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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 12:05
La semaine du cinéma ukrainien à Paris

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 23:27
INALCO: Projection du film "L'oiseau blanc marqué de noir", lundi 23 mars 2015 à 18h
INALCO: Projection du film "L'oiseau blanc marqué de noir", lundi 23 mars 2015 à 18h

L’OISEAU BLANC MARQUÉ DE NOIR


Troisième long métrage de Youriї Illienko et superproduction tournée en 70 mm, L’Oiseau blanc marqué de noir est l’une des dernières manifestations de l’Ecole poétique de Kiev. Cosigné par Ivan Mykolaїtchouk et Youriї Illienko, le scénario part de l’idée archétype des vieux films bolcheviques : jeter dans des camps opposés les fils d’une même nation. L’idée originale de cette tragi-comédie revient à Ivan Mykolaїtchouk qui ne fit que raconter ce qu’il a vu et entendu pendant son enfance. Il a vécu dans les Carpates, la région où se déroulent les évènements et où chaque personnage exprime le drame d’une population déchirée par son contentieux idéologique et politique. Drame social et humain vécu par une modeste famille pendant la réorganisation géopolitique de la Bucovine de 1939 à 1950, L’Oiseau blanc marqué de noir est avant tout la rencontre de deux Ukraine qui ne se connaissent pas. Tour à tour occupée par les Turcs, les Russes, les Autrichiens et les Roumains, la Bucovine septentrionale devient soviétique en 1940. Envahie par les Allemands, elle sera définitivement annexée à l’Ukraine soviétique en 1947. Pour la première fois depuis la mort de Staline, un réalisateur ukrainien réussit une investigation poussée sur une période relativement récente et douloureuse de l’histoire de l’Ukraine, tout en s’appuyant sur le concept universel du Bien et du mal et en discourant sur le sens de l’existence auquel l’homme ne peut donner une réponse, même devant la mort. Les fameuses bandes noires fascistes que l’on n’arrive pas très bien à situer dans le film sont, en réalité, les maquisards de l’Armée Insurrectionnelle ukrainienne qui combattent à la fois les armées allemandes et soviétiques, les sympathisants communistes et les collabos de tout poil. Bien que primé au Festival de Moscou, le film n’a pas eu de diffusion commerciale en Ukraine. Reçu avec froideur par les responsables du Parti communiste de la région de Lviv, il fut frappé d’interdiction pour ses intentions ouvertement idéalistes et son discours passéiste, trop dangereux pour être montré à la population de la Galicie, foyer du nationalisme ukrainien. C’est au secrétaire général du PCU Petro Chelest, lui-même blâmé pour avoir idéalisé sa nation dans son ouvrage intitulé Notre Ukraine soviétique, qu’incomba, le 10 novembre 1971, de dénoncer publiquement cette dérive. Et pourtant, chez Illienko, toutes les conditions préalables à la réalisation d’un film bolchevique, prônées en son temps par Dovjenko, étaient réunies : contenu social, portrait collectif de la nation, cinéma de poésie. A ces préceptes, Illienko ajouta une forte connotation politique, un enracinement régional très prononcé, des ressources profilmiques et techniques extrêmement percutantes. L’Oiseau blanc marqué de noir était-t-il, dans ces conditions, une œuvre à doublure réactionnaire, comme le fut La Terre de Dovjenko selon Demian Biedny. Ici encore, les avis restent partagés. Illienko rappelait plutôt Dovjenko à la sortie du film Arsenal, faisant acte de foi et d’allégeance au Parti. Les quelques dizaines de milliers d’Ukrainiens qui ont eu la chance de voir le film se sont sentis fatalement visés par rapport à leur conviction idéologique antérieure et à leur appartenance politique du moment.


Lubomir Hosejko

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 18:48

bulletin Perspectives Ukrainiennes mars 2015

Le bulletin de Mars 2015 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes ou en cliquant ici


Au sommaire
p. 2 - 3 : Rencontre avec Vlad Troitsky - directeur du théâtre Dakh
p. 4 - 5 : « DakhaBrakha met le public en transe » par Oléna Codet
p. 6 - 7 : A vos agendas !
p. 8 : Actualité du livre

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 14:53

AlainGuillemoles.jpgAlain Guillemoles, journaliste, spécialiste de l'Europe de l'Est est auteur du livre "Ukraine. Le Réveil d'une nation" qui sortira le 19 février 2015 aux éditions Les Petits matins.

Quelles sont les racines de la révolution de la dignité ukrainienne ?    

La révolution, telle que je l'ai vue, est née d'une certaine forme d'exaspération, liée à des circonstances particulières: le désir de signer le traité d'association avec l'Union européenne, et une colère contre la personne même du président Ianoukovitch. 

Mais cette révolution vient en fait de beaucoup plus loin. Elle a des racines profondes. On peut dire qu'elle répète le message déjà lancé lors de la révolution orange de 2004. Ou celui, plus ancien, affirmé lors de la première tentative d'organiser une Ukraine indépendante, après 1917. Ou bien encore celui des révoltes cosaques contre les Polonais, au 17 ème siècle. 

Dans mon livre, j'ai voulu souligner cela. Il y avait, sur le Maidan, durant la révolte de l'hiver dernier, une ambiance qui faisait songer à ce qu'à pu être le "sitch" des cosaques Zaporogues, avec ses centuries, sa démocratie directe, son mode d'organisation collectif et égalitaire... 

La révolution ukrainienne de 2014 était en fait une manifestation de la volonté d'indépendance des Ukrainiens, de leur désir de vivre libres et de construire leur nation selon un projet très différent de celui proposé par Vladimir Poutine et la Russie... 

C'est pourquoi j'ai voulu expliquer cela plus en détails. Il m'a semblé qu'il fallait essayer de porter un regard plus global sur ces événements, pour tenter d'en montrer le sens profond, au-delà des circonstances. J'ai voulu éclairer certains épisodes qui n'ont pas forcément été compris sur le moment. Par exemple, je reviens sur les circonstances de la chute de Viktor Ianoukovitch, que j'essaye d'expliquer d'une manière un peu différente que ce qui a été raconté, à l'époque, dans les articles écrits "à chaud". 

Comment définiriez-vous les contours de la Nation ukrainienne, 23 ans après son accession à l’indépendance? 

Ces 23 ans sont une bonne partie de ma propre vie. Je me suis rendu en Ukraine pour la première fois en 1994. J'y ai ensuite habité deux ans. Puis une fois rentré en France, je n'ai pas cessé d'y retourner. J'ai donc vu changer ce pays, durant ces 20 années. 

Dés mon premier séjour, j'ai senti qu'il s'y passait quelque chose de particulier, que le pays était en proie à de grands bouleversements. Après la fin de l'oppression soviétique, le sentiment ukrainien a pu renaître et les habitants tenter de se réorganiser selon leur culture, retrouver leurs racines et se réapproprier leur histoire. C'est un processus difficile, mais fascinant, qui explique pourquoi je suis toujours attiré par ce pays. Car j'ai vu, durant toutes ces années, l'Ukraine petit à petit revenir à elle-même. 

Avec le Maidan et la guerre, ce processus s'est accéléré. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi comme titre: "Ukraine. Le Réveil d'une nation". Car je crois que cela résume bien ce qui se produit en ce moment. 

L'Ukraine est un pays qui souffre, du fait de l'agression à laquelle elle fait face. C'est tragique. Mais c'est aussi un pays en train de se réveiller, de prendre conscience de ses capacités et de retrouver son identité et sa force vitale. Et cela est un processus plus heureux.  

      couverture-Alain-Guillemoles.jpg

Comment expliquez-vous que certains milieux politiques et médiatiques français continuent à douter de la légitimité de la souveraineté de l'Ukraine ? 

L'histoire est toujours racontée par les vainqueurs, on le sait. Or l'URSS fut un pays vainqueur de la seconde guerre mondiale. C'est donc elle qui a imposé sa vision des événements historiques passés. On n'a pas fini de découvrir à quel point elle a menti, notamment en ce qui concerne l'Ukraine.... 

Malheureusement, la vision historique forgée par l'URSS s'est imposée largement, bien au-delà des cercles communistes français. C'est donc cette vision qu'il faut encore remettre en question, aujourd'hui, pour tenter de lutter contre la grande ignorance qui entoure le fait Ukrainien. Je pense qu'il y a encore beaucoup de travail à faire, sur ce sujet. 

Cependant, les événements actuels obligent chacun à se poser des questions. Ils sont l'occasion de revenir sur l'histoire et de rétablir certaines vérités. Et j'essaie de contribuer à le faire. 

 

Avez-vous ressenti une évolution de la perception de la nation, de l'Etat et du pouvoir institutionnel par le citoyen ukrainien ces dernières années ?  

Le sentiment national s'est consolidé en Ukraine depuis 20 ans. Et cela s'est accéléré depuis le début du Maidan, qui est devenu le symbole d'un effort national pour s'émanciper. 

En revanche, l'Etat ukrainien reste un rêve et un projet, au sens ou l'Etat actuellement existant, en Ukraine, reste très défaillant. Il a du mal a assurer la défense du pays, a lever des impôts ou assurer l'équilibre du budget. La douane continue de fonctionner assez mal, la justice aussi. L'Etat ukrainien se renforcera si les réformes portent leurs fruits. Mais il est difficile de réformer un pays sous la pression de la guerre... Cela signifie que, dans le meilleur des cas, il faudra du temps.

Enfin, il faut ajouter que les Ukrainiens n'ont guère confiance dans leurs dirigeants. Ils ne croient plus dans les promesses des hommes politiques. Ils pensent qu'il faut surveiller ces dirigeants pour essayer de faire en sorte qu'ils tiennent leurs promesses. Mais ce phénomène est assez répandu et concerne aussi d'autres pays que l'Ukraine... 

 

Voyez-vous des similitudes entre l'esprit de Maidan et la grande marche républicaine du 11 janvier dernier à Paris ?

Oui, je vois des similitudes. Même si les deux mouvements ont des origines très différentes, il y a eu dans les deux cas un sursaut citoyen, un besoin de sortir dans la rue qui a rassemblé des gens de bords politiques différents, mais qui voulaient tous exprimer un sentiment politique profond qu'ils avaient en partage. Dans les deux cas, ils ont voulu dire: "nous sommes debout, libres, et nous ne renoncerons pas à nos valeurs". 

Certes, dans le premier cas, il s'agissait de se dresser contre la pression du pouvoir et dans l'autre, contre l'action de terroristes. Mais lors de ces deux manifestations, il était question de liberté, une valeur qui est chère aux Français, comme aux Ukrainiens, et autour de laquelle nous pouvons assez facilement nous réunir. 

Propos recueillis par Olga Gerasymenko


Les rencontres prevues avec l'auteur autour de son livre:

- vendredi 20 février 2015, au Centre culturel ukrainien (22 avenue de Messine, 75008 Paris) à partir de 19h

- samedi 21 février 2015, à la Médiathèque de Limay (8 Avenue du Président Wilson, 78520 Limay) à partir de 15h

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 13:50

A2_Parisianer_new-version.jpgUne exposition très originale a eu lieu à Kiev, en Ukraine, entre le 9 et le 26 octobre 2014. 100 artistes, français et étrangers, ont créé les couvertures d’un magazine imaginaire : « The Parisianer ». Grâce à cette initiative, les kiéviens ont pu flâner dans un Paris peu ordinaire et inattendu, admirer les images inspirées par la ville Lumière. En décembre 2014, le livre issu du projet a vu le jour. Perspectives a rencontré Aurélie Pollet, co-directrice artistique et illustratrice de « The Parisianer ».

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

Nous avons travaillé sur ce projet avec Michaël Prigent, l’illustrateur. Cela faisait longtemps que l’on voulait organiser un projet collaboratif. Nous avions envie de rassembler des artistes.

Tout au début, j’ai résidé à La cité Internationale des Arts. Nous avions auparavant développé un projet de bande dessinée en autoédition, avec une trentaine d’illustrateurs. Cela nous a plu et on a voulu faire d’autres projets, avec d’avantages d’artistes.

Depuis longtemps Michaël avait une idée en tête : créer un équivalent parisien du magazine « The New Yorker ». Ces couvertures sont véritablement des références pour les illustrateurs. Il nourrit notre imaginaire. C’est en quelque sorte un rêve : devenir un jour un artiste assez important pour réaliser une des couvertures du « The New Yorker ».

Notre projet, c’était un moyen de proposer aux artistes de réaliser ce rêve au travers d'un exercice de style. Ce qui nous intéressait, en réalité, ce sont les couvertures et pas forcément le magazine en lui-même.

The-Parisianer-vernissage2.jpg« The Parisianer » est un magazine imaginaire, dont on ne crée que les couvertures. C’est surtout un prétexte de raconter Paris un peu différemment. Paris, c’est une ville qui a un rayonnement international, à laquelle on associe plein d’images, l’amour, le prestige… Ce qu’on voulait, c'était les grands clichés, offrir une interprétation d'un maximum des personnes, des artistes qui pourraient donner leur regard sur la ville, créer une nouvelle identité un peu décalée.

On a proposé ce projet à "La Cité Internationale des Arts", pour organiser une exposition. Nous avions à notre disposition un lieu de 500m2 pour 3-4 jours. C’était le point de départ.

Pour réaliser la gestion administrative et logistique du projet, nous avons créé une association : "La Lettre P", qui aujourd’hui promeut les arts graphiques et leurs auteurs auprès du grand public, par des actions fédératrices.

Et nous avons commencé à contacter des illustrateurs, un par un. On a travaillé pratiquement à temps plein pendant un an. Beaucoup d’efforts pour une exposition de seulement 3 jours. En parallèle nous avions envie qu’il existe un objet éditorial, un livre d’exposition, afin de pérenniser ce projet. Pour le financer, nous avons fait appel au site de « crowdfunding » KissKissBankBank. C’était la seule manière pour nous de réaliser ce projet car nous n’avions pas de subventions.

Notre première exposition a duré trois jours et cela a été un grand succès : nous avons accueilli six mille personnes. On a beaucoup travaillé en amont sur la communication. Notre livre d’exposition est sorti en mars 2014.

COUV-The-Parisianer--2-.jpgComment vous avez eu l’idée de partir exposer en Ukraine ?

Quelque temps après, nous avons été contactés par l’Institut Français en Ukraine. Ils cherchaient une exposition qui aurait pour but de valoriser la culture française en Ukraine.

L’idée de la présentation positive de Paris leur a plu.

Nous nous sommes demandé si c’était le bon moment pour faire cette exposition à Kiev. Peut-être que le public avait autre chose à penser… Ou était-ce peut-être un peu trop superficiel… Mais ce projet était, bien au contraire, le bienvenu. Nous avons été contactés au mois de mai 2014 par les représentants de l’Institut Français en charge des manifestations culturelles.

Nous sommes allés à Kiev le 3 octobre pour installer l’exposition qui a été inaugurée les 6 et 7 octobre. L’exposition devait durer 15 jours au Musée des Trésors spirituels de l'Ukraine.

Nous étions contents d’être là-bas. Cela nous a permis de montrer notre travail et parler aux Ukrainiens. Nous sommes allés faire une présentation du projet à l’Académie des Beaux-Arts et à la faculté de l’architecture. Nous avons pu échanger avec les étudiants Ukrainiens en art. C’était une très belle expérience. Le directeur nous a fait visiter l’école, a montré comment les étudiants travaillaient, quelle était la pédagogie artistique, les méthodes de travail. Nous avons été stupéfaits par la qualité technique impressionnante des réalisations des étudiants. Mais leur approche est tournée vers le classique et l’académique, manière moins expérimentale comparée à notre formation.

Après avoir montré notre projet aux étudiants, nous avons voulu mettre en avant ce qui nous intéressait le plus : le côté collaboratif, le fait que plusieurs artistes se rassemblent pour travailler. C’est un point important pour nous, car trop souvent les artistes travaillent en free-lance. On a trouvé que nous étions plus forts ensemble et on a pu éviter l’esprit de concurrence. Grâce à ce projet, les illustrateurs qui étaient peu connus font maintenant les couvertures pour Télérama, travaillent pour la RATP… Après les étudiants, nous avons pu rencontrer à Kiev les artistes « révolutionnaires » de Maïdan. C’était une vraie rencontre artistique, car ce sont véritablement des artistes engagés qui, grâce à leur démarche, mènent un combat pour la liberté.

Actuellement, nous organisons, dans une galerie parisienne, la Slow Galerie : une exposition (qui aura lieu du 13 au 26 avril 2015) avec des peintres et illustrateurs qui font partie des nombreux artistes ukrainiens à avoir exprimé de manière forte leur perception des événements de Maidan. Vous pourrez découvrir le travail de Kristina Yaroch, Yvan Semesyuk, Olexa Mann et les frères Braty. Suivez nos annonces !

 

Les artistes-créateurs des couvertures de The Parisianer:

Aki, Baptiste Alchourroun, Aseyn, Magali Attiogbé, Thomas Baas, Morgane Bader, Yann Bagot, Juliette Baily, Vincent Bergier, Karine Bernadou, Camille Besse, Ugo Bienvenu, Serge Bloch, Tristan Bonnemain, Vincent Boudgourd, Jérémy Boulard Le Fur, Paul Bourgois, Wassim Boutaleb J., Marc Boutavant, Annabelle Buxton, Philippe Caron, Astrid de la Chapelle, Camille Chevrillon, Chez Gertrud, Charline Collette, Julien Couty, Dominique Corbasson, Cruschiform, Jessica Das, Idir Davaine, Antoine Doré, Perrine Dorin, El don Guillermo, Estocafich, Clément Fabre, Amélie Falière, Malika Favre, Jacques Floret, Fräneck, Charlotte Fréreau, Cécile Galland, Caroline Gamon, Claire de Gastold, Iris Hatzfeld, Tom Haugomat, Antony Huchette, Icinori, Marie Jacotey-Voyatzis, Martin Jarrie, Jean Jullien, Yann Kebbi, Camille Lavaud, Gwendal Le Bec, Kevin Lucbert, Pierre-Emmanuel Lyet, Vincent Mahé, Kevin Manach, Jean-François Martin, François Maumont, Catherine Meurisse, Philippe Mignon, Mima, Virginie Morgand, Mügluck, Bénédicte Muller, Julien Phoque, Vincent Pianina, Aude Picault, Alain Pilon, Nicolas Pinet, Placid, Aurélie Pollet, Clémence Pollet, Emiliano Ponzi, Charlie Poppins, Jeff Pourquié, Michael Prigent, Federica Del Proposto, Anne-Margot Ramstein, Romuald Reutimann, Lou Rihn, Ludovic Rio, Rocco, Bruno Salamone, Tom Schamp, Lionel Serre, Signecopine, Anne Simon, Karolis Strautniekas, Erwann Surcouf, Caroline Sury, Sandrine Thommen, Sébastien Touache, Charlotte Trounce, Brecht Vandenbroucke, Quentin Vijoux, Stephen Vuillemin, Olimpia Zagnoli, Lisa Zordan, Ping Zhu.

 

Propos recueillis par Olena Codet

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 13:30

ukraine go logoL’Association Ukraine Go Ambulance Project a été créée par Agathe Freal, Marine Marmorat, Yuta Zanko et Robin Sparkles durant l'hiver 2014-2015 pour un projet précis - collecte des dons pour une acquisition d'une ambulence pour aider un hôpital ukrainien.

Comment est née l’idée du projet Ukraine Go ?

Nous sommes quatre étudiants en Master 2 « Expertise du développement et Management de projets internationaux » à l’Université Paris-Est-Créteil. Dans ce cadre, nous souhaitions consacrer du temps à un projet humanitaire, et nous nous sommes regroupés pour définir un projet débouchant sur une action utile et concrète. Yuta, qui est ukrainienne, nous a sensibilisés à la situation actuelle, et nous avons naturellement cherché un projet qui nous permettait de nous engager pour les réfugiés ukrainiens. Nous nous sommes rapprochés de Dmytro Atamanyuk l’Association Aide Médicale et Caritative France-Ukraine (AMCFU), qui nous a aiguillés sur le projet d’acheter et envoyer une ambulance pour aider un hôpital ukrainien.

Comment s’est passée la collecte de fonds ?

Nous avons créé un logo, une page facebook, un site internet, puis avons lancé une cagnotte sur www.leetchi.com. Les dons ont mis du temps à décoller, et nous avons aussi décidé de créer des stickers avec le logo d’AmbulanceGo et des T-Shirts que nous avons échangé contre des dons : à l’université, dans notre entourage, sur les manifestations Euromaidan parisiennes… Au final, nous avons réussi à atteindre notre objectif : récolter les 7000 € nécessaires. 

ukraine-go-equipe.jpg

Et maintenant, quelles sont les prochaines étapes ?

Nous recherchons une ambulance sur le marché de l’occasion. Nous avons lancé aussi un appel sur les réseaux sociaux pour trouver un garagiste/mécanicien volontaire qui pourrait nous aider à réviser l’ambulance avant de prendre la route. Puis nous prévoyons d’emmener le véhicule jusqu’à Kyiv : ce sera l’occasion de s’arrêter dans différentes villes européennes et de mener une campagne d’information internationale sur la situation en Ukraine et les conséquences du conflit sur les populations civiles, ainsi que sur le besoin d’aider les hôpitaux ukrainiens, qui manquent cruellement de matériel médical.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui aurait un projet semblable au vôtre ?

De ne pas abandonner. Il y a des périodes très décourageantes, notamment au début, quand on est encore peu connus et qu’on n’a l’impression qu’on ne réussira jamais à réunir la somme nécessaire, mais notre réussite montre bien qu’avec du travail et de la persévérance, on peut atteindre ses objectifs.

Site d’UkraineGo : https://ukrainegoamc.wordpress.com/

Site de l’Association Aide Médicale et Caritative France-Ukraine : http://amc.ukr.fr/

 

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 13:01

Le bulletin de Février 2015 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes ou en cliquant ici

Au sommaire

p. 2 - 3 : Rencontre avec Alain Guillemoles - journaliste, auteur du livre «Ukraine - le réveil d’une nation»

p. 4 - 5 : Entretien avec Aurélie Pollet, directrice artistique et illustratrice de « The Parisianer »

p. 6 : L’Association Ukraine Go présente son projet “Ambulance”

p. 7 : A vos agendas !

p. 8 : Actualité du livre.

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 20:30

Mardi 17 février 2015, 18 h., EDHEC Business School, 372 rue Verte, 59170 Croix.

 

Projection du film La Croix de pierre de Léonide Ossyka.

 

Séance introduite et suivie d'un débat animé par Lubomir Hosejko, historien du cinéma ukrainien.

 

Soirée proposée par l'Association régionale ukrainienne Nord-Pas-de-Calais et Human 'East, association étudiante oeuvrant pour des missions humanitaires en Ukraine en partenariat avec la chaire de français d'Ivano-Frankivsk. Human 'East sensibilise les jeunes de la région lilloise à l'humanitaire et à la promotion de la culture ukrainienne dans le Nord.

 

Affiche-Projection-debat-La-Croix-de-pierre-1-.jpg

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:56

maquette-guillemoles-panasevych-1-.jpg

 

Pour en savoir davantage, cliquez ici.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 10:49

La-Croix-de-pierre-JPG-1-.jpg

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1967, 82 mn, nb.

Réalisation : Léonide Ossyka

Scénario : Ivan Dratch

Photographie : Valeriï Kvas

Décors : Mykola Rieznyk

Musique : Volodymyr Houba

Son : Sophie Serhienko

Interprétation : Danylo Iltchenko, Boryslav Brondoukov, Kostiantyn Stepankov, Vassyl Symtchytch, Kateryna Mateїko, Boris Savtchenko, Ivan Mykolaїtchouk, Antonina Leftiї, Olexiї Atamaniouk

 

Récompense : Prix de la meilleure photographie décerné à Valeriï Kvas, Prix du meilleur rôle masculin à Boryslav Brondoukov au Festival Pansoviétique de Leningrad, 1968. Premier Prix décerné à Léonide Ossyka au Festival de l’art orthodoxe l’Orante d’Or, Kiev, 1995.

photogramme-La-Croix-de-pierre-2-copie-1.jpg 

Synopsis

 

Accablé d’impôts, Ivan Didoukh a trimé toute sa vie. Au sort de paysan abruti par l’alcool et le travail sur une terre rocailleuse où règnent la loi du silence et une justice sommaire, il préfère, pour lui et ses fils, le destin d’immigrant qui ira creuser sa tombe au Canada. Pour réunir l’argent nécessaire au voyage, il vend tout ce qu’il possède. Détroussé pat un voleur, il décide de le tuer.

Opinion

     Revigorée par sa vitalité créatrice, la production cinématographique ukrainienne de 1968 est, contre toute attente, peu représentée au IIIème Festival pansoviétique. Seuls Calme Odessa de Valeriï Isakov et La Croix de pierre de Léonide Ossyka font le chemin de Leningrad où se tient le festival. Les distinctions qu’obtient le film d’Ossyka - Prix de la meilleure photographie et du meilleur rôle masculin – témoignent du travail en profondeur qu’effectue la nouvelle vague ukrainienne. Or, le langage poétique du jeune réalisateur, la beauté plastique des paysages filmés par Valeriï Kvas ne sont pas pour autant les surgeons paradjanoviens que d’aucuns voient d’un mauvais œil, car sortis du même sanctuaire géographique. Le film aurait été inconcevable en couleur, tant sa violence dramatique, son naturalisme virulent et son graphisme ascétique induisaient l’emploi du noir et blanc. L’idée du film naît à l’époque où foisonne une littérature appelée « prose rurale », inspirée par les migrations répétées des Russes et des Ukrainiens. Les premiers arrivent massivement en Ukraine, les seconds partent en Crimée ou vont défricher les terres vierges en Asie Centrale. C’est donc en opposition à ce chassé-croisé qu’apparaît l’intérêt vital d’affirmer leurs racines et leur culture.photogramme-La-Croix-de-pierre-3-copie-1.jpg

     Tiré de deux nouvelles de Vassyl Stefanyk, La Croix de pierre est par essence cinématographiquement préconçu en amont du scénario, au même titre que l’étaient les nouvelles de Kotsioubynskyi pour Les Chevaux de feu, les quelques infidélités faites au récit par le scénariste Ivan Dratch ne faisant que renforcer la portée sociale du film qui s’inspire d’un fait authentique, le départ, en 1912, vers le Canada du premier Ukrainien de la région, Ivan Akhtemiїtchouk. Quelques années auparavant, une tentative avait été faite en vue d’un documentaire sur Vassyl Stefanyk par la réalisatrice  Laryssa Chepitko, qui parcourut les Carpathes. L’histoire se passe dans les  Carpathes, d’où partent, comme de toutes l’Europe des misères, des milliers de paysans vers le Nouveau Monde. Ossyka chante l’abandon de la terre nourricière, thème central de l’œuvre de Stefanyk, et sublime le tragique en choisissant d’une manière expressément noire, la résignation sans espoir. Ici, tout est traité avec des longueurs diffuses, des travellings fluides, le plus souvent latéraux, des champs-contrechamps alternant gros plans et plans d’ensemble. Le dialogue est concis dans un dialecte houtsoule coloré. Hormis Danylo Iltchenko (Ivan Didoukh) et Boryslav Brondoukov (le voleur), Vassyl Symtchytch (Georges), Ivan Mykolaїtchouk (Ivan, fils), Boris Savtchenko (Mykola), Kostiantyn Stepankov (Mykhaïlo) et Antonina Leftiї (la belle-fille), tous les acteurs sont des non-professionnels du village de Roussiv et de Sniatyn. La caméra de Valeriï Kvas affectionne la terre aride et s’attarde volontiers sur les visages sortis tout droit de portraits de manants, bossus, borgnes et éclopés, croqués à la manière d’un Bruegel. Saisissantes la photographie et la dramaturgie de la scène précédant la mort du voleur, empruntée au tableau de Rembrandt Le Retour du fils prodigue. Alors que Paradjanov ou Illienko (La Nuit de la Saint-Jean) se servent de la couleur pour rehausser la métaphore, c’est vers un graphisme au style compassé qu’Ossyka se tourne pour activer la fonction visuelle. La croix que traîne le vieux Ivan jusqu’au sommet de la montagne, sépulture du voleur, est d’un exceptionnel rendu photographique, entretenu par sa force biblique. Formant une symétrie avec Les Chevaux de feu de Paradjanov autour d’un axe ethnographique et ritualiste, La Croix de pierre souligne, dans le même temps, son antinomie avec La Terre de Dovjenko, une terre où l’homme, tout aussi mortel, fusionne avec la nature, riche et généreuse. On retrouve encore cette analogie dans la scène culminante de la danse, où Didoukh et sa femme exécute une polka face à un public stupéfait. Dans le courant poétique du cinéma ukrainien, la danse remplit essentiellement une fonction plastique et dramatique. Tel fut le cas pour la danse de Vassyl dans La Terre, pour Ivan et Maritchka dans Les Chevaux de feu, de Dana et Orphotogramme-La-Croix-de-pierre-4-copie-1.jpgest dans L’Oiseau blanc marqué de noir de Youriï Illienko. Elle est accompagnée obligatoirement par une musique symphonique mâtinée de variations folkloriques, écrites par des compositeurs de renom, tels Valentin Sylvestrov, Léonide Hrabovskyi, Vitaliї Hodziatskyi et, principalement, Volodymyr Houba. Auteur de musiques de film assorties à une culture régionale, Volodymyr Houba en a signé en près de cinquante ans plus d’une centaine.

    C’est à partir de  La Croix de pierre que se dégagera l’impression d’une sorte de réserve carpathique nationale dans le cinéma ukrainien, louée pour des œuvres de plus en  plus personnelles, auxquelles s’associent les décorateurs Reznyk, Novakov ou Yakoutovytch. Dès sa sortie, le film servira de matériau de cours pour la célèbre école de cinéma de Lodz en Pologne. C’est encore à partir de ce film-culte que le critique polonais Janusz Gazda appellera la nouvelle vague ukrainienne des années soixante « École poétique de Kiev », école qui aujourd’hui encore a ses émules.

 

Lubomir Hosejko

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