Des élections présidentielles doivent avoir lieu en Ukraine le 25 mai de cette année. Il y a actuellement déjà 28 candidats potentiels, or parmi eux, deux déjà se retrouvent en tête des sondages : Ioulia Timochenko et Petro Porochenko. Ces deux personnes qui se présentent comme une alternative au dictateur renversé Victor Yanoukovitch, sont issus d’un milieu que l’on appelle les oligarques. Depuis 23 ans que l’Ukraine existe, c’est les oligarques qui dominent et dictent la vie politique ukrainienne. Est-ce donc une « véritable alternative » ?
La grande force de ce que l’on nomme l’Euromaidan, c’est d’avoir inauguré dans différentes grandes villes ces assemblées du peuple, ces Agoras modernes. Pendant ces tragiques événements qui ont duré plus de trois mois, des slogans tels que « la bande dehors ! » et « lustration ! » ont dominé ces manifestations.
Des réunions quotidiennes, des débats contradictoires animèrent les assemblées dans différentes ville d’Ukraine. Une des exigences qui revenait souvent était de se débarrasser de ceux qui exploitent le peuple à savoir… les oligarques ! ! !
Remettre les « pendules à neuf », partir sur des bases saines et…amener des personnes de la société civile à conduire les affaires de l’état. Celui qui a cristallisé tous ces espoirs fut Vitaly Klitchko, il en devint le symbole, mais que voyons-nous aujourd’hui ?
Cette « gangrène de la société ukrainienne » à savoir les oligarques, sont de nouveau de retour dans la vie politique du pays ! ! !
Vitaly Klytchko a cru devoir se retirer au profit de Petro Porochenko, directeur de « Roshen », connu pour ses bons chocolats, il a appelé Ioulia Timochenko, ex-première ministre, puis principale opposante à Victor Yanoukovitch (emprisonnée par celui-ci, et libérée par le gouvernement provisoire de l’Euromaidan), à se désister de sa candidature « afin de pouvoir défendre la démocratie en Ukraine ».
Quelles que soient les qualités de ces deux candidats, il est triste de constater, que l’Euromaidan, dont l’objectif était de pousser des personnes de la société civile à prendre les rênes du pays, n’a pas su trouver des candidats potentiels de la société civile pour remplacer Vitaly Klytchko. Celui-ci, avait un capital de sympathie dans toute l’Ukraine et dans toute l’UE… en se retirant, il a permis le retour des oligarques aux premières loges de la scène politique.
Si l’une de ces deux personnes, Ioulia Timochenko ou Petro Porochenko, deviendrait président de la république, cela risquerait d’être la répétition de ce qui s’est passé après la Révolution Orange en 2004, c’est à dire les querelles intestines stériles…et elles permirent à un dictateur tel que Victor Yanoukovitch d’arriver au pouvoir.
Les oligarques doivent être des hommes ou femmes d’affaires « normaux » comme c’est le cas dans les pays de l’Union Européenne, il est temps que ce vestige post-soviétique disparaisse de la société, cela en constitue un impératif indispensable pour l’Ukraine, si elle veut devenir réellement démocratique et européenne ! ! !
Bogdan MYTROWYTCH
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L'Ukraine est aux bords d'une révolte sociale. La corruption est plus que jamais omniprésente. Le racket des petites entreprises est quotidien. Quant à une soviétisation, je préfère parler de désukrainisation méthodique. Le Ministre de l'Education, M. Tabachnyk, est l'auteur, depuis plusieurs mois, de "grandes réformes": l'Histoire de l'Ukraine et de ses voisins revisitée dans les manuels scolaires, l'obligation de passer les examens à l'Université en langue russe alors que l'enseignement se fait en ukrainien, l'annulation d'un examen en langue ukrainienne et son remplacement par un examen en russe pour les fonctionnaires ukrainiens, il est même question de la suppression de deux lettres de l'alphabet ukrainien ! La russification encore avec l'exemple d'un studio de doublage de films occidentaux en ukrainien que l'on menace de fermeture prenant pour prétexte un contentieux fiscal. Et puis il ne faut pas oublier que le Ministre de la Défense n'est ukrainien que depuis six ans, et que le SBU (Service de renseignements ukrainiens) est aujourd'hui dirigé par un ... ressortissant russe. Cette russification à tous les niveaux constitue une atteinte à la souveraineté nationale. On assiste par ailleurs à un déploiement de mesures qui sont la marque d’une dérive dictatoriale : le muselage de toute opposition, le mensonge, la corruption. Cela nous ramène quelques années en arrière, quand les prisons et le système concentrationnaire soviétiques étaient remplis d’ukrainiens "contestataires". Ce qui est inquiétant c'est que le pouvoir n'a que faire de son image internationale. Méthodiquement il soumet la population, l'opposition, pour pouvoir préserver ses privilèges et imposer sa "démocrature". 
Comment analysez-vous les déclarations du Ministre français des Affaires Etrangères et Européennes exprimant la vive préoccupation de la France quant au procès ?
La Verkhovna Rada a rejeté la Loi “Sur l'accès aux informations publiques” et l'a renvoyée à plus tard pour une seconde lecture. Le projet de loi n’a obtenu que 143 votes alors que 312 députés ont voté pour son renvoi. Il sera en principe réexaminé au cours de l’automne par le Parlement.