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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 12:22

ukrainiens-de-la-legion-etrangere.jpgPour quelles raisons plusieurs milliers d'immigrés ukrainiens se sont-ils engagés dans la Légion Etrangère dans les premiers mois de la seconde guerre mondiale ?

 

Entre les deux guerres mondiales, des milliers d’Ukrainiens sont venus à la demande de la France pour travailler dans les fermes, les mines ou la sidérurgie. A cette époque, l’Ouest de l’Ukraine était occupé par la Pologne. Consécutivement à l’invasion de ce pays par l’Allemagne le 1er septembre 1939, l’ambassadeur de Pologne en France lança un appel à tous les ressortissants polonais sur le territoire français. C’est à Coëtquidan en Ile et Vilaine que le général Sikorski organisa la mobilisation des troupes. Cette décision troubla de nombreux Ukrainiens qui, bien que de citoyenneté polonaise, ne désiraient pas porter l’uniforme d’un Etat occupant leur patrie. Aussitôt, les dirigeants des associations ukrainiennes entamèrent des négociations avec le gouvernement  français. Celles-ci furent fructueuses et permirent à plus de 5 000 Ukrainiens de s’engager en l’espace de quelques semaines dans la Légion Etrangère française. Il convient par ailleurs de souligner que parallèlement, dès la déclaration de guerre, des Ukrainiens s’étaient déjà engagés au sein des deux Régiments de Marche des Volontaires Etrangers de la Légion étrangère à titre individuel.

 

 Les Ukrainiens engagés volontaires ont-ils pris part à la campagne de France ?

 

Bien sûr, les Ukrainiens de France, dans les rangs de la Légion Etrangère,  ont pris part aux combats de mai-juin 1940 dans les Flandres, sous Sedan, sur la Somme, la Seine, la Marne, la Loire et la Saône, laissant sur les champs de bataille des centaines de tués et de blessés graves. Beaucoup d’entre eux seront faits prisonniers par les Allemands. La campagne de France se termine le 22 juin 1940 avec l’armistice demandé par le maréchal Pétain. L’ordre de démobilisation est alors donné pour tous les engagés volontaires ukrainiens de la Légion Etrangère.

 

 

Le courage et l'esprit de sacrifice de ces combattants ont-ils donné lieu à des commémorations?


Pour vous répondre il faut préciser ce que sont devenus ces légionnaires après l’armistice. Le soir même, 900 d’entre eux sont dirigés et rassemblés dans les communes du Pays d’Aix en Provence en attendant leurs documents de démobilisation. A Peynier, dans la forêt de la Garenne, ils gravent sur un rocher le tryzoub, nom ukrainien du trident, symbole national de l’Ukraine indépendante ainsi que d’autres inscriptions en ukrainien et en français. Le Rocher de la Garenne a été retrouvé en 2006. Etonnamment, il conserve toujours les traces du passage des légionnaires au cours de l’été 1940. Sur une initiative du président de l’Union des Français d’origine ukrainienne et grâce aux efforts conjugués de la municipalité de Peynier et de la Légion étrangère, le chemin conduisant au Rocher a été baptisé « Sentier des Volontaires Ukrainiens » le 30 juin 2007 et une plaque commémorative a été apposée en 2008. Désormais le 2 novembre, la Légion Etrangère rend hommage aux légionnaires morts au combat au cours d’une cérémonie réunissant les autorités civiles et militaires et des descendants de légionnaires ukrainiens.

 

 Propos recueillis par Frédéric du Hauvel

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 16:57

http://tamara-crimea.com/images/full/seb/2.jpgSébastopol évoque des faits d'armes importants dans la mémoire collective européenne, la ville est-elle toujours imprégnée de ce passé militaire ?


Sébastopol est l'une des citadelles navales les plus célèbres au monde, son siège et sa chute ont constitué les éléments les plus importants de la guerre de Crimée (1853-1856). Les armées françaises et britanniques furent victorieuses mais les pertes en vies humaines furent énormes. Le cimetière militaire français de Sébastopol a été restauré dernièrement, il comporte plusieurs stèles dédiées aux 95 615 morts de l'armée française d'Orient. Durant la seconde guerre mondiale la ville fut encerclée par les troupes de l'axe. La ville ne tomba aux mains des allemands en juin 1942 qu'après 250 jours de siège. La vaillance de ses défenseurs a conféré à Sébastopol une aura d'héroïsme et d'esprit de résistance. Plusieurs musées ainsi que de très nombreux monuments témoignent de ce passé glorieux. De nos jours Sébastopol demeure un port militaire important, sa particularité est d'abriter à la fois le quartier général de la Marine ukrainienne ainsi que celui de la flotte russe de la mer Noire.

 

http://tamara-crimea.com/images/full/bah/1.jpgPendant plusieurs siècles, la Crimée fut sous la domination des Tatars, que reste-t’il de cette période qui s'est achevée en 1783 ?


C'est en 1430 que les Tatars établirent un État indépendant dans la péninsule, le Khanat de Crimée. Jusqu'à ce que la région tombe sous influence russe à la fin du XVIIIe siècle, Bakhtchyssaraï en fut la capitale. La ville perdit alors son rôle de centre administratif mais demeura le pôle culturel des Tatars de Crimée jusqu'à leur déportation en masse sur ordre de Staline en 1944. Bakhtchyssaraï abrite le somptueux Palais du Khan, jadis visité par Pouchkine. A l'intérieur de ses murailles se trouvaient une mosquée, un harem, un cimetière, des jardins et la romantique fontaine des larmes

qui, selon la légende, pleurait l'amour d'un prince musulman pour l'une des esclaves chrétiennes de son harem.

http://tamara-crimea.com/images/full/seb/12.jpg

 

La Crimée a t’elle conservé quelques vestiges de son antique passé grec ?


Située à la périphérie de Sébastopol, Khersones, surnommée la Pompéi ukrainienne, constitue un site archéologique d’importance mondiale. Il révèle tout l’intérêt que portaient les grecs à la Crimée il y a 25 siècles lors du grand mouvement de colonisation de la Mer Noire. Un antique serment, prêté par les citoyens est entré dans l’Histoire : « Je fais le serment devant Zeus, la terre, le soleil, les déesses et les dieux de l’Olympe et les héros de la Cité que je  me consacrerai au bonheur et à la liberté des citoyens de Khersones ».

 

 

Propos recueillis par Ivan Heintz

Site de Tamara Gautreau

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 17:07

kurkov-andriy-copier.jpgInvité par la section des études ukrainiennes de l’INALCO à participer à la table ronde « LES ECRIVAINS », dans le cadre de la Journée Europe Centrale et Orientale, le 14 avril 2010, le romancier Andreï Kourkov a fait honneur à l’Ukraine. Né à Saint-Pétersbourg (Léningrad) en 1961, il vit dès sa petite enfance à Kyiv.

 

Très doué pour les langues, il en parle neuf à présent, y compris le français et le japonais. Eclectique dans ses goûts, c’est un auteur aux multiples talents : chanteur, compositeur, caméraman, scénariste, journaliste et écrivain. Il est le seul écrivain ukrainien d’expression russe qui soit traduit dans le monde entier. Son œuvre est aujourd’hui traduite en 32 langues.

 

 Après avoir brièvement travaillé comme rédacteur en chef d’un magazine destiné aux ingénieurs, il est enrôlé comme gardien de prison à Odessa durant son service militaire. C’est à ce moment là qu’il a écrit un grand nombre de contes pour enfants.  Scénariste de talent, Kourkov a rédigé 18 scénarios. Il a été sélectionné comme un des trois meilleurs scénaristes d’Europe pour son scénario du film de V. Krychtofovytch «  l’Ami du défunt », par l’Académie du film européen à Berlin.

 

 Son premier roman paraît en 1991, à Kyiv, deux semaines avant la chute de l’Union Soviétique. Deux ans plus tard, il réussit à publier deux autres romans en Ukraine indépendante. Mais c’est son roman Le Pingouin, paru en France en 2000, qui lui apportera le succès international, confirmé par les romans suivants : Le Caméléon (2001), L’Ami du défunt (2002), Les Pingouins n’ont jamais froid (2004), Le dernier amour du président (2005), Le Laitier de nuit (2010).

 

Les romans d’Andreï Kourkov se caractérisent par un regard acéré et ironique sur la vie dans la société post-soviétique. Il décrit cette société  avec un humour incisif et une profonde tendresse dans laquelle évoluent aux frontières du fantastique et parfois même de l’absurde, des personnages en mal de repères, décalés et attachants.

 

Comme Nicolas Gogol, Kourkov fait cohabiter le drame et l’humour, il entremêle un réalisme social âpre et une fantaisie pétillante. Certains critiques français n’hésitent pas de l’appeler « l’héritier direct de Gogol ».

 

 « Si Gogol a quitté son Ukraine natale en 1828, à l’âge de 19 ans pour s’installer à Saint- Pétersbourg, et devenir un auteur russe, à l’inverse Kourkov, lui, a quitté St Pétersbourg à l’âge de 2 ans, pour s’établir en Ukraine, et devenir un écrivain ukrainien. Donc, l’Ukraine a perdu un écrivain, un grand, mais elle a récupéré un autre, de talent ».

 

 

Olga Mandzukova-Camel,

Professeur d’ukrainien à l’INALCO

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 16:49

Comment êtes-vous venu à la littérature ?


Quand j’avais six ans, mon père m’a acheté trois hamsters que je laissais vagabonder à leur guise dans l’appartement. Mes hamsters ont eu une vie assez tragique : le premier a été tué par accident, alors que mon père a ouvert la porte un soir en rentrant à la maison. Le second a été mangé par un chat que j’avais trouvé dans la rue et ramené à la maison. Quand au troisième, il est tombé du balcon. On n’a jamais su si c’était un accident ou un suicide… Mais c’est alors que j’ai écrit mon premier poème, sur la solitude du hamster qui a perdu ses amis.

 

Mon frère était dissident et il a été arrêté sous le prétexte de cambriolage de kiosque. Ma mère a passé beaucoup de temps à essayer de faire commuer la peine de mon frère. Finalement, le juge, qui était collectionneur de médailles soviétiques, a levé les deux ans de prison de mon frère en échange des médailles de guerre de mon grand-père. Ce juge avait une grande bibliothèque, et étonnamment, beaucoup de livres interdits. C’est chez lui que j’ai découvert Hermann Hesse ou l’œuvre d’Andréï Platonov. J’ai beaucoup écrit en m’inspirant de ces auteurs, au début, jusqu’à ce que je décide qu’il fallait que je trouve mon propre style. J’ai finis mon premier roman à l’âge de 17 ans et j’ai approché  les éditeurs soviétiques et les grands écrivains ukrainiens, mais ce roman ne correspondait pas aux standards soviétiques… Au début, mes livres se sont diffusés par le biais de lectures privées.

 

Mes manuscrits ont commencé à voyager dans l’URSS et j’ai eu des invitations à Riga, à Vladivostok, pour lire mes textes. J’ai donc débuté comme écrivain « Underground »  J’ai commencé à écrire beaucoup pendant mon service militaire. Etant pacifiste, j’ai longtemps tenté de l’éviter, notamment en prolongeant mes études de linguistique : j’ai presque réussi mais c’était tellement dur à éviter que j’ai finalement dû me résoudre à y aller.  J’ai atterri comme gardien de prison à Odessa en 1984.  Mes officiers étaient surpris de mes diplômes…

 

Quand j’ai dit que mon ambition était de devenir écrivain, on m’a demandé d’écrire des textes communistes pour les journaux locaux. J’étais censé travailler toute la nuit, mais je finissais mes textes en deux heures avant d’écrire pour moi. J’écrivais des histoires pour enfants, et en 1987, j’ai commencé à gagner ma vie en écrivant des scénarios de films. En 1991, c’était la crise. J’ai pris un prêt de 16 000 dollars pour imprimer mes propres livres que j’ai commencé à distribuer http://ecx.images-amazon.com/images/I/51GgqkLjagL.jpgartisanalement,  j’en vendais moi-même sur Andreivsky Spousk. J’en envoyais également à l’étranger et j’ai finalement été publié en Autriche…

 

Parlez-nous de votre dernier roman, le Laitier de Nuit

 

J’ai essayé d’écrire un roman sans politique. Mon précédent roman, le Dernier Amour du Président, dans lequel un Président ukrainien est empoisonné et le président russe Wladimir Poutine est réélu après une pause de quatre ans, m’a valu trop d’ennuis. Les commandes ont tout simplement cessé en Russie… Avec ce roman, j’ai donc arrêté la politique et j’ai essayé d’écrire une histoire d’amour… C’est donc trois histoires, trois couples, qui essayent d’être heureux dans ce pays un peu bizarre qu’est l’Ukraine…

 

 

 Propos recueillis par Grégoire Grandjean


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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:52

Le bulletin de Mai 2010 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.

 

Au sommaire:

 

- Célébration des 5 ans du jumelage Kiev-Petchersk/Senlis

- Portrait d'Andréï Kourkov

- "Le Laitier de nuit"... trois histoires, trois couples, qui essayent d'être heureux dans ce pays un bizarre qu'est l'Ukraine" Andréï Koutkov

- Trois questions à Tamara Gautreau, guide francophone de la Crimée

- Trois questions à Annick Denat, Président de l'Association des descendants des volontaires ukrainiens de la Légion étrangère

- Stations Paris-Kiev-Tbilissi, Lieu, Temps, Evénements

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 20:37

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien
Mardi 1er juin 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade
22, av. de Messine, M° Miromesnil, tel. 01 43 59 03 53.
Entrée libre.

LES SCEAUX DE L’HETMAN  (ГЕТЬМАНСЬКІ КЛЕЙНОДИ)
vo

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1993, 87 mn, coul.
Scénario : Serhiї Diatchenko, Léonide Ossyka
Réalisation : Léonide Ossyka
Photographie : Vadim Illienko
Décors : Inna Bytchenkova
Musique : Volodymyr Houba
Son : Bohdan Mykhnevytch
Interprétation : Serhiї Romaniouk, Loudmyla Yefimenko, Lès Serdiouk, Svitlana Kniazeva, Boris Khmelnytskyi, Volodymyr Kolada, Volodymyr Holoubovytch, Kostiantyn Stepankov, Taїssia Lytvyvenko, Vladyslav Kryvonohov, Svitlana Krout.
Genre : drame historique

Photogramme Les Sceaux de l'Hetman 1
Synopsis
Après la mort de l’Hetman Bohdan Khmelnytskyi, l’Ukraine se déchire pour sa succession. D’un côté, la majorité des officiers supérieurs cosaques qui ont soutenu Khmelnytskyi lors des guerres contre les Polonais, de l’autre les prorusses regroupés autour du colonel Martin Pouchkar qui ambitionne de devenir le maître de l’Ukraine, appuyé par une partie des Cosaques Zaporogues opposés à l’élection du nouvel Hetman Ivan Vyhovskyi. Les sceaux de feu l’Hetman gardé par sa fille Olèna sont convoités par Zahrava qui n’hésite pas à enlever la femme et les deux enfants de Jourba, fidèle serviteur de l’Hetman.


Opinion
Léonide Ossyka, qui depuis Zakhar Berkout (1971) espérait monter une superproduction historique, réalise en 1993 le dernier film de sa carrière Les Sceaux de l’Hetman, d’après le roman de Bohdan Lepkyi L’Abîme. Interdit en Ukraine Soviétique, le roman décrit les événements de 1659 sur fond d’infamies, de forfaitures et de luttes intestines de la noblesse cosaque. L’Ukraine risque de perdre son indépendance car la Russie ne la considère plus comme un pays ami mais comme l’objet de son expansion territoriale, passant outre le traité d’alliance qu’elle avait signé avec elle en 1654. Le sujet est traité à la limite du film d’aventures avec des héros exempts de contradiction. Après maints rebondissements et un duel final entre Zahrava (Boris Khmelnytskyi) et Valko Bossakivskyi (Serhiї Romaniouk), les sceaux seront enterrés, à l’insu de tous, par Olèna (Loudmyla Yefimenko) et Valko qui s’en iront vivre avec la mémoire des lieux. Filmé dans une authentique propriété cosaque, Les Sceaux de l’Hetman ne s’inscrit pas dans la série des western-borchtch, méthode décriée par Léonide Ossyka à l’encontre des réalisateurs comme Boris Chylenko (La Vallée noire) ou Serhiї Omeltchouk (La Marche des Cosaques). Pas vraiment un film à thèse ni film d’auteur, il est un dernier adieu au cinéma et à l’Ukraine auxquels le réalisateur se consacra corps et âme, avec ses acteurs fétiches, Svitlana Kniazeva, Kostiantyn Stepankov, Lès Serdiouk et tant d’autres. Le personnage central est interprété par le quadragénaire Serhiї Romaniouk dont la première apparition sur les écrans annonce l’un des plus grands acteurs du cinéma ukrainien contemporain.
Au moment de la sortie du film, il était intéressant de comparer la crise politique, économique et culturelle des toutes premières années de l’indépendance de l’Ukraine de 1991 avec le thème du film sur l’époque cosaque communément appelée les Temps de la ruine. La projection dans l’actualité immédiate était frappante : lutte pour le pouvoir, résistances passéistes, sentiment de semi-liberté ou de semi-indépendance où chacun se repent mais n’en fait qu’à sa tête. Souvent en avance ou en adéquation avec son temps, Léonide Ossyka termine sa carrière à un moment clef de la renaissance de sa patrie. L’Histoire retiendra que Les Sceaux de l’Hetman était en cours de réalisation lors de la remise solennelle des Grands Sceaux de la République Nationale d’Ukraine par le président en exil Mykola Plaviouk au président en exercice Léonide Kravtchouk. La hache de guerre était définitivement enterrée.
Dans la foulée, Ossyka n’entreprendra pas son nouveau long métrage, Dovbouch, mis en chantier scénaristique et en liste d’attente depuis plus de vingt ans, car jugé trop coûteux. Dans un ultime effort, il se lancera avec Lès Serdiouk, dans un projet sans lendemain. Après quelques jours de tournage, Et ne nous soumets pas à la tentation est abandonné, faute d’argent. Le réalisateur décèdera en 2001, après Ivan Mykolaїtchouk (1987) et Serge Paradjanov (1990), les deux grands ténors du courant de l’Ecole de Kiev.


                                                                                                                                   Lubomir Hosejko

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 20:44

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien

Mardi 4 mai 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

LES CLOCHES DE PAILLE  ( СОЛОМ’ЯНІ ДЗВОНИ )

vostf

avec le concours d’Arkeion film

 photogramme Les Cloches de paille

 

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1987, 142 mn, coul.

Scénario : Youriї Illienko

Réalisation : Youriї Illienko

Photographie : Youriї Illienko

Décors : Alexandre Danylenko, Alexandre Cheremet

Son : Bohdan Mykhnevytch

Montage : E. Soummovska

Directeur de production : Mykola Vesna

Interprétation : Lès Serdiouk, Pylyp Illienko, Serhiї Pidhornyi, Mylhaїlo Holoubovytch, Nina Matvienko, Loudmyla Yefimenko, Borys Galkine, Maїa Boulgakova, Serhiї Haletiї, Mykola Mouraviov, Natalia Soumska, Olga Soumska, Vassyl Tsybenko, Dmytro Tsapenko, Loudmyla Lobza, Victor Demertach.

Genre : drame psychologique

 

Récompenses : Prix du meilleur acteur à Lès Serdiouk au XXVIème Festival International du film de Karlovy Vary de 1988. Prix décerné à Youriї Illienko pour sa contribution au développement du cinéma ukrainien au Festival républicain de Dnipropetrovsk en 1988.

 

 

Synopsis
Quelqu’un a tiré sur Vilhota, père du collabo Yourko, tué naguère par les partisans. Vilhota, qui fut en cheville avec  les fascistes, cache soigneusement ce fait connu de tout le monde et du jeune Sachko que soupçonne le milicien chargé de l’enquête. Se sentant menacé, Vilhota veut se débarrasser du milicien et de Sachko avant que n’intervienne Yakiv Tcherneha, le père de Sachko.

Opinion
C’est avec Les Cloches de paille que prend fin, en pleine perestroïka, la période de contrainte idéologique du cinéma de Youriї Illienko. Au Festival de Dnipropetrovsk, le Prix de la contribution personnelle au développement du cinéma ukrainien lui est remis en 1988, dès son retour de Toronto, où il fut l’invité d’honneur au Festival du film ukrainien en compagnie des poètes et scénaristes Ivan Dratch et Dmytro Pavlytchko. Il y avait montré ses œuvres maîtresses, Une source pour les assoiffés, La Nuit de la Saint-Jean, mais son dernier opus Les Cloches de paille ne fut projeté qu’en huis clos dans une salle communale.
Ne subissant plus la pression idéologique brejnévienne, par laquelle il avait perdu la lucidité de regard du cinéma d’auteur de ses débuts, Illienko amorce une transition vers un art plus libéré. Les personnages de sa dramaturgie, bons et méchants, rouges ou bruns, paient une dernière fois leurs trahisons mutuelles et paranoïa lassante par nettoyage ethnique et éthique. Et si ce film reste en-deçà des films à constat social de ses confrères Mykhaїlo Biélikov (La Désintégration), Léonide Ossyka (Entrez, assoiffés), ou des films tentés par l’argument commercial de Roman Balaїan (Le Fileur) et de Viatcheslav Krychtofovytch (Femme seule désire rencontrer), il suit le postulat logique et immuable des propres choix thématiques du réalisateur. Ces choix sont empruntés à la littérature soviétique ukrainienne centrée sur l’Histoire, comme le confirme sa filmographie tout entière.
Tiré du récit de l’écrivain Yevhen Houtsalo La Zone morte, ce dixième long métrage de Youriї Illienko se passe de musique, comme jadis dans Une source pour les assoiffés,  mais  porte un titre métaphorique, allusif aux bruissements mélodiques des champs de seigle communément appelés cloches de paille. Relayées par la voix de la chanteuse Nina Matvienko, ces mélopées traduisent les misères d’une nation soumise aux maintes invasions et occupations ennemies. Elles épousent les réminiscences de la réalité filmophanique, entrelacée de scènes d’une extrême violence autour d’une population traumatisée par l’occupation allemande et la police supplétive. La scène de la pendaison, l’insoutenable scène où un nouveau-né est jeté sur un toit de chaume dévoré par le feu, évoquent la barbarie nazie dans l’Arc-en-ciel de Marc Donskoï. Irréaliste, celle du réveillon de Noël met en émoi toute une famille contrainte de manger une nourriture dans une écuelle vide, sous l’œil d’un officier allemand. Au fil du récit filmique, la caméra de Youriї Illienko annonce son retour aux impulsions oniriques et surréalistes, notamment dans les plans aériens expressément chagalliens. L’interminable séquence, où apparaissent en enfilade wagons et compartiments d’un train, véritable morceau d’anthologie fixant dans un long travelling les parias et les nantis de la population au sortir de la guerre, est digne d’une invention fellinienne. L’interprétation très convaincante de Lès Serdiouk dans le rôle de Vilhota, sans doute le plus émouvant de sa carrière, de Loudmyla Yefimenko dans le rôle de la démente, et de Pylyp Illienko dans celui de Yachko, atteste d’une direction d’acteur maîtrisée qui avait fait défaut au réalisateur pendant la stagnation. Les Cloches de paille met fin à la longue série de films qui stigmatisaient la participation des collabos à l’occupation allemande. Les frères Vadim et Youriї Illienko seront les premiers à revenir sur cette période sombre à travers leur nouveau film Le Dernier bunker (1990). Ils essaieront d’évacuer les clichés antinationalistes sans toutefois prétendre réhabiliter le maquis nationaliste, mais le replacer dans son contexte historique par rapport à la tournure que prennent les événements dans le nouveau paysage politique de l’Ukraine en marche vers son indépendance.

                                                                                                                         Lubomir Hosejko

              

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 09:12

http://www.clairedenamur.com/index.php/content/download/24080/311759/file/c_photos_de_cedric_rivrain_13_reference.jpgVous avez des racines extrêmement diverses, pourriez-vous nous expliquer un petit peu vos origines ?


Mon père est Franco-Hollandais et ma mère est née en Argentine mais elle est d’origine ukrainienne. Mes arrières grands-parents maternels ont émigré à Buenos Aires dans les années 1920, et ils étaient originaires d’Odessa et de Prusse. Ils ont fui l’Europe de l’Est au moment des vagues de Pogroms… Leurs noms de famille étaient Dejtiar et Schvarstein. Ma mère a grandi avec l’Espagnol et le Yiddish comme langues maternelles… Pour ma part, j’ai vécu dans ma jeunesse en Amérique du Nord : aux Etats-Unis et au Canada. Nous sommes revenus en France quand j’avais 15 ans. Tout ce mélange et le fait d’avoir grandi dans plusieurs pays différents représente une grande richesse pour moi, mais il y a aussi des temps d’adaptation qui sont parfois difficiles, comme quand je suis revenue en France. Au brevet, certaines de mes notes ont été catastrophiques, en biologie notamment : je ne connaissais le vocabulaire qu’en Anglais !



Cette diversité culturelle doit s’exprimer à travers votre musique…


Absolument. Mon frère, ma sœur et moi avons été élevés dans un univers musical au gré des goûts et origines de nos parents ainsi que des lieux où nous avons vécu. Mon père, Yves Denamur, nous a passé sa passion pour Bob Dylan, America ou Neal Young. Petite, j’ai été forcée à apprendre le piano mais suis rapidement passée à la guitare en autodidacte. Au début, je jouais pour moi et mes amis, et rapidement, j’ai commencé à écrire des chansons influencées aussi bien par le country blues, le negro spiritual que par les musiques d’Amérique latine. Une de mes chansons, La Mal Aimée, dédiée à ma mère, a de fortes influences de Fado argentin et certains m’ont dit y voir une influence Klezmer…



Quel lien gardez-vous avec l’Ukraine ?


Et bien très franchement, je dois dire que mes origines ukrainiennes remontent assez loin, et je commence tout juste à m’intéresser vraiment à ce passé. De mon arrière-grand-mère, j’ai hérité le prénom : Clara. Au-delà de cela, j’espère aller bientôt en Ukraine et découvrir le pays qu’ont quitté mes arrières grands-parents.



Vous avez déjà publié un premier album, vous jouez dans toute la France et à l’étranger et avez déjà foulé la scène de l’Olympia… Quels sont vos projets pour le futur ?

 

Je fais toujours beaucoup de concerts en France et à l’étranger. D’ailleurs je joue à Varsovie dans deux semaines… Cependant j’essaie de ralentir un peu la cadence des tournées pour me consacrer à mon deuxième album. J’ai beaucoup appris des erreurs du premier et je m’investis aujourd’hui sérieusement dans la réalisation du second, tant au niveau de la musique que des paroles. Je suis donc en phase d’écriture et de composition, et je vise une sortie en 2011.

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

Site de Claire Denamur

Claire Denamur sur MySpace

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 09:08

Le bulletin d'avril 2010 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.
 
Au sommaire:

- Au fil de l'actualité
- Rencontre avec Claire Denamur, nouvelle voix de la chanson française
- Entretien avec Marina Lewycka, auteur britannique d'origine ukrainienne
- "Deux caravanes" un roman de Marina Lewycka à paraître en mai 2010
- "Russie - Express" Dans les pas de Balzac, de Paris à Berditchev
- C.A.H.O.U. vous invite pour commémorer le 8 mai 1945 au concert Fifty Fifties

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 10:28
13/02/2010, par Vitaliy Portnikov

Quand en 1994 Léonid Koutchma a été élu président d’Ukraine, cette victoire a été perçue en Russie comme une vraie revanche des forces intéressées par des relations privilégiées, un rapprochement avec Moscou et comme une victoire contre Léonid Kravtchouk « le nationaliste », qui ne souhaitait pas prendre en compte les intérêts russes, autrement que comme un « retour » de l’Ukraine. Une chose semblable est observée actuellement. «Le nationaliste » Viktor Youchtchenko quitte la scène politique et les forces constructives ont leur revanche !http://www.kp.ru/upimg/5a3e8f353c90697f8fa8aa939d18ebfb3dd46ab0/523416.jpg

Mais rappelons-nous la déception de Moscou suite à la présidence Koutchma. Certes, il a établi des relations personnelles privilégiées avec Boris Eltsine et avec Viktor Tchernomyrdine ; certes, il a été beaucoup plus proche et intelligible que Léonid Kravtchouk – à peu près de la même manière qu’aujourd’hui Viktor Yanoukovitch est plus proche et en phase avec Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev que Viktor Youchtchenko. Je n’oserais pas affirmer la même chose concernant Tymochenko. Il est clair qu’une personne de Dnipropetrovsk s’entendra toujours avec un originaire de Saint-Pétersbourg.

Mais dans la défense de ses intérêts, Koutchma a même surpassé Kravtchouk. Leonid Kravvtchuk préférait la diplomatie, ne pas offusquer les partenaires et ne pas précipiter la solution de problèmes complexes, tandis que Leonid Koutchma était prêt à déchiqueter son adversaire pour ses propres intérêts, à savoir l’Ukraine. Koutchma se considérait comme le patron du pays et ne comprenait pas pourquoi il devait sacrifier les équipements au nom d’un autre patron d’une entreprise voisine, aussi proche qu’il soit. Mais le patron voisin croyait que sa société n’est pas seulement la plus importante, mais carrément l’unique. Et ce que Léonid Koutchma prend pour une société indépendante, n’est ni usine, ni fabrique… dans le meilleur des cas c’est un atelier.

Cette
http://www.gordon.com.ua/images/doc/11-kuch1kiss-60afb.jpg différence de conception a engendré une éternelle incompréhension. Nous nous souvenons de Koutchma sur ses derniers temps au pouvoir. Il négociait avec Poutine la création d’un Espace économique commun. Mais c’était Koutchma pratiquement isolé de l’Occident, à qui on ne serrait plus la main. Il lui était vital de prouver au monde, à l’Ukraine, à la Russie et à lui-même finalement que rien n’avait changé et qu’il continuait à gérer la politique extérieure, que c’était lui qui définissait le cap et qu’il était toujours le directeur d’usine et non le chef d’atelier. De plus, il ne comptait pas du tout participer à un Espace économique commun, il essayait de gagner du temps comme d’habitude. C’était d’ailleurs le mode de fonctionnement de tous les chefs d’Etats postsoviétiques qui s’étaient retrouvés isolés de l’Ouest. Par exemple, le président ouzbek, Islam Karimov a été toujours un adversaire déterminé de la Russie en ce qui concerne l’Asie Centrale. Mais d’un coup, il est devenu le meilleur ami de Moscou après les événements d’Andijan. Et bien sûr, le degré d’amitié a baissé dès que les visiteurs occidentaux ont été de retour à Tachkent… Alors, je ne surestimerai pas le degré pro-russe de la fin de l’ère Koutchma. Même lors de début de son premier mandat, souvenez-vous, Boris Eltsine a été contraint d’ajourner sa visite à Kyiv vouée à la signature du « Grand traité ». Les parties n’arrivaient pas à s’entendre sur les questions de la Flotte de la mer Noire. A Moscou on ne comprenait pas : que se passe-t-il ? C’est Koutchma, il est des nôtres, il aurait dû tout nous céder – mais il ne lâche rien...http://www.segodnya.ua/img/forall/a/9238/30.jpg
Je reviens là-dessus juste pour expliquer : le jour suivant de son élection, Viktor Yanoukovitch va se considérer comme le directeur de l’usine Ukraine. C’est pour ça qu’on n’observe pas de grand enthousiasme à Moscou pour son élection. Oui, l’échec d’Youchtchenko est une bonne chose pour la doctrine du Kremlin. Mais à Moscou, on a déjà compris que les présidents ukrainiens se comporteraient comme des directeurs d’usine et que l’on n’arriverait pas à leur imposer la vision russe de l’Ukraine.
Il est probable que si Yanoukovitch avait gagné les élections en 2004, on aurait eu une autre situation. A l’époque, personne n’avait plus besoin de lui. Koutchma n’était pas tellement intéressé par un héritier mais plutôt par une reforme constitutionnelle. La société ukrainienne ne comprenait pas pourquoi cette personne désignée comme « héritier ». Youchtchenko était certain de son droit à hériter de Léonid Koutchma. Personne n’avait besoin d’Yanoukovitch, à part la Russie. Les dirigeants russes tentaient de réaliser le mode de transmission du pouvoir selon l’exemple eltsinien dans le pays limitrophe. Ils étaient assurés que l’héritier était plus malléable que son prédécesseur.
http://image.tsn.ua/media/images/original/Jun2007/3161.jpgMais la Russie a tourné le dos à Yanoukovitch dès les premiers mois après son échec. On l’a oublié, il est retourné en politique sans aucune aide de Moscou. Il a gagné les élections présidentielles sans l’armée des consultants russes. Ce n’est pas un candidat russe, c’est un homme politique usant de slogans pro-russes pour ses propres intérêts électoraux. Et on le comprend très bien à Moscou. Ils comprennent que Yanoukovitch est bien sûr un soviétique, qui se sent plus à l’aise à Moscou qu’à Bruxelles. Mais ils savent aussi qu’il ne lâchera pas ses intérêts – comme Koutchma en son temps.

Source
Traduit du russe par Olga Gerasymenko

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