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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 09:43

Pikardiyska Tertsia est un terme musical « emprunté » au compositeur ukrainien Anatoli Kos-Anatolski. Cela signifie un changement majeur à la fin d’une œuvre musicale. Tout a commencé en 1992 …

 

C’est au sein d’un chœur d’étudiants à l`Ecole Nationale de Musique de Lviv, Stanislav Luidkevych que Volodymyr Iakymec, Iaroslav Noudyk, Bogdan Bogach et Andri Kapral posent les fondations du groupe avant d’être rejoints par Andri Bazylykut et Roman Tourianyn. Ce qui caractérise Pikardiyska Tertsia, c’est la parfaite maîtrise du chant « a capella » conjugué à la volonté d’expérimenter d’autres genres musicaux. Depuis la création du groupe, seul un changement est intervenu : en 1996 Andri Shavala a remplacé Andri Bazylykut. Avant de faire partie de Pikardiyska Tertsia, Andri Shavala a chanté pendant 13 ans dans le célèbre ensemble Trembita.

 

En 1992, le groupe enregistre son premier disque «Jardin de chansons angéliques». Les chanteurs a capella deviennent dans la foulée lauréats du festival La Rue Rouge à Donetsk. En 1994, ils remportent le concours Le Destin à Tchernivsty. En 1995, ils triomphent au concours de télévision Mélodie et se classent à meilleures places des hit-parades ukrainiens. En 2000, 2001 et 2008, Pikardiyska Tertsia participe au prestigieux e festival international de chant a capella Vocal Total à Munich (Allemagne). En 2006, à Bruxelles, Pikardiyska Tertsia se produit devant les députes de la Commission Européenne. En 2008, le groupe se voit décerner le prix national ukrainien Taras Shevtchenko.

 

 

ENTRETIEN AVEC IAROSLAV NOUDYK membre fondateur de Pikardiyska Tertsia

illustrations-5479.jpg

Quelque chose a-t-il changé en vous depuis que vous êtes lauréat du prestigieux prix Taras Shevchenko ?

 Le prix Taras Chevtchenkofut une merveilleuse surprise. Cette récompense nationale n’est pas seulement la reconnaissance de notre créativité, de ce que nous avons déjà fait, mais c’est aussi un fort stimulant pour l’avenir de notre groupe. Dans l’absolu nous sommes restés les mêmes. On peut toujours nous aborder dans la rue, nous demander un autographe ou faire une photo. Nous avons pour principe de rester accessible et de ne jamais nous couper de notre public. Si un artiste fuit les contacts directs, il se prive d’un lien essentiel et s’éloigne peu à peu de son public non seulement au quotidien mais aussi même pendant ses concerts.

 

Picardiyska Tertsia est moins présent dans les médias qu’auparavant, comment l’expliquez-vous ?

Il faut poser cette question au gouvernement. Il est clair que sa politique ne favorise pas le développement de programmes culturels ukrainophones d’autant que toutes les chaines de télévision et de radio appartiennent à des investisseurs russes. Tant que cette situation perdurera, il y a peu de chance de voir une réelle amélioration en la matière en Ukraine. De notre côté, nous faisons le maximum pour promouvoir le folklore ukrainien et composer et interpréter de nouvelles chansons ukrainiennes modernes. Du point de vue économique, une des difficultés réside dans le fait que la production d’un clip de très bonne qualité coute deux, voire trois fois moins cher que son passage à la télévision. Les coûts de diffusion sont en effet devenus exorbitants.

 

Il est difficile d’imaginer un Noël à Lviv sans Picardiyska Tertsia.

Cela nous fait très plaisir. Les traditions populaires, il faut non seulement les perpétuer, mais aussi les promouvoir. C’est pour cette raison que nous avons dans notre répertoire de nombreuses chansons sur Noël que nous présentons en Ukraine ainsi qu’à l’étranger. Quand arrive le jour de Noël, nous allons de maison en maison, en chantant les koliady, ces magnifiques chants que nous ont appris nos parents dans notre enfance. Fidèles à la tradition immémoriale, les enfants comme les adultes les chantent d’habitation en habitation pour annoncer la Bonne Nouvelle aux gens : la Naissance du Fils de Dieu.

 

Propos recueillis par Liana Benquet

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 15:56

Une bande dessinée sur Tchernobyl… Le recueil de Natacha Bustos et Francisco Sánchez, paru en juin 2011 aux éditions Des ronds dans l’O, n’est pas le premier, ni sans doute le dernier. Le sujet est apparemment inépuisable pour les créateurs. Les auteurs, espagnols, ont choisi la forme du roman graphique, qui semble convenir à qui veut parler de l’Ukraine par le biais du dessin. On pense en particulier aux superbes Cahiers ukrainiens d’Igort (Futuropolis, 2010). Le récit de Tchernobyl – la Zone décrit le parcours d’une famille dans les jours qui suivent la catastrophe, une famille qui va peu à peu comprendre que sa terre natale est condamnée, et qu’elle ne pourra jamais y revenir.

 

 La narration est lente, le trait sobre. Il règne dans tout l’album comme une atmosphère pesante, figée, hiératique presque, qui n’est pas sans rappeler certaines scènes des films de Tarkovsky. Puis, brutalement, les auteurs enchaînent les images choc, l’exécution des animaux contaminés dans les rues, la peur des paysans à l’idée que leurs maisons soient détruites. Avant de reprendre un rythme plus posé.

 

La lecture de Tchernobyl – La Zone est prenante, économe en descriptions et en paroles — les dialogues sont rares. Toutefois, il ne faut pas se leurrer, c’est une histoire “soviétique”. En dehors des dernières pages, situées en 2006, l’essentiel de l’histoire se déroule en 1986. L’URSS de l’époque est d’ailleurs fort bien campée.

 

Il y a cependant un “mais”, et il est de taille. En 184 pages, le mot “Ukraine” n’apparaît pas une seule fois. Et pour cause : Youri, l’un des héros, est un Russe. Les “liquidateurs” dont parlent les auteurs sont tous enterrés dans un cimetière de Moscou. C’est encore de Moscou que partent les protagonistes en 2006, quand ils souhaitent se rendre dans la zone interdite, à laquelle ils accèdent sans que l’on sache clairement où ils sont. Dans Tchernobyl – La Zone, les environs de la centrale sont “une terre qui n’appartient plus à personne”, peut-on lire dans la postface. Un avis que ne partagent probablement pas les Ukrainiens et leurs voisins biélorusses.

 

C’est une forme d’exploit que de réussir à traiter la question de Tchernobyl sans citer une seule fois le nom du pays où se dresse ce triste mémorial de la folie nucléaire. Tchernobyl – La Zone vaut quand même que l’on s’y attarde, ne serait-ce que pour sa peinture d’un univers aujourd’hui disparu.

 

Enfin, une ultime remarque. Quand les éditeurs occidentaux comprendront-ils qu’il est ridicule d’agrémenter les titres et sous-titres d’ouvrages traitant d’Ukraine ou de Russie de faux caractères cyrilliques, comme les “N” transformés en “И” et les “R” en “Я” ? Malheureusement, cet album n'échappe pas à la règle et contribue donc à véhiculer les clichés.

par Roman Rijka

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/515Yn0v9ZBL._SS500_.jpg Visiter la Librairie Franco-Ukrainienne

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 21:46

Apollonia-Poilane-petite.jpgQuelles attaches familiales et affectives vous lient à l’Ukraine ? 

Ma grand-mère maternelle était Ukrainienne. Ma maman, IBU, était fière de ses origines. Architecte de formation, elle a ouvert une galerie en juin 2000 au Palais Royal. Nous y exposons toujours ses bijoux et sculptures fonctionnelles. Dans la présentation qu’elle faisait du lieu, elle n’oubliait jamais de mentionner son ascendance ukrainienne. (http://ibugallery.fr.)

Petite, j’entendais ma maman et ma grand-mère parler en ukrainien. C’est écouter leurs conversations, et manger les plats qu’elles préparaient , qui m’a fait découvrir mes origines. C’est tout naturellement que je garde une affection particulière pour l’Europe orientale, l’Ukraine en particulier.

Vos racines ukrainiennes ont elles contribué à façonner votre culture culinaire et  gustative ?

Lorsque ma grand-mère nous rendait visite, cela donnait lieu bien entendu à des repas partagés, à des moments dans la cuisine partagés.  Pour moi, ces moments permettaient la découverte d’une nouvelle culture, d’un nouveau patrimoine culinaire. Chacun de ces instants était d’ailleurs un voyage en soi. Ces repas m’ont permis également de comprendre pourquoi notre réfrigérateur était si différent de celui de mes camarades !

Mais c’est le goût de ma maman pour le pain noir qui m’a particulièrement marquée. Je pense qu’il est lié au goût des pays à l’Est de la France pour les pains à base de farines de blé complètes ou de seigle. En cela, l’union de mon papa et de ma maman était une évidence car chez Poilâne, nos farines ne sont pas blanches mais grises. Et puis, il y a le livre publié par mon papa au début des années 80. Dans le Guide de l’Amateur de Pain, il y mentionnait ce pain recouvert de petits oiseaux offert traditionnellement aux jeunes mariés pour leur souhaiter une union longue et heureuse.

Quelles places occupent les pays d’Europe centrale et orientale dans la stratégie de développement de votre entreprise ?

Nous avons fait le choix de déterminer notre développement à l’étranger par la possibilité de livrer rapidement notre pain, même si celui-ci se conserve plusieurs jours. La plupart des destinations sont livrées en 24 h. Quand le délai de livraison excède 48 h, nous préférons décliner les demandes, dans un souci de qualité de nos produits. Malheureusement, à ce jour, le délai de livraison vers l’Europe Centrale et Orientale est souvent encore trop long.

Nous poursuivons nos efforts pour trouver des transporteurs et importateurs locaux qui sauraient faciliter et accélérer  les démarches. Cela dit, nous livrons depuis plusieurs années une boutique à Prague, « Fruits de France », via un de nos revendeurs à Rungis.

Propos recueillis par Frédéric du Hauvel

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 16:57

http://tamara-crimea.com/images/full/seb/2.jpgSébastopol évoque des faits d'armes importants dans la mémoire collective européenne, la ville est-elle toujours imprégnée de ce passé militaire ?


Sébastopol est l'une des citadelles navales les plus célèbres au monde, son siège et sa chute ont constitué les éléments les plus importants de la guerre de Crimée (1853-1856). Les armées françaises et britanniques furent victorieuses mais les pertes en vies humaines furent énormes. Le cimetière militaire français de Sébastopol a été restauré dernièrement, il comporte plusieurs stèles dédiées aux 95 615 morts de l'armée française d'Orient. Durant la seconde guerre mondiale la ville fut encerclée par les troupes de l'axe. La ville ne tomba aux mains des allemands en juin 1942 qu'après 250 jours de siège. La vaillance de ses défenseurs a conféré à Sébastopol une aura d'héroïsme et d'esprit de résistance. Plusieurs musées ainsi que de très nombreux monuments témoignent de ce passé glorieux. De nos jours Sébastopol demeure un port militaire important, sa particularité est d'abriter à la fois le quartier général de la Marine ukrainienne ainsi que celui de la flotte russe de la mer Noire.

 

http://tamara-crimea.com/images/full/bah/1.jpgPendant plusieurs siècles, la Crimée fut sous la domination des Tatars, que reste-t’il de cette période qui s'est achevée en 1783 ?


C'est en 1430 que les Tatars établirent un État indépendant dans la péninsule, le Khanat de Crimée. Jusqu'à ce que la région tombe sous influence russe à la fin du XVIIIe siècle, Bakhtchyssaraï en fut la capitale. La ville perdit alors son rôle de centre administratif mais demeura le pôle culturel des Tatars de Crimée jusqu'à leur déportation en masse sur ordre de Staline en 1944. Bakhtchyssaraï abrite le somptueux Palais du Khan, jadis visité par Pouchkine. A l'intérieur de ses murailles se trouvaient une mosquée, un harem, un cimetière, des jardins et la romantique fontaine des larmes

qui, selon la légende, pleurait l'amour d'un prince musulman pour l'une des esclaves chrétiennes de son harem.

http://tamara-crimea.com/images/full/seb/12.jpg

 

La Crimée a t’elle conservé quelques vestiges de son antique passé grec ?


Située à la périphérie de Sébastopol, Khersones, surnommée la Pompéi ukrainienne, constitue un site archéologique d’importance mondiale. Il révèle tout l’intérêt que portaient les grecs à la Crimée il y a 25 siècles lors du grand mouvement de colonisation de la Mer Noire. Un antique serment, prêté par les citoyens est entré dans l’Histoire : « Je fais le serment devant Zeus, la terre, le soleil, les déesses et les dieux de l’Olympe et les héros de la Cité que je  me consacrerai au bonheur et à la liberté des citoyens de Khersones ».

 

 

Propos recueillis par Ivan Heintz

Site de Tamara Gautreau

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 17:07

kurkov-andriy-copier.jpgInvité par la section des études ukrainiennes de l’INALCO à participer à la table ronde « LES ECRIVAINS », dans le cadre de la Journée Europe Centrale et Orientale, le 14 avril 2010, le romancier Andreï Kourkov a fait honneur à l’Ukraine. Né à Saint-Pétersbourg (Léningrad) en 1961, il vit dès sa petite enfance à Kyiv.

 

Très doué pour les langues, il en parle neuf à présent, y compris le français et le japonais. Eclectique dans ses goûts, c’est un auteur aux multiples talents : chanteur, compositeur, caméraman, scénariste, journaliste et écrivain. Il est le seul écrivain ukrainien d’expression russe qui soit traduit dans le monde entier. Son œuvre est aujourd’hui traduite en 32 langues.

 

 Après avoir brièvement travaillé comme rédacteur en chef d’un magazine destiné aux ingénieurs, il est enrôlé comme gardien de prison à Odessa durant son service militaire. C’est à ce moment là qu’il a écrit un grand nombre de contes pour enfants.  Scénariste de talent, Kourkov a rédigé 18 scénarios. Il a été sélectionné comme un des trois meilleurs scénaristes d’Europe pour son scénario du film de V. Krychtofovytch «  l’Ami du défunt », par l’Académie du film européen à Berlin.

 

 Son premier roman paraît en 1991, à Kyiv, deux semaines avant la chute de l’Union Soviétique. Deux ans plus tard, il réussit à publier deux autres romans en Ukraine indépendante. Mais c’est son roman Le Pingouin, paru en France en 2000, qui lui apportera le succès international, confirmé par les romans suivants : Le Caméléon (2001), L’Ami du défunt (2002), Les Pingouins n’ont jamais froid (2004), Le dernier amour du président (2005), Le Laitier de nuit (2010).

 

Les romans d’Andreï Kourkov se caractérisent par un regard acéré et ironique sur la vie dans la société post-soviétique. Il décrit cette société  avec un humour incisif et une profonde tendresse dans laquelle évoluent aux frontières du fantastique et parfois même de l’absurde, des personnages en mal de repères, décalés et attachants.

 

Comme Nicolas Gogol, Kourkov fait cohabiter le drame et l’humour, il entremêle un réalisme social âpre et une fantaisie pétillante. Certains critiques français n’hésitent pas de l’appeler « l’héritier direct de Gogol ».

 

 « Si Gogol a quitté son Ukraine natale en 1828, à l’âge de 19 ans pour s’installer à Saint- Pétersbourg, et devenir un auteur russe, à l’inverse Kourkov, lui, a quitté St Pétersbourg à l’âge de 2 ans, pour s’établir en Ukraine, et devenir un écrivain ukrainien. Donc, l’Ukraine a perdu un écrivain, un grand, mais elle a récupéré un autre, de talent ».

 

 

Olga Mandzukova-Camel,

Professeur d’ukrainien à l’INALCO

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 16:49

Comment êtes-vous venu à la littérature ?


Quand j’avais six ans, mon père m’a acheté trois hamsters que je laissais vagabonder à leur guise dans l’appartement. Mes hamsters ont eu une vie assez tragique : le premier a été tué par accident, alors que mon père a ouvert la porte un soir en rentrant à la maison. Le second a été mangé par un chat que j’avais trouvé dans la rue et ramené à la maison. Quand au troisième, il est tombé du balcon. On n’a jamais su si c’était un accident ou un suicide… Mais c’est alors que j’ai écrit mon premier poème, sur la solitude du hamster qui a perdu ses amis.

 

Mon frère était dissident et il a été arrêté sous le prétexte de cambriolage de kiosque. Ma mère a passé beaucoup de temps à essayer de faire commuer la peine de mon frère. Finalement, le juge, qui était collectionneur de médailles soviétiques, a levé les deux ans de prison de mon frère en échange des médailles de guerre de mon grand-père. Ce juge avait une grande bibliothèque, et étonnamment, beaucoup de livres interdits. C’est chez lui que j’ai découvert Hermann Hesse ou l’œuvre d’Andréï Platonov. J’ai beaucoup écrit en m’inspirant de ces auteurs, au début, jusqu’à ce que je décide qu’il fallait que je trouve mon propre style. J’ai finis mon premier roman à l’âge de 17 ans et j’ai approché  les éditeurs soviétiques et les grands écrivains ukrainiens, mais ce roman ne correspondait pas aux standards soviétiques… Au début, mes livres se sont diffusés par le biais de lectures privées.

 

Mes manuscrits ont commencé à voyager dans l’URSS et j’ai eu des invitations à Riga, à Vladivostok, pour lire mes textes. J’ai donc débuté comme écrivain « Underground »  J’ai commencé à écrire beaucoup pendant mon service militaire. Etant pacifiste, j’ai longtemps tenté de l’éviter, notamment en prolongeant mes études de linguistique : j’ai presque réussi mais c’était tellement dur à éviter que j’ai finalement dû me résoudre à y aller.  J’ai atterri comme gardien de prison à Odessa en 1984.  Mes officiers étaient surpris de mes diplômes…

 

Quand j’ai dit que mon ambition était de devenir écrivain, on m’a demandé d’écrire des textes communistes pour les journaux locaux. J’étais censé travailler toute la nuit, mais je finissais mes textes en deux heures avant d’écrire pour moi. J’écrivais des histoires pour enfants, et en 1987, j’ai commencé à gagner ma vie en écrivant des scénarios de films. En 1991, c’était la crise. J’ai pris un prêt de 16 000 dollars pour imprimer mes propres livres que j’ai commencé à distribuer http://ecx.images-amazon.com/images/I/51GgqkLjagL.jpgartisanalement,  j’en vendais moi-même sur Andreivsky Spousk. J’en envoyais également à l’étranger et j’ai finalement été publié en Autriche…

 

Parlez-nous de votre dernier roman, le Laitier de Nuit

 

J’ai essayé d’écrire un roman sans politique. Mon précédent roman, le Dernier Amour du Président, dans lequel un Président ukrainien est empoisonné et le président russe Wladimir Poutine est réélu après une pause de quatre ans, m’a valu trop d’ennuis. Les commandes ont tout simplement cessé en Russie… Avec ce roman, j’ai donc arrêté la politique et j’ai essayé d’écrire une histoire d’amour… C’est donc trois histoires, trois couples, qui essayent d’être heureux dans ce pays un peu bizarre qu’est l’Ukraine…

 

 

 Propos recueillis par Grégoire Grandjean


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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 09:12

http://www.clairedenamur.com/index.php/content/download/24080/311759/file/c_photos_de_cedric_rivrain_13_reference.jpgVous avez des racines extrêmement diverses, pourriez-vous nous expliquer un petit peu vos origines ?


Mon père est Franco-Hollandais et ma mère est née en Argentine mais elle est d’origine ukrainienne. Mes arrières grands-parents maternels ont émigré à Buenos Aires dans les années 1920, et ils étaient originaires d’Odessa et de Prusse. Ils ont fui l’Europe de l’Est au moment des vagues de Pogroms… Leurs noms de famille étaient Dejtiar et Schvarstein. Ma mère a grandi avec l’Espagnol et le Yiddish comme langues maternelles… Pour ma part, j’ai vécu dans ma jeunesse en Amérique du Nord : aux Etats-Unis et au Canada. Nous sommes revenus en France quand j’avais 15 ans. Tout ce mélange et le fait d’avoir grandi dans plusieurs pays différents représente une grande richesse pour moi, mais il y a aussi des temps d’adaptation qui sont parfois difficiles, comme quand je suis revenue en France. Au brevet, certaines de mes notes ont été catastrophiques, en biologie notamment : je ne connaissais le vocabulaire qu’en Anglais !



Cette diversité culturelle doit s’exprimer à travers votre musique…


Absolument. Mon frère, ma sœur et moi avons été élevés dans un univers musical au gré des goûts et origines de nos parents ainsi que des lieux où nous avons vécu. Mon père, Yves Denamur, nous a passé sa passion pour Bob Dylan, America ou Neal Young. Petite, j’ai été forcée à apprendre le piano mais suis rapidement passée à la guitare en autodidacte. Au début, je jouais pour moi et mes amis, et rapidement, j’ai commencé à écrire des chansons influencées aussi bien par le country blues, le negro spiritual que par les musiques d’Amérique latine. Une de mes chansons, La Mal Aimée, dédiée à ma mère, a de fortes influences de Fado argentin et certains m’ont dit y voir une influence Klezmer…



Quel lien gardez-vous avec l’Ukraine ?


Et bien très franchement, je dois dire que mes origines ukrainiennes remontent assez loin, et je commence tout juste à m’intéresser vraiment à ce passé. De mon arrière-grand-mère, j’ai hérité le prénom : Clara. Au-delà de cela, j’espère aller bientôt en Ukraine et découvrir le pays qu’ont quitté mes arrières grands-parents.



Vous avez déjà publié un premier album, vous jouez dans toute la France et à l’étranger et avez déjà foulé la scène de l’Olympia… Quels sont vos projets pour le futur ?

 

Je fais toujours beaucoup de concerts en France et à l’étranger. D’ailleurs je joue à Varsovie dans deux semaines… Cependant j’essaie de ralentir un peu la cadence des tournées pour me consacrer à mon deuxième album. J’ai beaucoup appris des erreurs du premier et je m’investis aujourd’hui sérieusement dans la réalisation du second, tant au niveau de la musique que des paroles. Je suis donc en phase d’écriture et de composition, et je vise une sortie en 2011.

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

Site de Claire Denamur

Claire Denamur sur MySpace

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 16:55
Olena Tokar

Comment est né ce projet de création d’une librairie franco-ukrainienne en ligne ?

Le projet est né en décembre 2009. Nous avons fait un constat : il n’y a pas de librairie franco-ukrainienne en France, que ce soit sous forme de boutique ou de magasin virtuel. Les livres sur l’Ukraine sont noyés dans les rayons des grandes librairies (Littérature étrangère, Voyages, Histoire de l’Europe de l’Est, Géopolitique, etc.). Dans ces librairies comme en ligne, il faut connaître le titre d’un livre avant de pouvoir le trouver.

 

Il existe des fonds de documentation comme la Bibliothèque Simon Petlioura à Paris, mais pas d’endroit où acheter des nouveautés en ligne. Nous avons souhaité regrouper les livres concernant l’Ukraine sur une plate-forme organisée par thèmes. Elle permet aux personnes s’intéressant à l’Ukraine d’avoir un tour d’horizon de la littérature existant en France. Les ventes ont commencé avant même que l’on ne commence la promotion du projet!

 

Selon quels critères choisissez-vous les livres présentés sur le site ?

C’est simple : figurent sur le site tout livre en Français portant sur l’Ukraine et tout livre ukrainien publié en langue française. On peut également trouver des CDs et des quelques objets en lien avec l’Ukraine comme des drapeaux…

 

Nous y allons petit à petit dans le choix des livres, l’idée étant d’avoir, à terme, une base de données des publications existant en Français sur l’Ukraine tout autant qu’un lieu où l’on peut les acquérir depuis toute la France. D’ailleurs, nous invitons les lecteurs de Perspectives ukrainiennes ainsi que les personnes visitant le site à nous suggérer des titres à rajouter à notre sélection. Toutes propositions d’autres passionnés de l’Ukraine sont bienvenues. Il suffit pour cela de nous écrire à librairie@perspectivesukrainiennes.org

 

« Perspectives ukrainiennes » est un blog et une newsletter d’information sur l’Ukraine. Le blog devient-il une opération commerciale ?

Absolument pas. Nous ne vendons pas les livres nous-mêmes mais utilisons un programme d’amazon.fr nous permettant de sélectionner et classer des livres sur notre blog. On achète les livres en étant rebasculé sur Amazon et avec son compte Amazon, qui offre tous les services, notamment en termes de sécurité de paiement et de port. Pour chaque livre vendu, Amazon nous reverse un petit pourcentage et ces recettes serviront à payer l’hébergement du blog.

 

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 21:48
Tamara_Demidenko006.jpg Quel a été votre parcours personnel et dans quel contexte vous êtes vous installée en Grande Bretagne ?
Je suis venue à Londres dans les années 80 grâce à mon mariage. Ensuite j’ai décidé de faire des études afin de pouvoir créer ma propre entreprise. J’ai étudié le « business management » ainsi que la finance à la City, ce qui m’a permis de travailler dans une compagnie d’assurance. Ces études m’ont apporté de précieuses connaissances qui m’ont aidé par la suite à financer mon entreprise. A l’époque de la Perestroïka, j’ai accompagné des hommes d’affaires anglais pendant leurs voyages à Moscou. J’ai ensuite séjourné en Afrique de l’Ouest, notamment en Nigeria.

C’est d’ailleurs dans ce pays que s’est déroulé ma première exposition. J’ai rencontré par hasard un peintre russe qui m’a confié l’organisation de son expo. J’avais des doutes au début, car j’aimais l’art, mais je n’avais pas d’expérience quant à l’organisation d’événements… Cependant, mon partenaire d’affaires de l’époque m’a soutenu et l’exposition a eu lieu au Centre culturel de l’Union Soviétique.

En 1993 j’ai fait ma première exposition à Londres. Il s’agissait d’un peintre ukrainien Olexandre Klemenchouk. J’ai appris le métier au fil des jours, les peintres eux-mêmes m’ont beaucoup aidé.

Quelles raisons vous ont motivé à créer Danusha Fine Art ?
Je m’occupais de plusieurs projets, notamment pour ce qui concerne les entreprises off-shore, et parallèlement j’ai commencé à organiser des expositions ; cette activité m’a enthousiasmé c’est pour l’exercer à plein temps que j’ai créé Danusha Fine Arts.   

A votre avis, quels artistes ukrainiens attirent le plus un collectionneur occidental ?
Les acheteurs sont pour l’essentiel anglais, français, américains ou canadiens. Mes clients s’intéressent aux artistes Sots-Réalistes (réalistes-socialistes), école qui existait du temps de l’Urss mais dont le style n’inspire plus personne aujourd’hui. Si j’avais su cela, je n’aurai pas vendu les oeuvres que je possédais ! A l’époque soviétique ces tableaux ne coûtaient presque rien, mais aujourd’hui ils ont acquis de la valeur.

Les oeuvres industrielles de Grygoriy Shyshko (1923-1994) dont je dispose, sont les plus demandées actuellement. La galerie parisienne Vendôme les a sélectionnées pour les exposer au côtés d’autres tableaux des différents peintres. Je travaille également avec Panas Tytenko (né en 1963), qui appartient à l’école de Tetiana Holembievska (née en 1936).
      

Eprouvez-vous les conséquences de la crise ?
Oui, énormément ! Les sponsors qui soutenaient les expositions (Art Fairs) n’ont plus d’argent aujourd’hui. L’année dernière a été particulièrement difficile. Un grand nombre d’événements ont été annulés. L’art contemporain a été le plus touché, en revanche les prix des œuvres classiques n’ont pas baissé. Cette année nous verrons comment  la situation évoluera…
 
Quelles expositions avez vous prévues pour l'année 2010 ?
Je vais participer en février au «  20-21 International Art Fair au Royal College of Art à Londres » pour y présenter les tableaux de Panas Tytenko et de plusieurs membres de sa famille. 

S’agissant de la prochaine exposition « GRYGORIY SHYSHKO », elle se déroulera à Paris, galerie Vendôme, du 29 mars au 24 avril 2010. Cette galerie a déjà présenté par le passé des œuvres réalisées par des artistes ukrainiens. Il est assez difficile de trouver des galeries telles que celle-ci. C’est pourquoi, habituellement, j’organise des expositions dans les musées. 

Propos recueillis par Olena Codet





La prochaine exposition « GRYGORIY SHYSHKO » aura lieu dans la Galérie Vendôme, 12 rue de la Paix, Paris 2ème, du 29 mars au 24 avril 2010.

DANUSHA FINE ARTS, 30 Warrington Crescent, London W9 1EL
Tél. +44 2 07 286 48 32

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 20:37
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