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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 17:30

Inalco-conference-Ukraine-19-mars-2014.jpg

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 17:28

buklet_Martsevich_190314-copie-1.jpg

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 22:19

 

chevtchenko-logo.jpgSi les anniversaires de Taras Chevtchenko sont commémorés avec ferveur et solennité par tous les Ukrainiens, c’est parce qu’ils ont à coeur de rendre hommage à celui qui fut pour son peuple non seulement un poète de génie et un peintre remarquable, mais aussi et surtout leur guide et inspirateur dans la lutte qu’ils ont menée pour la libération nationale et sociale. La littérature ainsi que la vie culturelle et politique en Ukraine et le mouvement national même du XIXe siècle, de façon décisive, ont été formés par Chevtchenko.

 

Sa courte vie et son oeuvre abondante furent tout entières consacrées à l’exaltation de l’héroïsme des Cosaques Zaporogues et à la lutte pour l’indépendance de son peuple. Elles sont intimement liées au destin de sa patrie, ce que le poète a souligné dans sa note autobiographique : « L’histoire de ma vie est une partie de l’histoire de l’Ukraine ».

 

Fils de serfs, né le 9 mars 1814, dans la période tragique de l’asservissement de son peuple, l’enfant a été élevé par son grand-père dans l’esprit des traditions cosaques. Pris au service de son seigneur, le comte d’Engelhardt, propriétaire d’immenses domaines hérités du prince Potemkine, le jeune garçon se fit remarquer par ses dons exceptionnels pour le dessin, ce qui lui valut d’être mis en apprentissage à Varsovie puis à Saint-Pétersbourg. Pendant quatre ans il mena une existence peu enviable d’apprenti traité en domestique. Il se rendait en cachette au Jardin d’Eté et là, à la lumière diffuse des nuits blanches, il dessinait les statues qui ornaient le parc. Une nuit, un promeneur, un compatriote, le peintre Sochenko, le découvrit et fut frappé par le talent du jeune garçon, à l’aspect misérable. Il lui présenta Eugène Hrébinka, écrivain ukrainien, les peintres russes Brullov et Vénetsianov, Joukovski, le poète à la cour et précepteur du futur tsar Alexandre II. Ses nouveaux amis décidèrent d’affranchir le jeune homme. Le maître Engelhardt exigea la somme énorme de 2500 roubles pour cette valeur marchande sûre. On décida alors d’organiser une loterie avec pour lot unique le portrait de Joukovski, exécuté par Brullov. Une partie importante des billets fut achetée par la famille impériale. Le 22 mai 1838, fut le jour le plus beau dans la vie de Chevtchenko : il devint libre et se fit une place de choix parmi les élèves de l’Académie des Beaux-Arts.

 

chevtchenko-jeune.jpgJusqu’à l’âge de 24 ans il est connu comme peintre de talent, rien ne laissait présager sa vocation de poète. Transplanté dans la capitale nordique, brumeuse et glacée, le futur poète eut soudain la révélation de la beauté de son Ukraine natale, de ses paysages baignés de lumière, de ses villages aux maisons blanches, noyés dans la verdure de la majesté du Dnepr. C’est à ce moment qu’il commença sa carrière littéraire. Son oeuvre poétique est particulièrement riche. Les nouveaux genres cultivés par le poète ont été magistralement implantés dans la littérature ukrainienne. C’est à lui que l’on doit les ballades populaires fantastiques ou réalistes, les poèmes historiques exaltants ou révoltés, la satire politique ou sociale, les récits autobiographiques ou enfin la poésie lyrique inexistante avant lui. Son premier recueil de poèmes Kobzar (1840), du nom des chanteurs populaires ukrainiens qui s’accompagnaient à la kobza, lui valut une grande célébrité. Il fut salué par la critique ukrainienne et russe progressiste, sensible à son inspiration authentiquement populaire et à sa sincérité.

 

C’est justement l’oeuvre de Chevtchenko qui va placer définitivement l’ukrainien au rang de langue littéraire. Ses poèmes historiques (La nuit de Taras, Hamaliya, Ivan Pidkova) faisaient revivre les figures des chefs cosaques réels ou légendaires, pénétrés de douleur et de nostalgie. Ils faisaient également ressortir l’opposition poignante entre le passé glorieux d’une Ukraine jadis libre, et d’une Ukraine devenue à présent asservie et soumise à une domination étrangère. Dans le poème épique Haïdamaky (1841) le poète exaltait l’insurrection ukrainienne contre les Polonais en 1768. Cependant ces succès personnels ne pouvaient satisfaire cet « homme révolté », pourvu d’une sensibilité exceptionnelle à toute injustice. Les voyages en Ukraine en 1843 et 1845 marquèrent un tournant décisif dans la vie du poète. Au contact des réalités sociales, sa pensée se radicalisa et son oeuvre qui dénonçait le servage et l’oppression nationale (Le Caucase, La Sorcière (1844-1847)), ne circulera plus qu’en copies manuscrites. Il lança un appel vibrant en faveur d’autres peuples opprimés. Son poème le Caucase est un réquisitoire vigoureux contre l’impérialisme russe. Hardiment il prit la défense de ces montagnards, engagés dans une lutte héroïque et inégale contre le colosse russe. Chevtchenko adhéra avec enthousiasme à la Confrérie de Cyrille et Méthode, société secrète à but politique qui préconisait une fédération des peuples slaves libres et égaux. Son programme panslaviste et démocratique correspondait à ses propres vues et il en devint le porte- parole enflammé. Le chef de la IIIe Section de la Gendarmerie considéra que… « à Kiev et en Petite- Russie la slavophilie s’est transformée en ukrainophilie. Des jeunes gens s’y préoccupent de faire renaître la langue, la littérature et les moeurs de la Petite-Russie et vont jusqu’à rêver de restaurer l’hetmanat et le monde cosaque ».

 

Au printemps de 1847, les membres de la Confrérie furent arrêtés à la suite d’une dénonciation et emprisonnés à la forteresse Pierre et Paul. C’est Chevtchenko qui sera le plus durement puni : à savoir 10 années d’exil. Il ne pouvait pas nier la paternité des œuvres explosives trouvées dans sa valise. Le plus accablant était le poème le Rêve, satire fort irrévérencieuse sur la cour et le couple impérial. On lui reprocha son ingratitude à l’égard de l’auguste famille qui avait contribué à son rachat. Il encourut la peine la plus sévère : il fut envoyé comme simple soldat dans un bataillon disciplinaire au-delà de l’Oural, dans les steppes kirghizes, avec l’interdiction proprement inhumaine, de peindre et d’écrire, rajoutée de la main de l’empereur. Son existence d’homme libre n’avait duré que neuf ans.

 

Il réussit néanmoins, durant les trois premières années de son exil, à poursuivre son oeuvre de poète et de peintre, mais la surveillance devint plus rigoureuse à partir de 1850. En exil il se lia d’amitié avec ses compagnons d’infortune, les déportés polonais, fort nombreux dans la région d’Orenbourg. Au printemps de 1848 une expédition fut organisée dans le but d’explorer la mer d’Aral et son littoral. Chevtchenko y participa en qualité de dessinateur. Mais dès son retour, il fut arrêté à nouveau et envoyé cette fois à Novopetrovsk, fort situé dans une presqu’île de la mer Caspienne. Les conditions de détention étaient plus rigoureuses que celles d’Orsk, et le poète y passa sept années. C’est au cours de la dernière année de son exil que Chevtchenko commença à écrire son Journal (1857) qui nous offre des matériaux très riches et nous aide à comprendre sa conception du monde, ses réflexions sur l’art, la littérature et le théâtre. Il y analyse les événements et courants de pensées, trace les portraits pénétrants de grandes personnalités (écrivains, artistes ou simples amis Ukrainiens, Russes ou Polonais), revient avec émotion sur un événement douloureux : son exil.

 

En 1855, à la mort de Nicolas Ier, les amis fidèles du poète redoublèrent d’efforts pour obtenir sa libération. Le comte Théodore Tolstoï, sculpteur russe, Vice-Président de l’Académie des Beaux-Arts à St-Pétersbourg, le poète Alexis Tolstoï, ami de la famille impériale, firent des démarches pressantes et réitérées. La libération ne vint qu’en juillet 1857.

 

Son retour dans la capitale eut lieu en mars 1858, après un séjour de 9 mois à Nijni Novgorod où il avait été retenu par des formalités administratives. L’accueil réservé par la capitale fut particulièrement chaleureux : les réceptions en son honneur se succédaient.

kobzar-shevchenko.jpg

Bien que sa santé fût gravement compromise, il se mit énergiquement au travail. Logé à l’Académie des Beaux-Arts, il commença à apprendre la technique des gravures à l’eau forte, et saura vite dominer ce nouvel art. Il composa une nouvelle édition augmentée du Kobzar, mais celle-ci ne parut intégralement qu’en 1876, à Prague, avec les poèmes interdits par la censure russe. Son inspiration épique et son action révolutionnaire se tempéraient parfois d’accents romantiques qui lui inspirèrent des poèmes d’une sensibilité mélancolique ou son célèbre Testament, dans lequel il exprime son désir d’être enterré dans les steppes de sa chère Ukraine. Il se rendit en Ukraine, espérant réaliser son rêve : se marier avec une jeune Ukrainienne, acheter une maison, et y vivre heureux. La maladie implacable ne lui donna pas le temps de réaliser ses rêves. Il mourut le 10 mars 1861, quelques jours avant la libération des serfs qu’il attendait avec une impatience fébrile et douloureuse.

 

Chevtchenko est resté jusqu’à nos jours le plus grand et le plus célèbre personnage de l’Ukraine. C’était un homme qui luttait sans compromission pour la gloire nationale, pour un Etat ukrainien. En créant une poésie originale et puissante, il fit prendre conscience à ses compatriotes de leur entité nationale, et en démasquant les tares du passé il les mit en garde contre les erreurs à ne pas commettre.

 

La tombe de Chevtchenko n’a pas été abandonnée ; au contraire, elle est devenue un lieu saint, un véritable lieu de pèlerinage, où des millions d’Ukrainiens viennent prier pour le poète qui leur a donné la force de continuer à lutter pour la cause nationale. Son oeuvre continue à vivre dans les coeurs pleins de reconnaissance de ses compatriotes, qui poursuivent leur lutte pour la liberté et la dignité de l’homme dans une patrie libérée !

 

par Olga Camel

Professeur émérite à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales

 

 

LE TESTAMENT

Quand je mourrai, enterrez-moi
En dressant ma tombe
Au cœur des steppes infinies
De ma chère Ukraine.
Pour que je voie les champs immenses,
Le Dniepr et ses falaises
Et pour que je puisse entendre
Son grondement puissant.
Quand de l'Ukraine il portera
Jusqu'à la mer bleue
Le sang ennemi, alors
J'abandonnerai
Montagnes et prairies et m'envolerai
Vers Dieu pour prier.
Mais jusque là,
Dieu m'est inconnu.
Enterrez-moi. Mais vous — Debout !
Brisez vos chaînes
Et abreuvez la Liberté
Avec le sang des ennemis.
Puis, dans la grande famille,
La famille libre et nouvelle,
N'oubliez pas de m'évoquer
A voix basse, tendrement.

1845



Traduit par Kaléna Uhryn
Première parution : Bulletin des Jeunes amis de l'Ukraine, N 7. P. 1961

Source

 

 

 

 

Cela m'est vraiment bien égal
De vivre en Ukraine ou ailleurs.
Qu'on m'oublie ou qu'on se souvienne
De moi dans ces neiges lointaines
Combien cela peut m'être égal !
J'ai dû grandir, esclave, à l'étranger
Et sans être pleuré des miens
Esclave en pleurant je mourrai
En emportant tout avec moi,
Ne laissant pas la moindre trace
En ce glorieux pays d'Ukraine
Le nôtre — et qui n'est plus à nous.
Le père en parlant à son fils
Ne dira pas : " Prions pour lui,
Fils, car c'est pour l'Ukraine
Qu'il fut torturé autrefois ".
Cela m'est égal si plus tard
Ce fils prie pour moi ou non,
Mais ce qui ne m'est pas égal
C'est de voir l'ennemi perfide
Assoupir l'Ukraine et la réveiller
Dépouillée, au milieu des flammes.
Oh ! Voilа ce qui ne m'est pas égal !

1847

Traduit par Kaléna Uhryn

Source

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 20:42

concert-5314.jpg

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 22:46

INALCO-JE-Chevtchenko-10032014.jpg

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 22:42

NabokaForPrint_2014-petit.jpg

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 22:14

daogopak.jpgEn septembre dernier, à l’occasion de Knyjkoviy Arsenal, Forum des livres à Kyiv, un événement a dominé les autres : le lancement d’une trilogie Daogopak. Le premier volume de cette malyovana istoria (BD ukrainienne) « Tournée à Antalya » a été présenté au grand public.

C’est une malyovana istoria qui nous raconte les aventures de trois amis cosaques - Oles Skorovoda, Taras Peresitchvolia et Mozgoviy (qui est par ailleurs cosaque kharakternyk, c'est à dire un sorcier). Les compères partent en Turquie pour une mission de renseignements. Ils ont pour couverture une tournée d'artistes. Le but de leur mission est de libérer les cosaques réduits à l'esclavage dans le palais à Antalya.

Or le destin et la force majeure les détournent de leur but principal : la rencontre inattendue avec une fillette japonaise Ari-San, la garde du corps du fils de Sultan. Elle changera le destin du jeune cosaque Oles.

 

Les auteurs, Maxim Prasolov (auteur de scénario), Oleg Kolov (dialogues) et Oleksiy Tchebykine (dessinateur), ont eu l’ambition de créer une histoire universelle en se basant sur les contes et les symboles ukrainiens. Ils sont partis à la chasse au trésor dans la jungle de la mythologie ukrainienne. 

Insatiables, ils se donnent des moyens impressionnants. Ils ont prévu sur un période très brève (deux ans) de faire paraitre trois volumes de Daogopak, de lancer ou soutenir des projets parallèles (Maxym Osa, Tchoub), de sortir des produits dérivés et même de créer un jeu vidéo.

Rappelons au passage, qu’en Ukraine, le secteur de la BD reste à l’état embryonnaire. Ce genre n’étant pas reconnu comme un art à part entière en URSS. Même aujourd’hui, il s’agit plutôt d'une affaire d’amateurs-pionniers du genre. Le lancement de ce projet si ambitieux est alors une affaire risquée.

Celui-ci a de très grandes ambitions. Il vise la création d’un « Asterix ukrainien »: le personnage possédant un considérable capital de sympathie hors des frontières « gauloises ».

Daogopak doit dépoussiérer les mythes en Ukraine, et en recréer à l’international. Mis à part les mythes, le projet vise à éduquer l’œil du lecteur à l'esthétique de l'école graphique ukrainienne (Oleksiy Tchebytkine, graphiste de père en fils, en est fervent défenseur et représentant) et aussi aux codes visuels propres du pays.

 

pramaxMaxym Prasolov (Pramax), auteur du scénario de Daogopak

Comment le trio d’auteurs s’est formé ?

Notre équipe travaille ensemble déjà depuis quelques années. Oleg Kolov est un ami d’enfance. Quant à Oleksiy Tchebykine (aka Shakll Manstr Bdoo), il a atterri sur la planète de Daogopak il y a deux ans et depuis n’arrête pas de construire des châteaux, des manoirs, des aquaparcs et inventer des exosquelettes pour les cosaques-kharakternyks.

 

Il a été annoncé que Daogopak sera également publié hors Ukraine. Est-ce qu’un album paraitra en France ?

Une traduction en six langues est en cours, y compris en français. La première édition étrangère d’essai sortira en fin d’année. Pour imprimer un grand tirage à l’étranger on a besoin de l’appui d’une grande maison d’édition qui a l’expérience de ce genre de projet.

 

Des journalistes ukrainiens comparent souvent Daogopak avec les albums d’Astérix. Qu’en pensez-vous ?

En effet, les journalistes aiment trouver des parallèles entre les deux histoires. Nous, on ne compare pas. On admire l’échelle de l’entreprise : depuis des décennies en France on ne cesse de faire des films et des dessins animés, fabriquer des jouets et créer des parcs thématiques autour d’Asterix. Toute situation nécessite ses héros et ses vainqueurs, dans n’importe quel pays. C’est une composante identitaire d’un pays. Il ne s’agit pas que de la prose graphique ou de la littérature. Cela concerne aussi le sport, le cinéma, la science, les technologies, l’art, l’architecture – quasiment toutes les sphères de l’activité humaine.

En Ukraine, la situation est un peu plus modeste. Nous avons des héros, des mythes et symboles culturels aussi, mais peu de gens travaillent avec ses éléments avec créativité, de manière inspirée et sans tomber dans la ringardise. Nous sommes parmi les oiseaux rares. Mais on croit que les gens passionnés et inspirés vont devenir de plus en plus nombreux. C’est également l’un des buts de notre projet.

 

En quoi le mysticisme ukrainien peut intéresser un Européen plutôt cartésien et pragmatique ?

A condition d’avoir une approche juste et une bonne idée, même le balai d’une école respectable anglaise volera dans les cieux. Et cela ne surprendra pas plus que ça les « pragmatiques européens ». Alors c’est la même recette pour les traditions mystiques ukrainiennes, ayant pour héritage des rites ancestraux des magies quotidiennes et guerrières. Attendez le troisième volume de Daogopak et vous en serez convaincus, j’en suis certain.

Vous développez également des projets parallèles à Daogopak, tel que le projet fantastique Tchoub, la suite du roman graphique policier médiéval « Maxym Osa ». Pourriez-vous nous en parler plus. En quoi ces projets complètent le monde de Daogopak ?

Chez nous ces histoires sont réunies dans un Univers. C’est-à-dire que dans différents projets les personnages en évoquent ou citent d’autres personnages d’autres projets. Il y a des histoires parallèles ou complémentaires. Ainsi, on construit le monde de la mythologie ukrainienne sous une forme moderne. Le personnage qui traverse tous les mondes et est commun à tous les projets c’est un personnage d’un cosaque-chevalier, maître des arts martiaux, de la magie et maîtrisant la technologie. 

 

Quel est le calendrier de Daogopak ?

Le deuxième volume « L’Amour noble » sera publié en septembre 2013. Le troisième volume « Secret du molfar des Carpates » paraitra en 2014. Par ailleurs, courant 2013 en tout quatre albums sur les histoires cosaques sortiront : deux volumes de Daogopak, « Tchoub » et la suite des aventures de Maxym Osa.

 

 

shakll-Manstr-Bdoo.jpgOlexiy Tchebykine (Shakll Manstr Bdoo), dessinateur de Daogopak

Comme dessinateur-graphiste, je souligne toujours que l’Ukraine a sa propre, ancienne et particulière école de graphisme. Rappelons que Kyiv se trouvait au cœur de la Route commerciale des Varègues aux Grecs. Alors les racines de notre école de graphismes proviennent de là. Elles sont doubles et représentent une symbiose entre sud (mélange d’antiquité grecque et de style byzantin) qui lui donne le raffinement et son coté pittoresque, et nord (les racines scandinaves) qui apporte les éléments d’ornement et la précision du trait. C’est une sorte de mélange de monumentalisme et de détails. 

Plus tard, quand l’Ukraine a pris en sa possession la technologie d’impression de livres, elle a forgé sa propre école de derevoryt (xylographie) et d’estampe. Pour comparaison, en Russie l’école graphique et d’impression sont arrivés sous Pierre I des Pays Bas et d’Allemagne.

daogopak--trois-auteurs.jpg

Propos recueillis par Olga Gerasymenko

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 00:14

Comment êtes-vous venu à la photo ?

 

Enfant, j'étais impressionné par les collections de timbres et de cartes postales de mon père, qui évoquaient le voyage, l'exotisme, le dépaysement. Plus encore, j'étais fasciné par les multiples photos que prenait mon père et qui tapissaient les murs de la maison. Rétrospectivement lorsque je les regarde, je suis frappé par la justesse de leur composition, notamment leur respect de la règle des tiers. La photographie m'est ainsi apparue dès le plus jeune âge comme l'art populaire par excellence et j'ai voulu maîtriser ses fondements et ses principes ; si certains se définissent comme des enfants de la télé, je me considère comme un enfant de la photo.

 

Quelles sont vos influences artistiques ?

 

Elles sont tout à la fois cinématographiques, picturales et photographiques. La première influence est une émotion d'enfant ressenti devant Bambi ; la seconde est l'émerveillement éprouvé en regardant Les Chevaux de feu de Paradjanov. Ces deux films, qui expriment la toute puissance de l'image, introduisent dans un monde où la nature devient l'art et où l'art devient nature. Je voue une admiration tant naïve qu'infinie aux maîtres de l'école flamande et à leurs oeuvres d'une transcendante luminosité, je perçois cette peinture comme un horizon indépassable. En photographie j'ai été profondément marqué par Edouard Boubat dont la célébration poétique du quotidien est un enchantement.

 

Comment vous est venue l’idée d’une immersion au coeur de la culture houtsoule ?

 

Ma famille puise ses racines dans les montagnes des Carpates ; tandis que je baignais à la maison dans une ambiance de profonde nostalgie, je grandissais dans le Bugey, massif montagneux situé entre Lyon et Genève. Il m'a semblé en conséquence exaltant de partager la vie des habitants d'un village houtsoul, terre de mes aïeux.

 

Quelle place occupent les Houtsouls dans la conscience nationale ukrainienne ?

 

Les Houtsouls apparaissent comme les témoins d'un passé immémorial ; les montagnes des Carpates sont dans la mémoire collective le sanctuaire de la résistance armée aux totalitarismes nazis puis soviétiques qui se sont abattus sur l'Ukraine. Les Houtsouls ont mené un combat pour la liberté qui force l'admiration. Ils symbolisent par ailleurs la résilience communautaire qui s'est traduite sous le régime soviétique par une très grande solidarité collective et un attachement viscéral à la culture traditionnelle.

 

L'ouvrage que vous venez de publier a connu un vif succès au salon des Littératures Européennes de Cognac. Diriez-vous qu'il s'agit d'un livre reportage, d'un témoignage ou d'un carnet de voyage ?

 

Il m'est difficile de chercher à classifier ce qui fut ma démarche ; j'ai voulu être le témoin d'une réalité, d'un quotidien en communion avec la nature. J'ai souhaité partir à la rencontre des fêtes, des coutumes et des rituels qui rythment la vie dans les montagnes depuis la nuit des temps. J'ai eu pour ambition de saisir sur le vif ces regards, ces mouvements, ces silences qui font l’âme des rencontres et le sel des échanges.

 houtsouls.jpg

Pour en savoir plus

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 11:38

anna-schevtchenko.jpgNée en Ukraine en 1965, Anna Shevchenko est la première étudiante de « l’Ukraine indépendante » à obtenir une bourse pour intégrer l’université de Cambridge et la première femme d’origine étrangère devenue membre de l’Oxford & Cambridge Club. Parlant couramment sept langues, dont le français, Anna a servi d’interprète lors de nombreuses rencontres gouvernementales. Elle a  par ailleurs, écrit deux guides culturels ; l’un sur l’Ukraine, l’autre sur la Russie.

Son premier roman Héritage, publié aux Editions «First » a paru en France en octobre 2011. Aujourd’hui Anna vit et travaille en Grande Bretagne.

 

Pourquoi vous avez écrit ce roman ? Quelle était votre source d’inspiration ?

Ce livre est dédié à mes grands-parents. Un des personnages féminins – Sara Samoilivna - a été directement inspiré par ma grand-mère. Dans le chapitre 3, j’ai utilisé le journal de guerre de mon grand-père, Fedir Shevchenko (1914-1996), un grand historien et archiviste ukrainien.

J’ai toujours écrit, même si cela m’a été longtemps interdit, car mon grand-père était considéré comme dissident à l’époque soviétique. Ma famille a beaucoup insisté pour que j’écrive ce roman, pour que j’exprime enfin ma pensée.

J’ai d’abord publié (en anglais) un guide sur l’Ukraine, sa culture et ses coutumes (Anna Shevchenko. Ukraine - Culture Smart ! : Essential Guide to Customs and Culture, aux Editions KUPERARD, Grande Bretagne). Cet ouvrage est considéré comme la première publication au monde abordant l’étude de la mentalité ukrainienne ; il a déjà connu 5 rééditions. (Il parait que Vladimir Poutine l’a lu avant d’entamer des négociations avec les Ukrainiens !)

Ce roman, Héritage, m’a « trouvée ». C’est le récit de rêves nationaux. Il s’agit du trésor des cosaques (mythique ou pas), qui aurait été déposé à la Banque d’Angleterre au XVIII siècle. Ce trésor serait devenu un « héritage » incroyable de 150 milliards. J’ai imaginé ce qui pourrait se passer si quelqu’un réclamait cette somme aujourd’hui. Ce livre n’est pas uniquement une chasse aux trésors et une intrigue politique. C’est plus que cela. Ce livre est un hommage à mon grand-père, qui a écrit son journal intime pendant la guerre. Je l’ai trouvé très émouvant, poignant et l’ai utilisé dans mon roman. C’est aussi un hommage aux trois générations de mes compatriotes : la génération de la guerre, la génération de l’époque du « dégel » des années 60 et ma génération. Après quelques années de liberté à la mort de Staline, le système s’est renfermé à nouveau. Pour moi, cette dernière génération est « perdue ». Quant à ma génération, je la considère non seulement « perdue », mais « tuée, cassée ». Nous avons grandi dans une société se référant à des  valeurs soviétiques qui ont ensuite disparu. Alors, nous nous sommes retrouvés dans une société sans valeurs. Certaines personnes se sont suicidées ou sont devenues alcooliques ou ont encore décidé de partir, comme moi.

Au-delà de mon histoire personnelle, pour mon roman pendant deux ans, j’ai fait de nombreuses recherches. Entre autres, je me suis rendue au château privé d’un descendant de cosaque ukrainien devenu général de l’armée française au XVIII siècle. Par ailleurs, j’ai consulté des archives russes et ukrainiennes et bien sûr, celles de la Banque d’Angleterre.

Je pense que cette intrigue politique qui débute au XVIII siècle intéressera les lecteurs français. L’histoire se répète aux XIX et XX siècles. Mon roman est inspiré de faits réels et de témoignages de personnes ayant vécu dans les années 60. L’épisode sur l’hôpital psychiatrique pour les prisonniers politiques en est un exemple.

Les nombreuses redites et symboles sont les témoins d’une histoire qui non seulement se répète, mais se venge. Cela me semblait très important à mettre en évidence.

J’ai choisi trois personnages féminins pour incarner les différentes époques de l’histoire de l’Ukraine : Sofia, Oksana et Kate. C’est Oksana qui symbolise l’Ukraine qui a survécu, mais qui a été privée de son identité.

 

heritage.jpgCe livre est très personnel. Qu’est-ce que vous avez ressenti lorsque vous l’avez terminé?

J’ai été soulagée… Lorsque le roman a été publié, j’ai ouvert la première page et quand j’ai vu ma dédicace à mes grands-parents, j’ai été très émue. J’ai compris que j’avais accompli quelque chose d’important car le souvenir de mes grands-parents aujourd’hui décédés, m’est très cher…

Quand j’ai écrit ce roman qui est resté dix ans dans mon tiroir, je n’avais pas l’intention de le publier car il me semblait qu’un sujet sur l’Ukraine n’intéresserait personne en Grande-Bretagne. Pourtant je l’avais écrit directement en anglais.

Lorsque mon premier livre – le Guide sur l’Ukraine - est sorti, mon fils m’a encouragé à publier « Héritage ». A ma grande surprise, le livre a rencontré un succès. Récemment en France, j’ai vu dans un kiosque à la gare que mon livre était parmi « les meilleures ventes » !

 

Le roman « Héritage » (le titre original - « Bequest ») - a été écrit directement en anglais. Pourquoi ?

Mon roman est destiné à des lecteurs étrangers. Une journaliste britannique a écrit dans son article que j’avais réussi à donner une leçon claire et concise sur l’histoire ukrainienne. Mon objectif principal était de faire découvrir l’Ukraine aux lecteurs étrangers. Je voulais vraiment susciter chez eux, un intérêt pour mon pays.

 

Vous travaillez actuellement sur votre deuxième roman. Quel est son sujet ?  

Il s’agit de la conférence de Yalta en février 1945. L’histoire se déroule entre Odessa et Yalta, dans une période allant de la guerre à nos jours. C’est un nouveau regard sur cet événement historique. Comme pour mon premier roman, j’ai travaillé dans les archives, notamment à Odessa. Cet ouvrage sera publié bientôt en Grande-Bretagne.

Propos recueillis par Olena Yashchuk Codet

 

 

 

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 09:32

vinnitchuk-persukr.jpgC’est un homme persifleur, un poète désœuvré. Il peut paraître ordinaire. Il sait tout…ou presque. Sa tête est comme une valise pleine d’informations et de connaissances.
Il est né en 1952 à Ivano-Frankivsk. Pendant les années 1974-1981, soupçonné par l’état soviétique d’activités antisoviétiques (et non sans raison comme il le dit lui-même), Vinitchouk n’était pas publié. Par conséquence, il a testé beaucoup de métiers dans sa vie. Il a travaillé en tant que manutentionnaire, peintre-décorateur ou assistant de laboratoire. Depuis 1991, il collabore au journal Postup, puis Post-Postup, dont il devient rédacteur en chef.
Youri Vinitchouk est écrivain, traducteur (anglais, langues celtes et slaves), poète, éditorialiste et rédacteur en chef du journal Post-Postup (selon Vakhtang Kipiani, c’est une édition emblématique de l’âge d’or du journalisme ukrainien). Par ailleurs, il écrit pour le théâtre, rédige une anthologie de la prose ukrainienne gothique, ainsi que des contes ukrainiens littéraires. En 2005, son livre «Les jeux printaniers dans les jardins d`automne » est reconnu comme le meilleur roman ukrainien selon la BBC.
Ses livres sont publiés en Grande Bretagne, au Canada, aux Etat Unis, en Argentine, en Allemagne, en Croatie, en République Tchèque, en Serbie, en Russie, en Pologne, au Japon, en Biélorussie. En France, n’est publié que son conte pour les petits et les grands «Le plus brave des petits cochons».
Actuellement, Youri Vinitchouk se prépare à publier deux anthologies des poètes ukrainiens perdus dans la tourmente de la répression politique. Parmi eux Sava Bozko, Grygori Kosynka, Mychailo Lozynski.
 
D`ou vient cet amour des contes ?
C`est plutôt la foi, la croyance en les contes. C`est inexplicable. Les contes m’accompagnent toute ma vie. Depuis l’enfance j’en suis fou. La moitié de ma bibliothèque sont des contes des quatre coins du monde, environ deux mille volumes en différentes langues.http://www.bayard-editions.com/var/bayard/storage/images/editions-bayard/jeunesse/petite-enfance/albums/belles-histoires/plus-brave-des-petits-cochons-le/20040334-1-fre-FR/PLUS-BRAVE-DES-PETITS-COCHONS-LE_ouvrage_large.jpg
Dans votre œuvre il y a beaucoup de biographies, et vous, comment êtes vous devenu écrivain ?
Dans les années 80, quand je ne pouvais pas publier mes propres livres, j`écrivais alors pour moi et mes amis. Si ce système politique n’avait pas existé, j’aurais pu écrire beaucoup plus. Mon envie d`écrire est née de la lecture. Si je m`étais trouvé seul sur une île inhabitée, j`aurais écrit pour moi-même. Dans ma vie j`ai vu beaucoup de choses intéressantes et je n`ai pas encore tout décrit.


Dans les années 80 vous avez publié vos propres livres comme des traductions. La critique, les censeurs n`ont pas vu ce subterfuge?
J`étais obligé de travailler de cette façon. Autrement ce n`était pas possible d’être publié. Toutes mes mystifications s’exerçaient à haut niveau. Ils ne les ont pas comprises.
Aujourd`hui c`est une autre époque. On peut dire que la critique n`existe plus. Il n y a pas de critiques sur les livres. Souvent ce ne sont que louanges. Or la critique doit être caustique, mordante. Dans les années 80, le feuilleton était le genre le plus populaire. Moi-même je flagellais ces graphomanes dans tous les journaux. Maintenant ? Tout est lisse. Tout le monde est bon .Tout le monde est doué et plein de talent. Je m`ennuie à lire toutes ces odes laudatives. Et donc je ne les lis pas.
 
Combien de temps dédiez-vous à l`écriture et où puisez-vous votre inspiration ?
Quand je suis inspiré, je peux écrire du matin au soir. Mais, bien sûr, je m`arrête, je fais une pause, je prépare un repas. Quelquefois je n’arrive pas écrire. Dans ces moments je traduis ou prépare les articles. J`avoue beaucoup de lacunes ; il y a les années perdues où je ne pouvais pas publier tout ce que je voulais.
Pour retrouver l’inspiration je prends un livre qui pourrait m`influencer et je le lis une heure. L`inspiration vient d’elle-même. C`est comme charger une batterie. Je ne presse pas mes personnages, je peux les couver longtemps sans réfléchir au sujet, juste quelques lignes. Ainsi Malva Landa fut écrit par morceaux en dix ans.
 
Quels sont les auteurs qui vous ont influencé ?
C’est surtout Bohumil Hrabal. Je ne traduis que des auteurs qui me sont proches. Parfois il me semble que c`est moi qui écrit à tel point que nos styles se ressemblent. Hrabal est surtout intéressant pour son langage. Il maîtrisait la langue parlée, la langue du peuple.
Son personnage parlait en tchèque. La langue tchèque sonnait dans ses textes mise dans la bouche de personnages de toutes les couches sociales. C`est très important et c`est comme ça que ça se passe dans tous les pays développés.
Chez nous, notre pays était longtemps esclave et asservi, et même aujourd’hui, notre langue ukrainienne n`est pas dûment valorisée dans tous les milieux de la société. Par exemple nos stars sportives ne la maîtrisent pas.
Parmi mes auteurs préférés on peut évoquer Borges, Cioran, Landolfi, Blanchot, Bukowski, Lorrens Darrell, Paul Bowles, Youriy Kossatch, Igor Kostecky… Depuis longtemps je suis abonné au journal littéraire polonais «Littérature na sviecie». On peut dire qu’il a formaté mes gouts littéraires. Dedans il y a toutes les nouveautés de l’édition. Un numéro entier est consacré à chaque nouveau lauréat de prix Nobel de littérature.

Actuellement vous travaillez sur un roman où vous parlez du Lviv d’antan. C`est un roman historique ou une histoire romanesque ?
Non, il n`est pas historique, même si toutes les actions se déroulent à Lviv dans les années 1930-40. Dans mon texte je donne une description de la défense de la ville, en septembre 1939, où les Allemands ont assiégé la ville. Lviv a tenu neuf jours ... jusqu`à ce que les bolcheviks l’attaquent par derrière. Je pense que c`était une époque héroïque. A grand mon regret, aujourd`hui, les habitants de Lviv ne sont pas conscients de ça. Mais dans mon roman, il s`agit d`abord de relations humaines.
Propos recueillis par Liana Benquet

 

En France, on peut lire Post-Postup à Paris,
dans la bibliothèque ukrainienne Symon Petlura
(6, rue de Palestine, 75019, Tél/Fax. 01 42 02 29 56 )

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