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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:08

CINÉ-CLUB UKRAINIEN -  ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Mardi 3 mai, 19 h. Entrée libre.

 

 

INCLINE-TOI JUSQU'À LA TERRE (ВКЛОНИСЯ ДО ЗЕМЛІ)

vostf

 

Projection suivie d’un débat animé par Virginie Symaniec, spécialiste du théâtre bélarusse, chargée du pôle édition et traduction (Maison d’Europe et d’Orient)

Photogramme Incline-toi jusqu'à la terre 2

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1985, 78 mn, coul.

Réalisation : Léonide Ossyka

Scénario : Valentin Yéjov, Volodymyr Loubomoudrov, Léonide Ossyka

Photographie : Valeriï Kvas

Décors : Petro Slabynskyi

Musique : Volodymyr Houba

Son : Alexandre Kouzmine

Interprétation : Stéphanie Staniouta, Nadia Markina, Victor Fokine, Pavlo Kormounine, Nina Tobilevytch, Slava Kniazev, Evhen Pachyne, Alexandre Movtchane, Lev Kolesnyk, Lès Serdiouk, Mykola Krioukov, Svitlana Kniazeva, Volodymyr Andreïev.

Genre : drame psychologique

 

Récompense : Diplôme du Festival de Jdanov décerné à Léonide Ossyka, Prix du Comité d’État de la cinématographie d’Ukraine et Diplôme de la meilleure Photographie décernés à Valeriï Kvas.

Synopsis

 

Maria vit dans une petite métairie. Survient la guerre, son mari part au front. Les AllemandPhotogramme Incline-toi jusqu'à la terre 1s occupent le village voisin. Maria cuit du pain pour les partisans qu’elle rejoint bientôt avec ses trois fils. Au cours d’un raid, son fils Mykola est arrêté et fusillé. Sa fille Nina préfère le suicide au déshonneur. Son fils cadet tombe en héros sur le champ de bataille. Plongée dans le chagrin, Maria trouve un jour à côté d’une femme tuée un bébé. Elle recommence à vivre et adopte par la suite trois orphelins qu’elle aime comme ses propres enfants. La voici grand-mère avec ses petits-enfants. Mais le temps n’efface pas ses peines. Des années plus tard, Maria retrouve la tombe de celui qu’elle enterra de ses propres mains en 1943.

Opinion

Après huit années d’absence, Léonide Ossyka revient à la fiction avec Incline-toi jusqu’à la terre, relatant le rude destin d’une femme ukrainienne qui a perdu sa famille pendant la guerre, réalisé dans l’esprit du film d’Elem Klimov Requiem pour un massacre. Le thème de ce drame psychologique est aussi celui qu’il développa dès son premier long métrage Qui reviendra, aimera (1967) – le destin d’une mère face à la guerre. Le rôle de l’héroïne Maria est interprété successivement par la jeune première Nadia Markina et par l’actrice bélarusse Stéphania Staniouta, coutumière des rôles de mater dolorosa. Devenue très populaire en dehors de sa patrie, après l’admirable rôle de Daria qu’elle tint dans Les Adieux à Matiora d’Elem Klimov et Laryssa Chepitko, Stéphania Staniouta revient une deuxième fois dans le cinéma ukrainien. En 1976, elle avait participé à Septembre, mois d’angoisse (1976), autre film de guerre du même Ossyka qui stigmatisait le maquis nationaliste ukrainien. Photogramme Incline-toi jusqu'à la terre 3Ici encore, comme dans la plupart des films de guerre de l’époque, une séquence antinationaliste s’impose. Marie, la jeune héroïne, refuse de se donner à un policier ukrainien parce qu’elle ne veut pas de rejeton nationaliste. Film alimentaire, quand bien même humaniste mais bien en-deçà des Cloches de paille que Youriï Illienko se prépare à réaliser, Incline-toi jusqu’à la terre sera le dernier tribut que paiera Léonide Ossyka au cinéma brejnévien. Passage obligatoire pour la survie des cinéastes, ce cinéma phagocyte plus du quart de la production des Studios Alexandre Dovjenko de Kiev, livrée à l’occasion du 40ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le succès de Stéphania Staniouta lui vint relativement tard dans sa carrière, lorsque des rôles de femmes âgées lui furent confiés. Par la suite, l’actrice participera dans d’autres productions ukrainiennes, notamment dans Les Histoires d’Ivan (1988) de Boris Ivtchenko, Le Paria (1990) de Volodymyr Saveliev et Le Prix d’une tête (1992) de Mykola Ilinskyi, des films importants qui laisseront une trace visible dans le passage mouvementé de la perestroïka vers l’indépendance.

Lubomir Hosejko

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 08:50

Le bulletin d'Avril 2011 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.

 

Au sommaire:

- Agenda
- Rencontre avec Roman Rijka, romancier (par Grégoire Grandjean)
- Entretien avec Gregory Dufaud, historien (par Frédéric du Hauvel)
- La caverne, un roman de Marina et Sergueï Diatchenko
- DakhaBrakha en concert en France
- Saveurs ukrainiennes sous le ciel de Paris

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 21:45

CINÉ-CLUB UKRAINIEN -  ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Mardi 5 avril, 19 h. Entrée libre.

 

 

L’EXPLOIT D’UN ÉCLAIREUR  ( ПОДВИГ РОЗВІДНИКА )

vostf

suivi d’un débat animé par Raymond Clarinard, journaliste au Courrier International et écrivainphotogramme L'Exploit d'un éclaireur 1

 

Production : Studio de Kiev, 1947, 89 mn. nb

Réalisation : Boris Barnet

Scénario : Mikhaïl Bleiman, Kostiantyn Issaїev, Mykhaïlo Maklarskyi     

Photographie : Danylo Demoutskyi

Décors : Mauritz Oumanskyi

Musique : Oscar Sandler, Dmytro Klebanov

Son : Alexandre Babiї

Montage : Valentyna Oliїnyk

Interprétation : Pavel Kadotchnikov, Victor Dobrovolskyi, Ambroise Boutchma, Dmytro Miloutenko, Serhiї Martinson, Olena Izmaїlova, Boris Barnet, Mykhaïlo Romanov, Petro Arjanov

Directeur de production : Mykhaïlo Kaminskyi

Genre : espionnage

 

Récompenses : Prix d’État de l’URSS en 1947 à Mikhaïl Bleiman, Kostiantyn Issaїev, Mykhaïlo Maklarskyi, Boris Barnet, Mauritz Oumanskyi, Pavel Kadotchnikov

 

photogramme L'Exploit d'un éclaireur 2Synopsis

 

Parachuté en Ukraine occupée par la Wehrmacht pour une mission à haut risque, l’officier des services secrets soviétiques Alexis Fedotov se fait passer pour un entrepreneur zurichois sous le nom d’Heinrich Eckert. Pour infiltrer le haut commandement militaire ennemi, il noue des liens avec Friedrich Pommel, un vieil industriel allemand dont le fils le conduit à Vinnytsia et l’aide à rencontrer le général von Kuhn. Bien qu’il déjoue un à un les pièges que lui tendent les services secrets nazis et qu’il liquide un agent double, il ne parvient pas à subtiliser un document secret signé du Führer, relatif à un plan d’offensive dans le sud de l’Ukraine. Il décide alors d’enlever le général et l’emmène à Moscou.

Opinion

À l’automne 1947, Boris Barnet, qui travaille alors au Studio de Kiev, termine L’Exploit d’un éclaireur où réapparaît le thème de la guerre. Le film subit tous les aléas de la production de l’après-guerre, assujettie aux moindres décisions du Conseil des Ministres. Le temps de tournage est réduit de moitié, cinq mois au lieu de dix, la précarité des équipements techniques, des accessoires et des costumes entraînent inévitablement le chômage technique. À cela viennent s’ajouter la pénurie d’électricité, le manque de comédiens, de discipline aussi. Comme un peu partout en Europe, Barnet tourne dans les ruines. Il prend une certaine liberté par rapport à l’Histoire en entourant  de caractères intéressants le célèbre partisan et agent soviétique Nicolas Kouznetsov, rebaptisé ici Alexis Fedotov. photogramme L'Exploit d'un éclaireur 3

Eu égard au grand succès populaire du film, les critiques croient discerner le début d’une nouvelle étape dans le cinéma ukrainien. Mais si tous les ingrédients du film d’espionnage sont réunis, le réalisme froid d’une dramaturgie construite comme une passionnante partie d’échecs ne peut corroborer une telle supposition. Le film est plein de mots de passe, de rencontres anonymes, de rendez-vous secrets, de personnages doubles, et il est indéniable que ce type d’exploit fait du héros, admirablement campé par  Pavel Kadotchnikov, un cauteleux psychologue dont la tâche consiste justement à ne pas éveiller les soupçons des nazis. Cependant, tout ce qui a trait au sentiment, jusqu’au monologue intérieur de Fedotov, est soigneusement écarté. Sauf, peut-être, dans la scène où, après que les nazis viennent de porter un toast à leur victoire, il répond justement : « À notre victoire ! » Misant sur le patriotisme, L’Exploit d’un éclaireur fait volontiers penser à un film antérieur, Sigmund Kolossovski (réalisé en 1945 par Sigizmund Navrotskyi et Boris Dmokhovskyi) à ceci près que le documentarisme cède le pas à l’épique et au suspense, renforcé par la superbe photographie de Danylo Demoutskyi. Le grand acteur Ambroise Boutchma, qui tient le rôle d’un vieil agronome et dont c’est le dernier vrai rôle dans un film – il apparaîtra une ultime fois à l’écran en 1952 dans la pièce filmée Le Bonheur volé d’Isaac Chmarouk -, interprète un personnage pathétique dans lequel se reconnaissent des millions d’individus qui eurent à surmonter la difficulté de rester loyal envers leur patrie face à l’occupant. À l’opposé, Dmytro Miloutenko, qui incarne l'espion allemand Berejnyi, demeure le personnage incontournable du cinéma de l’époque, un nationaliste ukrainien chargé d’infiltrer la résistance bolchevique. Pour sa part, Kadotchnikov conquiert, à la sortie du film, le cœur des spectateurs ukrainiens par son interprétation romantique. L’Exploit d’un éclaireur, dont la quasi-totalité des comédiens et des techniciens est ukrainienne, deviendra pour de longues décennies le film culte de la jeunesse soviétique. Il paraîtra en France en 1947 sous le titre Personne ne le saura. 

Lubomir Hosejko

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 21:43

Le bulletin de Mars 2011 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.

 

Au sommaire:

- Agenda culturel
- Les relations Eglises-Ecoles-Etat en Ukraine de 1954 à 2007 (Maryana Dymyd)
- Trois questions à Sylvie Brien, auteure de Spirit Lake (Frédéric du Hauvel).
- Entretien avec Mikola Bilous (Ivan Safianyk)
- Présentation du Projet Inversion
- La Galicie au temps des Habsbourg (1772-1918) - Histoire, société, cultures en contact
- Communication du Choeur Borysthène Kurbas

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 14:11

CINÉ-CLUB UKRAINIEN -  ESPACE CULTUREL DE L’AMBASSADE D’UKRAINE

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Mardi 1er mars, 18 h.30. Entrée libre.

 

 

SYNDROME ASTHÉNIQUE  ( АСТЕНІЧНИЙ СИНДРОМ )

vostf

Avec le concours d’Arkeion Film et l’intervention de Martine Godet, auteure de la monographie La pellicule et les ciseaux, la censure dans le cinéma soviétique du Dégel à la perestroïka (CNRS Editions, 2010)

 photogramme Syndrome asthénique 3

 

Production : Studio d’Odessa, 1989, 156 mn. coul/nb

Réalisation : Kira Mouratova

Scénario : Kira Mouratova, Serguei Popov ; Alexandre Tchernykh          

Photographie : Volodymyr Pankov

Décors : Yevhen Holoubenko, Oleg Ivanov

Musique : Franz Schubert

Son : Elena Demydova

Montage : Valentyna Oliїnyk

Interprétation : Serguei Popov, Pavlo Polichtchouk, Alexandre Tchernykh, Victor Aristov, Nikolaï Semionov, Olga Antonova, Natalia Bouzko,  Galina Zakhourdaieva, Alexandra Svenskaia, Natalia Ralleva, Galina Kasperovytch, Vira Storojeva, Oleg Chkolnyk, Léonide Kouchnir

Directeur de production : Natacha Popova, G. Tatchan

Genre : drame psychologique

Récompenses : Ours d’argent, Prix spécial du Jury, Festival de Berlin (1990), Prix Nika du meilleur film (1990). Prix du meilleur second rôle féminin décerné à Olga Antonova par L’Académie des sciences et des arts cinématographiques au Festival Souziria (1990).

 


Synopsisphotogramme Syndrome asthénique 1

Dans un cimetière, Natacha qui vient de perdre son mari crie sa douleur. Rejetant ses amis qui tentent de l’aider, elle s’enfuie et se réfugie dans une solitude désespérée. Elle quitte son travail à l’hôpital et déa mbule, hagarde, dans les rues, transformant sa souffrance en haine envers le genre humain. Nikolaï se réveille dans  une salle de cinéma. Il n’a rien vu du film projeté et se lève, indifférent aux paroles du réalisateur qui veut  lancer le débat. Il est en effet atteint du syndrome asthénique, dû à son incapacité de se consacrer à l’écriture, un état de perpétuelle faiblesse qui lui vaut de s’endormir n’importe où et n’importe quand. Il se retrouve dans un hôpital parmi des fous. Sorti de l’hôpital, il s’endort dans le métro. Une rame vide le conduit dans un  tunnel sombre.

Opinion                                                                                                                                          

Dans Le Syndrome asthénique (1989), Kira Mouratova, à coups d’images-choc, assène sa vision morcelée d’une société soviétique moribondephotogramme Syndrome asthénique 2 en plein chaos. La réalité que montre la cinéaste – celle des années de la perestroïka – n’est plus qu’une parodie des rapports humains. Les deux héros – qui apparaissent dans deux segments de film successifs – réagissent de manière diamétralement opposée à l’agression permanente qu’ils subissent du monde extérieur, à la spirale de violence que la réalisatrice nomme « corridor de la haine ». Le premier, une veuve qui vient d'enterrer son mari, "cogne” littéralement tous ceux qu'elle croise sur son chemin. Le second, enseignant, souffre du “syndrome asthénique”: sa tactique de fuite consiste à s’endormir chaque fois qu’on l’assaille, jusqu’à ce qu’il ne se réveille plus de ce sommeil irrésistible, allongé par terre dans une rame de métro, mort dans l’indifférence générale.  Mouratova alterne lieux publics (bus, marchés, escaliers d'immeubles collectifs) où l'obscénité est à son comble, et lieux privés, où l'individu affronte soit une solitude insupportable, soit une incommunicabilité totale. Un assemblage de voix cacophoniques occupe la plus grande partie de la bande-son. Les dialogues ne sont que des monologues à plusieurs. Ils sont rédigés dans un langage largement ordurier, ce qui a retardé de quelques mois l’autorisation de sortie du film, bien que la levée de toute censure ait été proclamée en 1986 lors du Ve Congrès de l’Union des Cinéastes de l’URSS. Dans cette œuvre majeure de la perestroïka, Mouratova tend à tous un miroir où se reflète la désintégration de la société soviétique, épuisée par 70 ans de lutte des classes et un combat acharné pour la survie quotidienne, a atteint un stade extrême d’agressivité.

Martine Godet

 

Témoignage de la réalisatrice

C’est un film qui existe parce que la perestroïka existe. Il montre l’image totale de la société soviétique actuelle. On ne sait pas comment faire, comment changer. Nous disons toujours en URSS qu’il faut changer sans savoir exactement comment y parvenir et où aller. Si je ne m’endors pas, c’est parce que l’acte de réalisation m’est possible. Sinon, comme nous ne savons pas quoi faire avec cette vie nous restons passifs. Je suis combative pendant que je filme. Quand c’est fini, je deviens très conformiste dans la vie. Filmer, écrire, faire de l’art, c’est comme un royaume de liberté. Cette liberté, quand je filme, m’est suffisante. C’est à ce moment que je ne veux pas de règles, de lois, de morale.
                                                                                                                                               Kira Mouratova                                            
                                  

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 22:37


Le bulletin de Février 2011 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.

 

Au sommaire:

- Agenda culturel
- Entretien avec Tatiana Sirotchouk, auteur de la vie intellectuelle en Ukraine au siècle des Lumières (Frédéric du Hauvel).
- 3 questions à Volodymyr Poselsky, vice-président de l’Ukraine dans l’Europe (Olga Gerasymenko).
- Sur les traces de l’art nouveau en Ukraine (Centre International pour la Ville, l’Architecture et le Paysage).
- Bons baisers d’Ukraine...en souvenir du siège de Sébastopol (Camille Kurbas).

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:45

audesf.jpgQuels sont les objectifs de l’Association ? Qu’est-ce qui a conduit à sa création ?


L’Association ukrainienne des diplômés de l’enseignement supérieur français (AUDESF) a été créée en décembre 2005 à l’initiative d’un groupe d’anciens boursiers du Gouvernement français, en étroite coopération avec l’Ambassade de France en Ukraine. Cette initiative répondait à la nécessité de trouver un espace de communication, d’échanges et d’

entraide.

 

L’AUDESF poursuit essentiellement quatre objectifs : 

 

- Gérer et animer le réseau des diplômés (en Ukraine comme à l’étranger) par le biais de son site www.audesf.org.ua ;

 

- Faciliter l’intégration professionnelle des diplômés après leur retour en Ukraine, ainsi que leur développement professionnel ;

 

- Encourager de jeunes ukrainiens à entreprendre des études en France  puis à revenir en Ukraine ;

 

- Soutenir le développement et les initiatives personnelles et professionnelles des membres du réseau.

 

 

Quels soutiens institutionnels avez vous reçus ? Et sur quels réseaux professionnels vous êtes vous appuyés ?

Volodymyr-Kondrachuk-video.jpg

L’Ambassade de France en Ukraine et plus particulièrement le Service de coopération et de l’action culturelle est le principal partenaire de l’AUDESF. Grâce à cette coopération, l’AUDESF s’est affirmée comme un acteur important de l’animation du réseau des diplômés et de la promotion des études en France. Certains de nos membres sont parvenus à de réelles réussites professionnelles. En matière d’intégration et de développement professionnel, nous nous sommes principalement appuyés sur l’Association de la Communauté d’Affaires Française en Ukraine (ACFAU). Etant donné l’importance croissante du volet carrière de l’AUDESF, nous envisageons également d'établir de nouveaux partenariats, notamment, avec des réseaux professionnels ukrainiens et européens.

 

L’association est-elle sollicitée par des Ukrainiens qui souhaitent venir étudier en France ou des Français qui désirent poursuivre leurs études dans une université ukrainienne ?

 

La promotion des études en France est la vocation première de l’Association. Notre objectif est d’inciter de jeunes Ukrainiens à compléter leur formation en France. Les étudiants en dernière année sont les plus concernés. Ils ont la possibilité de se joindre à notre réseau en qualité de membres associatifs. Chaque année en mai, en coopération avec l’Ambassade de France en Ukraine, nous organisons un forum sur les études en France. Cela permet d’informer les futurs étudiants sur les particularités du système d’enseignement supérieur français et sur les principaux aspects de la vie pratique en France. Au cours de ces rencontres, les membres de notre réseau font part de leurs parcours et des horizons professionnels qu'ils ont connus une fois de retour en Ukraine. Nous envisageons également de mettre en place un atelier de préparation des candidatures pour les programmes boursiers français. Dans ce cadre, les membres de l’Association partageraient leurs expériences et donneraient des conseils afin que chacun dispose des « clefs de sa réussite ». Quant aux Français qui s’adressent à nous, il s'agit surtout de personnes qui ont pour projet de s’installer en Ukraine pour exercer une activité professionnelle. Dans ce cas, notre mission consiste à les conseiller dans la gestion administrative de leur projet.

 

Le marché de l’emploi en Ukraine est-il favorable aux diplômés de l’enseignement supérieur français ?

 

Incontestablement, un diplôme étranger d’enseignement supérieur représente un avantage sur le marché du travail ukrainien. Les entreprises ukrainiennes, à l'image des entreprises internationales, sont constamment en recherche de cadres qualifiés qui parlent au moins une langue étrangère et ont une expérience professionnelle en Occident. En conséquence, un ukrainien possédant un diplôme français trouve assez facilement un emploi qui correspond à ses attentes. A cet égard on constate que certaines professions connaissent un déficit de candidats, c'est notamment le cas pour les ingénieurs, spécialistes technico-commerciaux, gestionnaires de projets industriels... Cette situation est en partie due au fait que la plupart des diplômés dans ces domaines restent en France. La mise en place de contrats d’engagement professionnel entre une entreprise française et un boursier ukrainien pourrait être une solution efficace à cette déficience du marché. Dans le même temps, il faut noter que les diplômés de l’enseignement supérieur français sont affectés par les faibles investissements français en Ukraine (mis à part le secteur bancaire). Les francophones sont par ailleurs concurrencés par des diplômés maitrisant d’autres langues, dans la mesure où les entreprises françaises d'amplitude internationale, ne privilégient pas nécessairement la langue française. Le soutien à l’emploi est également l’une des vocations principales de l’Association. Grâce à la coopération avec l’ACFAU et les entreprises partenaires, notre Bourse de l’emploi en ligne reçoit régulièrement des nouvelles offres d’emplois. Nous espérons que le regain de l’activité économique en Ukraine nous permettra de valoriser davantage ce volet de nos activités.

 

Propos recueillis par Olga Gerasymenko

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:03

billets-de-banque-Ukrainiens.jpgL’économie ukrainienne, caractérisée par un vieillissement significatif de son appareil productif, voit ses acteurs se diviser sur la question d'une réforme fiscale, d'inspiration libérale, dont la finalité serait de favoriser les investissements tant domestiques qu’internationaux. Un tel projet serait de nature à remettre en cause les différents aménagements dont bénéficient les petits entrepreneurs.

 

L'avènement d'une réforme fiscale est attendu depuis des années aussi bien par les investisseurs internationaux que par plusieurs grands groupes industriels constituant le cœur du grand capital ukrainien ; les liens étroits qu'ils entretiennent avec le nouveau gouvernement ne pouvaient qu'inciter ce dernier à entreprendre une refonte, à leurs profits, d'une fiscalité considérée comme lourde.

 

L'enjeu d'une telle réforme est une dynamisation des stratégies d’investissement et la rénovation des capacités de production. Actuellement, de nombreux groupes ukrainiens font le choix de transférer leurs profits vers des zones off-shore pour éviter l’impôt sur les sociétés ; ils financent ensuite leurs efforts d’investissement en empruntant sur les marchés financiers internationaux.

 

Le secteur des PME et de l’entrepreneuriat individuel jouent un rôle fondamental pour la stabilité sociale de l’Ukraine et représente plus de 2,5 millions d’emplois. Bénéficiant de régimes spéciaux et d'exemptions diverses, ces entreprises sont présentes pour l'essentiel dans le secteur du commerce de détail ; elles sont particulièrement actives dans l’importation des produits de consommation mais n'interviennent que de manière marginale dans les exportations.

 

Ainsi, contrairement aux pays riches (Allemagne, Japon, France…) où les PME sont, pour la plupart, intégrées dans des réseaux de sous-traitance pour les grandes entreprises, en Ukraine, elles sont presque totalement déconnectées de « l’ économie du grand capital », celle-ci étant essentiellement axée sur l’exploitation des ressources naturelles et orientée vers l’exportation.

 

Il n'est pas anodin que la mise en place d'un régime fiscal simplifié pour les petits entrepreneurs soit intervenue consécutivement à la « Révolution Orange » ; cela s’explique certes par l’orientation idéologique de l’ancien Président et mais aussi par la nécessité de s'assurer durablement le soutien politique des petites et moyennes entreprises.

 

En tout état de cause la réforme du code fiscal du gouvernement Azarov soulève le problème fondamental de la légitimité de l'État aux yeux des Ukrainiens, ces derniers cultivant une méfiance générale envers les pouvoirs publics. En toile de fond se joue l'équilibre politique, la prospérité économique ainsi que la stabilité sociale du pays.

 

 

par Sergiy Chukhno

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 16:48

benedicte-banet.jpgVous préparez un film documentaire sur la Famine Génocide de 1932-1933, quelles sont vos motivations ?

 

C’est en réalisant un autre film que j’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de l’Ukraine. C’était un film sur les journalistes étrangers qui, fuyant  leur pays étaient venus se réfugier en France, la plupart du temps pour sauver leur vie. L’un d’entre eux était un journaliste ukrainien travaillant sous la période de Koutchma. La traductrice de ce journaliste, Lisa Centkievitz, m’a alors fait découvrir différentes facettes de l’Ukraine en me faisant rencontrer des chercheurs français d’origine ukrainienne et m’a servi de guide lors d’un premier voyage d’étude dans ce pays. J'ai pu faire la connaissance de journalistes, philosophes, Volodymyr Esypok (un bandouriste) et le chanteur du groupe Tapak. Je n’ai aucun lien familial avec l’Ukraine ou même avec un autre pays de l’Est. Je suis née dans les Cévennes, ma famille est savoyarde et je vis à Paris depuis mes 19 ans. Mon intérêt pour l’Ukraine est né de ma rencontre avec un pays mais surtout un peuple, un peuple qui essaye de se réapproprier son histoire pour construire l’avenir, un peuple qui a souffert de façon inimaginable. Comme la plupart des français, j’avais, avant cette prise de conscience de l’identité ukrainienne, une vision qui mélangeait Russie et Ukraine. Dans mes recherches j’ai découvert les différentes famines  et particulièrement celle de 1932-1933.

 

J’ai été frappée qu’une famine ayant fait sept millions de morts soit passée inaperçue ; au début de l’année 33, 25000 personnes mouraient chaque jour. Chaque fois que je parlais du Holodomor autour de moi, personne ne connaissait cet événement. Les films réalisés sur ce sujet, l'étaient soit par des Ukrainiens, soit par des cinéastes appartenant à la diaspora ukrainienne. En Ukraine, le Holodomor était un sujet tabou sous le régime soviétique et il a fallu attendre ces dernières années et la Révolution Orange pour qu’il y ait des commémorations et des monuments. Or l’Ukraine d’aujourd’hui ne peut être comprise que par l'analyse de ce qui s’est passé sous le temps de Staline. Pour ces raisons j’ai décidé de m’investir dans ce travail de recherche sur le Holodomor pour réaliser un film documentaire.

 

Quelle approche comptez-vous privilégier pour appréhender la problématique du Holodomor ?

 

Lors de mes recherches il m’est apparu que le nombre de documents iconographiques sur le Holodomor étaient rares, les seules photos existantes avaient été prises par des diplomates étrangers ; quant aux films il n’y en avait pas. Lorsque je suis allée aux archives nationales cinématographiques à Kiev, on m’a sorti des photos de la famine de 1921-22 mais aucune sur 32-33, car il n’y en avait pas. On peut voir clairement sur les photos de 21-22 que la famine, bien réelle, était mise en scène pour les photographes. Lénine, qui voulait obtenir de l’aide de l’étranger, menait ainsi un "plan de communication" sur cette famine. Or pour celle de 32-33, la récolte avait été surabondante et sans la volonté politique de Staline de détruire l'âme du peuple ukrainien il n’y aurait pas eu de pénurie. Dès le début de la famine, Staline a bloqué toute divulgation d’informations. Les journalistes n’avaient pas le droit de se rendre en Ukraine. Par ailleurs, à cette époque, le communisme faisait illusion, et ces journalistes ne voulaient pas perdre, en critiquant le régime, un poste de correspondant à Moscou. Seul M. Duranty, un journaliste américain à qui les services secrets soviétiques faisait toute confiance, a pu se rendre en Ukraine. Il a divulgué à travers le monde entier de fausses informations alors qu’un document du Foreign Office révèle qu’à l’ambassade d’Angleterre, Duranty lui-même avait évoqué une famine faisant  une dizaine de millions de victimes. Edouard Herriot fit un voyage officiel en Ukraine, mais il fut l'objet d'une véritable mystification de la part de Staline qui embaucha des acteurs pour jouer le rôle des Ukrainiens heureux ; j’ai des documents à ce sujet.

 

Dans ce documentaire, je ne veux donc pas utiliser des photos ou des films d’archives de 1921-22 pour évoquer le Holodomor. Pour palier à ce manque d’images, une dessinatrice qui est également infographiste va collaborer au film. En utilisant les témoignages et les récits historiques, elle va illustrer par des scènes animées les parties où les archives font défaut. Il s’agit dans ce film de démontrer  la volonté d’un homme, Staline, d’éradiquer le nationalisme ukrainien par la destruction du peuple ukrainien. Staline craint la volonté d’indépendance de l’Ukraine, son opposition à la collectivisation, de plus le plan quinquennal de 1929 met en place un projet ambitieux d’industrialisation de l’URSS. Le « grenier à blé » des plaines noires d’Ukraine peut servir de monnaie d’échange pour les machines et le savoir-faire de l’Occident. Cette famine est un génocide. Je me permets de rappeler quelques phrases dites par Lemkin lors d’un discours prononcé en 1950 :

« ……si le programme soviétique est mené à son terme, si l’intelligentsia, les prêtres et les paysans sont tous éliminés, alors l’Ukraine sera aussi morte que si tous les Ukrainiens avaient été éliminés, dans la mesure où elle aura perdu l’essence même de ce qui a permis de maintenir et de développer dans le temps sa culture, ses convictions, ses valeurs communes, et ce qui l’a guidée et lui a donné une âme, ce qui a, en résumé, fait d’elle une Nation et non pas simplement une masse de population. »


Le film s’attachera à replacer le Holodomor dans son contexte historique, de la première famine jusqu’à la deuxième guerre mondiale, en évoquant en outre les purges de 1936-38.

 

Avez-vous déjà commencé le tournage ?

 

Philippe Naumiak avec l’aide de sa sœur Anne-Marie a recueilli des témoignages du Holodomor dans le village de son père et souhaite les publier. Il y a  un an, lorsque j’ai pris contact avec lui, il m’a dit : «Aux vacances de Pâques  j’emmène mon père dans son village natal» ; son père, Vitaliy, avait sept ans pendant le Holodomor. Je lui ai répondu spontanément sans trop réfléchir à l’aspect financier de la mise en œuvre d’un tournage : « Puis-je partir avec vous avec une équipe ? » Et c’est comme cela que l’aventure a commencé. Je suis partie avec une équipe réduite composée de Janette pour la production et les photos, Jorge pour la prise de son et la lumière. Anne-Marie, la fille de Vitalyi vivant au Canada, nous a rejoints à Kiev où une universitaire avait préparé tous nos entretiens. Ensuite nous sommes allés à Sobolivka, le village de Vitaliy. Qu’ils soient intellectuels ou paysans, tous les ukrainiens que nous avons rencontrés nous ont remerciés de nous intéresser au Holodomor, touchés par le fait qu’aucun de nous n'était d’origine ukrainienne. Pour certaines personnes des campagnes c’était la première fois qu’ils parlaient de cette famine. Là-bas on a découvert l’importance pour les Ukrainiens de faire ce film et on a  pris conscience que ce n’était pas notre film mais le leur.

 

L’histoire a joué un mauvais tour aux Ukrainiens. Vu l’omerta imposée par les Russes depuis toujours, et malgré l’énergie dépensée par les Ukrainiens d’Ukraine ou de la diaspora, seulement dix pays reconnaissent le Holodomor comme un génocide. Cette non reconnaissance reste une plaie ouverte qui ne pourra se cicatriser que le jour où les Ukrainiens auront le sentiment que cette tragique période de leur histoire sera reconnue comme un génocide. Alors ils pourront en faire le deuil. Je tiens à remercier tous les Ukrainiens, ceux d’Ukraine et ceux de France,  pour leur précieuse aide avant, pendant et après les tournages, car sans eux rien n’aurait été possible. Janette vient de commencer un blog pour tenir informées toutes les personnes qui s’intéressent au Holodomor, et à l’avancement de notre film. On y trouve la description de nos tournages, des liens avec d’autres articles, des commentaires sur notre projet.

 

A quel stade se situe votre projet ?

 

Il me reste à vendre ce sujet aux télévisions françaises et étrangères afin de faire mieux faire connaître le Holodomor dans le monde. Je dois retourner en hiver faire un autre tournage et encore un dernier pour recueillir des témoignages dans la région de Kharkiv. Il me reste également à me rendre dans d’autres pays pour interviewer des historiens qui pourront donner une dimension internationale au film et surtout la recherche d’archives dans plusieurs pays étrangers.

Pour l’instant, j’ai investi mon argent personnel dans ce projet et je suis arrivée aux limites du possible. Je n’ai pas l’argent nécessaire pour retourner en Ukraine. Actuellement, sans l’aide des Ukrainiens aucune traduction ne serait faite. C’est pourquoi une association va se créer autour de ce projet de documentaire afin de pouvoir soutenir financièrement le film. Nous envisageons de recueillir des fonds par le biais de donations ou de souscriptions, de créer des événements comme une exposition de peinture et de photos qui est prévue, ou toute autre idée...

 

L'association  pourra travailler sur la reconnaissance du Holodomor comme génocide bien au-delà du film. D’ailleurs nous comptons avec la sortie du film faire un site internet afin de mettre en ligne tous les témoignages recueillis et les commentaires de chercheurs qui n'auront pu être intégrés dans le film. Pour moi c’est très important que l’aboutissement de ce travail ne s’arrête pas à quelques diffusions et projections.

 

Propos recueillis par Frédéric du Hauvel

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog du projet

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 19:39

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien

Mardi 1er février 2011, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

 

LE PREMIER GARS  ( Перший Хлопець )

 

 

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1958, 86 mn, coul.

Scénario : Pavlo Loubenskyi, Victor Bezoroudko

Réalisation : Serge Paradjanov

Photographie : Serhiї Revenko

Décors : Alexandre Lissenbart, Valeriї Novakov

Musique : Yevhen Zoubtsov, Hryhoriї Glazov

Son : Nina Avramenko

Montage : Nina Horbenko

Interprétation : Heorhiї Karpov, Loudmyla Sossioura, Youriï Satarov, Valérie Kovalenko, Andriї Andrienko, Mykola Choutko, Tamara Alexeiéva, Loubov Orlova, Mykhaïlo Kramar, Yaroslav Sasko, Mykola Yakovtchenko, Youriï Tsoupko, Varvara Tchaïka, Ivan Matveiev. Avec la participation des kolkhoziens du village de Pechtchane.

Genre : comédie

 Le-Premier-gars-1-copie-1.jpg

Synopsis

Après sa démobilisation, Danylo (Youriï Satarov) rentre au village et devient très vite populaire grâce à sa passion pour le sport. Son retour ne perturbe en rien le cours paisible de la vie au kolkhoze, si ce n’est que Youchka (H. Karpov), jusque-là allergique à la culture physique, décide de devenir footballeur pour impressionner Odarka (L. Sossioura), la belle komsomole chargée des loisirs du kolkhoze. Youchka s’entraîne seul dans une grange à l’insu de tout le monde. Lors d’un match, il propose de remplacer le gardien de but défaillant, mais sa prestation peu glorieuse contribue à la défaite de l’équipe de son village. Youchka ne désespère pas et continue de s’entraîner pour les beaux yeux d’Odarka.

Opinion

Le-Premier-gars-2-copie-1.jpgPremier d’une série de trois longs métrages à consonance idéologique (Le Premiers gars, Rhapsodie ukrainienne, Une fleur sur la pierre), Le Premier gars est une comédie calquée sur des dizaines d’autres films louant le paradis soviétique, avec parfois des situations à la limite de l’absurde. Dans la traduction filmique du scénario aux velléités satiriques, ainsi dans la scène du dégel qui commence par la fonte d’un bonhomme de neige, Paradjanov arrive à injecter çà et là un brin d’ironie. Passant au crible quelques poncifs du cinéma stalinien et parodiant, par certains côtés, le burlesque américain, sa fantaisie moqueuse fait de cette comédie un classique acidulé du cinéma khrouchtchévien. Tout l’art du réalisateur, qui engage des comédiens frais émoulus de l’Institut théâtral de Kiev, consiste à tourner en dérision des choses qui passeront inaperçues ou seront minorées aux yeux de la censure et de la critique. De jolies blondes époussettent les tournesols avec des mouchoirs blancs, des tracteurs défilent sur un extrait du Lac des cygnes, des bicyclettes composent des ballets, le socialisme avance au rythme des moissonneuses-batteuses et de l’accordéon. Cependant, Paradjanov ne semble pas se soustraire au message social que lui demande de délivrer la direction des studios, mais s’attache à filmer avec une conscience militante, dans la plus pure tradition du réalisme socialiste. Ici, c’est le souci du détail, la décoration, le rituel, l’utilisation de la couleur qui l’intéressent. Extrêmement mobile, la caméra est celle de Serhiї Revenko, avec qui Paradjanov fit ses premières armes dans Maxymko en tant qu’assistant de Volodymyr Braun. Le tout est plutôt réussi, malgré quelques aspects irritants - joie de vivre, kermesse, chants et danses folkloriques -, les personnages devenant à la longue moins intéressants.

Film de commande largement diffusé à l’époque, Le Premier gars est sans doute le meilleur de la trilogie, universel et tout à la fois profondément ukrainien, laissant entrevoir le futur grand metteur en scène.

Lubomir Hosejko 

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