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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 14:22

Théâtre musical

Direction musicale Emmanuèle Dubost-Bicalho

Mise en scène et dramaturgie Simon Hatab

Ensemble Théa-Chœur

Coproduction Anis Gras

L’idée de ce spectacle de théâtre musical est née dans le sillage des élections européennes de mai 2014, qui se sont soldées par une montée sans précédent de l’extrême-droite. Ce qui a été qualifié de « séisme politique » est venu confirmer le climat délétère dans lequel se déroule désormais la construction européenne : crise de la représentation démocratique, replis identitaires, backlash sociétal, triomphe de la pensée extrême et réactionnaire…

« Qu’est-ce que l’Europe, aujourd’hui ? » Partant de cette question, Anis Gras le lieu de l’autre a organisé une série de rencontres et d’entretiens avec la population locale d’Arcueil : des Arcueillais-es de tous les horizons, dont le point commun et d’avoir souvent traversé d’autres pays avant de venir s’établir en France. Simon Hatab a écrit un spectacle à partir de ces témoignages : mettant en scène ces fragments de vie – expérience du déracinement, quotidien en France, rapport aux institutions… - il les confronte aux discours politiques qui ont résonné dans les médias au moment des élections.

Un ensemble de chants issus de tous les répertoires de toute l’Europe – Britten, Saint-Saëns, Brahms, Macfarren, chant des folklores serbe, roumain, chant de Maïdan, jusqu’aux chansons de variété contemporaine – construit et dirigé par Emmanuèle Dubost-Bicalho, noue un dialogue sensible avec ces saynètes en jetant sur elles une lumière poétique et politique.

Sur scène, musique et théâtre tissent un spectacle éclaté – drôle, sombre, grinçant, touchant – qui tente de reposer la possibilité fragile d’un récit personnel et collectif, d’une histoire de l’Europe à venir.

Ce spectacle sur l'Europe mettra face à face le questionnement des occidentaux "blasés" par rapport à l'Europe avec le combat de ceux qui ont donné leur vie pour les valeurs européennes. On y racontera Maïdan et la troupe française entonnera le chant de commémoration des héros de Maïdan en ukrainien.

 

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Pour en savoir davantage, rendez-vous sur le site d'Anis Gras.

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 13:54

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NB: Venez munis de la présente invitation.

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 00:00

ksenya.jpgKsenya est née en 1975 en Crimée où elle a fait des études secondaires. Apres des études universitaires à Kiev, elle est partie pour les poursuivre en Italie, où en 2005 elle obtient un doctorat en physique théorique. Ensuite elle travaille comme chercheuse à l’université de Turin jusqu'en 2007, l’année où elle arrive à Paris et commence une carrière d'analyste financier. Apres l’annexion de la Crimée Ksenya organise des projets d’aide humanitaire aux Criméens qui ont dû fuir la Péninsule et diffuse en France des rapports sur les violations de droits de l'homme en Crimée  de l'ONG "Mission de Terrain en Crimée". 

 

Avez-vous des statistiques du nombre de personnes ayant demandé la citoyenneté russe ?

Non. On sait que la procédure est très simple et rapide : le passeport est délivré en une semaine après la demande, voire plus vite. Au début,  il y avait des files d'attente mais ça devrait se calmer maintenant. Aux personnes qui ont reçu les passeports russes, on laisse le passeport ukrainien (personne n’essaye de l’enlever). Mais en juin 2014, la Russie a adopté une loi qui oblige les Criméens à déclarer leur nationalité ukrainienne, sinon il y a une amende importante ou même condamnation aux travaux forcés.

Officiellement, il n’y a pas d’obligation d'opter pour le passeport russe, mais les développements administratifs et pressions non-officielles montent en puissance pour obliger les personnes à opter pour ces passeports. En particulier :

  • Pressions avec menace de licenciement dans les organismes de l’état, dans les écoles et dans les professions nécessitant une licence d’état,  comme les avocats,
  • Distribution des polices d’assurance médicale uniquement aux personnes ayant la nationalité russe. Les autres resteront en-dehors du système d’aide médicale gratuit,
  • Les retraites et les aides sociales aujourd’hui payées à tous les habitants seront dans le futur réévaluées et accordées uniquement aux personnes de nationalité russe
  • Interdiction  pour les étrangers, aujourd'hui, d’obtenir une carte de séjour en Crimée
  • Les places gratuites dans les universités de Crimée ne seront conservées que pour les citoyens russes
  • Reconnaissance par la Russie de la propriété du logement, ou des terrains agricoles,  conditionnée au fait d’avoir un passeport russe.

 Il est aussi important de souligner que la demande du passeport russe n’est pas nécessaire pour être considéré comme citoyen russe en Crimée.  Conformément au paragraphe 1 de l'Article 4 de la Loi Constitutionnelle fédérale de la Fédération de Russie du 21 mars 2014 N 6-FCL les citoyens de l'Ukraine et les personnes apatrides résidants en permanence en Crimée à la date du 18 mars 2014 sont automatiquement reconnus comme des citoyens de la Fédération de Russie, sauf les personnes qui dans le mois expriment leur désir de conserver la citoyenneté ukrainienne pour eux-mêmes et (ou) leurs enfants, ou conserver une autre citoyenneté, ou être apatrides. Pour différentes raisons, seules quelques milliers de personnes ont fait une telle déclaration (et ce n’est pas par manque de sentiment patriotique ukrainien : dans la procédure de la déclaration, il fallait signer un papier reconnaissant l’annexion de la Crimée par la Russie). Ensuite, comme on a vu dans le cas de l'activiste pro-ukrainien incarcéré,  Sentsov, la Russie applique bien cet article. Sentsov n’a jamais demandé le passeport russe, et pourtant la Russie refuse à l’Ukraine le droit de l’aider ou simplement de le voir en détention,  motivant le refus par le fait que, conformément à cet article du 21 mars,  ils considèrent Sentsov non comme un étranger mais comme un citoyen russe.

 

En quoi consiste le quotidien d’un Criméen aujourd’hui ? Quelles difficultés a-t-il dans sa vie de tous les jours ?

Cela dépend des gens. Les personnes comme les retraités, qui sont payés par l’Etat, et qui ne voyagent pas dehors de la Crimée et n’avaient pas besoin de comptes bancaires, ont la même vie qu'avant. Ceux qui ont possèdent des biens ont dû ou doivent encore convertir tous les documents. L’accès à la santé est pour le moment devenu gratuit, ce qui est bien perçu par la population. Or vu que les retraités représentent presque 40% de la population de Crimée, c’est une partie importante.

Le plus difficile est la situation des personnes actives — ayant des liens avec l’Ukraine ou le monde, et les entrepreneurs. Pour une vie active en Crimée, tout est incertain : le cadre légal, les liens économiques, les voyages, à qui payer les impôts, comment transférer de l’argent...

Puis, il y a une partie de la population lourdement persécutée : les activistes pro-ukrainiens, les Tatars de Crimée, les représentants des religions autres que l’église orthodoxe du patriarcat de Moscou. La politique de la Russie est de forcer toutes ces personnes à quitter la Crimée.

 

En quoi les Criméens sont-ils gagnants et que perdent-ils ? Est-ce que tous les Criméens sont traités de façon égale ?

Les retraités par exemple et tous ceux qui dépendent de l’aide sociale ont vu leurs revenus augmenter depuis avril (presque doubler en avril pour certains). Même si la chute du rouble a inversé les gains, ce n’est pas encore ressenti par eux. Les prix ont fortement augmentés, cette partie de la population se sent encore gagnante par rapport à la vie avant l’annexion.

Les personnes qui travaillent ont plus du mal en général, surtout depuis juin-juillet, quand le nouveau pouvoir a commencé l’expropriation des usines et sociétés pour les donner aux propriétaires russes ou des personnes proches de l’actuel gouvernement.

La façon dont les personnes sont traitées dépend du niveau de leur loyauté au nouveau pouvoir.

 

Quel avenir la Russie de Poutine prévoit-elle pour la presqu’île ?

La seule chose claire pour l’instant est que le statut de la Crimée soit avant tout une base militaire. La Russie ne cesse d’y transférer des armements et des militaires. Beaucoup des sites civils (ports, usines, terrains) sont passés sous l’autorité militaire. A la population, ils expliquent que c’est pour « faire de l’ordre » et « bien gérer » ces sites, ce qui a l’air rassurant aux nostalgiques de l’Union Soviétique.

Il y avait des déclarations de promotion du business touristique et de création d’une zone de jeux de casino, mais le projet a  l’air discutable et n’a pas encore abouti à des actions concrètes. 

Poutine a-t-il des moyens pour prendre le territoire largement subventionné ? Quel est l’intérêt de Poutine d’avoir la Crimée ?

J’ai vu les chiffres suivants : en Ukraine la Crimée était subventionnée à environ 60% par le pouvoir central. Annexée par la Russie, le taux de financement  est passé à 95% (estimation du «Maidan des affaires étrangères ») .  En plus,  la Russie doit investir dans les infrastructures (pont de Kerch, gazoduc, électricité, eau,…). Pourtant le coût pour la Russie, surtout à court terme, dépend de l’Ukraine.  Tant que l’Ukraine fournit  - presque gratuitement - l’eau, l'électricité, la Russie en profite et peut retarder les investissements. 

J’ai vu plusieurs estimations du « coût de la Crimée », mais même le pire scenario est supportable en principe par la Russie, du moins s’il n’y a pas de crise majeure interne. Bien sûr, ça va générer le mécontentement de la part d’autres régions qui voient leurs projets arrêtés en raison de la redistribution des financements à la Crimée. Malheureusement,  l’Ukraine ne fait presque pas d’effort pour alourdir ces coûts. Il faut commencer à faire le plus rapidement possible des recours à la justice internationale pour exiger des compensations pour le vol de ressources et expropriations de tous les biens ukrainiens que la Russie a pris en Crimée, les expropriations des biens russes en Ukraine ou à l’étranger, coupure les ressources et les infrastructures gratuites, promouvoir les sanctions contre les entreprises russes, ukrainiennes et étrangères qui sont présentes en Crimée. 

 

 Que pensez-vous de la couverture par les médias des évènements actuels en Crimée ?

En France il a eu un gros problème  de couverture de l’annexion de la Crimée par les médias. L'annexion et le « référendum » ont été présentés comme quelque chose de bien fait, solide, demandé par la population.  Le lendemain du référendum,  le 17 mars,  quand j’ai ouvert le journal du matin,  j’ai vu un petit article « le référendum a eu lieu, 90% de la population de Crimée a voté pour ». Aucune mention que c’était complètement obscur et illégal, préparée en 10 jours sans accès aux registres électorales de la Crimée et dans la situation de blocage absolu physique et médiatique de l’état Ukrainien dans la Péninsule. Personne ne saura jamais combien de personnes sont vraiment venues et comment ils ont voté. Quand je parle aux personnes ici, je vois que tout ce que les français ont retenu sur le sujet : ce n’était pas conforme aux lois ukrainiennes mais bien fait et voulu pour la population.  Aujourd’hui on n’en parle plus du tout, et ça produit chez les français une sensation du fait accompli. 

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 Qu’en est-il avec les droits de l’homme ?

La situation avec les droits de l’homme est un désastre. D’abord, juste après l’annexion, ce sont les droit des personnes physiques qui ont été violés (meurtres, enlèvements, pressions physiques ...). Plus tard, les violations de droits de propriété ont commencé par les expropriations des biens, sociétés, etc.

Il n’y a pas de domaine de droits de l’homme (vie, santé, religion, instruction, activité économique, liberté de rassemblement,…) où il n’y a pas de violations.

Il est intéressant que,  dans presque toutes les types de violations la force exécutive est la structure appelé «Self-défense de la Crimée » : une organisation illégale militarisée formée en février-mars 2014 pour accompagner l’invasion de « hommes verts » et intimider la population pro-ukrainienne. Ces groupes  sont liés à Aksenov, actuel premier ministre qui a un passé criminel, et agissent avec son support non-officiel, voire selon ses ordres.   

 

Quelle est votre vision de l’avenir de la Crimée – à moyen terme ?

On peut envisager plusieurs scénarii : selon l’évolution de la situation économique en Russie, et les actions de l’Ukraine. Le pire scenario pour moi est celui ou l’Ukraine agit comme aujourd’hui – donc rien, pas de politique pour la Crimée et les citoyens ukrainiens de la Crimée. Même si la Russie va mal, et la Crimée va aller mal économiquement avec la Russie, il n’y a pas de forces internes en Crimée qui peuvent générer le retour à l’Ukraine.

Je pense aussi que, même si la Russie arrive à bien gérer la crise économique interne et retourne à la croissance en 1 à 2 ans, la situation économique en Crimée et son développement vont se dégrader petit à petit. Il n’y a pas de forces positives dans le pouvoir de la Crimée ou en Russie qui sont motivées à développer la Crimée. Les motivations du nouveau pouvoir est de profiter au maximum des financements fédéraux pour les projets en Crimée, de répartir les biens locaux etc. La population aussi n’envisage pas de faire des efforts, le « charme » de la Russie pour eux est dans le fait que la Russie va penser à tout et qu'ils n’ont rien à faire.

 

Quel est le destin des réfugiés de Crimée en Ukraine ? En Russie ?

Les réfugiés de Crimée en Ukraine (qu'on doit appeler "personnes déplacées internes" pour ne pas reconnaître l’annexion)  sont aujourd’hui autour de 20 000 personnes, dont 7 000  Tatars de Crimée. Ils ont eu très peu ou pas de support de l’état. La seule chose que l’état à plus ou moins fait était de donner à certains des logements provisoires (sanatorii), donner une résidence provisoire en Ukraine continentale (nécessaire pour percevoir les pensions et les aides sociales) et transférer les étudiants des universités de Crimée aux universités de l’Ukraine continentale.

Pour le reste, y compris le statut de personne déplacée, cadre légal pour les entrepreneurs de Crimée, aide aux familles en difficulté, travail, logement long-terme … rien n’est fait.

Les bénévoles aident les réfugiés dans la vie de tous les jours (nourriture, articles d’hygiène, vêtements, jouets..).

Je ne connais pas de réfugiés de Crimée en Russie, mais il ne doit pas y en avoir beaucoup. Le seul cas que j’ai entendu est un dirigeant d’une entreprise à Kertch qui a perdu son poste après la visite de la « self-défense de Crimée » (l’usine qui était la propriété de Firtash est passée  propriété russe). Cette personne est allée vivre en Russie où il semble y avoir trouvé un autre poste.

Il y a par contre des personnes de l’est de l’Ukraine qui sont venus cet été en Crimée « pour fuir la guerre », et effectivement certaines ont été envoyées en Russie, mais je ne connais pas leur destin.

 

Certaines personnes du Donbass veulent partir vivre en Crimée. Quel conseil vous leur donneriez ?

S’ils ont de la propriété en Crimée, je pense qu’ils peuvent déménager et même demander la citoyenneté russe. Sinon, il ne me semble pas que la Russie fasse des centres d’accueil pour eux en Crimée.

Propos reccueillis par Olga Gerasymenko

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 22:35

amc logoEntretien avec Dmytro Atamanyuk de l'Association Aide Médicale & Caritative France-Ukraine

 Comment est née l’idée de l’Association ? 

L’idée est née suite aux premiers blessés de la Place Maïdan à Kyiv et les besoins de coordonner l’aide et les soins à l’étranger pour les blessés ukrainiens. 

Lors des discussions dans la « cellule » du Collectif « Euromaïdan  Paris », il a été décidé qu’une association médico-caritative franco-ukrainienne serait optimale pour mener à bien les premiers projets. 

dmytroQuelles sont les actions menées ? Des exemples précis ? 

Nous avons débuté en organisant les soins pour 3 blessés – des manifestants civils de la Place Maïdan - à Paris, pour des interventions ophtalmologiques (oculoplastie, prothèses oculaires…) en partenariat avec le fond caritatif ukrainien IASU « International Association for Support of Ukraine » (mapu.org.ua) et S-Te KARE. 

Ensuite,  nous avons pu arranger la venue d’un jeune blessé de l’est de l’Ukraine, pour une opération de greffe du nerf sciatique. 

Depuis, les membres de notre Association ont organisé plusieurs missions de chirurgiens français en Ukraine, pour mener des consultations et assister aux opérations.

Actuellement, 2 jeunes neurochirurgiens ukrainiens sont en stage à l’hôpital Européen Georges Pompidou, grâce au soutien de l’Ambassade de France en Ukraine (http://www.vmu.ssu.gov.ua/top5/29).

Une autre action est en cours en permanence : la collecte de matériel médical et de vêtements chauds pour venir en aide aux hôpitaux, très sous-équipés, de l’est de l’Ukraine. Ces hôpitaux reçoivent malheureusement un flux continu de blessés, toujours aussi important malgré le cessez-le-feu. 

De quelles aides auriez-vous besoin et par quels moyens nos lecteurs peuvent-ils vous porter assistance ? 

Nous recherchons des médecins bénévoles, pour nous assister dans nos actions de « missions-stages » des médecins. Nous cherchons aussi des bénévoles dans toute la France pour démarcher les hôpitaux et maisons de retraite  pour collecter du matériel médical et des pansements dans leur localité. 

Nous nous occupons des convois humanitaires vers l’Ukraine. 

Il est aussi possible de faire un don via notre site internet  AMC (http://amc.ukr.fr) ou de nous envoyer un chèque (à l'ordre 'AMC France-Ukraine' à l’adresse: AMC France-Ukraine, 3 Rue de la Liberté, 77500 Chelles) et nous contacter: amc at ukr.fr.

Avez-vous le support des institutions tant en Ukraine qu’en France ? 

Nous sommes soutenus par les deux ambassades. 

L’ambassade d’Ukraine en France a organisé plusieurs événements culturels dans ses locaux, et l’ambassade de France en Ukraine apporte un soutien pour les stages des médecins et  facilite l’obtention des visas pour les blessés soignés en France, ainsi qu’un projet humanitaire commun avec la coopération d’une organisation caritative ukrainienne (IASU). 

Bien entendu, nous souhaitons étendre nos contacts et développer le support des institutions de France tant au niveau médical qu’humanitaire, comme le font beaucoup de pays d’Europe, notamment l’Allemagne.

En Ukraine, nous travaillons avec plusieurs ONG de confiance. Elles nous aident par des moyens logistiques, pour l’arrivée des blessés et les soins en France, ainsi que par le dédouanement de l’aide humanitaire et la distribution des secours dans les différents hôpitaux d’Ukraine.  

amc benevoles

Une fondation a-t-elle été créée? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ? Auriez-vous besoin d’une telle structure ? 

Il n’y a pas actuellement de fondation créée. Cette structure pourrait être envisagée à plus long terme, afin de pouvoir récolter des donations et legs. 

L’objectif à court terme est de faire reconnaître et confirmer l’intérêt général de notre Association (« Aide Médicale et caritative France-Ukraine » - AMCFU) par les services fiscaux.

Propos recueillis par Camille Kourbas

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 22:15

Le bulletin de Janvier 2015 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes ou en cliquant ici

 

Au sommaire

p. 2 - 3 : Interview de Ksenya Rulik, criméenne: « Le statut actuel de la Crimée est avant tout une base militaire »
p. 4 - 5 : Entretien avec Dmytro Atamanyuk, - Association Aide Médicale & Caritative France-Ukraine
p. 6 - 7 : A vos agendas !
p. 8 : Actualité du livre

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 00:31

college des bernardinsÀ l’occasion de la sortie de l’album Hiéroglyphes de la nuit, pièces pour deux violoncelles chez ECM, le Collège des Bernardins reçoit le compositeur ukrainien Valentin Silvestrov les 14 et 15 janvier 2015 pour une table ronde et un concert exceptionnel.

 

CP_Bernardins_ValentinSilvestrov-1.jpgValentin Silvestrov est né à Kiev en 1937.

Dans les années 1960, il est à la pointe de l’avant-garde de son pays, composant et suivant les préceptes du sérialisme qui se développe en Occident. Après cette première période, qui lui vaut d’être mis à l’index dans son pays – mais de remporter quelques triomphes de l’autre côté du Rideau du Fer –, Silvestrov infléchit sa manière pour, dit-il, sortir du « ghetto de l’avant-garde ». Qualifiant sa musique de « métaphorique », il renoue avec le néoclassicisme et fait coexister une infinité d’expressions et d’esthétiques.

 

PROGRAMME

Mercredi 14 janvier 2014, 20h30 – grand auditorium

Rencontre avec Valentin Silvestrov

Le Collège des Bernardins organise une soirée autour de Valentin Silvestrov, en présence du compositeur, pour parler de son travail, de son oeuvre et de ses rapports à l’Ukraine.

La projection de Dialoogid - Helilooja Valentin Silvestrov, un film documentaire de Dorian Supin, sera suivi d’une table ronde composée de :

Antoine Arjakovsky, codirecteur du département « Société, Liberté, Paix » du pôle de recherche du Collège des Bernardins

David Sanson, programmateur musique au Collège des Bernardins à l’initiative du cycle « Alterminimalismes »

Valentin Silvestrov, compositeur

Constantin Sigov, philosophe

Jeudi 15 janvier 2015, 18h – cellier

Carte blanche à Constantin Sigov

Philosophe et professeur de philosophie à l’Académie Mohyla de Kiev, Constantin Sigov est une voix importante pour comprendre les enjeux actuels de la crise ukrainienne. En écho à la venue de son compatriote et ami le compositeur Valentin Silvestrov, Constantin Sigov répondra à Antoine Arjakovsky et dressera un portrait en creux de la situation culturelle et politique de son pays.

Jeudi 15 janvier 2015, 20h – nef

Concert - Hiéroglyphes de la nuit

Dans le cadre du cycle « Alterminimalismes »

Avec : Anja Lechner et Agnès Vesterman (violoncelles) et au piano Valentin Silvestrov

Les violoncellistes Anja Lechner et Agnès Vesterman interpréteront Hiéroglyphes de la nuit qui donne son titre au disque qu’elles publient chez ECM.

Pour écouter Silent Song de Valentin Silvestrov

 

Pour en savoir davantage, consultez le dossier de presse.

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 09:34

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 17:59

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 11:34

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Abraham Mintchine, né en 1898 à Kyiv, a été mis en apprentissage à l’âge de treize ans dans la boutique d’un orfèvre. Il y perd la santé, mais apprend à travailler l’or, matière précieuse symbole de l’esprit qu’il manipulera jusqu’à s’imprégner de sa lumière qui irradiera plus tard ses toiles.

Remarqué pour son aptitude au dessin, Mintchine est admis en 1914 à l’Ecole des Beaux-Arts de Kyiv sur la recommandation du poète Samuel Marchak. Kyiv, ville méridionale ouverte aux influences de l’Orient, est alors le berceau du futurisme littéraire et pictural, une étape pour les expositions artistiques itinérantes, un lieu de rencontre pour les créateurs de tous bords désireux de créer une culture originale conciliant modernisme et héritage national (art populaire ukrainien, art sacré et folklore juif). 

L’atelier d’Alexandra Exter, pionnier de l’art du XX siècle, est un des salons de l’élite intellectuelle de la ville.

Si l’on ne peut affirmer avec certitude que Mintchine fut l’élève d’Alexandra Exter, l’atmosphère artistique de la capitale ukrainienne joua certainement un rôle dans sa formation.

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En 1923, Mintchine rejoint Berlin en compagnie de sa femme Sonia, artiste lyrique. L’étape berlinoise marque une rupture ; guéri de la « maladie infantile de la peinture » qu’est cubisme, l’art de Mintchine va connaitre à Paris une évolution rapide : personnages et objets, libérés du trait noir qui cernait et les emprisonnait, s’entoureront d’une aura de lumière qui les transfigure. 

Les tableaux de Mintchine, exposés au Salon des Tuileries, aux Indépendants et au Salon d’automne, attirent l’attention des critiques et collectionneurs. Il expose en 1928 à la galerie Margaret Henry, l’année suivante chez Alice Manteau, puis chez Zborowski. Trois de ses œuvres figurent à la section russe de l’exposition française d’art contemporain à Moscou. La même année nait sa fille Irène qu’il représentera dans son berceau, veillée par un ange...

Le contrat signé avec René Gimpel en 1930 le met à l’abri du besoin et lui permet de se consacrer entièrement à la peinture en Provence. 

Le 25 avril 1931, le peintre meurt d’une rupture d’anévrisme, à la Garde, près de Toulon. Sa mort prématurée, puis la dispersion de ses toiles ont privé Mintchine d’une reconnaissance que connaitront ses amis, Gontcharova, Larionov, Lanskoy, Soutine et d’autres. L’unique toile de Mintchine en Europe de l’est se trouve dans la galerie publique dans la région de Penza (Russie). 

Massimo Di Veroli veille sur l’héritage artistique d’Abraham Mintchine.  Courant décembre 2014, il vous accueillera dans  sa galerie, au 19 rue Miromesnil à Paris, à l’exposition « Paysages urbains: Paris-Toulon-Colliour ».

(les éléments biographiques proviennent du texte de Hélène Menegaldo de la monographie « Abraham Mintchine  1898-1931» éditée par Massimo Di Veroli). 

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 10:22

 

Rencontre avec Maxime Deschanet, doctorant à l'INALCO, auteur de la préface de « Histoire de la guerre des cosaques contre la Pologne »

maxime.jpgDans quel contexte historique et politique s'est développé la cosaquerie ukrainienne ?

La naissance des Cosaques ukrainiens fut la conséquence de la longue guerre entre sédentaires et nomades qui ruinaient les produits de la civilisation. C’est donc en temps qu’organisation d’auto-défense que cette classe de paysans-soldats se développa et prit, sous le nom de Cosaques, une part active dans l’Histoire ukrainienne. 

  Les Cosaques formèrent alors une nouvelle aristocratie pour la population ukrainienne, et devinrent ce qui est considéré comme un phénomène historique unique. 

Les Cosaques n’existaient pas uniquement en Ukraine. Des conditions analogues créées par les risques d’attaques tatares engendrèrent, en Russie, la création de communautés similaires sur le Don, le Terek et le Iaik.

  L’oppression sociale, introduite par la Pologne en Ukraine après l’Union de Lublin - digne d’un empire colonial selon Daniel Beauvois - servit les Cosaques en leur fournissant un nombre croissant de recrues, fuyant le servage et les taxes exorbitantes. La même chose se produisit en Moscovie. Les Cosaques étaient donc vus comme un refuge pour les mécontents en quête de liberté. De même, les historiens russes considèrent les Cosaques russes comme des éléments rebelles : bien qu’ils rendirent de grands services à la Moscovie, en conquérant et colonisant de vastes territoires dans l’Oural ou la Sibérie, les Cosaques russes étaient toujours en opposition avec le gouvernement qui les employaient ; et les conflits furent fréquents jusqu’à la révolte de Pugatchev, à la fin du XVIIIème siècle. Après cet événement, le gouvernement russe conquit totalement ses Cosaques et les  transforma en des troupes soumises, mais toujours irrégulières.

  Les Cosaques d’Ukraine connurent une évolution différente. Ils étaient en opposition constante avec le gouvernement polonais. Mais l’Ukraine était gouvernée par des étrangers et l’opposition n’était pas seulement sociale : elle avait également des caractères politique, national et religieux. C’est pour cela que le rôle joué par les Cosaques en Ukraine fut dissemblable de celui en Russie.

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Que sait-on de Pierre Chevalier et dans quel but  a-t-il écrit l’Histoire de la guerre des Cosaques ?

Les biographes, comme les bibliographes, sont complètement muets sur Pierre Chevalier et nous n'avons d'autres renseignements que ceux qu'il nous a donnés lui-même : à savoir, qu'il a voyagé en Pologne dans les années 1640 (il semble d’ailleurs parler polonais, car toutes les villes sont nommées avec l’orthographe polonaise correcte de l’époque), qu'il a été secrétaire de l'ambassade de France à Varsovie en 1648 et qu'il a commandé un régiment de 2000 Cosaques engagés dans les armées françaises, avant de siéger à la Cour des Monnaies. Selon ses propres dires, Chevalier a rédigé son ouvrage car "estant informé du peu de commerce que nous avons avec les Cosaques et les Tartares, qui sont gens d'ailleurs à ne pas autrement occuper à escrire leurs Histoires, ne trouvoit pas estrange que l'on en ait dit si peu de chose" ; il désirait ainsi "rendre publiques tant de belles actions, qu'ils se sont contentés de faire seulement, sans prendre aucun soin de les transmettre à la postérité, ou de les débiter aux autres nations".

 

Quel portrait Pierre Chevalier dresse-t-il de Bohdan Khmelnytsky ? Et plus généralement comment considère-t-il les cosaques ?

  L’opinion de Pierre Chevalier sur les Cosaques n’est pas très cohérent : en dépit de sa prétention d’être l’historien des Cosaques ukrainiens et sa probable admiration envers Bohdan Khmelnitski, qu’il appelle le « Cromwell de l’Est ; ambitieux, brave et courageux comme celui d’Angleterre », il est très critique envers ces derniers et les considère comme rebelles. Cela peut se justifier par plusieurs raisons.

  Tout d’abord, Pierre Chevalier est un noble et un catholique, ce qui créé une solidarité de classe et de religion entre l’auteur et la noblesse polonaise. Donc il lui était impossible de soutenir une révolution nationale et sociale comme celle de 1648.

  Néanmoins, Chevalier ne pouvait passer sous silence les injustices imposées par l’impérialisme polonais aux Ukrainiens, en particulier  le servage : « Les paysans de l’Ukraine et des provinces voisines sont comme des esclaves […] étant obligés de travailler trois ou quatre jours de la semaine pour leurs seigneurs, soit avec leurs chevaux ou de leurs bras… ». En conséquence, l’auteur justifie les révoltes : « Il ne faut pas s’étonner de leurs fréquentes révoltes, et si dans les dernières guerres ils ont disputé et défendu leur liberté avec tant d’opiniâtreté ; mais ce rude esclavage a faire éclore tous ces braves Cosaques Zaporogues, dont le nombre s’est fort accru depuis quelques années par le désespoir […] en les contraignant d’aller chercher leur liberté et la fin de leurs misères parmi les autres ».

 

Comment expliquez-vous que dans la seconde partie du XVIIe siècle, la France manifestait un certain intérêt pour l'Ukraine ?

  Le phénomène des Cosaques, défenseurs et combattants de la liberté, était attrayant pour les Français et l’Europe occidentale en général, et nombreux ont été fascinés par ces protecteurs de la foi, par leur justice sociale et leur ordre démocratique exemplaire. Cependant cet intérêt ne date pas de la seconde moitié du XVIIème siècle. Selon Arkady Joukovsky, dès 1531- date de la première mention des Cosaques en France - les informations et les rapports les concernant se sont multipliés et saluaient la nouvelle force chrétienne contre les infidèles, suite aux opérations maritimes que les Cosaques entreprirent au début du XVIIème siècle en Mer Noire où, grâce à de petits navires nommés  Chaïkas (littéralement « mouette » en Ukrainien) les Cosaques défiaient le puissant Empire ottoman, encore très puissant à l’époque.

 

Quel regards les historiens ukrainiens portent-t-ils sur l'Histoire de la guerre des Cosaques ?

  La première étude entièrement consacrée à l'Ukraine faite par un Français, qui plus est ayant vécu dix-sept ans sur place, fut la monographie de Guillaume Le Vasseur de Beauplan, Description d'Ukranie  (réédité par L’Harmattan en 2002). Son ouvrage a eu un succès exceptionnel. Outre quatre éditions, pendant la vie de l'auteur - 1651, 1660, 1661 et 1673 -, il fut également publié aux XIXème et XXème siècles, traduit dans plusieurs langues et servit même à Nikolaï Gogol pour son roman Tarass Boulba.

  L’Histoire de la guerre des Cosaques, parut douze ans après la Description d’Ukranie, a largement été occultée par cette dernière, comme le montre le nombre d'éditions (3 contre 8 pour les éditions françaises, toutes époques confondues), et fut même ignorée par certains historiens, dont le grand historien ukrainien Mykhailo Hrushevsky. Une critique injuste sur l'Histoire de la Guerre des Cosaques contre la Pologne est qu'il s'agirait d'une simple compilation des ouvrages de Beauplan et de Pastorius. Les deux premiers chapitres (Les "Discours") seraient une reproduction de l’œuvre de Beauplan, tandis que les deux derniers, sur la guerre des Cosaques, seraient issus de Pastorius. Pastorius étant un écrivain polonais qui, en 1652, a écrit sa version de la guerre des Cosaques, en s'arrêtant à la paix de Bila Cerkva de 1651. Or, Chevalier, qui écrit en 1663, termine également son ouvrage en 1651, alors que la guerre n'était pas terminée.

  Néanmoins, il faut reconnaitre que, sur le plan historique, l’Histoire de la guerre des Cosaques dépasse de loin la Description d’Ukranie. En effet, Pierre Chevalier a tout de même fait un véritable travail d’historien car il s’est appuyé sur des sources, et parfois même trop. En effet, le Discours des Tatars Précopites est très proche des écrits de Beauplan sur ces mêmes Tatars, ce qui fait que l’ouvrage de Chevalier fut souvent considéré comme une reprise de l’ouvrage de Beauplan. Mais, pour toutes les raisons évoquées plus haut, on peut affirmer que, sur le plan historique, l’ouvrage de Chevalier dépasse de loin celui de Beauplan et représente un véritable travail d’historien, selon les critères du XVIIème siècle. Et pour cela il faut vraiment promouvoir son utilisation comme source sur le soulèvement de Khmenitski, connu dans l’historiographie ukrainienne comme « Guerre de libération du peuple ukrainien". L’ouvrage de Pierre Chevalier a été actualisé en Ukraine, grâce à plusieurs travaux, dont la traduction ukrainienne réalisée sous les auspices de O.Bevzo et A.Baraboj, à l’Institut d’Histoire de l’Académie de Kyïv, en 1960, ainsi que les travaux plus récents de E.Lunyak parus en 2011 dans le Journal historico-archéologique de Soumy, « Les travaux de Pierre Chevalier : une première étude de la révolte de Khmelnitski en France ».

Propos recueillis par Frédéric du Hauvel

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