Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 18:02

Emmanuel Lepage, comment est née l'idée de ce projet ?

Le projet est né d'une rencontre entre Pascal Rueff et Morgan, comédiens et Lidwine, président de l'association "Les  Dessin'acteurs". Pascal et Morgan avaient déjà fait deux voyages à Tchernobyl et ont monté un spectacle "Mort de rien" sur la catastrophe. Ils avaient comme projet de créer une résidence d'artistes à Volodarka à 4Okm de la centrale, hors de la zone interdite. Ils ont évoqué ce projet  avec Lidwine. Il fut enthousiaste. Cela s'inscrivait dans la démarche des Dessin'acteurs. Il proposa donc à Gildas Chasseboeuf et moi-même de partir là-bas réaliser un carnet de voyage, ce que nous avons accepté d'emblée. Gildas et moi sommes donc tous deux membres de l'association et respectivement illustrateur et auteur de bandes dessinées. L'idée était de réaliser un livre à partir de nos dessins et témoignages dont les droits seraient reversés à l'association "les enfants de Tchernobyl".

 

Connaissiez-vous déjà l'Ukraine avant ce voyage à Tchernobyl ? Comment ce voyage a influencé votre vision de cette grande tragédie ?

Je ne connaissais pas du tout l'Ukraine avant mon départ, mais Gildas et moi avons tenu à nous y rendre en train afin de mieux d'appréhender la proximité de ce pays... et le lieu de la catastrophe. Nous n'ambitionnions pas du tout d'embrasser la totalité de la catastrophe et de ses conséquences. Notre vision résulte de nos rencontres au village de Volodarka et de ses environs et des personnes rencontrées à Tchernobyl. Je fus frappé cependant de voir combien 22 ans après, l'ombre de la catastrophe étais toujours d'une brûlante actualité, comme cette zone continuait de nourrir les fantasmes et les peurs. Sans doute à l'époque pour moi comme pour beaucoup de français Tchernobyl, c'était loin, c'était l'Est, l'autre coté du rideau de fer. Les informations filtraient peu et sans doute nous ne nous sommes surtout trouvés concernés que par ce fameux nuage qui, comme l'on sait, n'a jamais traversé la France (!). Ce voyage m'a convaincu qu'il n'en était rien, que les préoccupations des gens vivant là bas étaient les nôtres, qu'ils étaient nos semblables, que Tchernobyl nous concernait tous. Je ne peux m'empêcher d'imaginer pareille catastrophe en France. Parlerions nous toujours de développer le parc nucléaire et vanter nos "compétences" dans ce domaine ? Je n'envisage pas pour l'instant un autre voyage en Ukraine, mais qui sait ? Ce voyage ne cesse de me hanter et il est possible que je retourne un jour à Volodarka pour comprendre ce qui là-bas m'a tant touché.

 

Pourriez-vous commenter le choix du titre pour le livre?

Le choix du titre du livre est un oxymoron inspiré du trouble qui nous saisit là bas entre la beauté de ce que nous voyions, cette nature magnifique, les arbres en fleurs au printemps, et la réalité du lieu. Nos sens ne nous disaient rien du réel et c'est sans doute ce qu'il y avait de plus troublant !    

 

Propos recueillis  par Olga Artyushkina

 

Partager cet article
Repost0
5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 17:54

Quand êtes-vous tombé dans la marmite de la BD ?

A l'age de 7 ans, tandis que j'étais à l'école primaire, j'étais émerveillé par un livre que je pouvais emprunter à la bibliothèque scolaire. Il s'agissait d'un album de Grzegorz Rosinski dont j'ai oublié le titre. Par la suite des exemplaires de l'Humanité, seul journal français disponible en URSS, sont parvenus entre mes mains. Pourquoi l'enfant que j'étais alors c'est-il intéressé à ce journal ? Tout simplement parce que la dernière page comportait des extraits d'une bande dessinée de Hugo Pratt. Ainsi, dès mon plus jeune âge je rêvais de dessiner mes propres « films », j'inventais des histoires. J'ai alors décidé de tout  faire pour pouvoir un jour en faire mon métier et d'arriver à ne vivre que de cela. Je suis parvenu à l'age de 22 ans à faire publier mes tous premiers albums. Ce qui n'était pas évident dans notre pays, sachant que le genre y était alors inexistant.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

La question est étrange car à mon sens, la vie est une source inépuisable d'inspiration. Une conversation, un article que je lis ou bien une scène du quotidien peuvent constituer des éléments de scénario. Je lis beaucoup, mais il est rare que des œuvres d'autres auteurs soient de nature à m'inspirer pour faire un album. Je ne pense pas en effet que mon dessin soit à même de  refléter avec une totale fidélité ce que l'auteur du texte a imaginé. C'est pourquoi le plus souvent je suis l'auteur de mes propres scénarios.

 

Avez-vous des projets d'adaptation  de classiques de la litterature comme « Maroussia » de Marko Vovtchok, des nouvelles de Sacher Masoch, ou d'autres œuvres connues en France et ayant un lien avec l'Ukraine ?

« Maroussia » est plus connu en France qu'en Ukraine où on connaît son auteur, Marko Vovtchok, à travers d'autres œuvres souvent très tristes, qui parlent des terribles conditions de vie des paysans ukrainiens au XIXe siècle. Ces thèmes, assez durs, ne m'inspiraient pas vraiment. Vu le succès rencontré par  « Maroussia » dans la littérature de jeunesse en France, je serai curieux de découvrir cette oeuvre. Quant aux œuvres de Sacher Masoch,  auteur que le public ukrainien redécouvre, la « Venus à la fourrure » a déjà été adaptée en BD par un dessinateur français, il s'agit de Crepax. S'agissant des nouvelles et des contes de Masoch se rapportant à la Galicie, ils ne sont pratiquement pas connus en Ukraine.

 

Igor Baranko, avec Maxym Osa, vous plongez le lecteur dans l'Ukraine du XVII siècle, qu'évoque pour vous cette époque ? Quel est votre regard sur la cosaquerie ?

Chaque peuple a des héros qui symbolisent son histoire et ses traditions. Ainsi pour la France, riche d'une multitude des personnages littéraires, quand on évoque le nom du pays, le plus souvent on pense aux mousquetaires. Pour les Américains ce sont des cow-boys du Far West. Pour les Ukrainiens ce sont des cosaques, des guerriers libres respectant un code d'honneur. Il est certain qu'ils s'inscrivent dans une vision romantique et idéalisée en Ukraine. Aussi, j'ai voulu briser cette approche figée et donner une image plus réaliste des vrais cosaques. L'histoire se déroule au début de XVIIe siècle, c'est-à-dire avant les grands bouleversements auxquels est associé le nom de l'hetman Bohdan Khmelnitski.

Avec Maxym Osa, j'ai cherché à faire le portrait d'un aventurier, d'un cosaque indépendant de tous les camps politiques, sachant qu'au début c'était le fondement de la cosaquerie : la liberté avant tout. Dans cet esprit, Maxym Osa n'a pas d'allégeance, il ne cherche pas à savoir qui a tort, qui a raison – les Russes, les Polonais ou les Ukrainiens. Le monde est complexe, fait de nuances et de 1000 couleurs, les catégories ne sont pas tranchées, rien n'est totalement noir ni vraiment blanc. Il y a des bons et des méchants dans les trois camps et cela change selon les circonstances.

 

 

Quels sont vos projets ?

Je travaille actuellement sur le tome 2 de Maxym Osa. J'envisage parallèlement d'adapter en noir et blanc Maxym Osa pour une édition destinée aux publics ukrainien, polonais et russe. Cela se ferait certainement avec le soutien d'Oleksiy Olin, rédacteur en chef du magazine ukrainien consacré à la BD « K9 ». En outre, je démarre un nouveau projet dont le thème est la disparition de la civilisation égyptienne pour les éditions les Humanoïdes Associés.

 

Propos recueillis  par Olga Gerasymenko
Partager cet article
Repost0
28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 15:44

L'Association Ukraine Art vient de lancer son site.

Enregistrée en 2003 à Paris, elle oeuvre à la promotion de la culture, de l'art et de l'artisanat ukrainiens en France.

Depuis sa création, l'Ukraine Art a lancé ou a participé à plusieurs actions culturelles, telles que festivals, concerts, expositions.

Son site présente l'agenda culturel, il possédera également une galerie de photos et vidéos des manifestations déjà réalisées. Les personnalités et les artistes ukrainiens  y seront introduits et leurs oeuvres seront présentées sur les pages des rubriques « Ils ont du Talent » et « Ils sont Célèbres ».

Pour diffuser vos annonces ou toute autre question, vous pouvez contacter l'Association représentée par sa présidente Nathalie Pasternak.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de Perspectives Ukrainiennes
  • : Les actualités et l'histoire ukrainiennes : les informations auxquelles les francophones n'ont pas d'accès ailleurs
  • Contact

Recherche