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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 15:32
La crise gazière a mis en lumière la difficulté des Russes et des Ukrainiens à sortir des rapports de force. Les sujets de contentieux sont multiples.

La crise gazière entre la Russie et l'Ukraine semble en passe de se terminer. Mais la relation des deux pays n'en sort pas améliorée. Entre les deux voisins slaves, tout est prétexte à querelle. « Il a toujours été difficile pour les Russes et les Ukrainiens de s'entendre, relève Roumiana Ougartchinska, auteur de La Guerre du gaz (1). Il ne faut pas croire que cela a commencé après la "révolution orange" de 2004. Si on relit Tarass Boulba, le roman de Nicolas Gogol, on se rend compte que c'était déjà compliqué au XVIIe siècle. Il est difficile pour les Russes d'admettre que l'Ukraine est indépendante et pour les Ukrainiens de se sentir inféodés à un autre pays. »

Dans le domaine politique, les deux pays s'opposent sur tout. Le plus gros contentieux porte sur l'entrée dans l'Otan. Les autorités ukrainiennes y sont favorables. Le Kremlin s'y oppose, considérant que cela reviendrait à « encercler » un peu plus la Russie. Vladimir Poutine a menacé de pointer les armes nucléaires russes vers des objectifs militaires ukrainiens si jamais le pays venait à accueillir une base américaine.

La guerre en Géorgie, l'été dernier, a également été l'occasion d'une poussée de fièvre. Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a soutenu la Géorgie. L'Ukraine a vendu des armes aux Géorgiens, dont certaines ont permis d'abattre des avions russes. Puis l'Ukraine a organisé fin août, et pour la première fois depuis son indépendance en 1991, un défilé militaire à Kiev. La Russie a considéré cela comme un acte inamical.

Le port de Sébastopol, en Crimée, dans le sud de l'Ukraine, est aussi l'enjeu d'une vieille dispute. Il abrite une base militaire russe. Un accord russo-ukrainien prévoit qu'il est loué à la Russie jusqu'en 2017. L'Ukraine souhaite ne pas prolonger au-delà, tandis que la Russie voudrait bien garder ses quartiers sur les bords de la mer Noire.
Enfin, la Russie s'agace de la campagne ukrainienne pour faire reconnaître la famine de 1933 (holodomor, en ukrainien) comme l'un des grands génocides du XXe siècle. L'Ukraine a entrepris de commémorer tous les ans cette tragédie. Elle demande à la Russie d'ouvrir ses archives. La Russie s'irrite de cet activisme, dénonce les tentatives ukrainiennes de réviser l'histoire... et garde ses archives bien fermées.

Entre Kiev et Moscou, c'est sans doute sur ce terrain que le débat est le plus vif. Les deux pouvoirs en place ont chacun leur vision de leur histoire commune. Pour les Russes, l'Ukraine demeure cette « petite Russie », une province qui a « toujours » été rattachée à Moscou. Vu de Russie, l'Ukrainien n'est pas une langue, à peine un patois. Vladimir Poutine, intervenant au sommet de l'Otan à Bucarest, en avril dernier, n'a pas hésité à dire que l'Ukraine n'est « pas même un pays ».

Les Ukrainiens, et ce n'est pas surprenant, n'ont pas la même vision. Ils tiennent à leur langue et à ses singularités. Ils relèvent que l'Ukraine a « tenté cinq fois de devenir indépendante depuis le début du XIXe siècle ». Ils estiment avoir été maintenus de force au sein de la Russie, qui a réprimé impitoyablement toute manifestation de nationalisme ukrainien. Et aujourd'hui, alors qu'ils sont indépendants, ils n'entendent pas abdiquer leur liberté.
L'intervention russe dans la campagne électorale en Ukraine, en 2004, a précisément été l'un des facteurs ayant déclenché la « révolution orange ». Une fois élu président, Viktor Iouchtchenko a fait connaître son intention de continuer le dialogue avec la Russie, mais en ayant comme priorité de « défendre les intérêts de l'Ukraine ». À la même époque, on a vu, du côté russe, grandir la crainte d'une « contamination démocratique ».

Depuis, les relations n'ont cessé de se tendre. La question gazière sert de terrain d'affrontement. Si, après dix-neuf jours de crise, les deux pays ont décidé la trêve, c'est parce qu'ils ont compris, selon Roumania Ougartchinska, qu'ils avaient « chacun beaucoup à perdre, en termes d'image comme économiquement ». Cette crise, une de plus entre Moscou et Kiev, est la conséquence d'un divorce difficile qui n'en finit pas d'être consommé.
 
GUILLEMOLES Alain
 
(1) Éditions du Rocher, 280 p., 18 €.
Voir aussi La Croix, 19 janvier 2009
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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 09:45

A propos de l'Ukraine, il existe une idée reçue bien ancrée parmi les hommes politiques français : l'idée qu'il « ne faut pas contrarier les Russes » en nouant des relations trop étroites avec ce pays qui est « dans leur zone d'influence ». Cette idée est nourrie par une peur ancienne, cultivée depuis un gros demi-siècle. Elle est aussi nourrie par l'illusion d'un équilibre à respecter entre les intérêts géopolitiques. Mais cette vision n'est-elle pas aujourd'hui dépassée ?


La France et l'Allemagne étaient en 2008 les deux pays les plus opposés à l'entrée de l'Ukraine et de la Géorgie dans l'OTAN. Avec cette même préoccupation de ne pas irriter la Russie. Pour préserver aussi leur confort énergétique et ne pas remettre en question leurs approvisionnements en gaz.


Un égoïsme politique contre des principes déclarés. Cette reculade, a été comprise par Moscou comme une victoire sur les Occidentaux et par Kiev, comme une preuve de faiblesse et d'hypocrisie. Mais ce choix de la conciliation avec Moscou est-il le plus à même de renforcer la sécurité européenne ?


Certainement pas. Il y a peu de chances, en effet, que la guerre du mois d'août ait eu lieu si, lors du sommet de Bucarest en avril, la Géorgie et l'Ukraine avaient reçu le Plan d'action pour adhérer à l'Otan. Même si la perspective d'adhésion n'obligeait pas les pays membres du Traité de l'Atlantique Nord à protéger militairement les futurs coalisés, le symbole d'appartenance à la même famille était assez fort pour être dissuasif. Son absence, au contraire, encourage Moscou à employer encore et encore le langage de la force brute. Cette tendance, est-elle vraiment de l'intérêt des Français ?


Ce n'est pas sûr. Car l'habitude de reculer ne laisse pas une marge de discussion confortable. Le 19 décembre, les Etats-Unis ont signé avec Kiev une Charte de partenariat stratégique. Unilatéralement, sans attendre les autres membre de l'OTAN.


Le symbole est moins fort que ne l'aurait été la promesse d'adhésion. Mais il est très important pour l'Ukraine qui se sent en grande insécurité face à la Russie de Poutine et Medvedev. Faut-il expliquer cela par la proximité trop étroite des Etat-Unis et de l'Ukraine ?


Cela reviendrait  à focaliser sur les conséquences  et non sur la cause. Car l'Ukraine se cherche des alliés partout en Occident, mais ne les trouve pas ailleurs qu'en Amérique du Nord. Cette charte entre Kiev et Washington est surtout la preuve d'une absence de la politique européenne commune vis-à-vis de l'Ukraine et de la Géorgie.

 

Auteur:

Alla Lazareva

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 15:32

 « Du gaz, du gaz et encore une fois du gaz » - répliqua la Première Ministre ukrainienne Ioulia Tymochenko à la question d’un journaliste concernant le contenu du rêve qu’elle avait fait à la veille de sa rencontre le 30 juin 2008 à Moscou avec son homologue russe Vladimir Poutine.  Malgré le fait que les négociations intenses entre les parties russes et ukrainiennes ont été menées pratiquement pendant toute l’année 2008, le fournisseur du gaz russe Gazprom et son client ukrainien, Naftohaz Ukraïny, n’ont pas pu trouver un compromis et  terminer la négociation de nouveaux contrats gaziers avec l’Ukraine avant l’expiration de l’année 2008. Dans l’absence des relations contractuelles de long-terme, on assiste donc à une nouvelle confrontation entre le monopole gazier russe et l’opérateur ukrainien, chargé à la fois de la gestion des importations gazières et du transit du gaz russe vers les consommateurs européens à travers le réseau de transport ukrainien.

Si les négociations de nouveaux contrats cette année ont démarré assez tôt et progressaient, semble-t-il, au bon rythme, qu’est-ce qui a finalement empêché aux partenaires de les clore au terme et de ne pas créer des tensions inutiles en pleine saison hivernale, au moment où la consommation du gaz atteint son pic tant en Ukraine qu’en Europe ? Quels sont les principaux points de discord du conflit actuel ? Et quelles peuvent être les implications du nouveau conflit entre le Naftohaz et le Gazprom ? Dans ce qui suit, on essaie d’apporter quelques éléments de réponse à ces interrogations, en abordant le contenu des négociations menées entre les parties russe et ukrainienne au cours de l’année 2008, les raisons de la mésentente actuelle et les motivations des acteurs russes et ukrainiens dans ce conflit.

 

Contenu et enjeux des négociations gazières 2008 entre le Gazprom et le Naftohaz Ukraïny

L’année 2008 s’est caractérisée par la conduite des pourparlers intenses entre le Gazprom et la société nationale ukrainienne Naftohaz. Ces pourparlers ont été impulsés par les initiatives prises par tous les deux partenaires de la négociation :  d’un côté, c’est Youlia Tymochenko, revenue en tête du gouvernement ukrainien suite aux élections parlementaires anticipées du septembre 2007, qui a souligné la nécessité de modifier le schéma existant d’approvisionnement en gaz naturel de l’Ukraine en éliminant des sociétés intermédiaires opaques ; de l’autre, la direction du Gazprom et le gouvernement de Moscou, en faisant référence aux pressions exercées par les producteurs de gaz de l’Asie centrale qui assuraient jusqu’alors la production du gaz consommé par l’Ukraine, a exprimé sa volonté d’augmenter le prix du gaz vendu à l’Ukraine jusqu’au niveau des prix dits « européens », et ce, déjà à partir de l’année 2009.

Le marchandage de nouvelles conditions de livraisons gazières vers l’Ukraine qui s’en est suivi semble avoir abouti à un nouvel accord-cadre, dont les termes ont été posés fin octobre dans le mémorandum intergouvernemental conclu entre Y.Tymochenko et V.Poutine. Cet accord paraît être le fruit des concessions mutuelles faites pour incorporer les principales positions des parties prenantes. Cependant, certaines de ses dispositions paraissent être plus favorables aux intérêts du Gazprom.

 

Termes de l’accord-cadre entre le Gazprom et le Nafothaz

Conformément à la demande de la Première Ministre ukrainienne Youlia Tymochenko, l’accord-cadre prévoyait l’élimination du schéma des livraisons gazières le RosUkrEnergo, société intermédiaire contrôlée conjointement par le Gazprom (50% des titres) et deux hommes d’affaire ukrainiens, Dmytro Firtach (45%) et Ivan Fursin (5%), dont la participation a été la condition de livraisons en Ukraine du gaz de l’Asie centrale.  L’accord prévoyait donc de restaurer le monopole du Naftohaz sur les importations du gaz, qui serait acheté directement à Gazprom. En contrepartie, le Gazprom confirmerait son droit d’effectuer des livraisons directes à certains clients industriels ukrainiens. Qui plus est, la quantité du gaz vendu directement par l’opérateur russe augmenterait substantiellement, passant de 7,5 Mrds de m3 en 2008 à 11,5 Mrds de m3 dès l’année 2009.  Or, l’augmentation de la part du marché ukrainien détenue par le Gazprom signifierait pour l’opérateur d’Etat ukrainien la possibilité de perte des clients les plus solvables, ce qui se répercuterait sur la « santé » financière du Naftohaz.

Deuxième point fondamental, c’est l’augmentation du prix de gaz importé par l’Ukraine, sur laquelle la partie russe insistait depuis le début de l’année 2008.  Sur ce point, l’accord-cadre prévoyait une augmentation progressive, impliquant une période de transition. Une fois cette période terminée, le prix serait calculé, à partir de l’année 2011, selon la formule proposée par le Gazprom, mettant le prix du gaz en relation avec l’évolution du prix des produits pétroliers (mazout et gasoil) sur le marché pétrolier mondial. Mais, malgré l’existence de la période transitoire, le prix de départ que l’Ukraine devrait payer en 2009 serait fixé au niveau de 250 dollars pour mille m3, ce qui représenterait une augmentation substantielle (+39%) par rapport au prix payé en 2008. Cette augmentation, comme nous le verrons plus loin, interviendrait dans le contexte international actuel,  marqué par une forte baisse des prix énergétiques, due à la crise économique et financière, d’où son caractère plus que discutable.

Enfin, pour garantir la discipline des paiements, l’accord-cadre insistait sur le prépaiement de toute la quantité du gaz fourni par le Gazprom à son client ukrainien avant le début de chaque mois ; en cas de non-respect du calendrier des paiements, des pénalités à taux de 0,5% par jour ont été prévues ; tout contentieux commercial entre parties pourrait être résous à travers le recours à la Cour d’arbitrage commercial près la Chambre de commerce et d’industrie de la Fédération russe à Moscou.

 Les tarifs de transit du gaz russe à travers le territoire ukrainien à destination des clients du Gazprom d’Europe centrale et occidentale seraient fixés dans un contrat séparé.  L’accord ne prévoyait qu’une hausse modérée  du taux de transit du gaz russe à travers le réseau de transport ukrainien (progression de 1,6 à 1,7 dollars US pour le transit de 1000m3 du gaz/ 100 km) pour les années 2009 et 2010, avec la possibilité de négotiation d’un nouveau tarif pour les années 2011-2019 ; cependant, les termes de l’accord n’indiquaient aucune formule ou mécanisme de la formation du taux de tarif.  

Bien que les dispositions de cet accord-cadre apparaissent comme étant plus ou moins déséquilibrés en faveur du Gazprom, il semble parvenir à atteindre les objectifs centraux de la négociation. Ainsi, selon la demande du gouvernement ukrainien, il permettait de supprimer les sociétés intermédiaires de la relation gazière russo-ukrainienne, en introduisant davantage de transparence dans le schéma d’approvisionnement de l’Ukraine et en établissant les rapports directs entre le Gazprom et le Naftohaz. Conformément à la position de la partie russe, cet accord prévoyait l’augmentation du prix gazier payé par l’Ukraine jusqu’au niveau dit « européen », tout en accordant une période de transition pour prendre en compte les intérêts du client ukrainien.

Si cet accord accommode les principales demandes des négociateurs, pourquoi n’a-t-il pas été conclu comme prévu avant fin novembre ? Quels sont les facteurs qui ont entraîne les parties vers un conflit qui les oppose aujourd’hui ? Nous estimons qu’il peut y avoir trois facteurs partiellement dépendants l’un de l’autre : premièrement, il s’agit de difficultés de déterminer tant le niveau « européen » des prix d’importation du gaz par l’Ukraine que du tarif de transit auquel aspirent les parties de la négociation ; deuxièmement, tant le contexte que l’enjeu de la négociation ont changé avec la crise économique et financière mondiale, frappant durement aussi bien l’économie ukrainienne que l’économie russe ; enfin, est-il possible que la variable politique, liée à la donne politique en Russie et en Ukraine, a joué le rôle. On essaiera donc d’esquisser rapidement la place de ces  facteurs dans le conflit actuel.



            Difficultés d’estimer le « niveau européen » du prix de gaz importé et de transit

La transition au « prix européen » (« European netback prices ») du gaz constitue la priorité de la politique gazière du Gazprom vis-à-vis des anciennes républiques soviétiques. Cette politique est actuellement soumise à l’objectif de faire disparaître le différentiel entre les revenus obtenus par le producteur russe de ses exportations du gaz vers les pays d’Union européenne et les revenus de sa vente sur le marché des nouveaux pays indépendants. En raison de l’importance de son marché domestique, l’Ukraine, l’un des plus grands pays consommateurs du gaz naturel à côté de l’Italie et de l’Allemagne, occupe une place centrale dans la réalisation de cette stratégie.

Pourtant, la transition vers les «european netback prices » se heurte à quelques difficultés qui tiennent au problème d’estimation de leur niveau. D’une façon générale, pour l’Ukraine, la transition vers les « prix européens » signifiera le passage au prix du gaz à la frontière allemande, moins les coûts de transport. Il faudra aussi en déduire les coûts résultant de l’application par la Russie des droits douaniers de 26,3% à l’ensemble de ses exportations gazières, étant donné que le gaz consommé par l’Ukraine provient de l’Asie centrale et est seulement transité à travers le territoire russe. 

Cependant, la première difficulté survient lors de la définition du prix du gaz à la frontière allemande. L’approvisionnement des consommateurs européens s’effectue traditionnellement dans le cadre des contrats de long-terme, signés entre le Gazprom et les opérateurs nationaux de ces pays. Le prix du gaz fixé dans ces contrats dépend de l’évolution du prix du pétrole brut. Néanmoins, la « formule » utilisée dans ces contrats, c’est-à-dire les paramètres et la relation exacte entre l’évolution de prix du pétrole brut sur les marchés internationaux et le prix contractuel du gaz, relève du secret commercial. L’information précise sur les prix d’importation du gaz russe par les clients européens n’est donc pas disponible. Dans ces conditions, pour connaître le prix d’importation, on est amené à s’appuyer sur diverses estimations indirectes et avis d’experts.

Selon les données publiées par le Ministère de l’Energie et de l’Industrie russe, le prix moyen du gaz russe vendu en Europe en 2008 sera égal à 281 dollars US pour 1 000m3. Ce prix est inférieur au prix signalé par certains autres experts ; par exemple, les experts de Gas Matters, pour lesquels le prix d’importation moyen du gaz en provenance de la Russie sur les marchés des pays d’UE en 2008 était 325 dollars US pour 1 000 m3.

Pour l’année 2009, le prix d’importation du gaz russe à la frontière allemande dépendra principalement de l’évolution des cours du pétrole.  D’après les consultants du projet Gas Strategies, le prix du gaz russe à la frontière allemande (Waidhaus) en 2009 pourra atteindre 441 dollars US en cas de réalisation du scénario « pétrole cher », prévoyant l’augmentation du prix du brut de 126,55 dollars US pour le baril à 128,77 dollars US pour le baril au dernier trimestre 2009 ; le prix du gaz importé pourrait demeurer au niveau de 369 dollars US pour 1 000 m3, si le prix du baril en 2009 enregistre une baisse, passant de 110 dollars US à 83,73 dollars US au dernier trimestre 2009. Comme nous pouvons le constater, aucun de deux scénarios ne prévoit la baisse brusque et profonde des cours du pétrole à laquelle on fait face actuellement en raison du ralentissement de la croissance de l’économie mondiale.

Un autre scénario, plus récent qui a été élaboré par l’East European Gas Analysis, table sur le prix du gaz russe pour les consommateurs européens qui pourra baisser de 500 dollars par 1 000 m3 au dernier trimestre 2008 à 175 dollars pour 1000 m3 à la fin de 2009, à condition que le prix moyen du baril brut se maintienne à 45 dollars.

Tableau 1. Exemple du calcul des prix « européens » pour l’Ukraine sur la période de 2004-2009


Netback calculations

In $/Mcm

2004 (actual)

2005 (actual)

2006 (actual)

2007 (actual)

2008 (estimated by Gas Strategies)

2009 (projected : August 1 forward curve)

2009 (projected : GS base case)

European border price (Waidhaus)

143.05

189.31

246.51

254.48

368.32

441.75

369.07

Minus : exp.duty (26.3%)

37.62

49.78

64.83

66.92

96.86

116.18

97.06

Transit (est.)

27

31.58

36.53

38.35

41.13

43.81

43.81

Ukraine netback (estimated)

78.43

107.95

145.45

149.21

230

281.76

228.2

Actual/projected import prices

50

50-80

95

130

179.5

281.76

228.2

Differential between Ukraine netback and actual import price

28.43

27.95-57.95

49.15

19.21

50.5

0

0

Brent Crude ($/bbl - Q1)

31.95

47.5

61.75

57.75

96.77

128.69

100.47

Source : Gas Matters, septembre 2008

Le deuxième élément-clé dans la définition du « prix européen » pour l’Ukraine est le coût de transport ; ces coûts varient selon le niveau de tarif de transit commandé par les pays transiteurs. Bien que, comme dans le cas de formule du prix du gaz, l’information concernant la formation et le niveau exacte des tarifs ne soit pas complètement transparente, on dispose des informations générales concernant le niveau du taux de transit fixé par les pays transiteurs européens. Selon le Secrétariat de la Charte énergétique, ce taux oscille entre 2,42 dollars US pour 1 000 m3 pour la distance de 100 km à travers le territoire allemand jusqu’à 3,8 dollars US pour le transit la même quantité et distance du transit à travers le territoire tchéque. Cela étant, il convient de déduire 41,5 dollars, correspondant aux frais de transport du gaz russe à la frontière allemande. Il convient aussi de rappeler que cela comprend l’acheminement du gaz russe à travers le territoire ukrainien, qui se réalise actuellement à taux de transit égal à 1,6 dollars pour l 000 m3. Le taux de tarif appliqué actuellement par l’Ukraine est donc sensiblement plus bas que les tarifs en vigueur dans d’autres pays européens. Or, cela rentre en contradiction avec certains facteurs fondamentaux utilisés pour le calcul du taux de tarifs, tels que la longueur du réseau (plus le réseau est long, plus élevé doit être le tarif de tarif), les coûts du capital et le besoin d’amortissement.


Graphique 1. Réseau de transit ukrainien

 

 Source : Gas Matters, décembre 2008

Tableau 2. Volume du gaz russe acheminé à travers le territoire Ukraine dans les années 2000-2007

Gas transported through Ukraine, Bcm

Year

Total

To Europe

To CIS

2000

123.6

109.3

11.3

2001

124.4

105.3

19.1

2002

121.6

106.1

15.1

2003

129.2

112.4

16.8

2004

137.1

120.3

16.8

2005

136.4

121.5

14.9

2006

128.5

113.8

14.7

2007

115.2

112.1

3.1

Note: Excludes volumes for domestic use

Table: Gas Matters Source: Naftogaz


Source : Gas Matters, décembre 2008

 

Estimation du prix d’importation du gaz et du taux de tarif dans le contexte de la crise économique et financière

A la lumière de ces quelques éléments de la formation du « prix européen » du gaz  et du tarif de transit pour l’Ukraine, comment peut-on évaluer la proposition de prix et de tarif faite par le Gazprom  à la partie ukrainienne?

Tout d’abord, force est de constater que le prix de 250 dollars pour 1000m3, proposé comme le prix de départ de la transition vers le niveau « européen », est issu du scénario de l’ « énergie chère » ; ce prix assume explicitement que les prix énergétiques vont rester au niveau très élevé, observé avant la crise actuellement. La proposition initiale du Gazprom ne prend pas en compte la possibilité de la chute brutale des prix du pétrole et du gaz. Si l’impact dépressif de la crise actuelle sur le prix du pétrole persiste, comme le montre le tableau 1, le prix du gaz russe à la frontière allemande pourra revenir à son niveau des années 2004-2005, soit au niveau de 160-170 dollars US pour 1 000m3. Pour l’Ukraine, cela équivaudra au prix de 80-100 dollars US.  Notons que cette diminution ne pourra intervenir qu’en deuxième moitié de l’année 2009, compte tenu de l’existence du lag temporel entre l’évolution du prix de pétrole brute et le gaz. Etant donné l’existence de ce lag, le prix gazier risque de rester au niveau élevé durant les premier mois de l’année 2009. C’est donc en s’appuyant sur cette logique que le monopole russe évoque la menace d’augmenter le prix du gaz pour l’Ukraine au niveau de 450 dollars dès le janvier 2009. Notons aussi que la crédibilité de cette menace s’amenuise face à la baisse de la demande du gaz, entraînée par la crise qu’éprouve le secteur industriel ukrainien.

Ensuite, pour ce qui est de la transition vers le niveau « européen » du transit, notons que ni le taux de transit à 1,7 dollars, initialement proposé par le Gazprom, ni même le niveau de 2 dollars pour, sur lequel insiste actuellement le gouvernement ukrainien, ne reflèteraient pas le niveau économiquement justifié. Comme nous l’avons mentionné, en raison de divers facteurs, un tel niveau serait bien au-dessous du niveau commandé par la plupart des autres pays de transit européens. Plus important, le niveau de tarif de 1,7-2,0 dollars US ne semble même couvrir intégralement les coûts nécessaires pour assurer le transit du gaz russe vers les consommateurs européens. En effet, selon les résultats de l’audit international réalisé par Ernst&Young, le tarif adéquat, c’est-à-dire celui qui prend en compte l’ensemble des coûts, y compris les coûts du capital, déterminé par l’accès au crédit, qui seraient a priori plus élevés pour les compagnies ukrainiennes que pour les sociétés de plusieurs autres Etats européens, sera égal à 5,11 dollars pour le transit de 1 000 m3 pour 100 km. En cas de transit au-dessous de ce niveau, il se trouve donc que l’opérateur d’Etat ukrainien est obligé de subir des pertes financières qui sont à l’origine de la dégradation de l’état physique du réseau de transport et d’assurer de facto le subventionnement du transit du gaz russe vers les consommateurs européens. Compte tenu de l’importance de la quantité du gaz transité par l’Ukraine, le montant de ces subventions est non-négligeable (jusqu’à 5,9 Mrds de dollars pour l’année 2009). Or, il n’existe aucune raison pour ce subventionnement, a fortiori au moment où la position fiscale du gouvernement ukrainien se trouve largement affaiblie du fait de l’impact de la crise. L’augmentation du taux de transit apparaît donc non seulement comme une solution logique, mais aussi comme une solution absolument indispensable pour que l’Ukraine soit en mesure de respecter ces responsabilités internationales dans ce domaine.

 

En guise de conclusion

Malgré le maintien de contacts bilatéraux et les négociations intenses au cours de toute l’année 2008,  un nouvel accord sur les livraisons du gaz en Ukraine et son transit à travers le territoire ukrainien, nécessaire dans le contexte d’absence du cadre contractuel de long-terme, n’a pas été trouvé. Le contentieux actuel résulte donc d’une combinaison de facteurs, parmi lesquels la difficulté d’estimer le niveau de prix « européens » de l’importation du gaz et du transit, la modification de l’importance des enjeux sous-jacents à la relation gazière entre la Russie et l’Ukraine dans le contexte de la dégradation de leur situation économique du fait de la crise, et la non-prise en compte de certaines demandes de la parties ukrainiennes qui semblent pourtant justifiées.

 

P.S. : Bien sûr, nous ne pensons pas que l’enjeu du conflit actuel concerne uniquement le prix d’importation et le tarif de tarif ; d’autres variables qui relèvent davantage d’ordre politique, comme la suppression du schéma d’approvisionnement de la société intermédiaire RosUkrEnergo, qui semble être un acteur politiquement influent tant en Russie qu’en Ukraine, peuvent bien s’entremêler des considérations économiques.

 

Quelques références 

Sur la formation de « European Netback Prices » :

Gas Matters, <http://www.gas-matters.com>, en particulier les numéros du janvier-février et du septembre 2008

East European Gas Analysis, 2009 Gas Sales Down to the Level of 2007: European Price at $175/mcm in Q-4 2008  <http://www.eegas.com/>

Institute for Economic Research and Policy Consulting, “How to “deal to “European gas prices” in Ukraine?”, Advisory Paper 06, October 2008, <http://ierpc.org/ierpc/papers/pp_06_en.pdf>

 

Sur la formation du tarif de transit:

Energy Charter (2006), Gas Transit Tariffs in Some ECT Countries, <http://www.encharter.org/fileadmin/user_upload/document/Gas_Transit_Tariffs_-_2006_-_ENG.pdf>

Vitrenko Youri, “Gas Transit and the Price of Imported Gas: Economic Justification”, les 19-25 janvier 2006, Dzerkalo Tyjnia, <http://www.mw.ua/2000/2229/61731/>

 


Sergiy CHUKHNO,
                Economiste

 

 

 

 

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:16
Résolution du Parlement européen du 23 octobre 2008 sur la commémoration de l'Holodomor, la famine artificiellement provoquée en Ukraine (1932-1933)

Le Parlement européen,
– vu le traité sur l'Union européenne,
– vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
– vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide,
– vu la déclaration conjointe publiée au cours de la 58e session plénière de l'Assemblée générale des Nations unies sur le 70e anniversaire de l'Holodomor en Ukraine, soutenue par 63 États, dont l'ensemble des 25 États membres de l'Union européenne (de l'époque),
– vu la loi ukrainienne relative à l'Holodomor de 1932-1933 en Ukraine, adoptée le 28 novembre 2006,
– vu la déclaration du Président du Parlement européen, du 21 novembre 2007, à l'occasion du 75e anniversaire de la famine en Ukraine (Holodomor),
– vu la déclaration finale et les recommandations de la 10e réunion de la commission de coopération parlementaire UE-Ukraine, adoptées le 27 février 2008,
– vu l'article 103, paragraphe 4, de son règlement,

A. considérant que le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales est un principe fondamental de l'Union,
B. considérant qu'en vertu de la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, sont considérés comme des crimes les actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux: meurtre de membres du groupe, atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe, soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle, mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe, et transfert forcé d'enfants du groupe vers un autre groupe,
C. considérant que l'Holodomor, la famine de 1932-1933, qui a causé la mort de millions d'Ukrainiens, a été planifiée de manière cynique et cruelle par le régime stalinien pour imposer la politique soviétique de collectivisation de l'agriculture contre la volonté de la population rurale d'Ukraine,
D. considérant que la commémoration des crimes contre l'humanité perpétrés au cours de l'histoire de l'Europe devrait permettre d'éviter la répétition de crimes semblables à l'avenir,
E. considérant que l'intégration européenne se fonde sur la volonté de surmonter les événements tragiques du XXe siècle et la reconnaissance que cette réconciliation avec une histoire difficile ne dénote en rien un sentiment de culpabilité collective, mais qu'elle constitue une base solide sur laquelle il sera possible de construire un avenir européen commun fondé sur des valeurs communes, ainsi qu'un futur collectif et interdépendant,

1. fait la déclaration suivante au peuple ukrainien, et notamment aux survivants de l'Holodomor qui sont toujours en vie, ainsi qu'aux familles et aux proches des victimes:
a) reconnaît l'Holodomor (famine artificielle de 1932-1933 en Ukraine) comme un crime effroyable perpétré contre le peuple ukrainien et contre l'humanité;
b) condamne fermement ces actes commis contre la population rurale d'Ukraine, caractérisés par une extermination et des violations massives des droits de l'homme et des libertés;
c) exprime sa sympathie à l'égard du peuple ukrainien victime de cette tragédie, et rend hommage à ceux qui sont décédés en conséquence de la famine artificielle de 1932-1933;
d) invite les États issus de l'éclatement de l'Union soviétique à permettre un libre accès aux archives relatives à l'Holodomor en Ukraine en 1932-1933, qui pourront être ainsi examinées en profondeur afin que toutes les causes et conséquences de l'Holodomor soient révélées et étudiées en détail;

2. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu'au gouvernement et au parlement de l'Ukraine, au Secrétaire général des Nations unies, au Secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, ainsi qu'au Secrétaire général du Conseil de l'Europe.



Etendue de la famine 1932-1933
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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 20:34
Introduction
Pris en tenaille entre les totalitarismes hitlériens et staliniens, les Ukrainiens ont dans leur immense majorité vaillamment combattu pour la liberté et l'indépendance de leur terre. Un grand nombre d'entre eux se sont employés au péril de leur vie à sauver des Juifs. A ce titre, la prestigieuse institution israelienne Yad Vashem a établi que l'Ukraine constitue le quatrième pays d'où sont originaires les justes parmi les nations. 
 
Mais tandis que ces hommes et ces femmes faisaient briller des lumières d'humanité, quelques Ukrainiens se sont perdus dans un irréparable engagement au service de l'occupant. Il convient de faire la lumière avec objectivité sur cette infime minorité dont les obscurs desseins ne sauraient ternir le flambeau de la résistance ukrainienne.




L’id
ée de former des troupes slaves chargées de lutter contre l’URSS avait déjà germé, chez les militaires allemands et dans l’entourage de Rosenberg, ministre nazi chargé des Territoires de l’Est dès après le début de l’Opération Barberousse. L’hostilité des populations contre le régime communiste semblait leur donner raison. Hitler et son entourage rejeta cette proposition : il n’était pas question de former de grandes unités indépendantes composées majoritairement d’untermenschen slaves.

Au début de l’année 1943, les pertes s’accumulant, les critères d’enrôlement dans la Waffen-SS s’assouplirent et on vit la formation de plusieurs divisions dans les Pays Baltes, France, Croatie, Belgique (Wallonie), etc. De son côté, le Gouverneur allemand du District de Galicie, Otto von Wächter, appuyé en cela par le Comité Central Ukrainien siégeant à Kraków (Cracovie), le gouvernement en exil de l’UNR et diverses organisations dont une partie de l’Eglise Gréco-catholique, pris la décision de créer une division de Waffen-SS dans son territoire et destinée à combattre uniquement sur le front de l’Est. Cette décision fut annoncée officiellement le 28 avril 1943. Pour faire passer la pilule, le nom choisi pour la division fut SS Freiwilligen Division ‘Galizien’, reprenant ainsi le vieux nom de la province autrichienne qui permettait d’éviter l’adjectif ‘Ukrainische’.

De nombreux volontaires se présentèrent. Comme toujours, on y trouvait de tout : des aventuriers, des gens qui pensaient échapper à leurs conditions de vie, des volontaires qui croyaient intégrer une nouvelle Légion Ukrainienne identique à celle (les Sichovi Striltsi) qui avait combattu contre les Russes dans l’Armée austro-hongroise au cours du premier conflit mondial, des adhérents au gouvernement en exil de l’UNR et des nationalistes orientés par l’OUN, tendance Melnyk laquelle jouissait d’une certaine faveur auprès d’une partie du clergé Gréco-Catholique de cette époque.
Beaucoup croyaient que c’était le premier pas pour la formation de la future armée de l’Ukraine indépendante.

Il est à remarquer que l’OUN (b), c-à-d OUN tendance Bandera marqua nettement son hostilité et donna des instructions pour éviter l’embrigadement de jeunes ukrainiens dans cette unité. Pour contrebalancer la propagande allemande, elle pris immédiatement l’initiative de former en Galicie des Unité Populaires d’Auto-Défense (Ukrayinska Narodna Samooborona - UNS), lesquelles prirent le nom d’UPA-Ouest en janvier 1944.
L’OUN tendance Melnyk, eut une attitude plus équivoque. Elle ne s’opposa pas à l’enrôlement de jeunes ukrainiens en invoquant le prétexte que de jeunes recrues formées par les militaires allemands seraient très utiles pour des luttes futures.


LA DIVISION

Commandement

La SS Freiwilligen Division ‘Galizien’ était commandée par des officiers allemands et ukrainiens. Les postes d’officiers supérieurs étant uniquement occupés par les Allemands. On comptait 600 officiers détachés par Berlin dont la moitié étaient Hollandais et l’autre moitié provenait de Prusse orientale. Il y avait aussi 300 officiers ukrainiens qui avaient servit dans l’armée austro-hongroise au cours de la 1e guerre, une centaine d’ukrainiens de Galicie ex-officiers de l’armée polonaise et une autre centaine qui avaient commandé dans les rangs de l’UNR « du Dniepr » en 1917-1921. Outre les officiers supérieurs, les corps techniques étaient uniquement composés de troupes allemandes, ce qui créa des frictions vu leur dédain pour les Galiciens/Ukrainiens.

Le commandant en chef fut, au départ, le SS Oberführer Fritz Freitag, et son chef d’Etat-major le Sturmbannführer (Commandant) Wolf Heike. Tous les commandants de régiments étaient allemands Les Sturmbannführer Binz et l’Obersturmbannführer (Lieutant-Colonel) Franz Lechthaler commandaient les régiments de police.


Les Soldats

Les soldats qui étaient sélectionnés devaient mesurer au moins 1,65 m et devaient avoir de 18 à 35 ans. Les membres de l’OUN-B étaient interdits même si un certain nombre parvint à s’infiltrer sur ordre. L’uniforme était celui de la Wehrmacht ; sur l’épaule droite était cousu un écusson représentant le Lion de Galicie et trois couronnes. Il était interdit de porter le trident ukrainien : le Lion de Galicie était un symbole régional au contraire du trident qui était un symbole national.

Au 23 juillet 1943, la commission de recrutement avait examiné 26.436 candidats. Seuls 3.281 furent trouvés physiquement aptes pour le service. Il est vrai qu’un nombre non négligeable de jeunes hommes « bien portant » avait déjà été raflés pour le travail obligatoire en Allemagne !

Le Hauptführer K. Schultz fit le rapport suivant pour Berlin :

Si environ 80.000 volontaires s’étaient présentés, seuls 47.000 avaient été acceptés. Parmi eux, 1.400 furent dirigés vers d’autres tâches, 19.047 furent utilisés pour des travaux divers, 13.245 furent pris comme recrues, 1.487 furent « libérés » pour raison de santé et 11.578 furent incarcérés dans des camps (!)

La division se composait de trois régiments d’infanterie, d’un d’artillerie et d’un régiment de réserve à l’entraînement. Les unités adjointes consistaient en trois bataillons de fusillers, des troupes du génie, des services de communication et de DCA ainsi qu’un hôpital de campagne.


BATAILLES

Après une formation en Prusse orientale et en Silésie, la division fut envoyée sur le front au début de l’année 1944. Malgré son manque d’expérience, elle était bien équipée et avait subi un entraînement sévère.

Brody

La division fut dirigée dans la région de Brody où avait lieu des combats très durs et attachée au 13e Corps d’Armée qui comptait six autres divisions d’infanteries allemandes déjà éprouvées. Le 8 juillet 1944, le 13e Corps fut transféré à la 1e Panzer Armée qui dut faire face à l’offensive des forces soviétique sous les ordres du Maréchal Konev. Le 19 juillet, après de féroces combats, la division et les autres unités allemandes étaient encerclées. Toutefois une partie de ses éléments parvint à s’échapper. Sur les 11.000 soldats présents à Brody, environ 3.000 rejoignirent immédiatement la division. 2.000 autres réapparurent plusieurs mois après s’être cachés dans les forêts avoisinantes et environ 3.000 rejoignirent l’UPA. Environ 2.000 hommes avaient été tués et 1.000 capturés.

Slovaquie et Slovénie

Les Allemands reconstituèrent la division, ce qui prit plusieurs mois, à l’aide des troupes de réserve et de bataillons de police. Ces derniers, inclus sous la contrainte, n’étaient guère disposés à se transformer en combattants SS.

N’ayant plus de valeur combative, la division fut envoyée début octobre 1944 en Slovaquie pour réduire le soulèvement qui s’y était produit. Fin janvier 1945, elle fut déplacée en Slovénie pour y combattre les partisans de Tito tout en y maintenant des relations amicales avec la guérilla anti-communiste serbe des Tchetnik. Bien qu’un ordre supérieur fût donné pour la désarmer, elle fut ensuite dirigée vers le front autrichien « pour y boucher les trous ».

Graz

Du 1er avril 1945 jusqu’à la fin de la guerre, la division, forte d’environ 14.000 hommes et complétée par des prisonniers de guerre soviétique d’origine ukrainienne, eut à combattre contre l’Armée rouge dans la région de Graz en Autriche.

1e Division Ukrainienne UNA

Le 17 mars 1945, des Ukrainiens émigrés mirent en place le Comité National Ukrainien pour représenter les intérêts des Ukrainiens devant les autorités du IIIe Reich (Bandera, sorti du camps de concentrations de Sachsenhausen fin 1944 déclina cette « invitation »). Parallèlement, on créa l’Armée Nationale Ukrainienne sous les ordres du Général Pavlo Chandruk. La division ‘Galizien’ devint alors la 1ère division ukrainienne et les troupes prêtèrent un nouveau serment, celui de loyauté au peuple ukrainien.
A la capitulation allemande, la plupart des soldats (environ 10.000) se rendirent aux forces britanniques qui les transférèrent à Rimini, en Italie - il y passèrent deux ans comme prisonniers de guerre - puis en Angleterre. Lors de la reddition, environ 200 hommes avaient choisi de passer dans l’Armée polonaise commandée par le Général Anders.
Ils travaillèrent en Grande-Bretagne comme ouvriers puis furent libérés.
La plupart émigrèrent aux Etats-Unis.

Le changement de nom de la division, le fait que ces soldats étaient jusqu’en 1939 citoyens polonais ainsi que l’intervention du Vatican évitèrent pour ces hommes une tragique déportation vers les geôles d’URSS.


Accusations d’atrocités

Voir (en anglais) : http://www.ipn.gov.pl/wai/en/19/188/Investigation_of_the_Crime_Committed_at_the_Village_of_Huta_Pieniacka.html

Le 23 février 1944, il semble démontré qu’un petit détachement de la division (qui resta à l’entraînement jusqu’en mai 1944) pris part à une action de police contre des partisans soviétiques et des soldats de l’Armée de l’Intérieur (AK) polonaise dans le village de Huta Pieniacka (région de Lwów / L’viv). Voir le lien ci-dessus pour plus de détails.
Quant à l’allégation de sa prétendue participation à la répression du soulèvement de Varsovie d’août-octobre 1944, elle fut démentie par des historiens et chercheurs polonais. Il s’agit d’une confusion due à la présence sur les lieux de la Brigade SS Kaminski.


NOTE

En discutant de la collaboration avec l’Allemagne, le Prof. Davies fit remarquer :

« Un grand nombre de volontaires de la Waffen SS provenait d’Europe occidentale. Le pays qui fournit le plus grand nombre de divisions était les Pays-Bas (quatre). Il y eut deux divisions belges, il y en eut aussi une en France. A mon avis, il est plutôt surprenant que l’Ukraine, qui était un plus grand pays, n’en ait fourni qu’une seule … Il est surprenant qu’il y eut si peu d’Ukrainiens [dans l’Armée allemande]. Beaucoup de gens ignorent, par exemple, qu’on compta beaucoup plus de combattants Russes dans la Wehrmacht ou dans les diverses forces armées allemandes qu’il n’y en eut qui étaient Ukrainiens …
Grâce à la propagande soviétique, la contribution russe à l’effort de guerre nazi a été oubliée* tandis que la participation ukrainienne a été soulignée, je pense, exagérément.
»


* Que dire de la période 1939-1941, lors de l’agression de la Pologne, de la France, de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Angleterre ?




Bibliographie:
http://www.encyclopediaofukraine.com/pages/D/I/DivisionGalizien.htm
http://www.axishistory.com/index.php?id=1959
http://en.wikipedia.org/wiki/14th_Waffen_Grenadier_Division_of_the_SS_Galizien_(1st_Ukrainian)
http://www.ipn.gov.pl/wai/en/19/188/Investigation_of_the_Crime_Committed_at_the_Village_of_Huta_Pieniacka.html

Etc.

Auteur: PAVLO
Source: http://forumukrainien.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=1193

Note de l'auteur:
J’ai voulu faire un récit neutre, même si au détour de quelques phrases on peut deviner mes sentiments. Pourtant, je me dois de reconnaître qu’il ne pouvait en être ainsi.
Sur un tel sujet, la neutralité n’est pas de mise. Aussi, je vous fais part de mon sentiment qui, comme tous mes autres textes n'engage que moi.

Jamais je n’approuverai les Ukrainiens qui se sont engagés dans cette 14e SS Division. Les recrues non politisées furent au minimum des cocus, c’est-à-dire des hommes trompés et ça n’excuse rien ! Tous prirent le parti de l’ennemi et comme tels sont, pour moi, des gens qui ne méritent aucune considération ni reconnaissance nationale, régionale ou autre.

Ils obéissaient à des organisations ukrainiennes qui jusqu’alors s’était montrées coopératives avec les Allemands, y compris dans la collaboration affichée allant jusqu’au crime, et cela a eu pour conséquence qu’allant jusqu’au bout de cette logique, ils ont endossé l’uniforme de ceux qui ouvertement voulaient dominer l’Ukraine en réduisant ses habitants en esclavage.
Pourtant, les crimes racistes, les arrestations et exécutions publiques des indépendantistes, les déportations massives de leurs compatriotes hommes et femmes pour le travail obligatoire en Allemagne étaient autant de signaux d’alarme que les plus aveuglés ne pouvaient ignorer.

Comme d’autres divisons SS levées en Occident, cette formation ne devait combattre que sur le front de l’Est, contre les Bolcheviks. Pourtant, après la dégelée reçue à Brody (perte de la moitié des effectifs engagés y compris trois mille hommes qui par sursaut d’orgueil rejoignirent les véritables patriotes, à savoir l’UPA), cette unité jugée incapables de tenir le front fut dirigée vers la Slovaquie et la Slovénie pour effectuer des missions de police.
On imagine tristement ce que cela signifie comme destructions, meurtres, terreur, etc. et on ne peut non plus oublier le massacre de Huta Pieniacka au début de l’année 1944, avant même d’avoir été dirigé sur le front, qui coûta la vie à un millier de personnes.
De plus, compte tenu de l’éloignement du théâtre d’opérations, l’excuse de la lutte contre l’Armée Rouge ne tenait plus et n’importe qui, même ceux qui avaient l’esprit le plus étroit, pouvaient le constater. Pourquoi ont-il suivi les Allemands jusqu’à la défaite. Quel serment avait-ils prêté ?

Comme il est dit dans mon résumé, s’ils parvinrent à échapper au « rapatriement » en URSS qui aurait coûté la vie à la plupart, ce fut grâce au changement de nom de l’unité qui quelques semaines plus tôt avait troqué son nom de 14e SS Division pour 1e Division ukrainienne, au fait que la Galicie orientale était formellement polonaise jusqu’en 1939 … et aussi à l’intervention du Vatican.

Je ne vois aucun titre de gloire qui puisse s’accoler au nom de cette division. Les Allemands eux-mêmes se montrèrent très avares dans la distribution de décorations à ses combattants.


Je suis contre les amalgames et je sursaute à chaque fois que j’apprends que dans telle ville d’Ukraine occidentale, on rend un hommage égal aux soldats de l’UPA et aux anciens SS.

C’est d’autant plus grave, qu’ainsi, ces responsables municipaux ne font que renforcer les arguments de la propagande de l’ex-URSS, toujours bien vivante en Russie, Ukraine et en Occident, laquelle condamnait sur un pied d’égalité tous ceux qui s’étaient opposés à « la Patrie des Travailleurs ».
Ainsi, les indépendantistes qui s’étaient battus depuis 1942 jusqu’en 1956 contre les Nazis et les Soviets, à savoir l’UPA, d’abord bras armé de l’OUN puis force armée de l’UHVR, manière de gouvernement provisoire de l’Ukraine libre qui rassemblait tous les partis politiques luttant pour une Ukraine indépendante libre de toute ingérence extérieure, se trouvent une fois encore assimilés à ces individus et aux organisations qui les avaient incité à trahir.

Finalement, pour rappel, je reprends la fin de la déclaration du Prof. Davies : « Grâce à la propagande soviétique, la contribution russe à l’effort de guerre nazi a été oubliée tandis que la participation ukrainienne a été soulignée, je pense, exagérément. »
Cette participation est toujours soulignée aujourd’hui et sert encore à stigmatiser et disqualifier l’Ukraine devant la communauté internationale. Une série d’articles qui paraissent ces derniers temps dans divers journaux français, on se doute d’où cela provient, ravive ces récriminations.

C'est pourquoi j'estime qu'il est de mon devoir de mettre les points sur les i.

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 22:21
Un communiqué adressé au Président Iouchtchenko est paru récemment dans le journal français Le Figaro. Cette publication aurait coûté plus de 20.000 € à ses commanditaires pro-kremlin.

Un communiqué adressé au Président Iouchtchenko a été publié dans le journal de référence Le Figaro. Y était exprimé des préoccupations sur des divergences existant dans notre pays et en particulier au sujet de « tentatives des autorités d’aborder l’histoire ukrainienne séparément de celle de la Russie ». Les auteurs affirment que c’est avant tout grâce à ses voisins du nord que l’Ukraine peut jouir de son indépendance. De plus, toujours d’après les auteurs, la réhabilitation des soldats de l’OUN-UPA est une chose impossible.


Cette lettre est signée par 37 personnalités. Parmi les signataires, seuls 9 personnes peuvent se prévaloir de la qualité d’historien. Les autres sont des fonctionnaires et des élus de Conseils municipaux et régionaux d’Ukraine orientale et de Crimée, des dirigeants d’associations ukrainiennes et des députés du Parti des Régions.


La presse russe a aussitôt repris cette publication et l’a largement diffusée sur Internet. Le message qu’elle voulait faire passer était le suivant : « même la presse occidentale est attentive à la démarche de l’intelligentsia ukrainienne qui se lève contre la politique ‘russophobe’ de la Bankova (l’administration présidentielle) ».


Néanmoins, des experts en media ont exprimé des doutes. « Il est impossible que Le Figaro se soit impliqué de sa propre initiative dans cette affaire purement politique » - dit la Directrice exécutive de l’Institut des mass media, Viktoriya Sumar – La presse française n’accorde pas autant de place aux dossiers ukrainiens, même à ceux de la plus haute importance. Si des situations soulèvent des questions, la rédaction délègue un journaliste pour enquêter d’une manière indépendante ».


Delo a essayé de retrouver l’original de cette publication sur le site du Figaro, mais l’article recherché était introuvable. De plus, la rédaction du journal nous a informé qu’aucun journaliste ne travaillait sur ce sujet.


Alors, nous nous sommes adressés à l’Ambassade de France en Ukraine. L’édition papier du journal nous a été présentée et, en effet, à la page 6, un communiqué à l'adresse de M. Iouchtchenko avait été publié en français. Sa mise en forme révèle de quelle façon cette catégorie de publication peut paraître dans la presse européenne. L’article lui-même occupe un quart de page et est placé en bas, dans un coin. Les caractères utilisés sont différents de ceux habituellement utilisés pour les articles. De toute évidence, il s’agit d’un encart publicitaire.


Le correspondant de Delo, après s’être présenté comme représentant d’un parti politique ukrainien, a demandé combien pouvait coûter ce genre de publication. Après un bref échange, le chiffre de 21.000 € a été avancé.


Qui a donc payé pour que le monde entier prenne conscience de la politique « antirusse » de Iouchtchenko ?  Il n’est pas facile de découvrir les noms des personnalités et des organismes qui ont rédigé le texte et qui ont réuni les signataires. La plupart des historiens et des fonctionnaires qui ont signé n’ont pas pu expliquer dans quelles conditions cela s’était produit. Le professeur de l’Université Nationale de Kharkov, Serhiy Koudelko, interrogé sur cette question, s’est éclipsé en prétextant la préparation urgente d’étudiants pour une conférence scientifique internationale. Le Vice-Président du conseil de la région de Zaporijjya, Anatoly Svetlitskiy, a également esquivé la réponse.


Selon une information que Delo a réussi à trouver, les signatures du document a été obtenues lors de la conférence internationales « La Deuxième Guerre Mondiale : tentatives de réviser les résultats ». Celle-ci a débuté le 5 septembre (2008) à Kyiv et s’est terminée le 8 septembre (2008) à Paris. Son organisateur principal était l’Institut russe des études politiques, qui est dirigé par le tristement célèbre député de la Douma d’Etat russe Serguey Markov.


Les politologues supposent que c’est cette organisation russe qui a payé cet encart contre le président Iouchtchenko. Dans une interview donnée à Delo, Markov a confirmé qu’il savait où et sur quelle page avait été publié ce texte. Mais il n’a pas reconnu avoir un lien direct avec sa publication. Selon Markov, il n’était pas présent à la conférence à Yalta étant, persona non grata, les gardes frontières ukrainiens ne l’ont pas laissé passer. « Ce n’est pas grave, nos amis Ukrainiens cribleront d’attaques Iouchtchenko », a-t-il conclu.


Ces derniers temps, des attaques politiques sur commande paraissent régulièrement dans la presse française. « Tout récemment, dans le journal Le Monde, on a pu lire un article anti-ukrainien de Michaël Prazan ‘L’Ukraine, pays européens ?, Pas évident' » - a signalé à Delo le professeur de sciences politiques de l’Académie Kyivo-Mohylyanska Oleskiy Haran. – « La presse française est utilisée comme base pour discréditer l’Ukraine. En effet, la France est actuellement à la tête de l’U.E. et les perspectives d’adhésion de l’Ukraine dépendent beaucoup d’elle ».


publié 30/09/2008

Source

traduction réalisée avec le concours du Forum Ukrainien

 

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 08:46

Depuis le limogeage du premier gouvernement de Mme Tymochenko en septembre 2005, un conflit larvé avec le Président Iouchtchenko s'est installé. Dans le contexte politique ukrainien actuel tout semble focalisé sur cet antagonisme ; les autres forces politiques ne jouent que les seconds rôles, s'efforçant de profiter de la perte de la popularité de l'un ou de l'autre des anciens acteurs de la Révolution orange.

 

Le parlement ukrainien n'a eu l'opportunité qu'à de trop rares occasions de travailler de façon efficiente depuis l'actuelle législature  qui a débuté en septembre 2007. Convaincus de son inefficacité et de la décrédibilisation de cette institution, les parlementaires ne se sont pas privés de partir en vacances.

 

Profitant de cette pause parlementaire, le Président et la Première ministre ont eu le champs libre pour régler leurs comptes. Un premier lieu en août dernier, le Président a lancé une accusation de trahison d'Etat à l'encontre de Mme Tymochenko s'appuyant sur le fait  que durant le conflit russo-géorgien, la première ministre n'a pas soutenu la mention qui condamnait l'agression russe dans le Caucase.

 

La contre-attaque  n'a pas tardé à intervenir. Ainsi dès la deuxième journée de travail du parlement, le parti des Régions (dirigé par Viktor Ianoukovitch, résolument « pro-russe », et grand perdant des dernières présidentielles de 2004), le parti Communiste ainsi que le bloc de Ioulia Tymochenko (BUT) ont constitué une majorité de circonstance qui a voté trois lois destinées à limiter le pouvoir présidentiel. La première facilite la procédure de destitution du président, la deuxième affaiblit ses prérogatives en faveur du premier ministre. Selon la troisième loi, le Service de la sécurité d'Ukraine (organisme qui en charge de l'enquête d'inculpation pour trahison d'Etat de Mme Tymochenko) est désormais subordonné au premier ministre en personne.

 

En réaction, le parti pro-présidentiel NU-NS, deuxième composante avec le BUT de la fragile coalition, a quitté la majorité. Dans ces conditions, le président demande la création d'une nouvelle coalition – probablement entre le parti des Régions et le bloc de Mme Tymochenko, ce qui aura des conséquences désastreuses pour la popularité de l'actuelle première ministre  (elle ne peut pas « officiellement » se rallier avec son « ennemi juré » M.Yanoukovitch). Dans l'hypothèse où cette recomposition des alliances resterait lettre morte, le président serait amené à dissoudre le parlement (pour la deuxième fois en trois ans).

 

La réplique de BUT ne s'est pas faite attendre. Le Bloc a proposé d'augmenter le seuil de représentation au parlement de 3% actuellement à 10%. Cela signifierait que, lors des prochaines législatives, le parti pro présidentiel n'entrerait pas au parlement.

 

La crise dans le Caucase a aggravé les antagonisme au sommet de l'Etat en raison du sujet complexe que constituent les relations avec la Russie. Or, compte tenu du contexte géopolitique et militaire tout particulièrement tendu, la crise gouvernementale arrive au mauvais moment. Certes, les craintes d'une action militaire russe en Ukraine ne paraissent pas fondées pour l'heure. Mais il n'en reste pas moins que les ambitions réaffirmées de Moscou représentent une menace pour Kiev qui aspire comme la Géorgie à des alliances occidentales. L'adhésion à l'UE et à l'OTAN sont toujours déclarées comme les objectifs stratégiques, mais les dirigeants européens n'arrivent pas trouver d'interlocuteur stable et conséquent dans ce pays.

 

L'Ukraine a un impérieux besoin d'unité et de consensus, en aucun cas de luttes électorales. C'est sur des enjeux et de réels projets stratégiques que  les partis devraient réfléchir dans les dix prochains jours nécessaires pour valider la dissolution de la coalition.

 

Dans ces conditions il est à craindre que L'Euro-2012 et les programmes de développement des infrastructures soient victimes de ce revirement politique. Ainsi, la loi sur les concessions n'est toujours pas votée ce qui retarde, entre autres, le lancement de l'appel d'offres pour des projets très importants pour le pays.

 

Image en provenance du http://alex-glbr.livejournal.com/243406.html

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 15:44

L'Association Ukraine Art vient de lancer son site.

Enregistrée en 2003 à Paris, elle oeuvre à la promotion de la culture, de l'art et de l'artisanat ukrainiens en France.

Depuis sa création, l'Ukraine Art a lancé ou a participé à plusieurs actions culturelles, telles que festivals, concerts, expositions.

Son site présente l'agenda culturel, il possédera également une galerie de photos et vidéos des manifestations déjà réalisées. Les personnalités et les artistes ukrainiens  y seront introduits et leurs oeuvres seront présentées sur les pages des rubriques « Ils ont du Talent » et « Ils sont Célèbres ».

Pour diffuser vos annonces ou toute autre question, vous pouvez contacter l'Association représentée par sa présidente Nathalie Pasternak.

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 17:31

 1908 – 2008  un siècle d’émigration ukrainienne en France[1]

 
 

Depuis un siècle, les Ukrainiens présents sur le sol français se sont inlassablement regroupés pour donner à leur présence une dimension collective. Cette volonté communautaire et identitaire s’est toujours construite en lien fort avec la pays natal : l’Ukraine.

Tout au long du XXème siècle, trois grands moments illustrent particulièrement l’ampleur de l’installation des Ukrainiens en France et leur fort désir d’exister collectivement : d’abord la période qui précède la Première Guerre mondiale puis l’entre-deux-guerres ( 1919/1939) et enfin les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale.

 

Le Cercle des Oukraïniens de Paris : 1908/1914

 

Les années qui suivent la Révolution de 1905, poursuivent et consolident le mouvement migratoire en provenance de Russie depuis les années 1880. Mais la place importante prise désormais par les récents exilés politiques dessine des nouveaux contours au sein de la communauté «russe» [2]. Cette influence n’est cependant pas numérique comme le souligne Catherine Gousseff[3] : « bien que très minoritaires, parmi les immigrés russes, les exilés politiques sont sans doute ceux qui ont le plus marqué l’opinion et laissé la plus forte empreinte dans la vision de la première émigration.» . 

            Tout en restant attachés à la nébuleuse russe de la capitale, les Ukrainiens veulent afficher clairement leur volonté de s’affirmer de manière indépendante.

            Comme toujours à l’origine de ce genre d’aventure, il y a une poignée d’hommes déterminés. C’est d’abord, Yaroslaw Fedortchouk[4], journaliste, originaire de Galicie qui prend, de manière privée, une première initiative. Le 21-X-1908, il fit paraître dans le journal Dilo de Lviv un communiqué pour  annoncer la création de l’Association des oukraïniens de Paris. Avec ses propres  deniers, il loue un local[5] et fait imprimer des affichettes en français et en ukrainien pour faire connaître son projet.

            C’est donc en présence de 16 personnes, et d’une délégation d’ukrainiens venus de Belgique, que le dimanche 14 février 1909, l’Association fut portée sur les fonts baptismaux[6].

Parmi les membres fondateurs, on peut citer : le Président Théodore Onypko, ancien élu de la première Douma russe ; secrétaire, Y.Fedortchouk ; trésorier, E. Batchynskyi ; responsable de la section artistique, V. Vynnytchenko.

Une telle nouvelle se répand très vite dans la communauté «russe[7]» de Paris et suscite un large intérêt : à la fin de l’année 1909, quatre-vingt une  personnes avaient déjà adhéré. Les buts de l’Association tels qu’ils furent exprimés se proposaient, de regrouper tous les Ukrainiens de Paris pour faciliter parmi eux l’entraide et la solidarité, de faire connaître de la manière la plus large possible les richesses de la culture ukrainienne à l’étranger et de tisser les meilleurs liens intellectuels entre la France et l’Ukraine en particulier dans les domaines scientifiques , artistiques et littéraires. Les réalisations concrètes de l’Association reflètent ces objectifs mais aussi un réel dynamisme.

 

Dès 1911, le Cercle met en place une bibliothèque ukrainienne, un chœur et organise des expositions artistiques. Mais son rôle dépasse largement les activités culturelles par exemple, pour aider les Ukrainiens nécessiteux, une mutuelle est crée. La participation à des manifestations politiques d’opposition au Tzar se multiplie. Les Oukraïniens de Paris veulent ainsi montrer et affirmer leur volonté d’autonomie  et d’indépendance autant vis-à-vis du pouvoir central que vis-à-vis de la communauté russe de Paris.

 

 

1919-1939 Arrivée en nombre des Ukrainiens en France

 

Les vingt années de l’Entre-deux-guerres sont très riches et essentielles pour l’histoire de l’émigration ukrainienne en France[8] .

A la suite de la Première Guerre mondiale et de la révolution bolchevique, des milliers d’Ukrainiens affluent vers la France. Certaines familles fuient les combats et l’armée rouge, mais la plupart des réfugiés sont des soldats chassés par la défaite. Ceux-ci ont servi dans l’armée nationale ukrainienne jusqu’en 1920, puis ils ont trouvé refuge dans les camps de prisonniers en Pologne et en Tchécoslovaquie. D’autres ont été enrôlés dans les armées blanches, ils ont été évacués par la mer Noire et la Yougoslavie puis ont rejoints la France.

De son côté, la France a de bonnes raisons de les accueillir : elle est fidèle à son image de Patrie des Droits de l’Homme, elle ouvre ses frontières aux réfugiés. D’autre part, l’économie française manque de bras : la guerre a creusé les rangs des travailleurs français…il faut donc renouveler les équipes.

Dès 1922/1924, ces Ukrainiens, qui viennent en majorité d’Ukraine centrale, s’installent en priorité dans les grands sites industriels comme la région parisienne, la vallée de la Fensch en Moselle ou encore l’usine Hutchinson à Vesines-Chalette.

Ce premier groupe d’émigrés est rejoint à la fin des années 20 par les Ukrainiens de Pologne ( Galicie). Ceux-ci arrivent dans la formidable vague des migrants polonais. Poussés par l’espoir d’une vie meilleure, ces milliers de jeunes paysans et paysannes trouvent à s’embaucher dans les campagnes françaises.

C’est dans la rencontre entre ces deux groupes différents que réside la principale richesse de l’émigration ukrainienne en France. Car tout semble séparer les deux ensembles de l’émigration ukrainienne. D’un côté, ceux qui ont le statut de réfugiés politiques[9] ; ce sont les soldats, les sous-officiers et les officiers des armées qui ont lutté contre les communistes. Ils sont originaires de l’Ukraine centrale et possèdent souvent un niveau d’études secondaires[10]. Ils ont été les premiers artisans de l’Indépendance et sont détenteurs d’une conscience nationale solidement documentée et structurée.

L’autre groupe, est composé des Ukrainiens, citoyens de la nouvelle Pologne, et originaires de Galicie. Ce sont tous des très jeunes ruraux qui n’ont pas fait d’études même s’ils sont alphabétisés. Ils ont venus en France, munis d’un contrat, pour gagner de l’argent et l’envoyer à la famille restée au village. Ces mandats réguliers serviront à acheter des terres pour préparer le retour. En effet, contrairement aux réfugiés politiques qui ne peuvent envisager de revenir au pays, les  Ukrainiens de Galicie ne pensent qu’à une seule chose : le retour.

C’est grâce aux organisations ukrainiennes en France que l’osmose va se produire : chacun va apporter sa richesse pour construire une émigration commune.

Après quelques tentatives infructueuses au début des années 20, les Ukrainiens de France sont représentés majoritairement par trois organisations : l’Union  des Associations d’émigrés ukrainiens, L’Association ukrainienne en France et à partir de 1932, l’Union Nationale Ukrainienne. Au-delà des divergences politiques, ce sont principalement les activités mises en place par  les associations qui vont rassembler et unir. Les associations avec leurs écoles, les camps d’été pour jeunes, leurs publications et leurs manifestations culturelles et patriotiques vont devenir un véritable creuset de l’identité ukrainienne en France. Cette action politique et pédagogique va générer une culture commune propice à l’enracinement de la conscience nationale.

 

L’engagement des Ukrainiens au service de la France

 

Dès la déclaration de la guerre en septembre 1939, les associations ukrainiennes avaient clairement appelé leurs compatriotes à servir la France. Un grande partie des jeunes ukrainiens, originaires de Galicie et citoyens polonais,  sont intégrés dans la Légion polonaise. D’autres rejoindront la Légion Tchécoslovaque[11]. Enfin, certains exigent la possibilité de combattre dans la Légion étrangère sous les couleurs françaises.

Sous des uniformes différents, tous ont combattu vaillamment pour la France.

A partir de 1941, de nombreux ukrainiens s’engagèrent au sein de la Résistance. A cet égard, l’exemple de Youri Yeremiyew est particulièrement significatif : engagé volontaire dans la Légion étrangère dès 1939, prisonnier en 1940 puis évadé, il adhère en 1941 à un réseau des forces combattantes . En 1944, il commande un groupe  de 150 FFI. et participe ainsi à la libération de la France.




Fin des années 40 : renouvellement des cadres et des structures de l’émigration ukrainienne.

 

 
L’ouragan de la Seconde Guerre mondiale a ravagé l’Europe. En 1945, c’est une Europe complètement bouleversée et transformée qui s’offre aux yeux des survivants. Mais les Ukrainiens se retrouvent dans la même situation qu’à la fin de la  Première Guerre mondiale c'est-à-dire tributaires à la fois du bon vouloir des Alliés occidentaux et de la toute puissance soviétique.

 

Dans les années 20, les réfugiés politiques ukrainiens espéraient et attendaient la chute imminente du communisme russe. En 1945, certains sont prêts à apporter leur pierre à la construction de l’édifice.

 

Le regard des Ukrainiens émigrés et leur place ne peuvent plus être les mêmes qu’avant 1939. Une évolution importante s’avère utile et nécessaire.

La composition de l’émigration ukrainienne en France est, elle aussi, considérablement bouleversée. Si le nombre global des Ukrainiens reste identique à celui de l’entre-deux- guerres, le renouvellement qui intervient après 1945 dessine de nouveaux contours. Arrivés dans les années 20, les réfugiés politiques étaient très majoritairement nés avant 1900. Certains ont disparu ; ceux qui restent, maintenant âgés, ont des propositions inadaptées à la situation.

Pour répondre à l’appel de la Mère Patrie, environ 2000  personnes ont  accepté de quitter la France pour l’Ukraine soviétique. Ils vont être remplacés par des milliers d’arrivants qui ont fui les combats et l’Armée soviétique. Ces nouveaux venus apportent avec eux un passé et des expériences différentes. Avant d’arriver sur le sol français, ces « personnes déplacées » vont être regroupées dans des camps d’hébergement dans les zones occidentales d’Allemagne et d’Autriche.

 

Il est facile de penser qu’avec l’arrivée de ces Ukrainiens réfugiés, c’est un sang neuf qui arrive en France. Ainsi, avec le vieillissement des uns, le départ des autres et l’arrivée des réfugiés, c’est une nouvelle donne qui se met en place, à la fin des années 40, dans l’émigration ukrainienne en France.

 

 Un nouveau réseau d’organisation, une vie associative différente

 
La liquidation totale des Eglises indépendantes de Moscou va provoquer un redéploiement des forces religieuses ukrainiennes. Ces Eglises vont dorénavant concentrer leurs actions au sein de l’émigration ukrainienne en Europe et dans les Amériques. L’activité religieuse importante est, à partir de 1946, une donnée nouvelle et significative de l’émigration ukrainienne en France. Les organisations politiques ne sont plus les seules à aider et à regrouper les émigrés ; au-delà des clivages politiques et des querelles des partis, les Eglises occupent une place neutre, médiatrice et sécurisante pour tous.

Les prêtres interdits en Ukraine vont accomplir leurs missions dans les pays d’émigration. Une présence importante de prêtres ukrainiens en France dès la fin des années 40 confirme cette situation et à la fin des années 50, on dénombre 16 aumôniers gréco-catholiques [12] et 6 orthodoxes. Cet encadrement religieux renforcé va permettre de mieux quadriller le territoire français. Les réunions et les célébrations vont se multiplier et faciliter une véritable vie religieuse des Ukrainiens en France. L’office du dimanche va aussi  jouer son rôle de centre de ralliement et d’échanges pour les Ukrainiens des environs. Les associations religieuses vont également emboîter le pas à ce dynamisme : l’Association de l’Eglise ukrainienne orthodoxe autocéphale en France voit le jour en 1946 et le Mouvement chrétien ukrainien en France est crée en 1956.

 

L’apparition et le développement d’un syndicalisme ukrainien constitue également l’originalité nodale de l’émigration ukrainienne dans la France de l’après guerre.

En 1945, l’Union des Travailleurs ukrainiens en France, section nationale de la C.F.T.C. est créée avec Ivan Popovitch [13] pour président.

 

Cette volonté de prendre leur place dans le monde ouvrier français montre clairement que les choses ont bien changé. Le contexte politique international favorise aussi les regroupements, à l’heure où se mettent en place les premières fractures de la guerre froide. Durant cette période, les militants ukrainiens de la CFTC ont choisi de placer leur combat et leurs espoirs dans le camp occidental de la démocratie.

Dans les années 40, l’organisation rencontre auprès des ouvriers ukrainiens un vrai succès, qui ne cesse d’ailleurs de s’amplifier. Le premier congrès de 1946 réunit quelques 37 délégations venant de 18 départements et le huitième congrès de 1953 rassemble quant à lui 72 délégations mandatées qui représentent 3179 adhérents. Ceux-ci appartiennent pour 39% à la métallurgie, pour 29% à l’agriculture et pour 17% aux activités minières.

 Le bilan décennal de l’organisation syndicale ukrainienne[14] est très largement positif. Les sections ont créé ou participé à la création de 10 chœurs, 8 groupes de théâtre, 11 écoles ukrainiennes, 20 bibliothèques avec plus de 3000 livres ; les caisses de secours ont récolté 185500 francs.

 
 

L’importante activité syndicale ne doit cependant pas occulter le dynamisme de la vie associative et politique après 1945.

Le paysage associatif ukrainien en France est à l’image de la situation politique internationale : il est profondément modifié et renouvelé. Les organisations nées aux lendemains du Premier conflit mondial n’ont plus de projet adapté aux nouveaux enjeux.

Déjà solidement implantés en France dès 1932 avec l’Union Nationale Ukrainienne, les nationalistes ukrainiens bénéficient à ce moment d’un prestige réel qui est celui de l’insurrection armée[15] en Ukraine contre l’occupant allemand puis soviétique. Les nationalistes ukrainiens s’identifient et sont identifiés à la lutte de libération nationale. Cependant l’unité de l’O.U.N [16]. se brise en 1939. C’est la scission et deux partis, violemment opposés, apparaissent : l’OUN de Stephan Bandera et celle de Melnyk[17] . La division des nationalistes  s’appliquent également en France et, en 1949, deux organisations nationalistes voient le jour : l’Union des Ukrainiens de France présidée par Wolodymyr Kossyk et l’Alliance Nationale ukrainienne en France dirigée par Yaroslav Musyanovitch.

L’affrontement entre les deux factions rivales va occasionner beaucoup  de désaccords et d’incompréhensions dans le milieu associatif ukrainien. Malgré cette difficulté, les initiatives dynamiques contribuent, tout au long des années d’après-guerre, à reconstruire un nouveau tissu associatif en France avec des camps d’été pour les jeunes, des ballets, des chœurs et un réseau actif d’associations jusqu’à la chute du Mur....

 

A partir de 1989, c’est une autre histoire qui commence

Ще не вмерла Україна

 

 

 
 

Jean-Bernard Dupont-Melnyczenko

 

 

 

 



[1] Dans cet article, on désignera comme émigration ukrainienne, un groupe significatif au niveau du nombre ( plusieurs milliers  ou plus ) qui appartient à un flux inscrit dans un temps plus long ( dix, vingt ou trente ans). Cette émigration est reconnue par les autorités et les immigrés se regroupent au sein d’organisations.

[2] Le recensement de 1911, d’après les statistiques Générales de France : recensement de 1911, comptabilise 35016 sujets russes installés en France. Ce chiffre ne permet cependant pas d’identifier de façon précise les différentes nationalités de l’Empire ; polonais, juifs ukrainiens ou baltes.

[3] C. Goussef, op. cité. p. 65

[4] Yaroslaw Fédortchouk ( 1878-1916 ), naquit à Sniatyn, province de Bukovine dans l’Empire austro-hongrois. A 22 ans, il part étudier en Suisse où il se lie avec les cercles révolutionnaires créés par Dragomanov. En 1906, il  arrive à Paris où ses activités politiques et culturelles le mettent en contact avec les  russes et ukrainiens déja installés.

[5] Le premier foyer ukrainien  se trouvait au 14 rue Thoin, dans le Vème arrondissement de Paris. Il s’agissait en fait  d’un simple local commercial, comprenant deux pièces au rez-de-chaussée

[6] Archives de l’Association Oukrainienne de Paris. Bibliothèque Ukrainienne Symon Petloura. Paris.

[7] La mise entre guillemets du mot «russe» permet d’indiquer qu’il s’agit d’un terme générique, (comme nous l’avons déjà signalé dans la note 2) qu’on emploie ici par commodité en sachant qu’il n’est pas adéquat.

[8] Pour plus de détails et de précisions, on peut se référer à Jean-Bernard Dupont-Melnyczenko «  Les Ukrainiens en France », Paris, Autrement, 2007, pp.44-64

[9] En fait, les  situations sont beaucoup plus complexes que cela. Mais dans les limites de cet article, on se doit de simplifier.

[10] Ce qui représente un niveau élevé pour l’époque.

[11] Voir Jean Bernard Dupont-Melnyczenko, ouvrage cité, p.145-155.

[12] Journal la Croix du 23/02/1950.

[13] Archives d’Ivan Popovitch généreusement prêtées par son fils Youri.

[14] Item.

[15] L’U.P.A. Armée insurrectionnelle ukrainienne créée en 1943 continue la lutte jusqu’au début des années 50.

[16] Organisation des Ukrainiens Nationalistes.

[17] D’où l’appellation ensuite retenue de Banderistes et de Melnykistes.[17]

 

 

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