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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 21:39

AlainGuillemoles.jpgQuelles sont les spécificités de la communauté juive d'Ukraine ? 


Ce qui m'a frappé en préparant ce livre, ce sont surtout les ressemblances dans le destin des juifs de toute l'ex-URSS. Ils ont en commun d'avoir grandi dans un système soviétique où la méfiance à l'égard des Juifs faisait partie des règles non-écrites...

Mais si l'on veut chercher ce qu'il y a de spécifique aux Juifs d'Ukraine, je crois que cela tient surtout au fait que ce pays a compté, avant la guerre, des communautés particulièrement nombreuses. Avec la Pologne, l'Ukraine était sans doute le pays européen comptant le plus de Juifs. Ils avaient un poids tel, en Ukraine, que les proclamations de Simon Petlioura, par exemple, dans les années 1920, étaient faites obligatoirement en 4 langues: ukrainien, polonais, russe et yiddish.

Une autre spécificité, c'est aussi qu'à partir des années 1960, un compagnonnage étroit s'est noué entre certains dissidents juifs et le mouvement national ukrainien. Je raconte ainsi comment, en 1966, le poète ukrainien dissident Ivan Dziouba est venu lire une lettre aux Juifs, à Babyi Yar, lors de la commémoration non-officielle du massacre de 1941. Plus tard, il a été envoyé en camp, et notamment pour cela. Les dissidents juifs et les nationalistes ukrainiens luttaient ensemble contre le système soviétique. De ce compagnonnage, il est resté une relation étroite qui se manifeste, par exemple, dans le fait que la meilleure université ukrainienne, l'académie Mohyla accueille aujourd'hui l'institut d'études juives. Dans mon livre, Léonid Finberg, directeur de cet institut, est interviewé. Et il parle même d'un "puissant sentiment philosémite" des intellectuels ukrainiens. Je trouve cela intéressant, car cela va à l'encontre des clichés généralement admis. Et si mon livre peut servir à faire reculer, justement, quelques clichés, il aura déjà atteint son but.

 


Le renouveau identitaire des juifs d'Ukraine s'est-il accompagné d'une importante émigration ?

 

L'émigration a surtout eu lieu dans les années 1990. Elle était dûe pour une bonne part au fait que l'Ukraine traversait alors une crise économique profonde, et que beaucoup de gens, juifs ou non-juifs, ont cherché à partir. Aujourd'hui, le flux migratoire n'est plus aussi important. On peut dire qu'il a rejoint la moyenne de tous les pays européens. 

Il y aurait de nos jours 100.000 juifs en Ukraine, selon les chiffres officiels et 300.000, selon les estimations de chercheurs. Un million de Juifs soviétiques sont partis vers Israël dans les années 1990. Parmi eux, 300.000 à 400.000 étaient originaires d'Ukraine.

La mémoire du shtetl est elle toujours présente dans l'imaginaire des juifs d'Ukraine ?

Bien sûr. Mais le village traditionnel juif avec sa synagogue, son école religieuse, ses bains rituels, tel qu'on le trouve raconté dans les récits de la littérature juive, tout cela n'existe plus depuis longtemps. C'est seulement dans les livres que l'on peut trouver de quoi en avoir une idée.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61EN7Uga3-L._SS500_.jpgJe me suis rendu dans un de ces anciens shtetl, à Leczna, en Pologne. Et je raconte ce qu'il reste sur place et comment l'endroit a changé. Il est intéressant de voir comment les habitants se souviennent du passé: les plus vieux, ceux qui ont connu l'époque des massacres perpétrés par les nazis se sont tus après la guerre, pétrifiés par l'horreur dont ils avaient été témoins.

Ils sont la génération du silence. Puis est venu la génération de l'époque communiste, qui a grandi dans un oubli forcé. La jeune génération redécouvre ce passé, s'y intéresse, veut en parler. Et ainsi, cette histoire que les communistes avaient voulu effacer ressurgit.



Quelle est la situation de la culture et de la langue yiddish dans l'Ukraine contemporaine ?

 

Le yiddish comme langue du quotidien a quasiment disparu. Les Juifs qui se rapprochent de leurs racines apprennent surtout l'hébreu, qui a toujours été la langue d'études religieuses. Cependant, certains apprennent aussi le yiddish pour retrouver la saveur particulière de cette langue, chargée d'un humour  qu'il est difficile de retranscrire.

Pour ce qui est de la culture, comme vous le savez, la renaissance de la culture ukrainienne est déjà assez difficile en Ukraine, faute de moyens. Alors il serait trop ambitieux de croire qu'une vie culturelle juive peut renaître à court terme. En revanche, il y a déjà un renouveau de la vie religieuse, du mouvement associatif, des écoles. Peut-être verra-t-on, dans l'avenir, surgir aussi des artistes de ces communautés renaissantes ? Mais il est encore trop tôt pour cela.

Comment qualifieriez-vous  aujourd'hui les relations judéo-ukrainiennes ?

Votre question exige une clarification. L'une des premières mesures adoptées par Léonid Kravtchouk, le premier président ukrainien, après l'indépendance, en 1991, fut de supprimer la mention de la nationalité sur le passeport. Cela revenait à dire que tous les citoyens d'Ukraine sont des Ukrainiens, qu'ils soient Juifs, Tatars ou même Russes. Cependant, si votre question porte sur le fait de savoir si les Juifs se sentent bien en Ukraine, je crois que c'est le cas. Mais il faudrait le leur demander ! On touche là, en tout cas, à un sujet particulièrement délicat: celui de l'antisémitisme.

L'Ukraine est souvent montrée du doigt, de l'étranger, comme étant un pays où existe un fort antisémitisme. Or d'après ce que j'ai vu et entendu, durant mes reportages en Ukraine, ce n'est pas le cas. Il y a bien sûr certains problèmes, comme partout. Mais les juifs ukrainiens que j'ai rencontré ne considèrent pas qu'ils vivent dans un environnement qui leur est particulièrement hostile. Ils pensent plutôt que le reste du monde juif est mal informé à ce propos, préférant rester dans la caricature plutôt que de s'intéresser à la réalité. Ainsi, à la synagogue de Kiev, on m'a montré un arbre planté en hommage au Métropolite Andreyi Sheptitsky. Les Juifs d'Ukraine voudraient que cet homme d'Eglise ukrainien soit honoré du titre de "Juste parmi les nations", pour avoir sauvé 150 enfants juifs durant la seconde guerre mondiale. Mais le Mémorial de Yad Vashem, en Israël, s'y oppose. Le Mémorial accuse Sheptitsky d'avoir "trop bien accueilli" les Allemands. Or d'après les Juifs d'Ukraine, ce reproche est totalement infondé. Les Juifs ukrainiens sont donc fâchés contre Yad Vashem. Mais ils n'arrivent pas à le faire changer d'avis. Alors, en attendant, pour dire leur gratitude à Sheptitsky, ils ont planté cet arbre, juste à l'entrée de la synagogue. Voilà par exemple un signe que les relations entre les Juifs et les Ukrainiens sont bien meilleures que ce que l'on croit, parfois, vu de l'extérieur !


Propos recueillis par Frédéric Hnyda

 


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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 21:34

En Union Soviétique, la construction d’un métro représentait un défi majeur – il devait non seulement répondre à des impératifs fonctionnels et esthétiques mais aussi stratégiques. Ainsi outre leur fonction première, les stations profondes devaient servir d'abri antiatomique.


http://www.mnrocks.com/kiev_files/Kiev-seredini-prowlogo-veka_37.jpg 
Le chantier a débuté en 1949, en pleine période de reconstruction de la ville, Kyiv ayant été dévastée lors de la seconde guerre mondiale.

Le premier tronçon d’une longueur de  5.2 km entre les stations Vokzalna et Dnipro (Vokzalna – Université – Khrechatyk –Arsenalna – Dnipro) a été ouvert le 6 novembre 1960.

On dit que Kyiv est située, comme Rome, sur 7 collines. En conséquence, certaines stations sont situées dans les entrailles de la terre. Ainsi, la station Arsenalna, la plus profonde du métro de Kyiv, est située à 105 mètres de profondeur.

Pour relier la plateforme http://www.mnrocks.com/kiev_files/Kiev-seredini-prowlogo-veka_36.jpgà la surface, les passagers doivent emprunter deux escalators consécutifs de 55,8 et de 46,6 mètres.


Aujourd’hui le métro de Kyiv possède 3 lignes, il  dispose d’un tronçon aérien et enjambe le Dniepr à deux reprises.

Un ambitieux programme de développement prévoit la construction de deux lignes supplémentaires d’ici 2020 si toutefois les autorités parviennent à en assurer le financement ce qui pour l’heure est loin d’être acquis.

Quoi qu’il en soit, souhaitons un bon et heureux anniversaire au métro de Kyiv, infatigable mille-pattes de la capitale ukrainienne, qui marque les visiteurs à tout jamais par son odeur de rails si caractéristique !

Camille Kurbas


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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 22:46

Par René Lesage, diplômé en histoire de l’Université de Lille-III (1)

 

Des Ukrainiens se trouvent dans le département du Pas-de-Calais pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un grand nombre d’entre eux sont arrivés pendant l’entre-deux-guerres, essentiellement dans les flux de l’immigration polonaise. Venus pour la plupart de la Galicie orientale, ils sont alors de nationalité polonaise. Les besoins de l’économie de guerre amènent les Allemands, dans le second semestre de l’année 1942, à faire appel à de nombreux requis ukrainiens, des Ostarbeiter, parqués dans des conditions difficiles, au camp de Beaumont, près d’Hénin-Liétard et astreints à travailler  dans les mines. A la même époque, parviennent dans le même secteur des prisonniers de guerre soviétiques, parmi lesquels on trouve de nombreux Ukrainiens.

Des relations de travail et d’entraide ne tardent pas à se nouer entre ces Ukrainiens et la population minière. Elles facilitent les évasions et pour certains d’entre eux l’engagement dans la Résistance, essentiellement communiste, surtout après le printemps 1943, quand celle-ci se reconstruit, après les décimations de l’année 1942. Ces hommes jeunes, auréolés de leur citoyenneté soviétique, constituent des recrues de choix pour les FTPF. Par ailleurs, la présence des gardes wallons excite la vindicte populaire et les incidents sont nombreux. Les gardes sont souvent molestés, les camps parfois attaqués. Ces actions visent aussi à libérer le plus grand nombre possible de requis et prisonniers.

Les évadés sont assurés de trouver un accueil dans les corons et reçoivent de faux papiers, la plupart du temps polonais – c’est commode –, parfois même français. La chronique policière de ces temps fourmille d’exemples. En juin 1943, quatre évadés du camp de Marles sont retrouvés, munis de papiers français. En août, le commissariat d’Hénin arrête trois Ukrainiens évadés de Beaumont. L’un d’eux avait une fausse carte d’identité au nom de Gaston Delattre.

 Les Ukrainiens résistants intègrent les groupes FTP et participent à l’action directe auprès de leurs compagnons français. On repère leur passage, souvent quand ils sont arrêtés, dans nombre d’actions sur le bassin minier, et ce dès 1943. Le coup le plus important est l’attaque le 24 avril 1944 du camp de Beaumont-en-Artois, mené par un détachement de 20 FTP contre les gardes wallons. Trois «Russes » collabos sont exécutés et le camp est saccagé. Deux PG « Russes » ont guidé les résistants, Vassil Kolesnik et Vassil Porik : ce sont bien des Ukrainiens. Trente-six requis parviennent à s’évader. La riposte allemande est sanglante. Kolesnik, repéré, est abattu dès le lendemain, Porik est blessé et emmené prisonnier à Arras. Ce personnage, originaire de la région de Kharkov, figure emblématique de la résistance ukrainienne dans le Pas-de-Calais, est un lieutenant dans l’armée soviétique et est arrivé avec un convoi de prisonniers russes venus des camps d’Ukraine. Il rejoint bientôt le camp de Drocourt où il peut rencontrer des compatriotes requis. L’hagiographie communiste veut qu’il commence alors son travail d’organisation et de subversion dans les conditions favorables offertes par le fond de la mine. Il ne tarde pas à s’évader du camp et est hébergé chez les Offre, un ménage de mineurs d’Hénin-Liétard. Il commande un groupe de douze hommes. Bien que blessé et torturé, Porik, sur le point d’être exécuté, réussit à s'évader, en tuant l’un de ses gardiens. Il est arrêté de nouveau le 22 juillet 1944 et fusillé le même jour(2).

Un certain nombre de résistants russo-ukrainiens est éloigné des mines pour fournir les maquis verts dans le secteur paysan des FTP. Ceux-ci sont particulièrement actifs de juillet à décembre 1943 dans le secteur de Lucheux-Frévent où ils agissent de concert avec les groupes locaux de l’OCM. De mai à août 1944, un groupe commandé par « Alexandre » Tkatchenko, prisonnier de guerre évadé, originaire de la région de Kiev, fort d’une quarantaine d’hommes, essaime ses activités à partir de son centre de Noeux-lès-Mines vers Aubigny, Frévent et Beaumetz-les-Loges. Ces maquis s’en prennent aux Allemands isolés, aux installations ennemies, aux chemins de fer et aux fermiers réputés collaborateurs. Le 18 août 1944, Tkachenko est abattu, à la sortie de Berles-au-Bois, par des Feldgendarmes allemands, avec son compagnon et agent de liaison français.

La Résistance communiste n’est pas la seule à prendre en charge les Ukrainiens et à les incorporer. Les besoins de l’Organisation Todt amènent nombre de prisonniers sur les chantiers du littoral. Ils sont alors aidés, quand ils s’évadent des camps de Berck et de Neufchâtel, par l’Organisation Civile et Militaire, mouvement de résistance qui depuis l’automne 1942 s’est implanté dans les zones rurales. La chronique résistante cite de tels hébergements dans la région de Montreuil, d’Adinfer, de Bienvillers, de Coigneux, d’Hesdin , de Douriez, d’Auxi-le-Château (3). En mars 1943, le secteur OCM d’Arras organise systématiquement des refuges pour les prisonniers évadés dans les cantons du sud, vers Pas-en-Artois et Saint-Pol. Hélas ! Cette organisation est démantelée en juillet 1943 par la trahison de Baillart.

Les résistants ukrainiens ont participé comme ils l’ont pu aux combats de la Libération auprès de leurs camarades FFI... La Résistance communiste et l’OCM aident encore à de nombreuses évasions, tant à Beaumont que dans les camps du littoral. En mai 1944, trois PG russes dont au moins un Ukrainien, s’évadent depuis une caserne d’Hesdin. Comme ils ont travaillé pour l’organisation Todt, il peuvent fournir d’utiles renseignements sur les chantiers de V1, avant d’être transférés dans la ferme du bois de Lebiez, chez Ulysse Picquet. Le camp de Beaumont est attaqué encore à trois reprises de juin à août. Cette résistance est très présente dans la floraison des sabotages de toutes sortes de l’été 1944, dans le bassin houiller et ailleurs. Ils opèrent quelques exécutions sommaires au début de septembre contre les gardes wallons ou contre des porions trop durs, réputés collabos. Un exemple : un chef porion des mines de la fosse 6 bis à Dourges, abattu le 1e septembre 1944 à la cantine de la fosse 6 bis par le Russe Marc Slobodinski, ex-travailleur au camp de Beaumont, incorporé au groupement russe FTP d’Hénin-Beaumont (groupe scolaire Fallières). Le porion aurait dénoncé des résistants aux Allemands en juin 1944 et des Ukrainiens dont le rendement est insuffisant. On lui reproche aussi sa dureté dans l’exercice de ses fonctions (4). Ils combattent en septembre là où ils se trouvent. Des évadés du camp d’Olincthun le 20 août 1944, récupérés par l’OCM locale, s’arment en attaquant le même camp le 30. Ils sont intégrés dans le groupe franc du Waast, sous les ordres de Marcel Caudevelle, puis d’Isabelle Nacry et participent siège de Boulogne (5); ils patrouillent dans les lignes allemandes avec les Canadiens (6) jusqu’à l’attaque finale du 18 septembre vers le Mont-Lambert.

La participation des Ukrainiens du lendemain à la Résistance est relativement visible, mais qu’en est-il pour les Ukrainiens de la veille, ceux issus de l’immigration d’entre-deux-guerres ? Sans être insoluble, la question est difficile. Quelques indices onomastiques, fragiles il est vrai, montrent que certains ont pu être intégrés dans les groupes MOI ou les FTP(7), dans le mouvement Voix du Nord(8) et même encore, et cela pourrait surprendre, dans la Résistance nationale et polonaise du POWN(9).

 La répression allemande n’a pas épargné nos résistants ukrainiens. Outre les fusillés, on compte quelques déportés. Dans le convoi du dernier train de Loos, parti le 1e septembre 1944, on trouve deux prisonniers de guerre Piotr et Sergueï Timochenko qui seront immatriculés à Buchenwald le 17 septembre et dont le sort est inconnu (10).

 

 Source

 

(1) Cette note est tirée de mon article « Les Ukrainiens dans le Pas-de-Calais pendant la Seconde Guerre Mondiale », dans Migrations, transferts, échanges dans le Nord de la France, 49e congrès des sociétés savantes du Nord de la France, Cercle d’Etudes du Pays Boulonnais, 2009, pp 131-144. L’essentiel de la documentation sur la Résistance ukrainienne en Pas-de-Calais vient d’une étude de Fernand LHERMITTE, Archives Pas-de-Calais, 51 J 1

(2) Article de Liberté du 11 février 1968, archives Pas-de-Calais, 51 J 1

(3) Mikhaïl BOIKOFF est hébergé par Henri FOURRIER, employé de mairie à Auxi (OCM). Notre « Russe » de Kiev avait été condamné à mort et blessé

(4) Archives Pas-de-Calais, 51 J 12

(5) Parmi les noms spécifiquement ukrainiens dans ce groupe : Vassili GRIZENKO, né le 11 janvier 1923, Piotr MOSKALENKO, né le 22 décembre 1906, Mikhaïl KUPIU, né le 26 décembre 1921, Grigor KOSCHENKO, né le 21 avril 1900. Le groupe du Waast est sous la responsabilité de René WIMET, Louis GAVEL et Pierre CHARBONNEL. Ceux-ci s’étaient retrouvés à Colembert le 2 septembre, puis s’étaient dirigés vers la forêt de Boulogne et la Capelle. Ils avaient ôté leur insigne de l’armée rouge et n’avaient pas pu prendre contact avec des habitants de rencontre qui s’étaient éloignés de crainte à leur approche. C’est Julienne CAUX, une résistante de Boulogne, alertée de leur présence, partit à leur recherche avec le seul mot de passe le mot français qu’ils savent prononcer « pain ». Ces détails sont rapportés par Guy BATAILLE, Le Boulonnais dans la tourmente, tome III, pages 118-119

(6) Ainsi dans la nuit du 11 au 12, ils participent à une forte patrouille entre Haute-Cluse et Denacre

(7) Est-ce le cas de GNIDACHENKO Renia, 39 ans, sans profession, de Courcelles-les-Lens, relaxé par la Cour d’appel le 10 décembre 1942 et poursuivi pour activité communiste ? (Archives Pas-de-Calais, 51 J 4)

(8) IVANENKO de Noeux-les-Mines

(9) Une question posée à ce sujet sur un forum franco-ukrainien http://forumukrainien.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=1201 a montré la difficulté de ce type de recherches. Quelques noms franchement ukrainiens ont cependant été repérés : Jean KNIECIUK, d’Oignies, Barbara GALKA de Sallaumines

(10) Y. LE MANER, Le train de Loos, Tournai, 2003

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 12:22

ukrainiens-de-la-legion-etrangere.jpgPour quelles raisons plusieurs milliers d'immigrés ukrainiens se sont-ils engagés dans la Légion Etrangère dans les premiers mois de la seconde guerre mondiale ?

 

Entre les deux guerres mondiales, des milliers d’Ukrainiens sont venus à la demande de la France pour travailler dans les fermes, les mines ou la sidérurgie. A cette époque, l’Ouest de l’Ukraine était occupé par la Pologne. Consécutivement à l’invasion de ce pays par l’Allemagne le 1er septembre 1939, l’ambassadeur de Pologne en France lança un appel à tous les ressortissants polonais sur le territoire français. C’est à Coëtquidan en Ile et Vilaine que le général Sikorski organisa la mobilisation des troupes. Cette décision troubla de nombreux Ukrainiens qui, bien que de citoyenneté polonaise, ne désiraient pas porter l’uniforme d’un Etat occupant leur patrie. Aussitôt, les dirigeants des associations ukrainiennes entamèrent des négociations avec le gouvernement  français. Celles-ci furent fructueuses et permirent à plus de 5 000 Ukrainiens de s’engager en l’espace de quelques semaines dans la Légion Etrangère française. Il convient par ailleurs de souligner que parallèlement, dès la déclaration de guerre, des Ukrainiens s’étaient déjà engagés au sein des deux Régiments de Marche des Volontaires Etrangers de la Légion étrangère à titre individuel.

 

 Les Ukrainiens engagés volontaires ont-ils pris part à la campagne de France ?

 

Bien sûr, les Ukrainiens de France, dans les rangs de la Légion Etrangère,  ont pris part aux combats de mai-juin 1940 dans les Flandres, sous Sedan, sur la Somme, la Seine, la Marne, la Loire et la Saône, laissant sur les champs de bataille des centaines de tués et de blessés graves. Beaucoup d’entre eux seront faits prisonniers par les Allemands. La campagne de France se termine le 22 juin 1940 avec l’armistice demandé par le maréchal Pétain. L’ordre de démobilisation est alors donné pour tous les engagés volontaires ukrainiens de la Légion Etrangère.

 

 

Le courage et l'esprit de sacrifice de ces combattants ont-ils donné lieu à des commémorations?


Pour vous répondre il faut préciser ce que sont devenus ces légionnaires après l’armistice. Le soir même, 900 d’entre eux sont dirigés et rassemblés dans les communes du Pays d’Aix en Provence en attendant leurs documents de démobilisation. A Peynier, dans la forêt de la Garenne, ils gravent sur un rocher le tryzoub, nom ukrainien du trident, symbole national de l’Ukraine indépendante ainsi que d’autres inscriptions en ukrainien et en français. Le Rocher de la Garenne a été retrouvé en 2006. Etonnamment, il conserve toujours les traces du passage des légionnaires au cours de l’été 1940. Sur une initiative du président de l’Union des Français d’origine ukrainienne et grâce aux efforts conjugués de la municipalité de Peynier et de la Légion étrangère, le chemin conduisant au Rocher a été baptisé « Sentier des Volontaires Ukrainiens » le 30 juin 2007 et une plaque commémorative a été apposée en 2008. Désormais le 2 novembre, la Légion Etrangère rend hommage aux légionnaires morts au combat au cours d’une cérémonie réunissant les autorités civiles et militaires et des descendants de légionnaires ukrainiens.

 

 Propos recueillis par Frédéric du Hauvel

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 22:14
radio-svoboda-copier.jpg
12/02/2010, Radiosvoboda.org


Varsovie. Mardi 10/02 a eu lieu la présentation à l'Institut Polonais du Souvenir National (IPN) d'un livre intitulé «HOLODOMOR. La Grande Famine en Ukraine 1932-1933». C'est le septième volume de la série “La Pologne et l'Ukraine pendant les années 1930 et 1940” publié par l’Institut. La direction de l'Institut du Souvenir national voit cette publication comme un ouvrage à part et voudrait le présenter en Europe occidentale et aux Etats-Unis.

Ce nouveau volume contient plus de 230 documents d’archives non-publiés jusqu’à ce jour : du matériel provenant des Services de Renseignement polonais, de la police et des administrations locales de la Pologne d'avant-guerre. Il y a aussi des lettres de diplomates traitant de l’Holodomor, des directives et des protocoles d'interrogatoire.

Les spécialistes croient que les documents reflètent la situation réelle en Ukraine pendant l’Holodomor et donneront au lecteur une idée de l'échelle réelle de la tragédie du peuple ukrainien.

La plupart des documents figurant dans ce livre sont publiés pour la première fois.

great famine in Ukraine pologneL'auteur du livre, Dr Jerzy Bednarek, de l'Institut du Souvenir National, expliqué à Radio Svoboda pourquoi ce livre est unique

Les documents publiés viennent de l’OGPU soviétique, devenu le NKVD. Un point intéressant ici est que beaucoup de documents d'archives proviennent d’agents de renseignement attachés aux bureaux diplomatiques étrangers et travaillant dans les régions englouties par la famine. Les services de sécurité soviétique prenaient soin de s'assurer qu'aucune information sur la famine ne puisse atteindre l’Occident. Dans une certaine mesure ils ont réussi. Les documents sont la preuve directe que les autorités soviétiques ont essayé à tout prix de garder le secret et fait de la rétention d’informations au sujet de l’Holodomor”.

Lech Kaczynsky, Président de la République de Pologne, a écrit dans l'avant-propos que “les documents d'archives maintenant publiés montrent que l'Holodomor doit être désigné comme le génocide du peuple ukrainiens. L’Holodomor restera une tragédie sans précédent dans l'histoire de l'Ukraine et de l'Europe.

Le Dr Bednarek est convaincu que la publication en langue anglaise est absolument indispensable pour s’assurer que les véritables renseignements sur l’Holodomor en tant que génocide contre le peuple ukrainiens et perpétré par le régime communiste soient le plus largement connus.

Il a ajouté que la communauté internationale a besoin d'un signal clair pour garantir qu'un tel crime ne puisse jamais plus se répéter.

“Le livre sera présenté d'abord en avril au Parlement européen puis des manifestations similaires auront lieu en Allemagne et ensuite à Londres. Nous voulons aussi présenter le livre sur l’Holodomor aux Etats-Unis. Lors d’une visite récente à Washington par des membres de l'INR, les représentants de l'Administration américaine se sont enquis à plusieurs reprises de ce livre. Un certain nombre d’exemplaires a déjà été distribué par l'Ambassade d’Ukraine aux Etats-Unis. Il y a donc de l’intérêt pour le livre aux Etats-Unis”.

Le travail sur les différents volumes de la série “La Pologne et l'Ukraine pendant les années 1930 et 1940” a été mené à bien sur plusieurs années et a été réalisé en collaboration avec les Archives Centrales du SBU [le Service de Sécurité de l'Ukraine], l'Institut Polonais du Souvenir National, le Ministère polonais de l’Intérieures et l’Administration et l'Institut de Recherche Politique et Ethno-nationale de l’Académie des Sciences de l’Ukraine.

 

 

Préparé par Tymko

Source en ukrainien

Source en anglais

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 22:45

http://www.uz-left.narod.ru/txt/karmaliu/10b.jpgOustym Yakymovytch Karmаliouk (Устим Якимович Кармалюк), 10 mars 1787 – 22 octobre 1835, était un hors la loi qui devint un héros populaire.
Il est souvent désigné comme le « Robin des Bois ukrainien ».


Karmaliouk est né serf dans le village de Holovchyntsi, district de Lityn dans la Gubernia (province) de Podolie. On sait peu de choses sur les premières années de sa vie sauf qu'il était alphabétisé et parlait couramment le russe, le polonais et le yiddish en plus de sa langue natale ukrainienne, ainsi qu'il est attesté par les documents de la police de son temps. A l’âge de 17 ans, il fut requis pour travailler comme domestique dans le manoir de son propriétaire, mais il était notoirement insolent. A la suite de quoi, son seigneur décida de l’envoyer dans l’Armée russe pour l'éloigner de ceux qu’il incitait à la révolte.

Le révolté

Il reçut, sous la contrainte, une formation dans l'Armée Impériale russe et servit au cours des guerres napoléoniennes de 1812 dans un régiment de uhlans.
Mais il finit par déserter, revint dans sa région et organisa des bandes rebelles qui attaquaient les marchands et les propriétaires fonciers, tout en distribuant une part du butin aux pauvres.

Il fut capturé en 1814 et condamné à Kamianets-Podilskyi à recevoir 500 coups de "spitzruten" (baguette de fusil), une punition militaire typique. Il fut aussi condamné à servir pendant 25 ans dans un régiment en Crimée, mais parvint de nouveau à s’enfuir pour revenir dans le nord de la Podolie. Il organisa de nouvelles bandes rebelles dans les régions de Proskuriv, Letytchiv et Lityn, tout en parvenant à se ménager un large soutien chez les serfs, les Juifs et aussi les Polonais. Les rébellions s’intensifièrent au cours des années et s'étendirent non seulement à d'autres parties de la Podolie, mais aussi dans les provinces adjacentes de Volhynie, de la Kyivchtchyna et de Bessarabie. Au début des années 1830 l' « armée » de guérilleros de Karmaliouk était forte d’environ 20.000 hommes. Elle avait réalisé plus de 1.000 raids sur les terres des propriétaires fonciers polonais et russes au cours des 20 années précédentes.

La réponse du Tsar consista à faire stationner des unités militaires dans les régions les plus durement touchées. Karmaliouk fut capturé à quatre reprises et condamné à la déportation en Sibérie. Chaque fois, il parvenait à s’enfuir et revenait dans les districts de Lityn et de Letychiv. Une tour du château de Kamianets-Podilskyi porte le nom de ce prisonnier célèbre.

À la différence des Haidamaks du siècle précédent, Karmaliouk ne montrait aucune aversion envers les personnes appartenant aux différents groupes ethniques et minorités de l’Ukraine, les Juifs en particulier et, en conséquence ceux-ci l'ont soutenu massivement.
Ses proches compagnons étaient les Polonais Jan et Alex Glembovski, Feliks Jankovski et Alexander Wytwycki et aussi les Juifs Avrum El Izkovytch, Abrachko Duvydovytch Sokolnytsky et Aron Viniar. Beaucoup de Juifs ont été poursuivis pour leur participation aux raids de Karmalyuk ou pour complicité. En général, Karmaliouk a inspiré une loyauté sans précédent de la part de ses partisans.

Mort de Karmaliouk

Le 22 octobre 1835, une troupe tsariste encercla le groupe de Karmaliouk qui était hébergé dans la maison d'un paysan Ukrainien du nom d'E. Protskova située dans le hameau de Chlyakhovi-Korytchyntsi près de Derajnia. Là, au cours du combat qui suivit, Karmaliouk fut tué d’un coup de feu. Il avait 48 ans. Son corps fut ramené à Letytchiv où il fut enterré. Aujourd’hui une statue l'honore à cet endroit.

L'homme qui tua Karmaliouk, le noble polonais F. Rutkovsky, reçu une médaille du Tsar lui-même ainsi qu’une pension à vie.
Selon la légende, Karmaliouk était protégé contre les balles et a été tué par la seule chose qui pouvait l’atteindre, un bouton de vêtement en plomb.

Karmaliouk dans l’Art et la littérature

Karmaliouk a été l’objet de nombreuses œuvres artistiques et de chansons folkloriques. Il est parfois considéré comme "le Houdini de Podolie", puisqu’aucune prison n'était capable de le retenir très longtemps.

Affectueusement, il est connu comme le dernier Haidamak d'Ukraine.

Karmaliouk fut le sujet de trois portraits du peintre russe Vasily Tropinin. Il existe quelques versions différentes sur les rapports de Karmaliouk avec l'artiste.
Selon une version Tropinin a été présenté à Karmaliouk par son ami médecin Prokopy Danylevsky qui avait soigné des gens de Karmaliouk. Selon une autre version, Tropinin a peint Karmaliouk dans sa prison. Trois portraits de Karmaliouk par Tropinin ont survécu. Le premier est conservé au musée d’art Nizhny Tagil, un autre est gardé dans la Gallerie Tretyakov et le troisième se trouve au Musée d’Etat russe (Государственный Русский музей).
Karmaliouk a été le héro d'un certain nombre de poèmes du compositeur de chansons Tomasz (Tymko) Padura, dont certains sont devenus des chansons folkloriques.

 

Traduction de l'anglais par Tymko

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 22:08
Quelles sont les motivations qui ont conduit à la création de la collection ?
C’est principalement le constat – peu original – de la sous-information du public français ou plus généralement francophone sur l’Ukraine. L’ignorance est effrayante, non seulement dans le grand public, mais aussi chez les décideurs où elle peut avoir des conséquences graves : on se souvient de Valéry Giscard d’Estaing comparant la situation de l’Ukraine au sein de l’Union soviétique à celle de la région Rhône-Alpes au sein de la France…

Périodiquement, on me demande encore si l’Ukraine est un Etat indépendant ou une partie de la Russie, si les Ukrainiens sont des Russes, s’il y a une langue ukrainienne…En 2001, ma collègue de l’INALCO Iryna Dmytrychyn et moi-même cherchions un canal qui nous permettrait de contribuer à la lutte contre cette sous-information (qui est parfois d’ailleurs de la désinformation). Nous avons proposé aux éditions de l’Harmattan la création d’une collection consacrée à l’Ukraine dans toutes ses dimensions : historique, culturelle, politique…

On sait que cet éditeur a pour politique de publier, dans des collections thématiques aujourd’hui très nombreuses, le maximum d’ouvrages de sciences humaines. Le faible coût permet la parution de travaux que les éditeurs classiques trouvent trop peu rentables. Aujourd’hui, notre collection est l’une des façons de maintenir en France, comme le dit son nom, une « Présence ukrainienne ».

De quels horizons disciplinaires traite la collection ?

Tout ce qui concerne l’Ukraine y a sa place. Le catalogue comprend actuellement des ouvrages traitant d’histoire, d’archéologie, de linguistique, de littérature, de politique et de géopolitique, et même de cinéma… Nous avons publié des rééditions ou réimpressions de travaux anciens, dont la classique Description d’Ukranie de Le Vasseur de Beauplan et l’essai de Mérimée sur Bohdan Khmelnytsky, des traductions d’ouvrages en ukrainien comme le recueil d’articles de Mykola Riabtchouk et la Grammaire pratique de l’ukrainien de Roksolana Mykhaïlyk, des textes originaux en français comme l’ouvrage sur Grégoire Orlyk issu de la thèse soutenue par Iryna Dmytrychyn.

Quels ouvrages ont, à ce jour, rencontré le plus de succès ?

Celui de Mykola Riabtchouk (De la Petite-Russie à l’Ukraine), qui est un politologue de renom et dont le livre aborde des questions extrêmement sensibles relatives à l’identité ukrainienne, à l’interprétation de l’histoire, à la situation politique et géopolitique actuelle du pays, etc. ; et mon manuel (Ukraine, une histoire en questions), qui est un ouvrage d’introduction spécialement destiné au public français. De toute façon, compte tenu des sujets et des publics visés, beaucoup de titres se vendent naturellement sur une longue période. Les rééditions de Le Vasseur de Beauplan et Mérimée signalées plus haut, par exemple, sont les seules actuellement disponibles. Mais, à mon avis, le vrai succès ne se mesure pas forcément aux résultats des ventes : un seul ouvrage dans une bibliothèque bien fréquentée peut avoir plus d’importance à terme.

A quelle typologie de lectorat s'adressent les ouvrages de la collection ?
C’est très variable selon les cas. Certains titres visent un public assez large, d’autres sont plutôt destinés à des spécialistes. Parfois, des lecteurs peuvent s’intéresser au même ouvrage pour des raisons tout à fait différentes : le Maroussia élaboré par Iryna Dmytrychyn combine ainsi le fac-simile de l’édition originale de ce classique de P. J. Stahl, qui continue d’être lu par les enfants, et la reproduction inédite de l’original en français de Marko Vovtchok qui l’a inspiré, destiné plutôt à des amateurs de littérature. Nous pensons qu’un livre qui a un vrai contenu, qui mérite d’être publié, trouvera ses lecteurs. Beaucoup de nos lecteurs sont évidemment des Ukrainiens ou des Français d’origine ukrainienne, mais nous avons toujours le souci et l’espoir de toucher le public français général – celui à qui il faut faire découvrir l’Ukraine, son histoire, sa culture, l’enjeu qu’elle représente actuellement…

Quelles seront les prochaines parutions de la collection ?

Parmi les projets les plus avancés figurent la traduction commentée d’un témoignage sur la grande famine de 1933, et des contes : La Moufle, qui sera publié en édition bilingue illustrée, et des contes de Marko Vovtchok.

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 09:16
Résolution du Parlement européen du 23 octobre 2008 sur la commémoration de l'Holodomor, la famine artificiellement provoquée en Ukraine (1932-1933)

Le Parlement européen,
– vu le traité sur l'Union européenne,
– vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
– vu la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide,
– vu la déclaration conjointe publiée au cours de la 58e session plénière de l'Assemblée générale des Nations unies sur le 70e anniversaire de l'Holodomor en Ukraine, soutenue par 63 États, dont l'ensemble des 25 États membres de l'Union européenne (de l'époque),
– vu la loi ukrainienne relative à l'Holodomor de 1932-1933 en Ukraine, adoptée le 28 novembre 2006,
– vu la déclaration du Président du Parlement européen, du 21 novembre 2007, à l'occasion du 75e anniversaire de la famine en Ukraine (Holodomor),
– vu la déclaration finale et les recommandations de la 10e réunion de la commission de coopération parlementaire UE-Ukraine, adoptées le 27 février 2008,
– vu l'article 103, paragraphe 4, de son règlement,

A. considérant que le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales est un principe fondamental de l'Union,
B. considérant qu'en vertu de la convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, sont considérés comme des crimes les actes ci-après, commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux: meurtre de membres du groupe, atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe, soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle, mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe, et transfert forcé d'enfants du groupe vers un autre groupe,
C. considérant que l'Holodomor, la famine de 1932-1933, qui a causé la mort de millions d'Ukrainiens, a été planifiée de manière cynique et cruelle par le régime stalinien pour imposer la politique soviétique de collectivisation de l'agriculture contre la volonté de la population rurale d'Ukraine,
D. considérant que la commémoration des crimes contre l'humanité perpétrés au cours de l'histoire de l'Europe devrait permettre d'éviter la répétition de crimes semblables à l'avenir,
E. considérant que l'intégration européenne se fonde sur la volonté de surmonter les événements tragiques du XXe siècle et la reconnaissance que cette réconciliation avec une histoire difficile ne dénote en rien un sentiment de culpabilité collective, mais qu'elle constitue une base solide sur laquelle il sera possible de construire un avenir européen commun fondé sur des valeurs communes, ainsi qu'un futur collectif et interdépendant,

1. fait la déclaration suivante au peuple ukrainien, et notamment aux survivants de l'Holodomor qui sont toujours en vie, ainsi qu'aux familles et aux proches des victimes:
a) reconnaît l'Holodomor (famine artificielle de 1932-1933 en Ukraine) comme un crime effroyable perpétré contre le peuple ukrainien et contre l'humanité;
b) condamne fermement ces actes commis contre la population rurale d'Ukraine, caractérisés par une extermination et des violations massives des droits de l'homme et des libertés;
c) exprime sa sympathie à l'égard du peuple ukrainien victime de cette tragédie, et rend hommage à ceux qui sont décédés en conséquence de la famine artificielle de 1932-1933;
d) invite les États issus de l'éclatement de l'Union soviétique à permettre un libre accès aux archives relatives à l'Holodomor en Ukraine en 1932-1933, qui pourront être ainsi examinées en profondeur afin que toutes les causes et conséquences de l'Holodomor soient révélées et étudiées en détail;

2. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil et à la Commission, ainsi qu'au gouvernement et au parlement de l'Ukraine, au Secrétaire général des Nations unies, au Secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, ainsi qu'au Secrétaire général du Conseil de l'Europe.



Etendue de la famine 1932-1933
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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 20:34
Introduction
Pris en tenaille entre les totalitarismes hitlériens et staliniens, les Ukrainiens ont dans leur immense majorité vaillamment combattu pour la liberté et l'indépendance de leur terre. Un grand nombre d'entre eux se sont employés au péril de leur vie à sauver des Juifs. A ce titre, la prestigieuse institution israelienne Yad Vashem a établi que l'Ukraine constitue le quatrième pays d'où sont originaires les justes parmi les nations. 
 
Mais tandis que ces hommes et ces femmes faisaient briller des lumières d'humanité, quelques Ukrainiens se sont perdus dans un irréparable engagement au service de l'occupant. Il convient de faire la lumière avec objectivité sur cette infime minorité dont les obscurs desseins ne sauraient ternir le flambeau de la résistance ukrainienne.




L’id
ée de former des troupes slaves chargées de lutter contre l’URSS avait déjà germé, chez les militaires allemands et dans l’entourage de Rosenberg, ministre nazi chargé des Territoires de l’Est dès après le début de l’Opération Barberousse. L’hostilité des populations contre le régime communiste semblait leur donner raison. Hitler et son entourage rejeta cette proposition : il n’était pas question de former de grandes unités indépendantes composées majoritairement d’untermenschen slaves.

Au début de l’année 1943, les pertes s’accumulant, les critères d’enrôlement dans la Waffen-SS s’assouplirent et on vit la formation de plusieurs divisions dans les Pays Baltes, France, Croatie, Belgique (Wallonie), etc. De son côté, le Gouverneur allemand du District de Galicie, Otto von Wächter, appuyé en cela par le Comité Central Ukrainien siégeant à Kraków (Cracovie), le gouvernement en exil de l’UNR et diverses organisations dont une partie de l’Eglise Gréco-catholique, pris la décision de créer une division de Waffen-SS dans son territoire et destinée à combattre uniquement sur le front de l’Est. Cette décision fut annoncée officiellement le 28 avril 1943. Pour faire passer la pilule, le nom choisi pour la division fut SS Freiwilligen Division ‘Galizien’, reprenant ainsi le vieux nom de la province autrichienne qui permettait d’éviter l’adjectif ‘Ukrainische’.

De nombreux volontaires se présentèrent. Comme toujours, on y trouvait de tout : des aventuriers, des gens qui pensaient échapper à leurs conditions de vie, des volontaires qui croyaient intégrer une nouvelle Légion Ukrainienne identique à celle (les Sichovi Striltsi) qui avait combattu contre les Russes dans l’Armée austro-hongroise au cours du premier conflit mondial, des adhérents au gouvernement en exil de l’UNR et des nationalistes orientés par l’OUN, tendance Melnyk laquelle jouissait d’une certaine faveur auprès d’une partie du clergé Gréco-Catholique de cette époque.
Beaucoup croyaient que c’était le premier pas pour la formation de la future armée de l’Ukraine indépendante.

Il est à remarquer que l’OUN (b), c-à-d OUN tendance Bandera marqua nettement son hostilité et donna des instructions pour éviter l’embrigadement de jeunes ukrainiens dans cette unité. Pour contrebalancer la propagande allemande, elle pris immédiatement l’initiative de former en Galicie des Unité Populaires d’Auto-Défense (Ukrayinska Narodna Samooborona - UNS), lesquelles prirent le nom d’UPA-Ouest en janvier 1944.
L’OUN tendance Melnyk, eut une attitude plus équivoque. Elle ne s’opposa pas à l’enrôlement de jeunes ukrainiens en invoquant le prétexte que de jeunes recrues formées par les militaires allemands seraient très utiles pour des luttes futures.


LA DIVISION

Commandement

La SS Freiwilligen Division ‘Galizien’ était commandée par des officiers allemands et ukrainiens. Les postes d’officiers supérieurs étant uniquement occupés par les Allemands. On comptait 600 officiers détachés par Berlin dont la moitié étaient Hollandais et l’autre moitié provenait de Prusse orientale. Il y avait aussi 300 officiers ukrainiens qui avaient servit dans l’armée austro-hongroise au cours de la 1e guerre, une centaine d’ukrainiens de Galicie ex-officiers de l’armée polonaise et une autre centaine qui avaient commandé dans les rangs de l’UNR « du Dniepr » en 1917-1921. Outre les officiers supérieurs, les corps techniques étaient uniquement composés de troupes allemandes, ce qui créa des frictions vu leur dédain pour les Galiciens/Ukrainiens.

Le commandant en chef fut, au départ, le SS Oberführer Fritz Freitag, et son chef d’Etat-major le Sturmbannführer (Commandant) Wolf Heike. Tous les commandants de régiments étaient allemands Les Sturmbannführer Binz et l’Obersturmbannführer (Lieutant-Colonel) Franz Lechthaler commandaient les régiments de police.


Les Soldats

Les soldats qui étaient sélectionnés devaient mesurer au moins 1,65 m et devaient avoir de 18 à 35 ans. Les membres de l’OUN-B étaient interdits même si un certain nombre parvint à s’infiltrer sur ordre. L’uniforme était celui de la Wehrmacht ; sur l’épaule droite était cousu un écusson représentant le Lion de Galicie et trois couronnes. Il était interdit de porter le trident ukrainien : le Lion de Galicie était un symbole régional au contraire du trident qui était un symbole national.

Au 23 juillet 1943, la commission de recrutement avait examiné 26.436 candidats. Seuls 3.281 furent trouvés physiquement aptes pour le service. Il est vrai qu’un nombre non négligeable de jeunes hommes « bien portant » avait déjà été raflés pour le travail obligatoire en Allemagne !

Le Hauptführer K. Schultz fit le rapport suivant pour Berlin :

Si environ 80.000 volontaires s’étaient présentés, seuls 47.000 avaient été acceptés. Parmi eux, 1.400 furent dirigés vers d’autres tâches, 19.047 furent utilisés pour des travaux divers, 13.245 furent pris comme recrues, 1.487 furent « libérés » pour raison de santé et 11.578 furent incarcérés dans des camps (!)

La division se composait de trois régiments d’infanterie, d’un d’artillerie et d’un régiment de réserve à l’entraînement. Les unités adjointes consistaient en trois bataillons de fusillers, des troupes du génie, des services de communication et de DCA ainsi qu’un hôpital de campagne.


BATAILLES

Après une formation en Prusse orientale et en Silésie, la division fut envoyée sur le front au début de l’année 1944. Malgré son manque d’expérience, elle était bien équipée et avait subi un entraînement sévère.

Brody

La division fut dirigée dans la région de Brody où avait lieu des combats très durs et attachée au 13e Corps d’Armée qui comptait six autres divisions d’infanteries allemandes déjà éprouvées. Le 8 juillet 1944, le 13e Corps fut transféré à la 1e Panzer Armée qui dut faire face à l’offensive des forces soviétique sous les ordres du Maréchal Konev. Le 19 juillet, après de féroces combats, la division et les autres unités allemandes étaient encerclées. Toutefois une partie de ses éléments parvint à s’échapper. Sur les 11.000 soldats présents à Brody, environ 3.000 rejoignirent immédiatement la division. 2.000 autres réapparurent plusieurs mois après s’être cachés dans les forêts avoisinantes et environ 3.000 rejoignirent l’UPA. Environ 2.000 hommes avaient été tués et 1.000 capturés.

Slovaquie et Slovénie

Les Allemands reconstituèrent la division, ce qui prit plusieurs mois, à l’aide des troupes de réserve et de bataillons de police. Ces derniers, inclus sous la contrainte, n’étaient guère disposés à se transformer en combattants SS.

N’ayant plus de valeur combative, la division fut envoyée début octobre 1944 en Slovaquie pour réduire le soulèvement qui s’y était produit. Fin janvier 1945, elle fut déplacée en Slovénie pour y combattre les partisans de Tito tout en y maintenant des relations amicales avec la guérilla anti-communiste serbe des Tchetnik. Bien qu’un ordre supérieur fût donné pour la désarmer, elle fut ensuite dirigée vers le front autrichien « pour y boucher les trous ».

Graz

Du 1er avril 1945 jusqu’à la fin de la guerre, la division, forte d’environ 14.000 hommes et complétée par des prisonniers de guerre soviétique d’origine ukrainienne, eut à combattre contre l’Armée rouge dans la région de Graz en Autriche.

1e Division Ukrainienne UNA

Le 17 mars 1945, des Ukrainiens émigrés mirent en place le Comité National Ukrainien pour représenter les intérêts des Ukrainiens devant les autorités du IIIe Reich (Bandera, sorti du camps de concentrations de Sachsenhausen fin 1944 déclina cette « invitation »). Parallèlement, on créa l’Armée Nationale Ukrainienne sous les ordres du Général Pavlo Chandruk. La division ‘Galizien’ devint alors la 1ère division ukrainienne et les troupes prêtèrent un nouveau serment, celui de loyauté au peuple ukrainien.
A la capitulation allemande, la plupart des soldats (environ 10.000) se rendirent aux forces britanniques qui les transférèrent à Rimini, en Italie - il y passèrent deux ans comme prisonniers de guerre - puis en Angleterre. Lors de la reddition, environ 200 hommes avaient choisi de passer dans l’Armée polonaise commandée par le Général Anders.
Ils travaillèrent en Grande-Bretagne comme ouvriers puis furent libérés.
La plupart émigrèrent aux Etats-Unis.

Le changement de nom de la division, le fait que ces soldats étaient jusqu’en 1939 citoyens polonais ainsi que l’intervention du Vatican évitèrent pour ces hommes une tragique déportation vers les geôles d’URSS.


Accusations d’atrocités

Voir (en anglais) : http://www.ipn.gov.pl/wai/en/19/188/Investigation_of_the_Crime_Committed_at_the_Village_of_Huta_Pieniacka.html

Le 23 février 1944, il semble démontré qu’un petit détachement de la division (qui resta à l’entraînement jusqu’en mai 1944) pris part à une action de police contre des partisans soviétiques et des soldats de l’Armée de l’Intérieur (AK) polonaise dans le village de Huta Pieniacka (région de Lwów / L’viv). Voir le lien ci-dessus pour plus de détails.
Quant à l’allégation de sa prétendue participation à la répression du soulèvement de Varsovie d’août-octobre 1944, elle fut démentie par des historiens et chercheurs polonais. Il s’agit d’une confusion due à la présence sur les lieux de la Brigade SS Kaminski.


NOTE

En discutant de la collaboration avec l’Allemagne, le Prof. Davies fit remarquer :

« Un grand nombre de volontaires de la Waffen SS provenait d’Europe occidentale. Le pays qui fournit le plus grand nombre de divisions était les Pays-Bas (quatre). Il y eut deux divisions belges, il y en eut aussi une en France. A mon avis, il est plutôt surprenant que l’Ukraine, qui était un plus grand pays, n’en ait fourni qu’une seule … Il est surprenant qu’il y eut si peu d’Ukrainiens [dans l’Armée allemande]. Beaucoup de gens ignorent, par exemple, qu’on compta beaucoup plus de combattants Russes dans la Wehrmacht ou dans les diverses forces armées allemandes qu’il n’y en eut qui étaient Ukrainiens …
Grâce à la propagande soviétique, la contribution russe à l’effort de guerre nazi a été oubliée* tandis que la participation ukrainienne a été soulignée, je pense, exagérément.
»


* Que dire de la période 1939-1941, lors de l’agression de la Pologne, de la France, de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Angleterre ?




Bibliographie:
http://www.encyclopediaofukraine.com/pages/D/I/DivisionGalizien.htm
http://www.axishistory.com/index.php?id=1959
http://en.wikipedia.org/wiki/14th_Waffen_Grenadier_Division_of_the_SS_Galizien_(1st_Ukrainian)
http://www.ipn.gov.pl/wai/en/19/188/Investigation_of_the_Crime_Committed_at_the_Village_of_Huta_Pieniacka.html

Etc.

Auteur: PAVLO
Source: http://forumukrainien.free.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=1193

Note de l'auteur:
J’ai voulu faire un récit neutre, même si au détour de quelques phrases on peut deviner mes sentiments. Pourtant, je me dois de reconnaître qu’il ne pouvait en être ainsi.
Sur un tel sujet, la neutralité n’est pas de mise. Aussi, je vous fais part de mon sentiment qui, comme tous mes autres textes n'engage que moi.

Jamais je n’approuverai les Ukrainiens qui se sont engagés dans cette 14e SS Division. Les recrues non politisées furent au minimum des cocus, c’est-à-dire des hommes trompés et ça n’excuse rien ! Tous prirent le parti de l’ennemi et comme tels sont, pour moi, des gens qui ne méritent aucune considération ni reconnaissance nationale, régionale ou autre.

Ils obéissaient à des organisations ukrainiennes qui jusqu’alors s’était montrées coopératives avec les Allemands, y compris dans la collaboration affichée allant jusqu’au crime, et cela a eu pour conséquence qu’allant jusqu’au bout de cette logique, ils ont endossé l’uniforme de ceux qui ouvertement voulaient dominer l’Ukraine en réduisant ses habitants en esclavage.
Pourtant, les crimes racistes, les arrestations et exécutions publiques des indépendantistes, les déportations massives de leurs compatriotes hommes et femmes pour le travail obligatoire en Allemagne étaient autant de signaux d’alarme que les plus aveuglés ne pouvaient ignorer.

Comme d’autres divisons SS levées en Occident, cette formation ne devait combattre que sur le front de l’Est, contre les Bolcheviks. Pourtant, après la dégelée reçue à Brody (perte de la moitié des effectifs engagés y compris trois mille hommes qui par sursaut d’orgueil rejoignirent les véritables patriotes, à savoir l’UPA), cette unité jugée incapables de tenir le front fut dirigée vers la Slovaquie et la Slovénie pour effectuer des missions de police.
On imagine tristement ce que cela signifie comme destructions, meurtres, terreur, etc. et on ne peut non plus oublier le massacre de Huta Pieniacka au début de l’année 1944, avant même d’avoir été dirigé sur le front, qui coûta la vie à un millier de personnes.
De plus, compte tenu de l’éloignement du théâtre d’opérations, l’excuse de la lutte contre l’Armée Rouge ne tenait plus et n’importe qui, même ceux qui avaient l’esprit le plus étroit, pouvaient le constater. Pourquoi ont-il suivi les Allemands jusqu’à la défaite. Quel serment avait-ils prêté ?

Comme il est dit dans mon résumé, s’ils parvinrent à échapper au « rapatriement » en URSS qui aurait coûté la vie à la plupart, ce fut grâce au changement de nom de l’unité qui quelques semaines plus tôt avait troqué son nom de 14e SS Division pour 1e Division ukrainienne, au fait que la Galicie orientale était formellement polonaise jusqu’en 1939 … et aussi à l’intervention du Vatican.

Je ne vois aucun titre de gloire qui puisse s’accoler au nom de cette division. Les Allemands eux-mêmes se montrèrent très avares dans la distribution de décorations à ses combattants.


Je suis contre les amalgames et je sursaute à chaque fois que j’apprends que dans telle ville d’Ukraine occidentale, on rend un hommage égal aux soldats de l’UPA et aux anciens SS.

C’est d’autant plus grave, qu’ainsi, ces responsables municipaux ne font que renforcer les arguments de la propagande de l’ex-URSS, toujours bien vivante en Russie, Ukraine et en Occident, laquelle condamnait sur un pied d’égalité tous ceux qui s’étaient opposés à « la Patrie des Travailleurs ».
Ainsi, les indépendantistes qui s’étaient battus depuis 1942 jusqu’en 1956 contre les Nazis et les Soviets, à savoir l’UPA, d’abord bras armé de l’OUN puis force armée de l’UHVR, manière de gouvernement provisoire de l’Ukraine libre qui rassemblait tous les partis politiques luttant pour une Ukraine indépendante libre de toute ingérence extérieure, se trouvent une fois encore assimilés à ces individus et aux organisations qui les avaient incité à trahir.

Finalement, pour rappel, je reprends la fin de la déclaration du Prof. Davies : « Grâce à la propagande soviétique, la contribution russe à l’effort de guerre nazi a été oubliée tandis que la participation ukrainienne a été soulignée, je pense, exagérément. »
Cette participation est toujours soulignée aujourd’hui et sert encore à stigmatiser et disqualifier l’Ukraine devant la communauté internationale. Une série d’articles qui paraissent ces derniers temps dans divers journaux français, on se doute d’où cela provient, ravive ces récriminations.

C'est pourquoi j'estime qu'il est de mon devoir de mettre les points sur les i.

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 22:21
Un communiqué adressé au Président Iouchtchenko est paru récemment dans le journal français Le Figaro. Cette publication aurait coûté plus de 20.000 € à ses commanditaires pro-kremlin.

Un communiqué adressé au Président Iouchtchenko a été publié dans le journal de référence Le Figaro. Y était exprimé des préoccupations sur des divergences existant dans notre pays et en particulier au sujet de « tentatives des autorités d’aborder l’histoire ukrainienne séparément de celle de la Russie ». Les auteurs affirment que c’est avant tout grâce à ses voisins du nord que l’Ukraine peut jouir de son indépendance. De plus, toujours d’après les auteurs, la réhabilitation des soldats de l’OUN-UPA est une chose impossible.


Cette lettre est signée par 37 personnalités. Parmi les signataires, seuls 9 personnes peuvent se prévaloir de la qualité d’historien. Les autres sont des fonctionnaires et des élus de Conseils municipaux et régionaux d’Ukraine orientale et de Crimée, des dirigeants d’associations ukrainiennes et des députés du Parti des Régions.


La presse russe a aussitôt repris cette publication et l’a largement diffusée sur Internet. Le message qu’elle voulait faire passer était le suivant : « même la presse occidentale est attentive à la démarche de l’intelligentsia ukrainienne qui se lève contre la politique ‘russophobe’ de la Bankova (l’administration présidentielle) ».


Néanmoins, des experts en media ont exprimé des doutes. « Il est impossible que Le Figaro se soit impliqué de sa propre initiative dans cette affaire purement politique » - dit la Directrice exécutive de l’Institut des mass media, Viktoriya Sumar – La presse française n’accorde pas autant de place aux dossiers ukrainiens, même à ceux de la plus haute importance. Si des situations soulèvent des questions, la rédaction délègue un journaliste pour enquêter d’une manière indépendante ».


Delo a essayé de retrouver l’original de cette publication sur le site du Figaro, mais l’article recherché était introuvable. De plus, la rédaction du journal nous a informé qu’aucun journaliste ne travaillait sur ce sujet.


Alors, nous nous sommes adressés à l’Ambassade de France en Ukraine. L’édition papier du journal nous a été présentée et, en effet, à la page 6, un communiqué à l'adresse de M. Iouchtchenko avait été publié en français. Sa mise en forme révèle de quelle façon cette catégorie de publication peut paraître dans la presse européenne. L’article lui-même occupe un quart de page et est placé en bas, dans un coin. Les caractères utilisés sont différents de ceux habituellement utilisés pour les articles. De toute évidence, il s’agit d’un encart publicitaire.


Le correspondant de Delo, après s’être présenté comme représentant d’un parti politique ukrainien, a demandé combien pouvait coûter ce genre de publication. Après un bref échange, le chiffre de 21.000 € a été avancé.


Qui a donc payé pour que le monde entier prenne conscience de la politique « antirusse » de Iouchtchenko ?  Il n’est pas facile de découvrir les noms des personnalités et des organismes qui ont rédigé le texte et qui ont réuni les signataires. La plupart des historiens et des fonctionnaires qui ont signé n’ont pas pu expliquer dans quelles conditions cela s’était produit. Le professeur de l’Université Nationale de Kharkov, Serhiy Koudelko, interrogé sur cette question, s’est éclipsé en prétextant la préparation urgente d’étudiants pour une conférence scientifique internationale. Le Vice-Président du conseil de la région de Zaporijjya, Anatoly Svetlitskiy, a également esquivé la réponse.


Selon une information que Delo a réussi à trouver, les signatures du document a été obtenues lors de la conférence internationales « La Deuxième Guerre Mondiale : tentatives de réviser les résultats ». Celle-ci a débuté le 5 septembre (2008) à Kyiv et s’est terminée le 8 septembre (2008) à Paris. Son organisateur principal était l’Institut russe des études politiques, qui est dirigé par le tristement célèbre député de la Douma d’Etat russe Serguey Markov.


Les politologues supposent que c’est cette organisation russe qui a payé cet encart contre le président Iouchtchenko. Dans une interview donnée à Delo, Markov a confirmé qu’il savait où et sur quelle page avait été publié ce texte. Mais il n’a pas reconnu avoir un lien direct avec sa publication. Selon Markov, il n’était pas présent à la conférence à Yalta étant, persona non grata, les gardes frontières ukrainiens ne l’ont pas laissé passer. « Ce n’est pas grave, nos amis Ukrainiens cribleront d’attaques Iouchtchenko », a-t-il conclu.


Ces derniers temps, des attaques politiques sur commande paraissent régulièrement dans la presse française. « Tout récemment, dans le journal Le Monde, on a pu lire un article anti-ukrainien de Michaël Prazan ‘L’Ukraine, pays européens ?, Pas évident' » - a signalé à Delo le professeur de sciences politiques de l’Académie Kyivo-Mohylyanska Oleskiy Haran. – « La presse française est utilisée comme base pour discréditer l’Ukraine. En effet, la France est actuellement à la tête de l’U.E. et les perspectives d’adhésion de l’Ukraine dépendent beaucoup d’elle ».


publié 30/09/2008

Source

traduction réalisée avec le concours du Forum Ukrainien

 

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