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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 13:50

A2_Parisianer_new-version.jpgUne exposition très originale a eu lieu à Kiev, en Ukraine, entre le 9 et le 26 octobre 2014. 100 artistes, français et étrangers, ont créé les couvertures d’un magazine imaginaire : « The Parisianer ». Grâce à cette initiative, les kiéviens ont pu flâner dans un Paris peu ordinaire et inattendu, admirer les images inspirées par la ville Lumière. En décembre 2014, le livre issu du projet a vu le jour. Perspectives a rencontré Aurélie Pollet, co-directrice artistique et illustratrice de « The Parisianer ».

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

Nous avons travaillé sur ce projet avec Michaël Prigent, l’illustrateur. Cela faisait longtemps que l’on voulait organiser un projet collaboratif. Nous avions envie de rassembler des artistes.

Tout au début, j’ai résidé à La cité Internationale des Arts. Nous avions auparavant développé un projet de bande dessinée en autoédition, avec une trentaine d’illustrateurs. Cela nous a plu et on a voulu faire d’autres projets, avec d’avantages d’artistes.

Depuis longtemps Michaël avait une idée en tête : créer un équivalent parisien du magazine « The New Yorker ». Ces couvertures sont véritablement des références pour les illustrateurs. Il nourrit notre imaginaire. C’est en quelque sorte un rêve : devenir un jour un artiste assez important pour réaliser une des couvertures du « The New Yorker ».

Notre projet, c’était un moyen de proposer aux artistes de réaliser ce rêve au travers d'un exercice de style. Ce qui nous intéressait, en réalité, ce sont les couvertures et pas forcément le magazine en lui-même.

The-Parisianer-vernissage2.jpg« The Parisianer » est un magazine imaginaire, dont on ne crée que les couvertures. C’est surtout un prétexte de raconter Paris un peu différemment. Paris, c’est une ville qui a un rayonnement international, à laquelle on associe plein d’images, l’amour, le prestige… Ce qu’on voulait, c'était les grands clichés, offrir une interprétation d'un maximum des personnes, des artistes qui pourraient donner leur regard sur la ville, créer une nouvelle identité un peu décalée.

On a proposé ce projet à "La Cité Internationale des Arts", pour organiser une exposition. Nous avions à notre disposition un lieu de 500m2 pour 3-4 jours. C’était le point de départ.

Pour réaliser la gestion administrative et logistique du projet, nous avons créé une association : "La Lettre P", qui aujourd’hui promeut les arts graphiques et leurs auteurs auprès du grand public, par des actions fédératrices.

Et nous avons commencé à contacter des illustrateurs, un par un. On a travaillé pratiquement à temps plein pendant un an. Beaucoup d’efforts pour une exposition de seulement 3 jours. En parallèle nous avions envie qu’il existe un objet éditorial, un livre d’exposition, afin de pérenniser ce projet. Pour le financer, nous avons fait appel au site de « crowdfunding » KissKissBankBank. C’était la seule manière pour nous de réaliser ce projet car nous n’avions pas de subventions.

Notre première exposition a duré trois jours et cela a été un grand succès : nous avons accueilli six mille personnes. On a beaucoup travaillé en amont sur la communication. Notre livre d’exposition est sorti en mars 2014.

COUV-The-Parisianer--2-.jpgComment vous avez eu l’idée de partir exposer en Ukraine ?

Quelque temps après, nous avons été contactés par l’Institut Français en Ukraine. Ils cherchaient une exposition qui aurait pour but de valoriser la culture française en Ukraine.

L’idée de la présentation positive de Paris leur a plu.

Nous nous sommes demandé si c’était le bon moment pour faire cette exposition à Kiev. Peut-être que le public avait autre chose à penser… Ou était-ce peut-être un peu trop superficiel… Mais ce projet était, bien au contraire, le bienvenu. Nous avons été contactés au mois de mai 2014 par les représentants de l’Institut Français en charge des manifestations culturelles.

Nous sommes allés à Kiev le 3 octobre pour installer l’exposition qui a été inaugurée les 6 et 7 octobre. L’exposition devait durer 15 jours au Musée des Trésors spirituels de l'Ukraine.

Nous étions contents d’être là-bas. Cela nous a permis de montrer notre travail et parler aux Ukrainiens. Nous sommes allés faire une présentation du projet à l’Académie des Beaux-Arts et à la faculté de l’architecture. Nous avons pu échanger avec les étudiants Ukrainiens en art. C’était une très belle expérience. Le directeur nous a fait visiter l’école, a montré comment les étudiants travaillaient, quelle était la pédagogie artistique, les méthodes de travail. Nous avons été stupéfaits par la qualité technique impressionnante des réalisations des étudiants. Mais leur approche est tournée vers le classique et l’académique, manière moins expérimentale comparée à notre formation.

Après avoir montré notre projet aux étudiants, nous avons voulu mettre en avant ce qui nous intéressait le plus : le côté collaboratif, le fait que plusieurs artistes se rassemblent pour travailler. C’est un point important pour nous, car trop souvent les artistes travaillent en free-lance. On a trouvé que nous étions plus forts ensemble et on a pu éviter l’esprit de concurrence. Grâce à ce projet, les illustrateurs qui étaient peu connus font maintenant les couvertures pour Télérama, travaillent pour la RATP… Après les étudiants, nous avons pu rencontrer à Kiev les artistes « révolutionnaires » de Maïdan. C’était une vraie rencontre artistique, car ce sont véritablement des artistes engagés qui, grâce à leur démarche, mènent un combat pour la liberté.

Actuellement, nous organisons, dans une galerie parisienne, la Slow Galerie : une exposition (qui aura lieu du 13 au 26 avril 2015) avec des peintres et illustrateurs qui font partie des nombreux artistes ukrainiens à avoir exprimé de manière forte leur perception des événements de Maidan. Vous pourrez découvrir le travail de Kristina Yaroch, Yvan Semesyuk, Olexa Mann et les frères Braty. Suivez nos annonces !

 

Les artistes-créateurs des couvertures de The Parisianer:

Aki, Baptiste Alchourroun, Aseyn, Magali Attiogbé, Thomas Baas, Morgane Bader, Yann Bagot, Juliette Baily, Vincent Bergier, Karine Bernadou, Camille Besse, Ugo Bienvenu, Serge Bloch, Tristan Bonnemain, Vincent Boudgourd, Jérémy Boulard Le Fur, Paul Bourgois, Wassim Boutaleb J., Marc Boutavant, Annabelle Buxton, Philippe Caron, Astrid de la Chapelle, Camille Chevrillon, Chez Gertrud, Charline Collette, Julien Couty, Dominique Corbasson, Cruschiform, Jessica Das, Idir Davaine, Antoine Doré, Perrine Dorin, El don Guillermo, Estocafich, Clément Fabre, Amélie Falière, Malika Favre, Jacques Floret, Fräneck, Charlotte Fréreau, Cécile Galland, Caroline Gamon, Claire de Gastold, Iris Hatzfeld, Tom Haugomat, Antony Huchette, Icinori, Marie Jacotey-Voyatzis, Martin Jarrie, Jean Jullien, Yann Kebbi, Camille Lavaud, Gwendal Le Bec, Kevin Lucbert, Pierre-Emmanuel Lyet, Vincent Mahé, Kevin Manach, Jean-François Martin, François Maumont, Catherine Meurisse, Philippe Mignon, Mima, Virginie Morgand, Mügluck, Bénédicte Muller, Julien Phoque, Vincent Pianina, Aude Picault, Alain Pilon, Nicolas Pinet, Placid, Aurélie Pollet, Clémence Pollet, Emiliano Ponzi, Charlie Poppins, Jeff Pourquié, Michael Prigent, Federica Del Proposto, Anne-Margot Ramstein, Romuald Reutimann, Lou Rihn, Ludovic Rio, Rocco, Bruno Salamone, Tom Schamp, Lionel Serre, Signecopine, Anne Simon, Karolis Strautniekas, Erwann Surcouf, Caroline Sury, Sandrine Thommen, Sébastien Touache, Charlotte Trounce, Brecht Vandenbroucke, Quentin Vijoux, Stephen Vuillemin, Olimpia Zagnoli, Lisa Zordan, Ping Zhu.

 

Propos recueillis par Olena Codet

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 14:22

Théâtre musical

Direction musicale Emmanuèle Dubost-Bicalho

Mise en scène et dramaturgie Simon Hatab

Ensemble Théa-Chœur

Coproduction Anis Gras

L’idée de ce spectacle de théâtre musical est née dans le sillage des élections européennes de mai 2014, qui se sont soldées par une montée sans précédent de l’extrême-droite. Ce qui a été qualifié de « séisme politique » est venu confirmer le climat délétère dans lequel se déroule désormais la construction européenne : crise de la représentation démocratique, replis identitaires, backlash sociétal, triomphe de la pensée extrême et réactionnaire…

« Qu’est-ce que l’Europe, aujourd’hui ? » Partant de cette question, Anis Gras le lieu de l’autre a organisé une série de rencontres et d’entretiens avec la population locale d’Arcueil : des Arcueillais-es de tous les horizons, dont le point commun et d’avoir souvent traversé d’autres pays avant de venir s’établir en France. Simon Hatab a écrit un spectacle à partir de ces témoignages : mettant en scène ces fragments de vie – expérience du déracinement, quotidien en France, rapport aux institutions… - il les confronte aux discours politiques qui ont résonné dans les médias au moment des élections.

Un ensemble de chants issus de tous les répertoires de toute l’Europe – Britten, Saint-Saëns, Brahms, Macfarren, chant des folklores serbe, roumain, chant de Maïdan, jusqu’aux chansons de variété contemporaine – construit et dirigé par Emmanuèle Dubost-Bicalho, noue un dialogue sensible avec ces saynètes en jetant sur elles une lumière poétique et politique.

Sur scène, musique et théâtre tissent un spectacle éclaté – drôle, sombre, grinçant, touchant – qui tente de reposer la possibilité fragile d’un récit personnel et collectif, d’une histoire de l’Europe à venir.

Ce spectacle sur l'Europe mettra face à face le questionnement des occidentaux "blasés" par rapport à l'Europe avec le combat de ceux qui ont donné leur vie pour les valeurs européennes. On y racontera Maïdan et la troupe française entonnera le chant de commémoration des héros de Maïdan en ukrainien.

 

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Pour en savoir davantage, rendez-vous sur le site d'Anis Gras.

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 00:31

college des bernardinsÀ l’occasion de la sortie de l’album Hiéroglyphes de la nuit, pièces pour deux violoncelles chez ECM, le Collège des Bernardins reçoit le compositeur ukrainien Valentin Silvestrov les 14 et 15 janvier 2015 pour une table ronde et un concert exceptionnel.

 

CP_Bernardins_ValentinSilvestrov-1.jpgValentin Silvestrov est né à Kiev en 1937.

Dans les années 1960, il est à la pointe de l’avant-garde de son pays, composant et suivant les préceptes du sérialisme qui se développe en Occident. Après cette première période, qui lui vaut d’être mis à l’index dans son pays – mais de remporter quelques triomphes de l’autre côté du Rideau du Fer –, Silvestrov infléchit sa manière pour, dit-il, sortir du « ghetto de l’avant-garde ». Qualifiant sa musique de « métaphorique », il renoue avec le néoclassicisme et fait coexister une infinité d’expressions et d’esthétiques.

 

PROGRAMME

Mercredi 14 janvier 2014, 20h30 – grand auditorium

Rencontre avec Valentin Silvestrov

Le Collège des Bernardins organise une soirée autour de Valentin Silvestrov, en présence du compositeur, pour parler de son travail, de son oeuvre et de ses rapports à l’Ukraine.

La projection de Dialoogid - Helilooja Valentin Silvestrov, un film documentaire de Dorian Supin, sera suivi d’une table ronde composée de :

Antoine Arjakovsky, codirecteur du département « Société, Liberté, Paix » du pôle de recherche du Collège des Bernardins

David Sanson, programmateur musique au Collège des Bernardins à l’initiative du cycle « Alterminimalismes »

Valentin Silvestrov, compositeur

Constantin Sigov, philosophe

Jeudi 15 janvier 2015, 18h – cellier

Carte blanche à Constantin Sigov

Philosophe et professeur de philosophie à l’Académie Mohyla de Kiev, Constantin Sigov est une voix importante pour comprendre les enjeux actuels de la crise ukrainienne. En écho à la venue de son compatriote et ami le compositeur Valentin Silvestrov, Constantin Sigov répondra à Antoine Arjakovsky et dressera un portrait en creux de la situation culturelle et politique de son pays.

Jeudi 15 janvier 2015, 20h – nef

Concert - Hiéroglyphes de la nuit

Dans le cadre du cycle « Alterminimalismes »

Avec : Anja Lechner et Agnès Vesterman (violoncelles) et au piano Valentin Silvestrov

Les violoncellistes Anja Lechner et Agnès Vesterman interpréteront Hiéroglyphes de la nuit qui donne son titre au disque qu’elles publient chez ECM.

Pour écouter Silent Song de Valentin Silvestrov

 

Pour en savoir davantage, consultez le dossier de presse.

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 11:34

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Abraham Mintchine, né en 1898 à Kyiv, a été mis en apprentissage à l’âge de treize ans dans la boutique d’un orfèvre. Il y perd la santé, mais apprend à travailler l’or, matière précieuse symbole de l’esprit qu’il manipulera jusqu’à s’imprégner de sa lumière qui irradiera plus tard ses toiles.

Remarqué pour son aptitude au dessin, Mintchine est admis en 1914 à l’Ecole des Beaux-Arts de Kyiv sur la recommandation du poète Samuel Marchak. Kyiv, ville méridionale ouverte aux influences de l’Orient, est alors le berceau du futurisme littéraire et pictural, une étape pour les expositions artistiques itinérantes, un lieu de rencontre pour les créateurs de tous bords désireux de créer une culture originale conciliant modernisme et héritage national (art populaire ukrainien, art sacré et folklore juif). 

L’atelier d’Alexandra Exter, pionnier de l’art du XX siècle, est un des salons de l’élite intellectuelle de la ville.

Si l’on ne peut affirmer avec certitude que Mintchine fut l’élève d’Alexandra Exter, l’atmosphère artistique de la capitale ukrainienne joua certainement un rôle dans sa formation.

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En 1923, Mintchine rejoint Berlin en compagnie de sa femme Sonia, artiste lyrique. L’étape berlinoise marque une rupture ; guéri de la « maladie infantile de la peinture » qu’est cubisme, l’art de Mintchine va connaitre à Paris une évolution rapide : personnages et objets, libérés du trait noir qui cernait et les emprisonnait, s’entoureront d’une aura de lumière qui les transfigure. 

Les tableaux de Mintchine, exposés au Salon des Tuileries, aux Indépendants et au Salon d’automne, attirent l’attention des critiques et collectionneurs. Il expose en 1928 à la galerie Margaret Henry, l’année suivante chez Alice Manteau, puis chez Zborowski. Trois de ses œuvres figurent à la section russe de l’exposition française d’art contemporain à Moscou. La même année nait sa fille Irène qu’il représentera dans son berceau, veillée par un ange...

Le contrat signé avec René Gimpel en 1930 le met à l’abri du besoin et lui permet de se consacrer entièrement à la peinture en Provence. 

Le 25 avril 1931, le peintre meurt d’une rupture d’anévrisme, à la Garde, près de Toulon. Sa mort prématurée, puis la dispersion de ses toiles ont privé Mintchine d’une reconnaissance que connaitront ses amis, Gontcharova, Larionov, Lanskoy, Soutine et d’autres. L’unique toile de Mintchine en Europe de l’est se trouve dans la galerie publique dans la région de Penza (Russie). 

Massimo Di Veroli veille sur l’héritage artistique d’Abraham Mintchine.  Courant décembre 2014, il vous accueillera dans  sa galerie, au 19 rue Miromesnil à Paris, à l’exposition « Paysages urbains: Paris-Toulon-Colliour ».

(les éléments biographiques proviennent du texte de Hélène Menegaldo de la monographie « Abraham Mintchine  1898-1931» éditée par Massimo Di Veroli). 

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 14:14

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Pour en savoir davantage, le rendez-vous sir le site du théâtre

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 20:45

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 14:58

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 22:50

galyna-nazarenko.jpgEn 2013, la peinture décorative de Petrykivka a été officiellement reconnue et ajouté à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous sommes allés à la rencontre de Galyna Nazarenko, peintre emblématique de cette expression de l’art populaire ornemental ukrainien, qui s’est impliquée pour que ce dossier de reconnaissance puisse aboutir. Plusieurs de ses œuvres sont exposées au centre culturel ukrainien (22 avenue de Messine, 75008 Paris).

- Quel est votre parcours ? Comment votre vocation a-t-elle vue le jour ?
Je suis née à Petrykivka (ndr: village de la région de Dniepropetrivsk, en Ukraine, qui a donné le nom à l’art populaire ornemental ) et j’y réside toujours.
Pourquoi je me suis mise à peindre ? J’ai réalisé un des rêves de ma mère qui n’avait pu l’accomplir en raison des difficultés résultant de l’après-guerre. Je me rappelle encore des nombreuses soirées passées avec elle à  pratiquer le dessiner.
J’ai énormément dessiné durant mon enfance ; à l’issue de mes études j’ai décidé de devenir peintre professionnel. On pourrait dire que Dieu m’a montré le chemin et m’a permis de progresser dans cette voie. Les obstacles me servaient de tremplin  pour avancer dans la vie. Lorsque mon entourage doutait de moi, cela me poussait à me surpasser, à devenir «quelqu’un». C’est ainsi que je me suis appliquée  à travailler avec pour objectif de participer à des expositions.  Ce sont  en effet les expositions qui montrent la valeur d’un peintre. Aujourd’hui à Petrykivka, il y a beaucoup de peintres qui travaillent uniquement pour produire des souvenirs pour les touristes, ils effectuent un travail routinier, dénué de créativité.
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- A quelles expositions vous avez participé ?
J’ai participé à une vingtaine d’expositions collectives. Mais ce qui est plus important pour moi, ce sont les expositions personnelles : j’en ai réalisé autant en Ukraine qu’à l’étranger : notamment en Bulgarie et en France (à Paris, au Centre culturel ukrainien  (2011), à Cognac (2012), dans la région lyonnaise (2013).
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- Quelle est l’histoire de Petrykivka?
Ce village est le berceau de la peinture décorative dont le style unique  est l’expression des arts et des traditions populaires. La fondation du village de Petrykivka par le Cosaque Petryk remonte à 1772. Les habitants du village étaient libres et ne subissaient pas le servage. 
L’art de Petrykivka est intimement lié à l’histoire du village dans lequel les cosaques avaient coutume de passer tout l’hiver avec leurs familles. On considère que les villageois de cette époque disposaient de suffisamment de temps libre pour s’adonner à la peinture. Les maîtresses de maison se sentaient obligées de décorer et de peindre les fours à pain chaque année pour les fêtes de Noël et de Pâques. Au fil du temps c’est devenu une sorte de compétition. Il existe une légende selon laquelle on ne pouvait adresser la parole à une maitresse de maison qui n’avait pas décoré son four à pain .
Mais à mon sens, cette tradition de peindre et de décorer les objets de la vie quotidienne existait également dans d’autres endroits en Ukraine, notamment dans la région voisine de Poltava. Nous avons eu beaucoup de chance car à Petrykivka cette tradition n’a pas disparue, elle a pu être sauvegardée et transmise jusqu’à nos jours et elle fait désormais partie du patrimoine de l’Unesco.
Il n’en reste pas moins que Petrykivka, est un petit village, les peintres n’ont pas toujours les moyens de voyager afin de pouvoir montrer leur art au monde entier. Pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup de soutien de la part de l’Etat et les initiatives privées sont peu nombreuses.
Avant la généralisation du papier peint, les Ukrainiens décoraient eux-mêmes leurs murs intérieurs. Les riches villageois de Petrykivka invitaient des peintres pour en assurer la décoration de la maison. 
Au fil du temps, ma mission a consisté à faire découvrir notre art traditionnel à l’étranger. Je suis en train de préparer ma prochaine exposition qui se tiendra en Bulgarie. Il est probable qu’elle se tienne en France (Lyon) et en Allemagne. J’ai par ailleurs reçue une proposition émanant d’Espagne.
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- Qu’est ce qui caractérise votre un style ?

Le style de Petrykivka plaît à tout le monde, il ne laisse personne indifférent. Il est très attrayant grâce à l’utilisation de couleurs vives et d’images positives. Chaque artiste place un peu de son âme dans ses œuvres qui reflètent sa sensibilité. Lorsque je préparais l’exposition se tenant en Bulgarie, j’ai remarqué que les couleurs de ma peinture étaient plus sombres que d’habitude. Ces œuvres avaient été réalisées durant une période d’incertitude quant à l’avenir de mon pays. On retrouve la marque de mes émotions dans mon travail.
Quel est mon style personnel ? Il repose sur un travail éclairé par la passion. J’ai une préférence pour les scène avec des personnages, notamment des cosaques. Cependant, le style Petrykivka,  c’est traditionnellement des fleurs et des oiseaux. J’aime m’appuyer sur un sujet, un thème, un concept. Mes sujets tournent autour des scènes de la vie ukrainienne traditionnelle. Ces dernier temps, je me suis tournée vers les sujets d’inspiration religieuse. Depuis le début des manifestations (novembre 2013) qui ont abouti à d’importants changements, j’ai voulu essayer quelque chose de nouveau. Je me suis mise à dessiner des anges. Ils représentent aujourd’hui à mes yeux la Centurie céleste (ndr: ce nom désigne les Ukrainiens tués fin février 2014, lors des affrontements entre les manifestants et les forces spéciales. La plupart d’entre eux ont été tués par des tirs de snipers…). J’avais réalisé cette peinture peu de temps avant cette tragédie, c’est mon intuition qui m’y avait poussée. J’ai dessiné une maison ukrainienne en hiver et au-dessus un ange. Ce n’est pas tout à fait un sujet traditionnel pour Petrykivka, mais j’avais envie d’innover. Une autre fois j’ai imaginé un oiseau de feu avant d’apprendre plus tard que le symbole de cette année selon l’ancien calendrier slave est un oiseau de feu qui renaît des flammes.  J’ai également participé à la décoration d’une petite église de bois au centre de Kyiv. Cela résulte d’un pur hasard car les représentants de cette église m’ont fait cette proposition après avoir visité mon exposition. Pour conclure, je voudrais dire que Petrykivka est une composante de l’âme de l’Ukraine. Ce style est né à l’époque du baroque cosaque, il représente l’esprit cosaque, la bataille pour la liberté et pour l’Ukraine. Les couleurs vives, couleurs primaires sont celles de la vie.
Propos recueillis par Olena Codet

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 16:41

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 21:46

 

Quels sont vos projets aujourd’hui ?

Notre tragédie (je fais référence aux événements en Ukraine de novembre 2013 jusqu’à aujourd’hui) nous a réunis, Ukrainiens et Français. Je suis venu présenter une nouvelle initiative qui s’appelle «l’Ukraine de la Nuit » qui a lieu le 14 mai à Paris, à la Bellevilloise.

 

C’est à la fois une discussion politique et une soirée musicale. C’était mon idée à la base, donc j’ai contacté Natalka Pasternak, présidente du Comité représentatif de la communauté ukrainienne en France. Beaucoup de gens ont répondu à cette initiative... Le malheur passera un jour, mais nous, nous devons rester actifs et solidaires. Nous nous sommes réunis afin de discuter de nos projets, des perspectives de collaboration. Il faut être très créatif et actif. Je suis venu pour la première fois en France à l’époque soviétique. Les Français ne connaissaient pas du tout les Ukrainiens. Lorsque nous avions joué de l’accordéon ici à Montmartre, les gens nous prenaient pour des Tsiganes ou bien des Juifs ou des Russes. Aujourd’hui, la situation a bien changé. Nous avons un statut différent, on nous perçoit et nous reçoit différemment.

 

 

Nous avons beaucoup de choses en commun, les Ukrainiens et les Français. Je peux citer quelques

personnalités qui font le lien entre les deux pays : Serge Lifar et Vaslav Nijinski (qui sont nés à Kiev) ou Gogol, Vertinski... Pendant très longtemps nous ne soupçonnions pas qu’il y a tant de liens entre nos cultures. Aujourd’hui je vois les Français qui connaissent mieux les Ukrainiens, qui sont devenus plus proches, plus attentifs... Je pense que la solidarité traditionnelle des Français s’est transformée en compassion, en chaleur humaine, en entreaide, ce qui est un trait de notre culture. Ce qui nous manquait à nous les Ukrainiens, c’est cette capacité et cette détermination à se battre pour ses droits, ténacité qui caractérise les Français.

 

D’autres projets à venir ?

Je vais me mettre à « rêver », car je suis le « rêveur » numéro un ! Mais si je dois parler sérieusement, je vais rencontrer mes partenaires et on va travailler sur des projets concrets, sur les « business plans ». Nous vivons des temps difficiles. Il y a beaucoup d’inquiétude quant à l’avenir de l’Ukraine.

 

Qu’est -ce que vous ressentez personnellement ? Quelle est votre position ?

Bien sûr, nous nous inquiétons pour l’avenir, nous avons peur pour nos proches... Nous entendons un grand nombre de conseils sur la façon de sortir de cette situation. Malheureusement, on entend toujours que « quelqu’un doit faire quelque chose », en Ukraine nous avons de grandes attentes vis-à-vis de notre Etat ou de notre gouvernement. Ma recette est très simple : dans des temps si difficiles, il faut se consacrer à des choses que nous savons bien faire, il faut avancer, rester actif, respirer, s’unir, travailler sur des sujets positifs. Il faut penser au jour où le malheur sera passé. Il faut réfléchir à ce que l’on doit faire pour que cela arrive, pour résoudre les problèmes. On doit imaginer un meilleur avenir et essayer de le créer.

 

 

Quels sont vos projets à venir en Ukraine ? Vous organisez toujours le festival « Kraïna Mriy » (« le Pays des rêves ») ?

D’ abord j’aurai quelques concerts dans les villes ukrainiennes avec le groupe « VV » (Vopli Vidopliassova). Je vais également donner quelques concerts de jazz. Nous préparons actuellement la 11ème édition du festival « Kraïna Mriy» dans un nouveau format, je l’appellerai « faisons le festival ensemble ». J’ai été inspiré par le festival d’Avignon auquel j’ai participé. Il y a deux parties : le programme « in », fait par les organisateurs et le programme « off » proposé par des associations, des groupes, des individus... Nous allons faire la même chose en Ukraine. Nous allons proposer une assistance technique (la scène, la lumière, la publicité etc.) aux participants afin qu’ils puissent réaliser leurs idées, leur programme. Nous avons un nouveau terrain pour le festival, un grand parc avec des lacs...

 

Nous avons déjà reçu des propositions intéressantes. Le moment est assez particulier pour réaliser ces idées. Même les Français remarquent que les Ukrainiens aujourd’hui proposent un nouveau modèle de société. L’organisation sur Maïdan a été extraordinaire ! Qui sait, peut-être, nous serons capables de trouver des solutions à des problèmes graves de la société moderne ?

 

Notre festival sera une sorte d’expérimentation sociale. Il est possible que dans l’avenir le festival soit entièrement pensé et réalisé grâce à des initiatives extérieures, à des groupes des participants eux-mêmes.

Propos recueillis par Olena Codet

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