleg Savkine), et la cruauté sanguinaire (Heorhiї Drozd, le sergent). Heorhiї Moroziouk incarne l’unique personnage positif, le pope, qui au nom du Christ et de l’amour du prochain tente de s’interposer dans la tuerie. Machtchenko, auquel on a souvent reproché le sentimentalisme, livre un film dur, angoissant, sur la métamorphose de l’individu en machine à tuer. Mariage avec la mort se range aux côtés d’autres films de la même époque abordant le thème des persécutions et déportations staliniennes, tels Le Tango de la mort d’Alexandre Mouratov, Le Jardin de Gethsémani et Les Chasseurs de tigres de Rostyslav Synko, Le Convoi secret de Yaroslav Loupiї.

     Mykola Machtchenko débuta dans les années 60 avec des films tournés en binôme. En 1966, il réalise seul un film consacré à l’enfance Partout le ciel. Il connaît aussi, dès cette année, les affres de la censure : Plus fort que la mort, d’après une nouvelle d’Olès Hontchar, est arrêté pendant le tournage et ne sera produit que 20 ans plus tard sous le titre L’Amour triomphe toujours. Son court métrage L’Enfant est considéré comme un exercice de style de l’opérateur Valeriï Kvas, plutôt que comme un film d’auteur. Réalisé d’après le récit éponyme  d’Alexandre Serafimovitch, L’Enfant fut interdit à la fin des années 60 pour pacifisme. Une réalisation enlevée où l’innocence, la naïveté, l’amitié et l’humanisme, mais aussi la cruauté atteignent à l’universel. On y remarque l’interprétation du soldat soviétique par Youriï Mykolaїtchouk, dont ce sera la seule apparition à l’écran, hormis sa participation dans L’Oiseau blanc marqué de noir. Mykola Machtchenko s’est fait connaître surtout par Les Commissaires (1970), film culte du courant poétique de l’École de Kiev, dont il est l’un des derniers grands représentants.

    Lubomir Hosejko

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 21:41

soiree hojeko sept inv

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 17:35

boganimbis.jpg- Pourquoi et comment êtes-vous devenue réalisatrice?
J'ai d'abord fait de la photographie, j'ai ensuite intégré une école de cinéma, la National Film School de Londres. J'aspirais à réaliser des films conjuguant un ancrage dans un contexte historique, politique ou social avec une dimension esthétique affirmée...


- Pourquoi le choix d’une fiction et non d’un documentaire sur un sujet si sensible que la catastrophe de Tchernobyl ?
Je voulais raconter une histoire d’amour sur fond de catastrophe, je ne souhaitais ni une reconstitution historique, ni un pamphlet contre le nucléaire, mon ambition était de raconter l’invisibilité de la catastrophe à travers des destins personnels... Montrer un aspect humain, se placer du point de vue des gens, dans l'avant et l’après catastrophe. Seule la fiction me permettait une telle démarche.


- Quelles ont été vos sources d'inspirations et influences cinématographiques ?
Tout le cinéma russe et ukrainien de Dovjenko à Tarkosvki, ainsi que Hiroshima mon amour ou encore Pluie noire. Je me suis aussi inspirée des livres La Supplication de Svetlana Alexievitch et La Route de Cormac McCarthy... J'ai par ailleurs recueilli de nombreux témoignages sur la catastrophe.


- Comment êtes-vous parvenue à convaincre Olga Kurylenko de participer à ce projet ?
Olga a lu le projet et a adoré le scénario... elle voulait absolument faire le film, elle est ukrainienne et c’est une histoire dont elle se sent proche. Je pense qu’elle est parfaite pour le rôle. Elle a su donner une autre image que celle de la James bond girl....


- Quelle place occupent les pays d’Europe orientale, et notamment l'Ukraine, dans votre filmographie?
Je suis issue d’une famille ukrainienne ayant émigré il y a trois générations. J'ai déjà réalisé un film Odessa...Odessa ! qui traitait de la communauté juive d Ukraine. On verra pour mon prochain film...

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 17:21

http://www.salondulivreparis.com/Data/kmreed_sdl/wysiwyg/F_2ac975e6f8c0c49e7fd0c0f322c51b034eef6444d6df0.jpgMaria Matios, Laryssa Denysenko, Tymophiy Gavryliv, Evguenia Kononenko, Anton Kouchnir, Iryna Lykovych et Evguen Pologiy faisaient partie des 3000 écrivains du monde entier invités au 32eme Salon du livre parisien. Aucun d'entre eux n'a pour le moment été publié en français.
A Paris Expo - Porte de Versailles, le flot des visiteurs est continu. « Qu'on ne me dise pas qu’internet est un danger mortel pour le livre », fait remarquer un éditeur français qui tient un stand de littérature pour la jeunesse. L’arrivée des écrivains ukrainiens au salon s'est faite discrètement. « Nous avons décidé de commander une salle de conférence, mais pas encore un stand », explique Eléonora Symonova, directrice de la maison d'édition « Nora Drouk ». Elle souligne que l'essentiel, pour cette première intervention, était de créer de nouveaux contacts et de faire en sorte, pour la suite, que de nouveaux livres soient traduits de l'ukrainien vers le français. « Un petit territoire pour négocier tranquillement, c'est ce qu'il nous faut actuellement, estime l'éditrice. Pour un stand, il faudrait une participation de l'état ». Selon les organisateurs du voyage des écrivains, l'état ukrainien n'était pas hostile à cet événement, juste absent. Financièrement et physiquement. « Le comité d'état pour la télévision et la radio, chargé des maisons d'édition, démarre l'année budgétaire. Le Salon du livre de Paris n'est pas prévu dans la liste des événements qu'ils soutiennent, explique Eléonora Symonova. Ils ont simplement trouvé prudent ne pas s'engager... ». L'ambassade d'Ukraine, de son côté, ne s’est pas manifestée. Les diplomates n'ont pas trouvé le temps de faire une apparition le soir de la présentation ukrainienne. « L'état ne nous empêche pas de travailler, et c'est très bien comme ça ! » conclue Mykola Kravtchenko, un des organisateurs ukrainiens du voyage.

Les participants ukrainiens sont donc venus à Paris grâce à des soutiens privés. Les écrivains affirment que ce soutien d'hommes d'affaires et de personnalités politiques ne les oblige à aucune contrepartie publicitaire. Et qu'ils restent libres de travailler et de s'exprimer comme ils le veulent, même si en Ukraine la vie est loin d'être simple. C’est aussi grâce à des capitaux privés que les organisateurs ont édité et présenté pour la première fois un « Almanach de la littérature ukrainienne contemporaine ». Dans ce recueil, une notice biographique et un extrait d’oeuvre traduit en français présentent chacun des seize auteurs : Laryssa Denysenko, Anatoliy Dnistrovy, Tymophiy Gavryliv, Vassyl Kojelianko, Yevhenia Kononenko, Léonid Kononovytch, Anton Kouchnir, Lada Lousina, Irysia Loukovytch, Maria Matios, Ievhén Polojiy, Ivan Riabtchïi, Irène Rozdobudko, Natalka Snaidanko, Dmytro Tchystiak et Oxana Zaboujko. « Parmi tous ces écrivains, seules quelques poésies de Dmytro Tchystiak sont traduites par ailleurs en français », explique Anetta Antonenko, directrice de la maison d'édition « Calvaria ».

 Mais les autres auteurs sont actuellement en lecture dans plusieurs maisons d'édition françaises. L'intérêt pour la littérature ukrainienne s'éveille petit à petit. En automne, nous emmènerons encore un groupe d'écrivains au Festival de la littérature européenne à Cognac. Ce sera la première fois que l'Ukraine participera à un tel événement culturel. Notre pays aura un statut d'invité spécial. Il sera le premier pays non-membre de l'Union Européenne à y avoir une telle présence ». On ne peut pas dire que la petite table de négociation occupée par les Ukrainiens ait attiré les foules. Pour autant, la vie ne s'est jamais arrêtée dans ce coin tranquille de Paris-Expo. Un photographe officiel s'exerçait à immortaliser l'Almanach en français. Un éditeur de province cherchait des romans étrangers sur la mer. Un agent littéraire négociait le droit de promouvoir des histoires policières d'Andriy Kokotuha... « Aujourd'hui, on ne trouve que les oeuvres d'Andriy Kourkov, Youri Androukhovytch et Lubko Derech dans les libraires francophones », regrette Iryna Dmytrychyn, professeur à l'INALCO. « Mais deux nouveaux romans sont en cours de traduction. Il s'agit de textes de Serguiy Jadan et Youri Androukhovytch. ».

Côté librairies, une nouveauté : la librairie du Globe, spécialisée en littérature russe, a profité de la venue d'écrivains ukrainiens pour ouvrir solennellement un rayon dédié à ce pays. Désormais on pourra y trouver des textes en ukrainien, mais aussi acheter l'essentiel des livres sur l'Ukraine sortis en français. Les premiers pas du livre ukrainien en France peuvent ainsi paraître modestes. Et ils le sont. Mais la tendance est manifestement ascendante. Nouvelles traductions, présence croissante dans les librairies, participation à de nouveaux événements culturels... Rien à voir avec le désarroi que l'on pouvait observer au stand russe, pourtant bourré de livres en français. « Je ne comprends pas pourquoi l'écrivain russophone le plus traduit dans le monde est un certain Andriy Kourkov, qu'on ne lit même pas en Russie ! » s'indigne un traducteur connu. Et c'est comme ça ! Le monde est assez grand pour que l'écrivain ukrainien Andriy Kourkov soit lu et édité partout, sans la bénédiction du Kremlin... « Cette génération d'écrivains ukrainiens a le défi des pionniers en Europe occidentale, estime un journaliste. C'est une grande épreuve, mais aussi une chance. » A eux d'en profiter et de trouver leur place dans les grandes librairies et les maisons d'édition prestigieuses.
Alla Lazaréva

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