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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 16:39

francois-hollande.jpgLors d’une conférence de presse commune avec Vladimir Poutine organisée à l’Elysée, le président François Hollande a estimé que la « place » de Ioulia Timochenko n'était « pas en prison ». « Pour ce qui concerne ma présence et celle de membres du gouvernement, j'ai considéré que ce n'était pas notre place », a par ailleurs affirmé le président français.

 

Fin mai, François Hollande avait déjà évoqué ce sujet en marge du sommet informel de l'UE à Bruxelles. « J'aime beaucoup le football. Mais ce qui se passe en Ukraine est un problème », avait-il déclaré en marge du sommet informel de l’Union européenne (UE) à Bruxelles. Une démarche visant à mettre la pression sur les autorités ukrainiennes au sujet de la situation de l’ex-Premier ministre, Ioulia Timochenko.  L’opposante a été condamnée en octobre 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir, consécutivement à un procès controversé.

 

Ioulia Timochenko a affirmé subir de mauvais traitements en prison et a engagé pendant plusieurs jours une grève de la faim. Certains dirigeants de l’Union européenne ont émis le souhait de boycotter l’Euro 2012 de football, organisé conjointement par la Pologne et l’Ukraine. Un boycott symbolique, afin de protester contre le sort réservé à l’ex-Premier ministre ukrainienne et aux autres opposants politiques incarcérés.

 

Joseph Daul, député européen français issu des rangs de l’UMP, est actuellement  à la tête du groupe PPE au Parlement Européen. Il a choisit une autre option : il a suggéré aux députés de son groupe politique de se rendre en Ukraine à l’occasion de  l'Euro-2012 afin de demander à rencontrer des opposants emprisonnés.

 

 L’Euro 2012 de football se déroulera du 8 juin au 1er juillet.  C’est en plein milieu de la compétition que l’affaire Timochenko pourrait prendre un nouveau tournant : l'appel déposé par l'opposante contre sa condamnation sera examiné par la justice le 26 juin. Soit quelques jours avant la finale qui se disputera dans la capitale ukrainienne...

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:45

audesf.jpgQuels sont les objectifs de l’Association ? Qu’est-ce qui a conduit à sa création ?


L’Association ukrainienne des diplômés de l’enseignement supérieur français (AUDESF) a été créée en décembre 2005 à l’initiative d’un groupe d’anciens boursiers du Gouvernement français, en étroite coopération avec l’Ambassade de France en Ukraine. Cette initiative répondait à la nécessité de trouver un espace de communication, d’échanges et d’

entraide.

 

L’AUDESF poursuit essentiellement quatre objectifs : 

 

- Gérer et animer le réseau des diplômés (en Ukraine comme à l’étranger) par le biais de son site www.audesf.org.ua ;

 

- Faciliter l’intégration professionnelle des diplômés après leur retour en Ukraine, ainsi que leur développement professionnel ;

 

- Encourager de jeunes ukrainiens à entreprendre des études en France  puis à revenir en Ukraine ;

 

- Soutenir le développement et les initiatives personnelles et professionnelles des membres du réseau.

 

 

Quels soutiens institutionnels avez vous reçus ? Et sur quels réseaux professionnels vous êtes vous appuyés ?

Volodymyr-Kondrachuk-video.jpg

L’Ambassade de France en Ukraine et plus particulièrement le Service de coopération et de l’action culturelle est le principal partenaire de l’AUDESF. Grâce à cette coopération, l’AUDESF s’est affirmée comme un acteur important de l’animation du réseau des diplômés et de la promotion des études en France. Certains de nos membres sont parvenus à de réelles réussites professionnelles. En matière d’intégration et de développement professionnel, nous nous sommes principalement appuyés sur l’Association de la Communauté d’Affaires Française en Ukraine (ACFAU). Etant donné l’importance croissante du volet carrière de l’AUDESF, nous envisageons également d'établir de nouveaux partenariats, notamment, avec des réseaux professionnels ukrainiens et européens.

 

L’association est-elle sollicitée par des Ukrainiens qui souhaitent venir étudier en France ou des Français qui désirent poursuivre leurs études dans une université ukrainienne ?

 

La promotion des études en France est la vocation première de l’Association. Notre objectif est d’inciter de jeunes Ukrainiens à compléter leur formation en France. Les étudiants en dernière année sont les plus concernés. Ils ont la possibilité de se joindre à notre réseau en qualité de membres associatifs. Chaque année en mai, en coopération avec l’Ambassade de France en Ukraine, nous organisons un forum sur les études en France. Cela permet d’informer les futurs étudiants sur les particularités du système d’enseignement supérieur français et sur les principaux aspects de la vie pratique en France. Au cours de ces rencontres, les membres de notre réseau font part de leurs parcours et des horizons professionnels qu'ils ont connus une fois de retour en Ukraine. Nous envisageons également de mettre en place un atelier de préparation des candidatures pour les programmes boursiers français. Dans ce cadre, les membres de l’Association partageraient leurs expériences et donneraient des conseils afin que chacun dispose des « clefs de sa réussite ». Quant aux Français qui s’adressent à nous, il s'agit surtout de personnes qui ont pour projet de s’installer en Ukraine pour exercer une activité professionnelle. Dans ce cas, notre mission consiste à les conseiller dans la gestion administrative de leur projet.

 

Le marché de l’emploi en Ukraine est-il favorable aux diplômés de l’enseignement supérieur français ?

 

Incontestablement, un diplôme étranger d’enseignement supérieur représente un avantage sur le marché du travail ukrainien. Les entreprises ukrainiennes, à l'image des entreprises internationales, sont constamment en recherche de cadres qualifiés qui parlent au moins une langue étrangère et ont une expérience professionnelle en Occident. En conséquence, un ukrainien possédant un diplôme français trouve assez facilement un emploi qui correspond à ses attentes. A cet égard on constate que certaines professions connaissent un déficit de candidats, c'est notamment le cas pour les ingénieurs, spécialistes technico-commerciaux, gestionnaires de projets industriels... Cette situation est en partie due au fait que la plupart des diplômés dans ces domaines restent en France. La mise en place de contrats d’engagement professionnel entre une entreprise française et un boursier ukrainien pourrait être une solution efficace à cette déficience du marché. Dans le même temps, il faut noter que les diplômés de l’enseignement supérieur français sont affectés par les faibles investissements français en Ukraine (mis à part le secteur bancaire). Les francophones sont par ailleurs concurrencés par des diplômés maitrisant d’autres langues, dans la mesure où les entreprises françaises d'amplitude internationale, ne privilégient pas nécessairement la langue française. Le soutien à l’emploi est également l’une des vocations principales de l’Association. Grâce à la coopération avec l’ACFAU et les entreprises partenaires, notre Bourse de l’emploi en ligne reçoit régulièrement des nouvelles offres d’emplois. Nous espérons que le regain de l’activité économique en Ukraine nous permettra de valoriser davantage ce volet de nos activités.

 

Propos recueillis par Olga Gerasymenko

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 22:26

parlement-europeen-copier.jpgSéance plénière

Les allégations d'une influence croissante du gouvernement sur les médias, l'interférence politique des services secrets et l'adoption précipitée de nouvelles règles électorales qui sont perçues comme un recul, figurent parmi les préoccupations exprimées par les députés dans une résolution concernant l'Ukraine adoptée ce jeudi.

L'Ukraine peut solliciter une candidature à l'UE. Le pays a une perspective européenne avec d'importants liens historiques et culturels, ont souligné les députés   qui ont clairement indiqué l'appui de tous les acteurs politiques aux aspirations à l'adhésion à l'UE de l'Ukraine. Toutefois, les députés ont critiqué "les signes de plus en plus inquiétants d'un "respect amoindri" de la démocratie et du pluralisme" en Ukraine.


Manque de libertés


Les députés, profondément préoccupés par la liberté et l'indépendance des médias ont relevé les menaces ces derniers mois et attirent l'attention sur la disparition du rédacteur-en-chef d'un journal qui a mis en évidence des cas de corruption. Ils demandent également une enquête sur le service ukrainien de sécurité (SBU), sa politisation et son interférence possible dans le processus démocratique.


Règles électorales


Les députés admettent que les élections municipales et régionales du 31 octobre ont été conduites "d'un point de vue technique de manière régulière" mais font  observer toutefois qu'elles n'ont été à même d'offrir des garanties suffisantes pour protéger le droit des partis politiques en place à se présenter. En raison d'un  changement du code électoral effectué juste avant les élections, de nombreuses demandes d'enregistrement des partis d'opposition n'ont pas pu être acceptées, avec pour résultat une victoire massive du parti au pouvoir dans 85% des circonscriptions électorales.  


Sécurité énergétique


Malgré leurs critiques, les députés  conviennent que l'Ukraine reste un partenaire clé revêtant une importance stratégique pour la sécurité et la stabilité de l'Europe de l'Est et que ce pays  joue également un rôle pivot  pour la sécurité énergétique de l'UE. Ici, le Parlement demande d'autres accords assurant l'approvisionnement énergétique, bien qu'il fasse observer que pour les conclure, l'Ukraine devra moderniser et diversifier son réseau de transport de gaz.


Libéralisation de visas


Les députés se disent encouragés par les progrès des négociations de l'accord d'association UE-Ukraine lors du sommet du 22 novembre et l'établissement d'un plan d'action pour la libéralisation des visas pour l'Ukraine. Cette feuille de route peut aider les Ukrainiens à consolider l'État de droit et le respect des libertés fondamentales, estiment les députés. Le championnat d'Europe de football de 2012 pourrait également fournir l'occasion d'introduire des mesures spéciales visant à faciliter le voyage des détenteurs de billet, à l'effet de faciliter les déplacements des détenteurs de billets et de profiter de cette occasion pour mettre à l'épreuve le régime final d'exemption de visa.


La résolution adoptée ce jeudi a été rédigée conjointement par les groupes PPE, S&D, ADLE, ECR Verts/ALE et GUE/NGL,  

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 18:48

FedirQuand fut fondée l’Association des Ukrainiens de Grande Bretagne et dans quel contexte ?

 

L'association a été créée juste après la Seconde Guerre Mondiale, par des militaires canadiens d'origine ukrainienne et par des Ukrainiens mobilisés dans l’armée polonaise, qui s'étaient retrouvés sur le sol britannique.

 

Des réunions se sont tenues dès 1945, mais c'est en janvier 1946 à Édinbourg que l'association fut fondée. Dans l'esprit de ses membres, elle s'inscrivait dans la perspective de voir un jour une Ukraine libre et indépendante. Quelque temps avant la création de l'association venait de paraître le premier numéro d'un journal qui allait devenir « La pensée Ukrainienne », et qui existe toujours.

 

C'est à cette époque que commencèrent à arriver en Grande Bretagne les Ukrainiens qui furent travailleurs forcés dans les camps de travail allemands. A l'issue de la défaite de l'Allemagne, ils s'étaient retrouvés dans des camps de réfugiés sous contrôle allié. Le choix qui s'offrait alors à eux était soit de rester en Occident, soit de revenir en Ukraine. Une décision lourde de conséquences pour des jeunes gens de 18-19 ans.

 

Je n’imagine pas aujourd’hui ma fille âgée de 20 ans confrontée à un tel dilemme : être d’abord enlevé à sa famille, forcé à travailler pendant 3 ans dans des conditions épouvantables, comparables à l'esclavage, puis se retrouver pendant 2 ans dans des camps de réfugiés, et finalement avoir à décider de ne pas revenir à la maison, de ne pas rejoindre les siens… Cela devait être très difficile, mais ces jeunes gens ont majoritairement décidé de ne pas revenir car ils craignaient d’être accusés d'avoir collaboré avec les Allemands (ce qui n'était absolument pas le cas) et d’être exterminés par le pouvoir soviétique. Une partie de ces réfugiés ukrainiens a choisi d'émigrer en Grande Bretagne.

 

C'est aussi à cette période que le gouvernement de la Grande Bretagne donna son accord pour accueillir 8 000 soldats de la division "Halychyna" sur le sol britannique. Cela en grande partie grâce aux efforts de l’Association des Ukrainiens de Grande Bretagne.

 

Seuls les Ukrainiens originaires de l’ouest de l'Ukraine, espace territorial qui avait été intégré à la Pologne à la fin de la première guerre mondiale, eurent la possibilité de rester en Occident. Les Ukrainiens originaires du centre et de l’est du pays furent renvoyés en Union Soviétique.

 

Quels étaient les objectifs de l’association ?


Les Ukrainiens qui adhéraient à l’association entendaient militer pour la préservation de leur culture et de leur religion. En 1947, ils ont acquis un immeuble qui appartient toujours à l'association ; au fil du temps, celui-ci est devenu une ambassade officieuse pour les Ukrainiens vivant en Grande Bretagne. Sa mission première étant d’accueillir les nouveaux arrivants, et de leur apporter aide et soutien.

 

En 1948 le gouvernement britannique avait annoncé son intention de renvoyer en Allemagne, et probablement ensuite en Ukraine, les immigrés ukrainiens frappés d'invalidité, et ne pouvant de ce fait travailler. Les autorités n'étaient intéressées que par des immigrés capables d’effectuer les travaux physiques et pénibles que refusaient de faire les Britanniques. L'association des Ukrainiens de Grande Bretagne manifesta sa ferme opposition, ce qui engendra une vive tension. Face à l'intransigeance du gouvernement, les Ukrainiens étaient résolus à se mettre en grève. Dans un souci de médiation, l'Association des Ukrainiens de Grande Bretagne et les autorités ukrainiennes décidèrent de fonder «la Maison des Invalides», indépendante de l’Etat et exclusivement financée par les cotisations des membres de la communauté ukrainienne. Le fond de soutien des invalides fut créé. Chaque Ukrainien s'engageait à verser un montant correspondant au quart ou au cinquième du salaire hebdomadaire moyen d’un Ukrainien en Grande Bretagne. Cet établissement, qui se trouve au sud de Londres, existe toujours !

 

Dans l'immédiat après-guerre, les Ukrainiens étaient convaincus que l’Occident n’allait pas tolérer la mainmise de Staline sur l'Europe orientale, et qu'ils pourraient regagner leur terre natale. Au fil des mois, ils comprirent peu à peu que ce retour devenait une hypothèse de plus en plus improbable, c'est pourquoi l'immigration ukrainienne posa durablement ses valises et s'enracina sur le sol britannique. Une intense vie associative se développa notamment autour d'événements culturels. A travers les chants, les danses et la poésie, c’est le destin tragique de l’Ukraine qui se racontait...

 

Quels regards portez-vous sur les différences qui caractérisent les Ukrainiens vivant à l’etranger ?

 

Les Ukrainiens de la nouvelle vague sont sensiblement différents de ceux de l’ancienne génération, car ils ont vécu dans un système différent. Ils viennent en outre de toutes les régions du pays. L’ancienne génération était bien plus homogène géographiquement et socialement. C'est pour cette raison qu'il faut du temps pour se comprendre, et saisir la diversité des aspirations de chacun.

 

Chaque communauté ukrainienne s’adapte à la société dans laquelle elle vit, et prend les traits de la culture dans laquelle elle se trouve. Les Ukrainiens des Etats-Unis sont souvent expansifs, ceux du Canada sont plutôt réservés, ceux de la Grande Bretagne sont disciplinés et organisés comme les Britanniques d’une manière générale…Ces particularités peuvent parfois paraitre singulières aux yeux des Ukrainiens qui arrivent d’Ukraine.

 

Quels contacts avez-vous avec les autorités britanniques ?

 

L'Association des Ukrainiens de Grande Bretagne entretient de très bonnes relations avec l’Ambassadeur de Grande Bretagne en Ukraine, que je rencontre régulièrement.

 

Ces contacts sont précieux, c'est en partie grâce au soutien de l’Ambassade de Grande Bretagne à Kiev que nous avons pu organiser une grande exposition qui a eu lieu à la « Maison de l’Ukraine » à Kiev. Je corresponds par ailleurs fréquemment avec le représentant du Ministère britannique des Affaires Etrangères en charge de l’Ukraine.

 

L'Association des Ukrainiens de Grande Bretagne a adressé plusieurs lettres au Président Yanoukovitch. Elles étaient toutes écrites en anglais, nous craignons en effet qu'il ne nous lise pas en ukrainien ! Nous l'avons interrogé au sujet de l'érection d'une statue de Staline à Zaporijia. Son embarras sur cette question a interpellé la classe politique britannique. C'est par une constante vigilance, mais dans une approche constructive et diplomatique, que les Ukrainiens résidant en Occident peuvent influencer les dirigeants ukrainiens. L'objectif que nous partageons tous est de voir l’Ukraine indépendante et démocratique.

 

La famine génocide de 1932-1933 (Holodomor) est un sujet que nous abordons avec pragmatisme compte tenu du contexte mémoriel et du passé colonial du Royaume Uni. Il est manifeste que la reconnaissance officielle de ce génocide par les autorités britanniques sera un objectif difficile à atteindre. En dépit de cela, nous entretenons un dialogue constructif avec le Ministère des Affaires Étrangères. Un représentant du Foreign Office avait d'ailleurs répondu favorablement à notre invitation aux cérémonies commémoratives, il y a deux ans.

 

Propos recueillis par Olena Yashchuk

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 10:41
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par Timothy Garton Ash / professor of European studies at Oxford University

L'Ukraine n'est pas encore perdue.
Oui, c'est un renversement de situation époustouflant que celui obtenu par Viktor Yanoukovytch, dont l’élection frauduleuse de 2004 avait suscité la Révolution Orange, et qui est maintenant le Président élu. Mais ce n'est pas le triomphe d'une contre-révolution bleue. S’il y a quelque chose à dire, c’est pour confirmer que l'Ukraine est devenue une démocratie digne de ce nom, plutôt qu’une démocratie virtuelle de type russe en devenir.

À la différence de beaucoup de soi-disant élections dans les régimes autoritaires, nous ne savions pas le résultat de celui qui était en tête. Les observateurs internationaux expérimentés de l’élection ont constaté qu’elles étaient libres et équitables. La Premier ministre vaincue, Yulia Tymochenko, ne devrait pas contester le résultat; elle devrait plutôt déjà commencer sa campagne pour gagner en 2015.

M. Yanoukovytch cherchera à se rapprocher de la Russie, mais il n'y a aucune évidence que les oligarques qui sont derrière lui veulent que l'Ukraine cesse d'être un pays indépendant. Leur intérêt est de jouer les deux côtés : la Russie et l'Union Européenne. M. Yanoukovytch lui-même dit maintenant que l'intégration de l'Ukraine dans l'UE est “notre but stratégique.”

Les amis de la liberté en Ukraine ont cinq années de résistance d'avance. Les menaces réelles contre la souveraineté effective du pays demeurent et comprennent l'utilisation des réserves de gaz naturel russe comme arme ainsi que la possibilité de désaccords au sujet de la péninsule de Crimée, où la majorité de la population est d’origines russes ou russophone et où la flotte de Mer Noire de la Russie a Sevastopol à sa disposition.

Mais si ces orages potentiels sont surmontés et que M. Yanoukovytch n’est pas réélu en 2015, alors les historiens futurs pourront voir cela comme un zigzag de plus sur le chemin de la consolidation de l’Ukraine indépendante. Cela exigera pourtant du courage à Kiev, de la modération à Moscou et une réflexion stratégique à Bruxelles – qualités actuellement peu répandues.

Comme quelqu'un qui a été témoin de la Révolution Orange à Kiev et l'a accueilli avec enthousiasme, je dois franchement reconnaître la déception qui a suivi. Viktor Youchtchenko s'est révélé être un président assez désespéré, même avant que ses mains ne soient attachées par les nœuds du partage du pouvoir par le compromis constitutionnel qui a mis fin à cette révolution négociée.

Les oligarques se cachent comme des gangsters dans les coulisses de la politique ukrainienne. La corruption est endémique, le pays fait preuve de moins de liberté économique et le PIB a chuté de plus de 14% l'année dernière. Les Ukrainiens ordinaires peuvent parler librement et faire leur choix parmi les candidats de l’élection – la participation à ce vote approchait les 70% – mais ils ont de bonnes raisons d’être déçus par le manque d'amélioration matérielle, de sécurité juridique et de justice sociale.

Il est aussi vrai qu’au cours des cinq ans passés l'Ukraine a reçu moins de soutien de l'UE qu'il aurait dû en avoir. Les dirigeants européens ont été honteusement hypocrites lorsqu’ils parlaient des possibilités pour le pays de rejoindre l'UE. Pourtant même les plus grands avocats de l'Ukraine, comme l'ancien président polonais Aleksander Kwasniewski, ont du admettre que les Ukrainiens étaient souvent leurs propres ennemis et même de ceux qui sont les plus féroces. L'Europe ne peut pas faire pour l'Ukraine ce que l’Ukraine ne fera pas pour elle-même.

À cet égard et malgré ses fautes, la candidate vaincue, Mme Tymoshenko, aurait fait un meilleur président. Même d’après les normes les plus basses de la politique post-communiste, Yanukovych est un personnage très faible. Une plaisanterie que j'ai entendue à Kiev au moment de sa candidature de 2004 disait, “saviez-vous que Yanoukovytch cherche un troisième terme (en anglais term = mandat mais aussi séjour en prison) ?” (Ses deux premiers termes se passèrent en prison : jeune homme, il fut incarcéré pour vol, coups et blessures et violences sexuelles.)

La question est maintenant de savoir ce que l'UE peut faire pour aider l'Ukraine à devenir un pays plus libre et plus prospère afin d’accéder à l'Europe dans le futur. C'est une question qui doit être posée particulièrement à un des chefs de l’UE dont les propres déclarations sont loin d’avoir causé le moindre embarras à Yanoukovytch. Je veux évidemment parler du Haut Représentant pour la Politique Etrangère, Catherine Ashton.

L'UE devrait dépasser son langage actuel exagérément prudent. Au lieu de s’exprimer ainsi : « Nous reconnaissons les aspirations européennes de l’Ukraine et nous accueillons favorablement son choix européen », il faudrait dire : « Nous voulons que vous soyez membre de l’UE quand vous aurez satisfait à toutes les conditions pour votre adhésion. C’est notre intérêt aussi bien que le vôtre ».

Ce sera un dur travail que de convaincre tous les chefs nationaux de l'UE, mais Mme Ashton devrait commencer petit à petit dès maintenant. Cinq ans dans la politique européenne, c’est une longue période.

Pendant ce temps, il y a certaines choses qu'elle pourrait commencer à faire. Comme elle dirige le nouveau service diplomatique de l'UE, elle doit décider où concentrer les ressources diplomatiques et financières. Les endroits où l'UE peut avoir un impact maximum se trouvent dans le voisinage immédiat, pour ne pas dire en Ukraine.

Bien que M. Yanoukovytch se tourne probablement vers Moscou pour une question de gaz, Bruxelles devrait continuer à s'acharner à obtenir des prix domestiques plus réalistes pour le gaz, plus d'efficacité énergétique et plus de diversification dans ses approvisionnements ainsi que des réseaux mieux intégrés. C'est un intérêt européen essentiel. Souvenez-vous que quand la Russie a fermé le gaz passant par l'Ukraine en janvier de 2009, la moitié de l'est de l'UE a attrapé un rhume.

Une chose qui marquerait fortement les Ukrainiens ordinaires serait la diminution des restrictions sur les visas. Qui a vu l'impact psychologique de l'annonce en Serbie, en décembre dernier, de la fin de l’obligation de visa pour voyager dans l’UE saura ce que je veux dire.

C'est un truc ennuyeux, lent, non spectaculaire, mais c'est ce que l'UE peut faire. Une tortue doit faire ce que peut une tortue.
On m’a dit qu'elle bat même quelquefois un lièvre russe à la course.

 

Source


Traduits de l'anglais par Tymko

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 21:59

Logo-jumelage 02Le Comité de Jumelage de Senlis organise une soirée "L'Allemagne, L'Italie, l'Ukraine : A Table!" le 5 mars 2010.
 

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