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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 16:49

Comment êtes-vous venu à la littérature ?


Quand j’avais six ans, mon père m’a acheté trois hamsters que je laissais vagabonder à leur guise dans l’appartement. Mes hamsters ont eu une vie assez tragique : le premier a été tué par accident, alors que mon père a ouvert la porte un soir en rentrant à la maison. Le second a été mangé par un chat que j’avais trouvé dans la rue et ramené à la maison. Quand au troisième, il est tombé du balcon. On n’a jamais su si c’était un accident ou un suicide… Mais c’est alors que j’ai écrit mon premier poème, sur la solitude du hamster qui a perdu ses amis.

 

Mon frère était dissident et il a été arrêté sous le prétexte de cambriolage de kiosque. Ma mère a passé beaucoup de temps à essayer de faire commuer la peine de mon frère. Finalement, le juge, qui était collectionneur de médailles soviétiques, a levé les deux ans de prison de mon frère en échange des médailles de guerre de mon grand-père. Ce juge avait une grande bibliothèque, et étonnamment, beaucoup de livres interdits. C’est chez lui que j’ai découvert Hermann Hesse ou l’œuvre d’Andréï Platonov. J’ai beaucoup écrit en m’inspirant de ces auteurs, au début, jusqu’à ce que je décide qu’il fallait que je trouve mon propre style. J’ai finis mon premier roman à l’âge de 17 ans et j’ai approché  les éditeurs soviétiques et les grands écrivains ukrainiens, mais ce roman ne correspondait pas aux standards soviétiques… Au début, mes livres se sont diffusés par le biais de lectures privées.

 

Mes manuscrits ont commencé à voyager dans l’URSS et j’ai eu des invitations à Riga, à Vladivostok, pour lire mes textes. J’ai donc débuté comme écrivain « Underground »  J’ai commencé à écrire beaucoup pendant mon service militaire. Etant pacifiste, j’ai longtemps tenté de l’éviter, notamment en prolongeant mes études de linguistique : j’ai presque réussi mais c’était tellement dur à éviter que j’ai finalement dû me résoudre à y aller.  J’ai atterri comme gardien de prison à Odessa en 1984.  Mes officiers étaient surpris de mes diplômes…

 

Quand j’ai dit que mon ambition était de devenir écrivain, on m’a demandé d’écrire des textes communistes pour les journaux locaux. J’étais censé travailler toute la nuit, mais je finissais mes textes en deux heures avant d’écrire pour moi. J’écrivais des histoires pour enfants, et en 1987, j’ai commencé à gagner ma vie en écrivant des scénarios de films. En 1991, c’était la crise. J’ai pris un prêt de 16 000 dollars pour imprimer mes propres livres que j’ai commencé à distribuer http://ecx.images-amazon.com/images/I/51GgqkLjagL.jpgartisanalement,  j’en vendais moi-même sur Andreivsky Spousk. J’en envoyais également à l’étranger et j’ai finalement été publié en Autriche…

 

Parlez-nous de votre dernier roman, le Laitier de Nuit

 

J’ai essayé d’écrire un roman sans politique. Mon précédent roman, le Dernier Amour du Président, dans lequel un Président ukrainien est empoisonné et le président russe Wladimir Poutine est réélu après une pause de quatre ans, m’a valu trop d’ennuis. Les commandes ont tout simplement cessé en Russie… Avec ce roman, j’ai donc arrêté la politique et j’ai essayé d’écrire une histoire d’amour… C’est donc trois histoires, trois couples, qui essayent d’être heureux dans ce pays un peu bizarre qu’est l’Ukraine…

 

 

 Propos recueillis par Grégoire Grandjean


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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 20:52

Le bulletin de Mai 2010 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.

 

Au sommaire:

 

- Célébration des 5 ans du jumelage Kiev-Petchersk/Senlis

- Portrait d'Andréï Kourkov

- "Le Laitier de nuit"... trois histoires, trois couples, qui essayent d'être heureux dans ce pays un bizarre qu'est l'Ukraine" Andréï Koutkov

- Trois questions à Tamara Gautreau, guide francophone de la Crimée

- Trois questions à Annick Denat, Président de l'Association des descendants des volontaires ukrainiens de la Légion étrangère

- Stations Paris-Kiev-Tbilissi, Lieu, Temps, Evénements

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 20:37

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien
Mardi 1er juin 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade
22, av. de Messine, M° Miromesnil, tel. 01 43 59 03 53.
Entrée libre.

LES SCEAUX DE L’HETMAN  (ГЕТЬМАНСЬКІ КЛЕЙНОДИ)
vo

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1993, 87 mn, coul.
Scénario : Serhiї Diatchenko, Léonide Ossyka
Réalisation : Léonide Ossyka
Photographie : Vadim Illienko
Décors : Inna Bytchenkova
Musique : Volodymyr Houba
Son : Bohdan Mykhnevytch
Interprétation : Serhiї Romaniouk, Loudmyla Yefimenko, Lès Serdiouk, Svitlana Kniazeva, Boris Khmelnytskyi, Volodymyr Kolada, Volodymyr Holoubovytch, Kostiantyn Stepankov, Taїssia Lytvyvenko, Vladyslav Kryvonohov, Svitlana Krout.
Genre : drame historique

Photogramme Les Sceaux de l'Hetman 1
Synopsis
Après la mort de l’Hetman Bohdan Khmelnytskyi, l’Ukraine se déchire pour sa succession. D’un côté, la majorité des officiers supérieurs cosaques qui ont soutenu Khmelnytskyi lors des guerres contre les Polonais, de l’autre les prorusses regroupés autour du colonel Martin Pouchkar qui ambitionne de devenir le maître de l’Ukraine, appuyé par une partie des Cosaques Zaporogues opposés à l’élection du nouvel Hetman Ivan Vyhovskyi. Les sceaux de feu l’Hetman gardé par sa fille Olèna sont convoités par Zahrava qui n’hésite pas à enlever la femme et les deux enfants de Jourba, fidèle serviteur de l’Hetman.


Opinion
Léonide Ossyka, qui depuis Zakhar Berkout (1971) espérait monter une superproduction historique, réalise en 1993 le dernier film de sa carrière Les Sceaux de l’Hetman, d’après le roman de Bohdan Lepkyi L’Abîme. Interdit en Ukraine Soviétique, le roman décrit les événements de 1659 sur fond d’infamies, de forfaitures et de luttes intestines de la noblesse cosaque. L’Ukraine risque de perdre son indépendance car la Russie ne la considère plus comme un pays ami mais comme l’objet de son expansion territoriale, passant outre le traité d’alliance qu’elle avait signé avec elle en 1654. Le sujet est traité à la limite du film d’aventures avec des héros exempts de contradiction. Après maints rebondissements et un duel final entre Zahrava (Boris Khmelnytskyi) et Valko Bossakivskyi (Serhiї Romaniouk), les sceaux seront enterrés, à l’insu de tous, par Olèna (Loudmyla Yefimenko) et Valko qui s’en iront vivre avec la mémoire des lieux. Filmé dans une authentique propriété cosaque, Les Sceaux de l’Hetman ne s’inscrit pas dans la série des western-borchtch, méthode décriée par Léonide Ossyka à l’encontre des réalisateurs comme Boris Chylenko (La Vallée noire) ou Serhiї Omeltchouk (La Marche des Cosaques). Pas vraiment un film à thèse ni film d’auteur, il est un dernier adieu au cinéma et à l’Ukraine auxquels le réalisateur se consacra corps et âme, avec ses acteurs fétiches, Svitlana Kniazeva, Kostiantyn Stepankov, Lès Serdiouk et tant d’autres. Le personnage central est interprété par le quadragénaire Serhiї Romaniouk dont la première apparition sur les écrans annonce l’un des plus grands acteurs du cinéma ukrainien contemporain.
Au moment de la sortie du film, il était intéressant de comparer la crise politique, économique et culturelle des toutes premières années de l’indépendance de l’Ukraine de 1991 avec le thème du film sur l’époque cosaque communément appelée les Temps de la ruine. La projection dans l’actualité immédiate était frappante : lutte pour le pouvoir, résistances passéistes, sentiment de semi-liberté ou de semi-indépendance où chacun se repent mais n’en fait qu’à sa tête. Souvent en avance ou en adéquation avec son temps, Léonide Ossyka termine sa carrière à un moment clef de la renaissance de sa patrie. L’Histoire retiendra que Les Sceaux de l’Hetman était en cours de réalisation lors de la remise solennelle des Grands Sceaux de la République Nationale d’Ukraine par le président en exil Mykola Plaviouk au président en exercice Léonide Kravtchouk. La hache de guerre était définitivement enterrée.
Dans la foulée, Ossyka n’entreprendra pas son nouveau long métrage, Dovbouch, mis en chantier scénaristique et en liste d’attente depuis plus de vingt ans, car jugé trop coûteux. Dans un ultime effort, il se lancera avec Lès Serdiouk, dans un projet sans lendemain. Après quelques jours de tournage, Et ne nous soumets pas à la tentation est abandonné, faute d’argent. Le réalisateur décèdera en 2001, après Ivan Mykolaїtchouk (1987) et Serge Paradjanov (1990), les deux grands ténors du courant de l’Ecole de Kiev.


                                                                                                                                   Lubomir Hosejko

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 20:44

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien

Mardi 4 mai 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

LES CLOCHES DE PAILLE  ( СОЛОМ’ЯНІ ДЗВОНИ )

vostf

avec le concours d’Arkeion film

 photogramme Les Cloches de paille

 

Production : Studio Alexandre Dovjenko de Kiev, 1987, 142 mn, coul.

Scénario : Youriї Illienko

Réalisation : Youriї Illienko

Photographie : Youriї Illienko

Décors : Alexandre Danylenko, Alexandre Cheremet

Son : Bohdan Mykhnevytch

Montage : E. Soummovska

Directeur de production : Mykola Vesna

Interprétation : Lès Serdiouk, Pylyp Illienko, Serhiї Pidhornyi, Mylhaїlo Holoubovytch, Nina Matvienko, Loudmyla Yefimenko, Borys Galkine, Maїa Boulgakova, Serhiї Haletiї, Mykola Mouraviov, Natalia Soumska, Olga Soumska, Vassyl Tsybenko, Dmytro Tsapenko, Loudmyla Lobza, Victor Demertach.

Genre : drame psychologique

 

Récompenses : Prix du meilleur acteur à Lès Serdiouk au XXVIème Festival International du film de Karlovy Vary de 1988. Prix décerné à Youriї Illienko pour sa contribution au développement du cinéma ukrainien au Festival républicain de Dnipropetrovsk en 1988.

 

 

Synopsis
Quelqu’un a tiré sur Vilhota, père du collabo Yourko, tué naguère par les partisans. Vilhota, qui fut en cheville avec  les fascistes, cache soigneusement ce fait connu de tout le monde et du jeune Sachko que soupçonne le milicien chargé de l’enquête. Se sentant menacé, Vilhota veut se débarrasser du milicien et de Sachko avant que n’intervienne Yakiv Tcherneha, le père de Sachko.

Opinion
C’est avec Les Cloches de paille que prend fin, en pleine perestroïka, la période de contrainte idéologique du cinéma de Youriї Illienko. Au Festival de Dnipropetrovsk, le Prix de la contribution personnelle au développement du cinéma ukrainien lui est remis en 1988, dès son retour de Toronto, où il fut l’invité d’honneur au Festival du film ukrainien en compagnie des poètes et scénaristes Ivan Dratch et Dmytro Pavlytchko. Il y avait montré ses œuvres maîtresses, Une source pour les assoiffés, La Nuit de la Saint-Jean, mais son dernier opus Les Cloches de paille ne fut projeté qu’en huis clos dans une salle communale.
Ne subissant plus la pression idéologique brejnévienne, par laquelle il avait perdu la lucidité de regard du cinéma d’auteur de ses débuts, Illienko amorce une transition vers un art plus libéré. Les personnages de sa dramaturgie, bons et méchants, rouges ou bruns, paient une dernière fois leurs trahisons mutuelles et paranoïa lassante par nettoyage ethnique et éthique. Et si ce film reste en-deçà des films à constat social de ses confrères Mykhaїlo Biélikov (La Désintégration), Léonide Ossyka (Entrez, assoiffés), ou des films tentés par l’argument commercial de Roman Balaїan (Le Fileur) et de Viatcheslav Krychtofovytch (Femme seule désire rencontrer), il suit le postulat logique et immuable des propres choix thématiques du réalisateur. Ces choix sont empruntés à la littérature soviétique ukrainienne centrée sur l’Histoire, comme le confirme sa filmographie tout entière.
Tiré du récit de l’écrivain Yevhen Houtsalo La Zone morte, ce dixième long métrage de Youriї Illienko se passe de musique, comme jadis dans Une source pour les assoiffés,  mais  porte un titre métaphorique, allusif aux bruissements mélodiques des champs de seigle communément appelés cloches de paille. Relayées par la voix de la chanteuse Nina Matvienko, ces mélopées traduisent les misères d’une nation soumise aux maintes invasions et occupations ennemies. Elles épousent les réminiscences de la réalité filmophanique, entrelacée de scènes d’une extrême violence autour d’une population traumatisée par l’occupation allemande et la police supplétive. La scène de la pendaison, l’insoutenable scène où un nouveau-né est jeté sur un toit de chaume dévoré par le feu, évoquent la barbarie nazie dans l’Arc-en-ciel de Marc Donskoï. Irréaliste, celle du réveillon de Noël met en émoi toute une famille contrainte de manger une nourriture dans une écuelle vide, sous l’œil d’un officier allemand. Au fil du récit filmique, la caméra de Youriї Illienko annonce son retour aux impulsions oniriques et surréalistes, notamment dans les plans aériens expressément chagalliens. L’interminable séquence, où apparaissent en enfilade wagons et compartiments d’un train, véritable morceau d’anthologie fixant dans un long travelling les parias et les nantis de la population au sortir de la guerre, est digne d’une invention fellinienne. L’interprétation très convaincante de Lès Serdiouk dans le rôle de Vilhota, sans doute le plus émouvant de sa carrière, de Loudmyla Yefimenko dans le rôle de la démente, et de Pylyp Illienko dans celui de Yachko, atteste d’une direction d’acteur maîtrisée qui avait fait défaut au réalisateur pendant la stagnation. Les Cloches de paille met fin à la longue série de films qui stigmatisaient la participation des collabos à l’occupation allemande. Les frères Vadim et Youriї Illienko seront les premiers à revenir sur cette période sombre à travers leur nouveau film Le Dernier bunker (1990). Ils essaieront d’évacuer les clichés antinationalistes sans toutefois prétendre réhabiliter le maquis nationaliste, mais le replacer dans son contexte historique par rapport à la tournure que prennent les événements dans le nouveau paysage politique de l’Ukraine en marche vers son indépendance.

                                                                                                                         Lubomir Hosejko

              

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 09:12

http://www.clairedenamur.com/index.php/content/download/24080/311759/file/c_photos_de_cedric_rivrain_13_reference.jpgVous avez des racines extrêmement diverses, pourriez-vous nous expliquer un petit peu vos origines ?


Mon père est Franco-Hollandais et ma mère est née en Argentine mais elle est d’origine ukrainienne. Mes arrières grands-parents maternels ont émigré à Buenos Aires dans les années 1920, et ils étaient originaires d’Odessa et de Prusse. Ils ont fui l’Europe de l’Est au moment des vagues de Pogroms… Leurs noms de famille étaient Dejtiar et Schvarstein. Ma mère a grandi avec l’Espagnol et le Yiddish comme langues maternelles… Pour ma part, j’ai vécu dans ma jeunesse en Amérique du Nord : aux Etats-Unis et au Canada. Nous sommes revenus en France quand j’avais 15 ans. Tout ce mélange et le fait d’avoir grandi dans plusieurs pays différents représente une grande richesse pour moi, mais il y a aussi des temps d’adaptation qui sont parfois difficiles, comme quand je suis revenue en France. Au brevet, certaines de mes notes ont été catastrophiques, en biologie notamment : je ne connaissais le vocabulaire qu’en Anglais !



Cette diversité culturelle doit s’exprimer à travers votre musique…


Absolument. Mon frère, ma sœur et moi avons été élevés dans un univers musical au gré des goûts et origines de nos parents ainsi que des lieux où nous avons vécu. Mon père, Yves Denamur, nous a passé sa passion pour Bob Dylan, America ou Neal Young. Petite, j’ai été forcée à apprendre le piano mais suis rapidement passée à la guitare en autodidacte. Au début, je jouais pour moi et mes amis, et rapidement, j’ai commencé à écrire des chansons influencées aussi bien par le country blues, le negro spiritual que par les musiques d’Amérique latine. Une de mes chansons, La Mal Aimée, dédiée à ma mère, a de fortes influences de Fado argentin et certains m’ont dit y voir une influence Klezmer…



Quel lien gardez-vous avec l’Ukraine ?


Et bien très franchement, je dois dire que mes origines ukrainiennes remontent assez loin, et je commence tout juste à m’intéresser vraiment à ce passé. De mon arrière-grand-mère, j’ai hérité le prénom : Clara. Au-delà de cela, j’espère aller bientôt en Ukraine et découvrir le pays qu’ont quitté mes arrières grands-parents.



Vous avez déjà publié un premier album, vous jouez dans toute la France et à l’étranger et avez déjà foulé la scène de l’Olympia… Quels sont vos projets pour le futur ?

 

Je fais toujours beaucoup de concerts en France et à l’étranger. D’ailleurs je joue à Varsovie dans deux semaines… Cependant j’essaie de ralentir un peu la cadence des tournées pour me consacrer à mon deuxième album. J’ai beaucoup appris des erreurs du premier et je m’investis aujourd’hui sérieusement dans la réalisation du second, tant au niveau de la musique que des paroles. Je suis donc en phase d’écriture et de composition, et je vise une sortie en 2011.

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

Site de Claire Denamur

Claire Denamur sur MySpace

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 09:08

Le bulletin d'avril 2010 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.
 
Au sommaire:

- Au fil de l'actualité
- Rencontre avec Claire Denamur, nouvelle voix de la chanson française
- Entretien avec Marina Lewycka, auteur britannique d'origine ukrainienne
- "Deux caravanes" un roman de Marina Lewycka à paraître en mai 2010
- "Russie - Express" Dans les pas de Balzac, de Paris à Berditchev
- C.A.H.O.U. vous invite pour commémorer le 8 mai 1945 au concert Fifty Fifties

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 10:28
13/02/2010, par Vitaliy Portnikov

Quand en 1994 Léonid Koutchma a été élu président d’Ukraine, cette victoire a été perçue en Russie comme une vraie revanche des forces intéressées par des relations privilégiées, un rapprochement avec Moscou et comme une victoire contre Léonid Kravtchouk « le nationaliste », qui ne souhaitait pas prendre en compte les intérêts russes, autrement que comme un « retour » de l’Ukraine. Une chose semblable est observée actuellement. «Le nationaliste » Viktor Youchtchenko quitte la scène politique et les forces constructives ont leur revanche !http://www.kp.ru/upimg/5a3e8f353c90697f8fa8aa939d18ebfb3dd46ab0/523416.jpg

Mais rappelons-nous la déception de Moscou suite à la présidence Koutchma. Certes, il a établi des relations personnelles privilégiées avec Boris Eltsine et avec Viktor Tchernomyrdine ; certes, il a été beaucoup plus proche et intelligible que Léonid Kravtchouk – à peu près de la même manière qu’aujourd’hui Viktor Yanoukovitch est plus proche et en phase avec Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev que Viktor Youchtchenko. Je n’oserais pas affirmer la même chose concernant Tymochenko. Il est clair qu’une personne de Dnipropetrovsk s’entendra toujours avec un originaire de Saint-Pétersbourg.

Mais dans la défense de ses intérêts, Koutchma a même surpassé Kravtchouk. Leonid Kravvtchuk préférait la diplomatie, ne pas offusquer les partenaires et ne pas précipiter la solution de problèmes complexes, tandis que Leonid Koutchma était prêt à déchiqueter son adversaire pour ses propres intérêts, à savoir l’Ukraine. Koutchma se considérait comme le patron du pays et ne comprenait pas pourquoi il devait sacrifier les équipements au nom d’un autre patron d’une entreprise voisine, aussi proche qu’il soit. Mais le patron voisin croyait que sa société n’est pas seulement la plus importante, mais carrément l’unique. Et ce que Léonid Koutchma prend pour une société indépendante, n’est ni usine, ni fabrique… dans le meilleur des cas c’est un atelier.

Cette
http://www.gordon.com.ua/images/doc/11-kuch1kiss-60afb.jpg différence de conception a engendré une éternelle incompréhension. Nous nous souvenons de Koutchma sur ses derniers temps au pouvoir. Il négociait avec Poutine la création d’un Espace économique commun. Mais c’était Koutchma pratiquement isolé de l’Occident, à qui on ne serrait plus la main. Il lui était vital de prouver au monde, à l’Ukraine, à la Russie et à lui-même finalement que rien n’avait changé et qu’il continuait à gérer la politique extérieure, que c’était lui qui définissait le cap et qu’il était toujours le directeur d’usine et non le chef d’atelier. De plus, il ne comptait pas du tout participer à un Espace économique commun, il essayait de gagner du temps comme d’habitude. C’était d’ailleurs le mode de fonctionnement de tous les chefs d’Etats postsoviétiques qui s’étaient retrouvés isolés de l’Ouest. Par exemple, le président ouzbek, Islam Karimov a été toujours un adversaire déterminé de la Russie en ce qui concerne l’Asie Centrale. Mais d’un coup, il est devenu le meilleur ami de Moscou après les événements d’Andijan. Et bien sûr, le degré d’amitié a baissé dès que les visiteurs occidentaux ont été de retour à Tachkent… Alors, je ne surestimerai pas le degré pro-russe de la fin de l’ère Koutchma. Même lors de début de son premier mandat, souvenez-vous, Boris Eltsine a été contraint d’ajourner sa visite à Kyiv vouée à la signature du « Grand traité ». Les parties n’arrivaient pas à s’entendre sur les questions de la Flotte de la mer Noire. A Moscou on ne comprenait pas : que se passe-t-il ? C’est Koutchma, il est des nôtres, il aurait dû tout nous céder – mais il ne lâche rien...http://www.segodnya.ua/img/forall/a/9238/30.jpg
Je reviens là-dessus juste pour expliquer : le jour suivant de son élection, Viktor Yanoukovitch va se considérer comme le directeur de l’usine Ukraine. C’est pour ça qu’on n’observe pas de grand enthousiasme à Moscou pour son élection. Oui, l’échec d’Youchtchenko est une bonne chose pour la doctrine du Kremlin. Mais à Moscou, on a déjà compris que les présidents ukrainiens se comporteraient comme des directeurs d’usine et que l’on n’arriverait pas à leur imposer la vision russe de l’Ukraine.
Il est probable que si Yanoukovitch avait gagné les élections en 2004, on aurait eu une autre situation. A l’époque, personne n’avait plus besoin de lui. Koutchma n’était pas tellement intéressé par un héritier mais plutôt par une reforme constitutionnelle. La société ukrainienne ne comprenait pas pourquoi cette personne désignée comme « héritier ». Youchtchenko était certain de son droit à hériter de Léonid Koutchma. Personne n’avait besoin d’Yanoukovitch, à part la Russie. Les dirigeants russes tentaient de réaliser le mode de transmission du pouvoir selon l’exemple eltsinien dans le pays limitrophe. Ils étaient assurés que l’héritier était plus malléable que son prédécesseur.
http://image.tsn.ua/media/images/original/Jun2007/3161.jpgMais la Russie a tourné le dos à Yanoukovitch dès les premiers mois après son échec. On l’a oublié, il est retourné en politique sans aucune aide de Moscou. Il a gagné les élections présidentielles sans l’armée des consultants russes. Ce n’est pas un candidat russe, c’est un homme politique usant de slogans pro-russes pour ses propres intérêts électoraux. Et on le comprend très bien à Moscou. Ils comprennent que Yanoukovitch est bien sûr un soviétique, qui se sent plus à l’aise à Moscou qu’à Bruxelles. Mais ils savent aussi qu’il ne lâchera pas ses intérêts – comme Koutchma en son temps.

Source
Traduit du russe par Olga Gerasymenko
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 16:55
Olena Tokar

Comment est né ce projet de création d’une librairie franco-ukrainienne en ligne ?

Le projet est né en décembre 2009. Nous avons fait un constat : il n’y a pas de librairie franco-ukrainienne en France, que ce soit sous forme de boutique ou de magasin virtuel. Les livres sur l’Ukraine sont noyés dans les rayons des grandes librairies (Littérature étrangère, Voyages, Histoire de l’Europe de l’Est, Géopolitique, etc.). Dans ces librairies comme en ligne, il faut connaître le titre d’un livre avant de pouvoir le trouver.

 

Il existe des fonds de documentation comme la Bibliothèque Simon Petlioura à Paris, mais pas d’endroit où acheter des nouveautés en ligne. Nous avons souhaité regrouper les livres concernant l’Ukraine sur une plate-forme organisée par thèmes. Elle permet aux personnes s’intéressant à l’Ukraine d’avoir un tour d’horizon de la littérature existant en France. Les ventes ont commencé avant même que l’on ne commence la promotion du projet!

 

Selon quels critères choisissez-vous les livres présentés sur le site ?

C’est simple : figurent sur le site tout livre en Français portant sur l’Ukraine et tout livre ukrainien publié en langue française. On peut également trouver des CDs et des quelques objets en lien avec l’Ukraine comme des drapeaux…

 

Nous y allons petit à petit dans le choix des livres, l’idée étant d’avoir, à terme, une base de données des publications existant en Français sur l’Ukraine tout autant qu’un lieu où l’on peut les acquérir depuis toute la France. D’ailleurs, nous invitons les lecteurs de Perspectives ukrainiennes ainsi que les personnes visitant le site à nous suggérer des titres à rajouter à notre sélection. Toutes propositions d’autres passionnés de l’Ukraine sont bienvenues. Il suffit pour cela de nous écrire à librairie@perspectivesukrainiennes.org

 

« Perspectives ukrainiennes » est un blog et une newsletter d’information sur l’Ukraine. Le blog devient-il une opération commerciale ?

Absolument pas. Nous ne vendons pas les livres nous-mêmes mais utilisons un programme d’amazon.fr nous permettant de sélectionner et classer des livres sur notre blog. On achète les livres en étant rebasculé sur Amazon et avec son compte Amazon, qui offre tous les services, notamment en termes de sécurité de paiement et de port. Pour chaque livre vendu, Amazon nous reverse un petit pourcentage et ces recettes serviront à payer l’hébergement du blog.

 

Propos recueillis par Grégoire Grandjean

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 13:45

Le bulletin de mars 2010 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes.

 

 

Au sommaire:

 

 

- Que reste-t-il de la Révolution Orange?

 

- Regards rétrospectifs de Mykola Riabtchouk, politologue, sur les 5 années de la présidence Youchtchenko

 

- Projection du film "Aérograd" le mardi 6 avril 2010 à 19h ) l'espace culturel de l'Ambassade d'Ukraine

 

- 3 questions à Olena Tokar, fondatrice de la Librairie Franco-Ukrainienne en ligne

 

- Vernissage de Grygoryi Shyshko à la galerie Vendôme

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:11

L’Ambassade d’Ukraine et le Ciné-club ukrainien

Mardi 6 avril 2010, 19h, à l’Espace culturel de l’Ambassade

22, av. de Messine, Paris 8ème, M° Miromesnil. tel. 01 43 59 03 53

Entrée libre.

 

AÉROGRAD (АЕРОГРАД)

vostf

 

photogramme A-rograd 1Restauration numérique : Centre National Alexandre Dovjenko, IBS d’ART 2006, Kiev

 

Production : Mosfilm, Ukraїnfilm, 1935, 78 mn, nb.

Scénario : Alexandre Dovjenko

Réalisation : Alexandre Dovjenko

Assistants-réalisateurs : Youlia Solntseva, Stépan Kevorkov

Photographie : Edouard Tissé, Mikhaïl Guindine, Nikolaї Smirnov

Décors : Alexeï Outkine, Victor Panteleiev

Musique : Dimitri Kabalevsky

Texte des chansons : Victor Goussev

Son : Nikolaї Timartsev

Interprétation : Stépan Chahaїda, Stépan Chkourat, Sergueï Stoliarov, G. Tsoї, Boris Dobronravov, Nikolaї Tabounassov, Léonide Kan, I. Kim, Elena Maximova, Evguenia Melnikova, Volodymyr Ouralskyi.

Genre : ciné-poème patriotique

 

Synopsis

Ami de Dersou Ouzala, le chasseur de tigres et frontalier Stépan Hlouchak poursuit deux saboteurs japonais dans la taïga. Après avoir tué le premier, il retrouve l’autre chez son ami Khoudiakov, lui-même en cheville avec les Japonais. Des vieux-croyants, manipulés par le koulak Chabanov, s’opposent à l’édification d’une ville sur la côte du Pacifique. Le soulèvement réprimé, Hlouchak exécute Khoudiakov pour trahison, alors que, par centaines, des avions déferlent sur la taïga, amenant les constructeurs d’une future cité.

photogramme A-rograd 2 

Opinion

N’hésitant pas à s’expatrier à Moscou après la grande famine en Ukraine de 1932-33, Alexandre Dovjenko connaît un double exil l’éloignant à la fois de sa terre natale et de son univers créatif qu’il réimagine en Extrême-Orient, lors d’une longue expédition pour les repérages de son nouveau film, Aérograd. Avec le scénariste Alexandre Fadéiev, qui avait vécu sa jeunesse en Sibérie, il parcourt à l’automne 1933 la taïga, mais des divergences dans la conception même du film les séparent dès leur retour à Moscou. C’est finalement le réalisateur lui-même qui écrit le scénario, très différent du projet primitif. Tout en se prévalant du réalisme socialiste naissant, son scénario penche plutôt vers un romantisme pathétique et hymne à l’avenir radieux. Confronté pour la première fois à un paysage non-ukrainien, il trouve dans l’immensité du site un exutoire poétique, photographié par Edouard Tissé, qui n’altère en rien le style du tandem Dovjenko-Demoutskyi. Dans des conditions climatiques souvent très hostiles, il lance un défi au temps, à l’espace et à l’action. Plaidoyer héroïque et lyrique sur le patriotisme soviétique par sa forme, film de défense par son contenu, Aérograd demeure une synthèse de l’imaginaire et du visionnaire. photogramme Aérograd 3Mais c’est aussi une mystification chère à l’âme slave qui abolit la notion du temps, recule les limites de l’espace et active la complexité des digressions philosophiques pour ne servir que le support idéologique et politique, la défense de la patrie contre l’infiltration d’espions insaisissables. Partant du projet de la construction de nouvelles villes qui serviront de base de défense aérienne sur la côte Pacifique, afin de parer à une éventuelle invasion japonaise de la Sibérie orientale, Aérograd reste invisible dans le film parce que futur objectif militaire dont l’emplacement est suggéré au cours d’une conversation avec Staline par Dovjenko lui-même : « Nous devons créer une ville au bord de l’océan, un second Vladivostok… Aérograd n’est pas une fiction d’artiste, mais la réalité de notre temps. Et si la ville n’existe pas encore, ce n’est pas bien grave. » Cité utopique, Aérograd reste un prétexte. Un jeune Tchouktche, courant 80 soleils pour y venir étudier, ne se sent nullement rebuté par son inaccessibilité. Si Aérograd n’existe pas encore, il le bâtira. Et si ce film d’anticipation s’inscrit dans la production de films appelés films de défense, aux avant-postes d’un cinéma de plus en plus martial, alimenté par des bandes vulgarisatrices traitant de la préparation militaire, il est d’abord un film sur la taïga et sur les hommes de la taïga. Humaniste, Dovjenko s’attarde sur la communauté des vieux-croyants, vieux-ritualistes schismatiques, réfractaires à la réforme de 1653. Pourchassés, vivant au fin fond de la taïga, ils sont utilisés par les Japonais en vue de leurs propres buts de conquête. Comme dans tous ses films précédents, le réalisateur traite le thème de la mort se fondant dans la magnificence du décor naturel. Lorsque le traître affronte sa propre exécution, c’est à la mort tragique d’André de Taras Boulba que pense le réalisateur. Dovjenko, qui depuis Zvenyhora a la fâcheuse manie d’hypertrophier les happy-end de ses films par des défilés militaires, n’échappe pas, une fois de plus, à cet exercice bolchevisant : parachutistes, aviateurs, marins, convergent par centaines vers Aérograd. Ceci conforte sa servile soumission dans la terreur stalinienne, lorsqu’il affirme qu’il se considère comme un combattant, un militaire dans les troupes du Parti. Proposé comme plat de résistance au Premier Festival kolkhozien de Kiev à l’automne 1935, âprement discuté et divisant les spécialistes, Aérograd ne tardera pas à quitter l’écran. Ayant trouvé asile à Moscou puis envoyé en Sibérie pour voir de quel bois il devait se chauffer, Dovjenko sera interpellé par Staline lors de la remise du Prix Lénine pour sa contribution à l’évolution de la cinématographie soviétique : « Il a encore une dette. Il nous doit un Tchapaiev ukrainien ». Le réalisateur retournera donc à Kiev pour tourner Chtchors dans un studio spécialement construit à cet effet. Son exil devenait-il alors un véritable asile plutôt qu’une double résidence pour cinéaste en mal de soutien ou en mal d’avenir ? À vrai dire, le cinéaste avait tout simplement une colossale aptitude à s’orienter dans les événements politiques et de passer à travers les purges et les confrontations directes avec le maître du Kremlin.

Lubomir Hosejko

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