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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 14:58
Bienvenue à Midni Bouky, une petite ville étrange perdue dans les Carpates. Yurko Banzaï, un professeur de biologie inexpérimenté, y est envoyé pour faire ses premières armes ; amateur de culture underground, il est jeune et consomme des drogues en tout genre.

Il remarque très vite Dartsia Borges, jeune femme timide et rejetée par tous, en particulier par les pestes telles que Irynka, dite « Piggy la Cochonne ». Les cours passent, les journées se ressemblent, Yurko ne pense qu’à Dartsia. La belle et énigmatique Dartsia.

Mais très vite le vent tourne. Des phénomènes étranges se produisent. Des hiboux envahissent la ville, des gens disparaissent, une épidémie de grippe gagne le collège. Les rues se vident, tout comme les salles de classe. Des rêves déconcertants s’enchaînent et se poursuivent nuit après nuit jusqu’à effacer la réalité elle-même…

Lyubko Deresh réussit un tour de force avec Culte en nous entraînant dans un roman fantasque qui fait revivre la culture pop-rock musicale et littéraire. Hendrix, Led Zeppelin, Kerouac ou Burroughs sont les références incontournables de ce livre d’initiation léger et profond à la fois, qui, sous couvert du fantastique, dresse une critique ingénieuse d’une Ukraine post-communiste à la recherche de son identité.

« Culte »  de Lyubko Deresh
Traduit de l’ukrainien par Oksana Mizerak
312 pages  - Éditions Stock
Date de parution : 26 août 2009
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 14:32
Qu’est-ce qui selon vous caractérise la littérature ukrainienne contemporaine ? En quoi peut-elle intéresser les lecteurs occidentaux ?
L’Ukraine peut intéresser les occidentaux grâce à sa situation particulière et unique : son chaos politique, les absurdités et les paradoxes de la vie quotidienne… c’est assez exotique. Andreï Kourkov est connu à l’étranger grâce à ses romans qui racontent cette réalité ukrainienne à la fois bizarre et captivante…

Quelle perception ont les écrivains de la question  linguistique et de la coexistence des langues ukrainienne et russe ?
Il y a des auteurs ukrainiens qui écrivent en russe tel Andreï Kourkov et d’autres qui écrivent en ukrainien. Le plus important, c’est le sentiment en fonction duquel l’écrivain se définit comme appartenant à la culture ukrainienne ou russe. Il y a des auteurs nés en Ukraine, mais qui culturellement se sentent russes, c’est notamment le cas de Michail Elisarov, originaire de Kharkiv. L’identité ukrainienne n’est pas encore tout à fait établie, il est toujours difficile de s’y retrouver. Et les hommes politiques ukrainiens d’aujourd’hui jouent beaucoup sur cette notion floue. La question de la langue n’est pas déterminante.

Vos romans contiennent-ils un message d’ordre politique ? quelle est votre attitude envers la politique ?
Je m’intéresse à la politique en général, mais la  vie politique ukrainienne est basée sur les intrigues, ce n’est pas la lutte des idéologies, des opinions comme c’est le cas ailleurs. Je ne sens pas que mon choix va changer quelque chose. Aussi, comme beaucoup d’ukrainiens, j’ai « décroché ».

Quels auteurs occidentaux, notamment français avez-vous lu ?
Durant mon enfance j’ai lu de nombreux auteurs américains, d’inspiration hollywoodienne, puis j’ai découvert les auteurs ukrainiens, tels que Yuri Izdryk, ou Yuri Andrukhovych… Parmi les écrivains français contemporains, je connais Amélie Nothomb et Frédéric Beigbeder. S’agissant des auteurs majeurs du XXème siècle, j’apprécie tout particulièrement Jean-Paul Sartre, Albert Camus, l’école structuraliste française… par ailleurs, je suis intéressé par le cinéma français indépendant.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? D’où viennent cette sagesse, cette expérience, cette maîtrise incroyable de la langue à un si jeune âge ?
Tout vient de mon environnement familial, de mon éducation et de l’amour de la lecture qui m’a été inculqué par ma famille dès mon enfance…J’ai énormément lu…



Propos recueillis par Olena Yashchuk dans le cadre de la soirée-événement organisée par le club littéraire ukrainien et l’espace culturel de l’ambassade d’Ukraine en France

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 08:51

« Ne pense pas au rouge » est l'histoire d'une jeune ukrainienne qui abandonne une vie toute tracée pour s'en aller chercher l'amour et le bonheur au delà des frontières... s'agit-il d'un récit autobiographique, les personnages sont ils fictifs ?

 

Sans être totalement autobiographique il est clair que ce livre s'inspire énormément de mon parcours de vie. Des proches peuvent s'y retrouver quasiment traits pour traits. Ainsi la mère de Dmytryk, un ami gay, a reconnu son fils dans le roman et a découvert à cette occasion son orientation sexuelle, alors que j'avais pourtant changé son prénom. Cela a eu pour conséquence d'inciter Dmytryk a avoir plusieurs conversations avec ses parents. Ils arrivent enfin à communiquer même si pour l'heure ils leur est encore difficile d'assumer cette réalité. Autre détail du roman, j'ai rencontré mon mari Darell lors du concert d'un saxophoniste qui avait pour nom Jim...

 

Avez-vous déjà essayé d'écrire directement en anglais ?

 

Oui, de courts récits...que mon mari apprécie. Mais il est évident que mon anglais n'est pas d'un niveau shakespearien. Mais je n'oublie pas que la littérature anglaise a toujours su accueillir des auteurs immigrés comme par exemple Joseph Conrad, né lui aussi en Ukraine ! Qui sait si un jour je ne tenterai pas l'expérience ?

 

En qualité de journaliste au service ukrainien de la BBC, quel auteur contemporain recommanderiez-vous à un public non ukrainien ?

 

Sans hésitation je dirais Volodymyr Dibrova. Originaire de Donetsk, il s'est installé aux Etats-Unis en 1996 ; il enseigne à Harvard. Son roman « La Descente Saint-André » est remarquable, il a d'ailleurs été désigné livre de l'année 2007 par le service ukrainien de la BBC.

 

Quels livres français avez-vous lu dernièrement ?

 

J'ai lu tout récemment « Les bienveillantes » de Jonathan Littel. Cette œuvre qui relate les mémoires imaginaires d'un officier SS durant la seconde guerre mondiale a recueilli des critiques élogieuses en Grande Bretagne. Auparavant j'ai lu plusieurs livres de Fréderic Beigbeder... mais ils ont tendance à tous se ressembler !

 

D'une manière générale, est-il plus facile d'aimer et d'aider Ukraine lorsque l'on vit à l'étranger ?

 

Il est bien difficile de donner une réponse globale ! Cela dépend de chacun ! Les anglais disent que la distance renforce l'amour... mais c'est à contrebalancer avec le proverbe « loin des yeux, loin du cœur »...

 

propos recueillis par Olena Yashchuk

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 20:46

Ce récit  avait été imaginé pour un film avec Hanna Schygulla , Armand Gatti et Philippe Noiret qui avaient déjà exprimé leur plaisir de l’incarner. Cette  rencontre inédite, unique, aurait pu être savoureuse et elle était rigoureusement programmée dans l’espace et le temps. Tout comme celle des héros de cette histoire : des personnes âgées bien décidées à mettre à l’épreuve cette remarque en forme de question de Gaston Bachelard : « L’avenir ? Est-ce ce qui vient vers nous ou ce vers quoi nous nous dirigeons ? ». Des personnes âgées déterminées à agir, voire à renaître , même si la mort qui prend ici la figure de l’enfant apparaît à tous les détours dans l’espace européen que parcourent Roger le Morvandiau et Mykola l’Ukrainien des Carpates.
"Un temps à deux pattes " c'est avant tout un hommage à tous  les gens très ordinaires, qui ont accompli cette  odyssée périlleuse et héroïque qu'est la vie. C’est un chassé-croisé, deux histoires  qui en laissent supposer d'autres, à l'infini, dans la grande valse du temps qui fait de tous les hommes des nuages, ébahis, bringuebalés, sur l’étagère bleue du ciel.
"Un temps à deux pattes " c’est aussi le passage (c’est à dire le franchissement d’un pas) d’un temps à un autre, et comme toujours sans possibilité de retour où se confondent les débuts et les fins.
L’intention initiale d’en faire un film en a fait une forme littéraire particulière : le récit à voir , chaque lecteur ( ou auditeur) devenant un cinéaste dont les images s’impriment sur les écrans intérieurs. Cela marche à merveille comme on peut le constater lors des lectures que donne Jean Bojko de ce texte.
Pour ce qui est de l’auteur disons qu’Ivan Charabara est la figure de l’illettré, du péquenot. C’est un diseur d’histoires, un moulin à paroles, un passionné de la parle, un buveur de canons, un noceur, un rieur, un frétilleur, un titilleur, un goûteur, un danseur, un jardinier (potager), un génie de la mobylette. C’est un bernard-l’hermite, qui a trouvé en Jean  Bojko du TéATr’éPROUVèTe une coquille amicale. C’est l’Autre qui nous chatouille l’esprit et sans lequel nous ne serions que des enveloppes.

Réalisation : TéATr’éPROUVèTe  Abbaye du Jouïr 58800-CORBIGNY  tél 0386200517 theatre.eprouvette@wanadoo.fr  site : www.theatreprouvette.fr


(164 pages éditions de l’Abbaye du Jouïr /TéATr’éPROUVèTe/ 58800-Corbigny)
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 20:44
 Depuis le mois de mars, le Grand Palais de Paris consacre une exposition importante à Andy Warhol, artiste emblématique de la modernité, remarquable tant par son talent que par son génie de la transgression pictu-rale. Ses oeuvres sont mondialement connues, accessibles et déclinées à l’infini. Sa personnalité continue de fasciner mais ses origines et les sources premières de sa créativité sont pour le moins méconnues.

Selon différentes notices biographiques, il est présenté com-me étant né de parents tchèques, slovaques, ou rusyns (ruthènes)… La confusion règne allègrement, elle est imputa-ble à la complexité ethno-géographique de l’Europe centrale et orientale, mais aussi à une coupable paresse intellectuelle propre à certains journalistes… Sans accuser qui que ce soit (que celui qui n’a jamais fauté se saisisse d’une pierre… mais qu’il ne l’envoie pas ! Chacun sait qu’Andy abhorrait la vio-lence !), nous voulons tout simplement comprendre, en toute objectivité, qui est véritablement Andy Warhol et à quel uni-vers socio-culturel il se rattachait.

Yulia Yustyna, sa mère, et Andrij Warhola, son père, sont natifs du village ruthène de Mikova, situé dans les Carpates en Slovaquie, aux confins de la Pologne et de l’Ukraine. Avant la première guerre mondiale, ce territoire était admi-nistré par l’Etat austro-hongrois ; il était majoritairement peuplé de Ruthènes, minorité de l’Empire des Habsbourg relevant de l’ensemble ethnique, culturel et linguistique ukrainien. Au sortir de la première guerre mondiale, ainsi qu’un grand nombre de leurs compatriotes, Yulia et Andrij Warhola ont quitté leur village pour chercher une vie meil-leure aux Etats-Unis.

Andy Warhol alias Andrij Warhola, est le cadet de trois frè-res, il est né à 1928 à Pittsburgh en Pennsylvanie. Son père travaillait comme mineur, il est décédé quand Andrij entrait dans sa quatorzième année. Le futur Pape du Pop Art est resté toute sa vie très proche de sa mère, seule femme qui comptait vraiment pour lui. Elle possédait de réels talents artistiques ; elle aimait tout particulièrement dessiner et a transmis sa passion à ses enfants et petits enfants (le neveu d’Andy Warhol, James Warhola, est devenu un illustrateur reconnu). Yulia chantait des chansons traditionnelles, brodait et confectionnait des Pyssanky – les oeufs de Pâques ukrai-niens, joyeusement colorés.

Durant son enfance et son adolescence Andy a évolué dans cet environnement maternel, rythmé par les liturgies de l’é-glise gréco-catholique Saint Jean Chrysostome de Pittsburgh.

Sa scolarité et ses relations avec les enfants du voisinage ont fait de lui un petit américain fasciné par les comics et Hollywood. Les connexions de cette identité bipolaire ont eu pour effet de produire la recherche iconographique de la soupe Campbell ou les portraits de Marilyn Monroe…

Cloué au lit par une maladie à l’âge de 6 ans, il passait tout son temps aux côtés de sa mère qui lui apprit à tenir et maîtri-ser crayons et pinceaux. Très vite, l’art est devenu son princi-pal refuge. Né dans une ville industrielle à l’époque de la Grande Dépression, il a cherché grâce à ses dessins et ses collages, à édifier son propre monde, sorte d’Olympe de la mythologie iconographique américaine.

Andrij Warhola, s’est métamorphosé en Andy Warhol au cours de l’année 1952 ; Le fils d’immigrés pauvres, originai-res d’une région mystérieuse de l’Europe Orientale, s’est alors révélé être la véritable incarnation du rêve américain : publicitaire, illustrateur, peintre, cinéaste et musicien. Certes, Warhol affirmait qu’il «venait de nulle part », mais pour les critiques d’art ukrainiens, le mystère des origines du maître est résolu, elles sont indéniablement ukrainiennes (Oleg Ve-densky « Le roi du pop-art », Mystetska storinka, http://storinka-m.kiev.ua).

.Prédicateur lucide de la culture industrielle, il déclarait en 1968 que « dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale ». Prophète de la pertinence et de l’imper-tinence, Andy Warhol s’est éteint en 1987.

Olena Yashchuk & Frédéric Hnyda
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 13:35
A l'approche de l'anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, les regards européens portés vers l'Ukraine sont plutôt tristes et compassionnels. Tchernobyl est devenu le symbole du danger de l'énergie nucléaire, souvenir encombrant pour tous les partisans de ce type de production d'électricité. Mais le destin est riche en coïncidences.

Car l’Ukraine qui évoque immédiatement le souci de surveiller la sûreté nucléaire peut offrir à l'Europe une  solution plus sûre et garante de sa souveraineté au moment où les approvisionnements en gaz s’inscrivent dans une relation de dépendance.  Possédant la sixième réserve mondiale d'uranium, ce pays réunit toutes les conditions pour devenir, en partenariat avec la France ou un autre membre du « club nucléaire », un coproducteur important du combustible dont ont besoin les réacteurs européens.

Les gisements d’uranium ukrainiens sont peu exploités, ils ont été longtemps sous le coup du secret défense. Jusqu'à la Révolution orange, cette ressource faisait l'objet de la convoitise russe à laquelle Kiev ne cédait pas, sans pour autant mener de recherche de partenariat externe.

C'est en 2005 qu'une possibilité de collaboration entre la France et l'Ukraine dans le domaine de l'extraction et l'enrichissement de l'uranium a été évoquée pour la première fois. A cette occasion Julia Timochenko, devenue premier ministre ukrainien, s'était déclarée partisan d'un projet commun avec AREVA. Mais sa démission, en même temps que des obstacles dressés par des hommes d'affaires ukrainiens affiliés aux intérêts russes ont mis un terme au projet.

Aujourd'hui la question d'un joint-venture franco-ukrainien se pose à nouveau. En visite à Paris le 4 mars 2009 Julia Timochenko a abordé avec les dirigeants d'AREVA la possibilité d'exploiter ensemble les gisements d'uranium ukrainiens et de construire sur place une usine de premier cycle d'enrichissement.

Les conflits gaziers à répétition mettent en évidence un besoin d'alternative tant énergétique que politique aux hydrocarbures. Les pays possédant des grosses réserves de gaz ne sont pas, hélas, porteurs d'une vision démocratique du monde. Au contraire: la Russie, l'Iran, l'Arabie Saoudite ou encore le Nigeria sont au mieux à la recherche du confort politique pour leurs régimes au pouvoir, si ce n'est de l'augmentation de leur influence sur les pays consommateurs. Un tel contexte oblige à faire appel au nucléaire, avec toutes les précautions et dans le respect des standards de sécurité.

En tout état de cause, une telle collaboration avec l'Ukraine serait de nature à ouvrir à la France des perspectives compétitives au niveau du marché mondial et rassurantes sur le plan politique.

Alla Lazareva
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 13:28
Alexandra Exter, née Grigorovitch appartient à ces artistes de l’avant-garde russo-ukrainienne qui ont  déployé au début du XXème siècle toute l’amplitude de leurs talents en Occident. Le travail d’Alexandra Exter est dominé par le cézanisme géométrique avant de s’inscrire progressivement dans le cubo-futurisme russo-ukrainien.

 Installée avec sa famille à Kiev depuis 1886, elle y fait ses études jusqu’à 1908.  L’artiste voyage beaucoup, mais revient toujours à Kiev où elle ouvre son atelier de décor non objectif en 1914. Peu après, elle entre dans le groupe de Malevitch dont elle est très proche. Alexandra Exter fut une avant-gardiste « la plus française » : elle vit plusieurs mois à Paris où elle côtoie notamment Apollinaire, Picasso, Braque. C’est notamment grâce à ces deux derniers qu’elle se passionne pour le cubisme.

 Grâce à Exter, le cubisme fit une entrée triomphale à Kiev, Odessa ainsi qu’à Moscou. Mais cette grande ukrainienne ne suivit pas aveuglément les influences parisiennes de ses illustres amis, et sa dynamique de recherche passionnée, son talent lui permirent de créer son propre mouvement, son cachet, son école que l’on désigne par le cubo-futurisme russo-ukrainien. La recherche en couleurs est tout particulièrement remarquable et se définit, selon les historiens d’art, comme typiquement ukrainien.

 Le talent de cette kiévienne atteint alors une notoriété sans précédent, elle participe à de nombreuses expositions en Russie et en Ukraine. Ouverte à toute nouveauté artistique, les facettes de son art s’avèrent d’une éblouissante multiplicité; l’artiste s’intéresse au travail dans l’espace, ainsi elle réalise des décorations théâtrales pour une pièce d’Alexandre Tairov qui ne fit appel à elle qu’une fois car … ses décorations extraordinaires avaient fait de l’ombre aux recherches du metteur en scène et au jeu d’acteurs !

 Sa collaboration avec Yakov Protazanov pour le film Aélita (1923) est un véritable chef d’œuvre de la plastique constructiviste dont l’impact a marqué des générations de cinéastes.

 En 1924, Exter émigre en France où elle enseigne dans une école parisienne d’art contemporain. Au début des années 1930, elle se tourne vers des projets de Livres Manuscrits, réalise des marionnettes et des créations originales en céramique. L’Ukraine lui manque terriblement, elle n’a de cesse d’y envoyer des œuvres pour les expositions auxquelles il lui est possible de prendre part. Mais ses œuvres puis son nom finissent par être interdits à partir de 1924.

 Paradoxalement, cette immense artiste mourut à Fontenay-aux-Roses dans un total dénuement , mais aujourd’hui son œuvre est toujours source d’inspiration pour de nombreux  artistes, comme la styliste ukrainienne Lilia Poustovit  qui a présenté une collection inspirée du cubo-futurisme extérien à l’occasion de l’exposition à Kiev au printemps 2008.

 Olga Artyushkina

Images:
1 - Construction Scene with Plastic Gymnastic Figures 1926
Musee National d'Art de Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, France
2 - cadre du film Aélita

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 15:34

Le prix Prix Henri-Langlois 2009 qui vous a été décerné témoigne de la dimension internationale de votre œuvre. Aviez vous conscience en tournant "Famine 33" de la portée universelle qu'allait revêtir ce film ?

Quand je travaillais sur ce film, j’étais surtout animé par un constant désir de perfection. Je souhaitais que ce film réponde à toutes mes exigences qualitatives. « Famine 33 » a été mon tout premier film, je l’ai réalisé en rassemblant toute mon énergie et toutes mes convictions  en faisant abstraction des réactions qu’il ne manquerait pas de susciter auprès du public.

 

 Dans le cadre de la préparation du film "Famine 33" avez vous eu accès aux archives relatives au Holodomor ?

Oui, j’ai en outre eu l’immense chance d’avoir pour consultant  le remarquable  historien américain, James Mace, qui, à l’époque, était à la tête de la Commission du Congrès des États-Unis sur le Holodomor. C’est par son intermédiaire  que j’ai eu accès aux archives et aux témoignages des survivants.

 

Plusieurs de vos films relatent la vie de personnalités ukrainiennes emblématiques, quel regard portez vous sur l'histoire de l'Ukraine au XXe siècle ?

J’ai une approche très critique de l’histoire de l ’Ukraine au  XXe siècle. J’estime que les bolcheviks sont à l’origine de la plupart des dramatiques évènements auxquels a été confronté le peuple ukrainien.  Il me parait clair que le siècle dernier a été pour l’Ukraine d’une terrible noirceur tant il fut marqué par des tragédies qui auraient pu être évitées sans l’avènement du régime soviétique.

 

Y a-t-il des réalisateurs et des acteurs français qui ont influencé votre vision du cinéma ?

J’aime le cinéma français, surtout la Nouvelle Vague. Je suis tout particulièrement reconnaissant à la France car c’est elle qui a offert au monde le septième art. Parmi les illustres acteurs français, mon acteur préféré est Jean Gabin. Chez les actrices j’aime beaucoup Anouk Aimée.

 

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Pour l’heure je suis en pleine promotion de mon nouveau film « Le Métropolite Andrey » et je m’emploie  à l'élaboration du scénario de mon prochain film dont il ne m’est malheureusement pas possible de vous dévoiler ne serait ce qu’un indice.


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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 17:04

La Croix : Vous entretenez des relations difficiles avec le président Iouchtchenko alors que vous étiez cote à cote au temps de la révolution orange. Serez-vous candidate à l’élection présidentielle prévue à la fin de l’année et avec quel projet ?

Ioulia Timochenko : Je suis heureuse qu’il y ait, aujourd’hui, en Ukraine, une véritable concurrence politique. Depuis 2005, il existe des pousses de démocratie. Et moi, comme leader de parti, je m’inscris dans cette concurrence. Mais la campagne électorale n’a pas commencé. Nous débattons encore de possibles amendements à la constitution pour savoir si nous devons garder un modèle de république parlementaire ou aller vers un modèle plus présidentiel. C’est pourquoi je ne veux pas faire de déclaration sur ma participation.

Aujourd’hui, la crise économique est notre priorité. Tous nos efforts visent à lutter contre elle. Nous travaillons jour et nuit pour cela et nous réfléchirons à la présidentielle un peu plus tard.

 

L’Ukraine risque-t-elle de se trouver en défaut de paiement ?

Je crois que l’atmosphère un peu hystérique des marchés est simplement le reflet de la crise. Je veux nier absolument qu’il y ait une possibilité de défaut de paiement en Ukraine. Tout d’abord, parce que notre dette publique est très réduite, à 11% du PIB. De plus, les recettes du budget rentrent comme prévu. Nous avons prévu un déficit budgétaire qui est réduit, de 2,9% seulement. Aucune banque ukrainienne ne s’est retrouvée en faillite quand certains pays ont perdu une bonne part de leur système bancaire. Les investisseurs continuent de manifester de l’intérêt pour l’Ukraine. Je viens de rencontrer des représentant du patronat français. Nous discutons notamment avec Areva ou EADS de projet commun, dans le nucléaire et l’aéronautique. Je pense que le meilleur moyen de lutter contre la crise est d’attirer des investisseurs étrangers.

 

Vous avez dit récemment vouloir des relations plus « chaleureuses » avec la Russie. Qu’est-ce que vous entendez par là ?

Je veux me concentrer sur le fait que l’Ukraine est un pays indépendant. Et donc, notre priorité est de faire respecter notre intérêt national. Et donc notre équipe politique, dans ses relations avec la Russie, va respecter cette ligne. Mais il est contre-productif de rechercher des relations de confrontation. Il est meilleur de rechercher une certaine harmonie, pour l’énergie comme pour la coopération dans tous les secteurs industriels. Il me semble qu’il est de notre intérêt de chercher cette harmonie dans un triangle Europe/Ukraine/Russie, ce qui correspond d’ailleurs à la politique de l’Union européenne.

 

Après le renvois cette semaine du ministre des affaires étrangères ukrainien, cherchez-vous toujours votre entrée dans l’UE et l’Otan ?

Bien sûr, le chemin vers la consolidation de nos relations avec l’Union européenne unifie la société ukrainienne. Ce chemin est l’affaire de tous les ministres, et pas seulement de celui des affaires étrangères. Il se poursuivra, quel que soit le ministre. En ce qui concerne l’Otan, il faut prendre en compte tous les aspects. Tout d’abord, l’Ukraine ne peut rester en dehors des grands systèmes de sécurité. Mais nous rencontrons deux obstacles : tout d’abord, l’absence d’unité de la population  puisqu’à peu près 30% des Ukrainiens seulement soutiennent une entrée dans l’Alliance atlantique. Il faut donc travailler la-dessus pour les convaincre. De plus, il y a une absence d’unité des pays européens sur l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan. Il nous faut dialoguer avec l’Allemagne et la France sur ces sujets.

 

A l’heure ou nous parlons, les forces de sécurité effectuent une perquisition musclée, à Kiev, au siège de Naftogaz, la compagnie gazière ukrainienne. Pourquoi une telle démonstration de force ?

Depuis 2005, quand le nouveau pouvoir est arrivé, nous avons engagé une lutte contre la corruption. Nous luttons pour nettoyer le domaine du gaz. Et cette perquisition en est un exemple. Je regrette de constater que ces forces de corruption reviennent, alors que nous pensions en avoir terminé avec cela. La lutte contre la corruption n’est pas une tâche facile. Mais nous obtenons tout de même des résultats.

 

Recueillis à Paris par Alain GUILLEMOLES

Publié à La Croix, le 5 mars 2009: http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2366951&rubId=4077

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 16:39

La journée de la Femme

 “Нема вірнішого приятеля, як добра жінка”
Українська приказка

 « Il n’y a pas de meilleure amie de l’homme que la bonne femme »
Proverbe ukrainien


 Le 8 mars, le petit matin. Il fait encore gris dehors. Une matinée parisienne assez ordinaire… Comme d’habitude, mon mari allume la radio et la journée la plus triste de l’année commence.

Une voix masculine, un peu monotone, me parle des violences faites aux femmes, des inégalités entre les hommes et les femmes au travail malgré des années de lutte acharnée et impitoyable, des femmes battues et de la haine, du harcèlement moral et des abus de toute sorte qui ont encore lieu dans notre chère France, alors ne parlons même pas du reste du monde !

 Alors je sais que ma journée est foutue, je serai d’humeur exécrable, dès la première seconde, je sens que je suis sévèrement atteinte de « nostalgite aigu » : je pense et repense à ma patrie, à mes amis qui, en ce moment précis, se réveillent tout doucement ou restent paisiblement dans leur lit – ils ne travaillent pas aujourd’hui…

A vrai dire, pour certains de mes anciens compatriotes, le réveil peut s’avérer assez difficile, car la fête a déjà commencé la veille. Le 8 mars est la journée internationale des femmes, tout le monde le sait. En France, on rechigne parfois, car l’idée de la célébrer est venue à l’esprit des communistes. Quant à moi, cela m’est royalement égale, car dans mon pays tout a été inventé par les communistes. Depuis longtemps, c’est un jour férié et c’est la fête la plus populaire et la plus importante émotionnellement après le Nouvel An. Et si c’est une fête, alors notre âme slave, tellement mystérieuse et impénétrable, ressent un fort besoin de grands gestes afin d’oublier, encore une fois, le quotidien pas particulièrement rose. Et qu’est-ce qui est le plus précieux que notre fierté nationale - des belles femmes ?…

Le 7 mars, la veille du grand jour, cela commence à frémir aux bureaux. Les femmes se rendent à leur travail habillées dans leurs meilleurs robes ou tailleurs, selon leur goût, bien maquillées, les talons aiguilles et les tenues extravagantes ne sont pas exclues. Leurs visages sont illuminés.

Leur collègues hommes sont en train de préparer un pot, courent à tout allure pour acheter des fleurs pour les femmes de leur service, les bouteilles du champagne (« Soviétique » ou « Crimée ») et le chocolat sont servies. Les chefs, petits et grands, préparent leur discours, selon leur générosité, ils peuvent prévoir des cadeaux de valeur pour les femmes de leurs entreprises. Une erreur monumentale à ne pas commettre, c’est d’oublier le 8 mars et son sens profond – car les femmes ukrainiennes ne vous le pardonneront jamais ! On appelle toutes les clientes et des partenaires féminins, les cartes postales sont envoyées, les cadeaux et des petits signes d’attention sont prévus. Les coursiers sillonnent la ville… On ne travaille presque pas ce jour-là, mais c’est un moment privilégié pour renforcer les liens au sein d’équipes, nouer et renouer des contacts, détendre l’atmosphère… Au fond, le 7 mars est une journée idéale pour des relations publiques et privées, même si les ukrainiens parfois ne s’en rendent pas compte.

Parce que la fête des femmes est devenue quelque chose d’incontournable dans l’esprit collectif ukrainien qui date encore de l’époque soviétique. Au fil des années, on a laissé de côté l’aspect politique, cela est devenu la célébration de la beauté des femmes, du printemps, de la joie de vivre… Et rien à voir avec la lutte entre les sexes, bien au contraire ! Toute la journée les femmes attendent de recevoir des compliments et des cadeaux, leurs hommes - maris, fils, petit-fils, frères, amoureux, collègues, chefs, inconnus… tous doivent se montrer courtois et plus attentifs que d’habitude. Les restaurants sont pleins, les fleuristes dévalisés, l’alcool coule à flot…

Le 8 mars même, c’est à la maison que la fête continue. Les hommes sont censés exécuter les tâches habituellement féminines : faire la cuisine, s’occuper des enfants, faire le ménage, et…céder à tous les caprices ! Vous souriez, chers Français ? Grâce à l’émancipation, à la révolution du Mai 68 et aux soutiens-gorge brûlés, les hommes français le font déjà depuis longtemps ?…

Mais vous savez, la société ukrainienne d’aujourd’hui est un mélange curieux et surprenant de l’héritage soviétique, des certains progrès et des valeurs traditionnelles. Depuis longtemps, la femme ukrainienne avait le droit de voter et de faire un travail très physique normalement réservé aux hommes. La plupart des femmes ne pouvaient pas ne pas travailler, elles pouvaient demander le divorce, choisir la profession sans demander officiellement une autorisation à leurs pères ou maris, donc faire des choses pour lesquelles les Françaises se sont battues avec tant d’acharnement. Le revers de la médaille de cette « libération » de la femme soviétique - une fois à la maison, elles devaient faire tout ce qu’une femme au foyer fait : s’occuper des enfants, de la cuisine, du ménage repassage, de leurs maris… Car l’homme soviétique est au fond un homme tout à fait traditionnel.

Une femme ukrainienne d’aujourd’hui (dont je fais partie malgré des années d’expatriation), est un être plein de paradoxes et de contradictions, ce qui fait sans doute son charme. Bien évidemment, nous sommes pour l’égalité des chances et des salaires égaux à compétences égales, nous sommes contre la violence et les abus, pour le respect de la femme et de ses particularités. Nous voulons nous-même créer des entreprises et faire de la politique si un jour l’envie nous saisit, nous voulons prendre les décisions et gérer nos vies comme bon nous semble… Mais ! La plupart des femmes ukrainiennes attendent que les hommes restent polis et galants envers elles, un peu macho, mais pas trop, qu’ils payent la note au restaurant, quel que soit le revenu ou statut de la femme ou de l’homme, qu’ils fassent des cadeaux, invitent à faire des voyages exotiques, qu’ils se montrent courtois en toute circonstance, donnent la main lorsque la femme sort du transport en commun, donnent le manteau, ouvrent la porte. Une femme ukrainienne est plutôt flattée, lorsque un homme lui baise la main… En Ukraine nous sommes très attachés aux « signes extérieurs du respect ». Cela vous rappelle la France de l’Ancien Régime ? Et oui, cela encore existe dans mon pays. Et pour les femmes ukrainiennes il y a aucune contradiction entre l’égalité des droits et la courtoisie et générosité affichées des hommes.

Voici une illustration parfaite des différences des mentalités des femmes occidentales et des femmes ukrainiennes. Lorsque je faisais mes études à l’Académie Mohyla de Kiev, nous avions des professeurs d’histoire invitées dans le cadre d’un programme expérimental. C’étaient des femmes anglaises, canadiennes et américaines, très professionnelles et de surcroît, féministes. Un jour, une scène très révélatrice s’est produite. Une prof canadienne, une petite femme toute menue, jamais maquillée, qui portait toujours des vêtements sombres et amples, mais avec une flamme sacrée dans les yeux, a eu une conversation mouvementée avec une prof ukrainienne, qui s’appelait Lutaya (ce qui signifie littéralement en ukrainien « sévère » - et c’était la stricte vérité).

La Canadienne, avec un certain dégoût et un sentiment de supériorité, a expliqué à sa collègue que les femmes ukrainiennes étaient encore bien arriérées par rapport aux féministes occidentales. Et comme exemple, elle a pris le Directeur de la chair d’histoire, son chef, un homme tout à fait charmant, doux et inoffensif.

« Imaginez - dit la Canadienne à l’Ukrainienne, que je vienne demain portant ma nouvelle robe et que Monsieur le Directeur me fasse un compliment. Alors, je peux le traîner en justice pour harcèlement sexuel ! » - et elle a jeté un regard triomphant à son homologue… Et là, tenez-vous bien, car le plus intéressant est à venir… Madame Lutaya met ses mains sur ses hanches comme le font des vraies maîtresses femmes, et répond avec véhémence : « Si, demain, je viens en robe rouge, toute belle et rayonnante, et si Monsieur le Directeur ne le remarque pas, je démissionne sur le champ, car je ne pourrai pas travailler une seconde de plus avec un tel goujat ! ».

J’ai raconté cette histoire non seulement pour démontrer nos particularités culturelles, mais aussi pour répondre à ceux et celles qui trouvent que la fête des femmes est en réalité humiliante pour les femmes et que tous les jours du calendrier les hommes doivent respecter les femmes et leur octroyer tous les droits, les aider au quotidien et pas seulement une seule journée par an. Certes, ils ont raison. Mais pourquoi dans la course effrénée pour ces fameux droits, on doit oublier d’être simplement des femmes, belles et séduisantes ? Pourquoi au travail on doit devenir des pâles copies des hommes, pourquoi un collègue ne peut pas dire « que tu es élégante aujourd’hui ! », d’ouvrir la porte devant nous sans que cela ne soit vu comme un harcèlement ?… Les discours sur la violence et les malheurs féminins durant toute cette journée dans tous les médias et l’absence d’ambiance festive ne remontent absolument pas le moral et n’épargnent pas les femmes françaises de ces mêmes violences et malheurs. Alors que la célébration nous permet de vivre un instant agréable et magique. Est-ce encore une différence culturelle ?

Je suis certes très contente de profiter de tous les avancements dans les rapports hommes-femmes en France. Mais ce que je ne supporte pas dans ma vie française, c’est de me sentir « transparente ». Lorsque j’étais enceinte, j’ai pris mon tram quotidien qui m’emmenait à mon bureau. Je rentre et je ne vois aucune place disponible. Je me mets devant trois hommes assis, mon ventre ne laisse aucun doute sur mon état, mais ces hommes-là, occupés par leur lecture et le paysage, ne font aucune attention à moi et ne bougent pas d’un millimètre. Cet instant précis je me suis sentie inexistante, nulle, humiliée comme jamais. Demander moi-même ? Ultime humiliation ! En Ukraine, nous avons un tas de soucis, des problèmes à régler pour deux cents encore, mais les femmes enceintes ne sont pas obligées de crier pour qu’on leur laisse la place !…

Mais je veux parler aujourd’hui du positif – c’est déjà assez rare de nos jours. La fête de la femme en Ukraine a quelque chose d’un esprit carnavalesque : on échange des rôles , on « se déguise » en gens meilleurs, on joue une sorte de jeu, on festoie, on flirte même (oh, scandale !), on s’abandonne aux plaisirs gastronomiques et à la boisson (surtout les hommes !), on oublie le quotidien parfois triste…

J’exagère un petit peu, je suis ironique et nostalgique et ce jour-là, le 8 mars, je rêve de passer chez moi, à Kiev, comme avant. Il y a bien évidemment le revers de la médaille, la face cachée, comme pour toutes les choses. Mais je n’ai pas envie d’en parler maintenant. Je vous souhaite tout simplement une très bonne fête, mes chères femmes ! Et mes chers hommes !

Olena Yashchuk Codet



image 1: carte postale "8 berznya", 1986, Ovsyannikov 
source:
http://cards.intbel.ru/catalog/detail/?topic=8mart&img=736 
image2: http://samodelki.com.ua/files/images/8march9.jpg

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