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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 23:25

lianaL ’Ukraine, « grenier à blé » et plus grand pays d’Europe, riche en terres noires, qui comprend 24 régions (oblasts), 457 villes et une république autonome de Crimée, garde ses traditions autant culturelles que culinaires.

 

 La cuisine ukrainienne s’est formée pendant les longues et difficiles époques de son histoire. Elle reflète dans sa gastronomie sa culture, son développement politique, ses conditions sociales, ses particularités climatiques et géographiques (voisinage avec la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Moldavie, la Russie et la Biélorussie), ses goûts et son calendrier religieux, car la plupart des Ukrainiens sont très croyants.

 

Le soir du Réveillon, dans chaque foyer même les plus modestes, les familles se réunissent autour de la table, et la maîtresse de maison propose le repas des « 12 plats » qui sont servis en même temps. Ils sont uniquement maigres, sans viande ni graisses animales :

- Le borchtch (soupe rouge maigre à la betterave)

- Les vushka (petites oreillettes aux champignons secs)

- Les varenyky (oreillettes aux pommes de terre et aux choux ou d’autres farces maigres)

- Le uzwar (boisson aux fruits secs)

- Le poisson farci

- La carpe frite

- Les pampoushky (beignets)

- Les harengs

- La machanka (une très épaisse sauce de champignons secs entiers)

- Les holubtci maigres (choux farcis au millet et pomme de terre)

- La salade vinaigrette

- La kutia (dessert aux céréales et miel).

live_a-la-decouverte-de-la-cuisine-ukrainienne.jpg

Pendant les fêtes de Pâques, on propose une belle et savoureuse brioche Paska faite maison avec une dizaine d’oeufs, une studenyna (viande de porc dans sa gelée), les bouratchky au chrin (betteraves râpées au raifort) et les bouratchky sucrés (betteraves râpées au sucre) pour accompagner toute la diversité des charcuteries et des jambons cuits/boucanés à la fumée du bois fruitier.

 

En Ukraine, on mange beaucoup de viande, surtout de la viande de porc. Son lard blanc fumé ou salé, poivré ou à l’ail, cuit ou nature (il y en a même au chocolat), est devenu un symbole de la cuisine nationale. On aime également le veau mais aussi les volailles avec comme mets courant le poulet… Le canard, la dinde et l’oie étant réservés pour les fêtes.

Il faut aussi ajouter un mot en faveur d’un bon lièvre ou d’un lapin cuit à l’étouffée (plus rarement un ragondin) dans sa sauce à la crème fraîche, qui est un vrai délice !

 

On prépare différents plats farcis, par exemple les holubtci (choux farcis), le poivron et le poisson farcis. Les céréales sont bien sûr à l’honneur avec le blé, l’orge, le mondé, le sarrasin ou le riz.

 

On ne peut pas s’imaginer une table sans pain. Tous les plats chauds et toutes les soupes sont toujours accompagnés de pain blanc ou noir au cumin.

 

La fête du Réveillon n’est pas possible sans les appétissantes pampoushky (les beignets). Un rôle très important est réservé aux légumes, et particulièrement à la betterave, ingrédient sans lequel la célèbre soupe rouge borchtch n’existerait pas. On compte environ 40 variétés de ce plat, chaque région à sa façon de la faire, chaque famille la prépare un peu différemment aussi…

 

On cuisine régulièrement le chou, les carottes, les tomates, l’oignon, les haricots blancs, le persil, le radis noir, l’oseille, les orties, l’arroche des jardins. Pour ajouter davantage de goût aux plats, on les assaisonne avec de l’ail, du persil, de la ciboulette, du raifort, de l’aneth, des girofles, des poivrons noirs, de la moutarde et des feuilles de laurier.

Les desserts d’été et les boissons se préparent avec les fruits locaux comme les pommes, les poires, les prunes, les mirabelles, les pêches, les abricots, les fraises, les cerises, les griottes, les mûres, les cornouilles, les cassis, les framboises, les fraises des bois, les airelles, les groseilles rouges et/ou vertes.

 

Les Ukrainiens aiment les champignons forestiers, surtout les cèpes qui sont très populaires, mais de plus en plus rares. Les bolets jaunes, les armillaires « couleurs de miel » comestibles, les girolles et les russules sont également très demandés.

 

Il ne faut pas oublier notre amour pour les poissons, qu’ils proviennent des rivières, des étangs ou de la mer : brochets farcis, brèmes avec les champignons et la kacha, esturgeon fumé, gardon salé, carassins frits, sandre cuit au four ou carpe cuisinée à l’étouffée, caviar, soupes au poisson…

 

Depuis quelques siècles, le maïs, les tomates, les potirons, les pastèques, les melons et bien sûr les pommes de terre sont devenus irremplaçables dans la cuisine de tous les jours. Presque toutes les soupes se font avec des pommes de terre, sans parler de tous les plats très aimés par les Ukrainiens et appréciés par les étrangers comme par exemple les deruny (galettes de pommes de terre).

 

En ce qui concerne les boissons alcoolisées, la bière avec sa longue tradition conserve la première place, suivi de l`horilka (l’eau-de-vie), les nastijky (genre de liqueurs, souvent à base d’herbes ou de miel). Les boissons non alcoolisées, mais non moins aimées, sont le café, les infusions aux fleurs et aux herbes, sans oublier le kwas et le uzwar.

live_a-la-decouverte-de-la-cuisine-ukrainienne2.jpg

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 16:47

liana-benquet.jpg«A la découverte de la cuisine ukrainienne » vient d'être de paraitre aux Éditions Publibook. Son auteur, Liana Panasevych-Benquet, est membre de Perspectives Ukrainiennes.

Liana, il s'agit bien d'un premier ouvrage au sujet de la cuisine ukrainienne?
D'après moi, oui, c'est le cas. J'ai tenu entre les mains un petit livre dans un style « samizdat » réalisé il y a près d’un siècle, mais c'est tout. C’est précisement l'absence de livres sur notre cuisine qui m'a donné l’idée de contacter les éditeurs. J'en ai rencontré plusieurs mais les démarches n’aboutissaient pas. Finalement, je me suis entendu pour ce projet avec les Éditions Publibook, en contactant leur filière canadienne.

Ce travail a dû vous prendre pas mal de temps...
Une année à peu près. Ce livre n'était pas si long à écrire. Mais la phase de relecture et de corrections a duré plusieurs mois. Cet ouvrage, n’est pas qu’une compilation de recettes, j’ai souhaité en effet proposer aux lecteurs français de découvrir ce qu’il y a au-delà de la cuisine ukrainienne, c’est à dire l'Ukraine, pays méconnu. J’ai pensé également aux descendants des émigrés ukrainiens qui perdent peu à peu le lien avec le pays de leurs ancêtres. J’ai aussi une pensée pour mon arrière-grand-mère Anna Voniatovych et sa soeur Varvara. Comme des milliers d’Ukrainiens er ukrainiennes, elles ont quitté leur maison, au début des années 30, dans le but de gagner un peu d’argent à l'étranger. Mon arrière-grand-mère a du laisser en Ukraine sa fille (ma grand-mère) qui était alors toute petite. Elle n'est jamais rentrée en Ukraine et n’a jamais pu revoir sa fille. Je ne suis pas parvenu à retracer son parcours, je sais juste qu’elle est venue en France.

Actuellement vous partagez votre vie entre la France et l'Ukraine ?
Tout à fait. Je suis née à Lviv, j'ai obtenu un baccalauréat dans une école spécialisé sur la langue allemande. J'ai une diplôme de traductrice d'allemand obtenu à l'université de Lviv. En Ukraine, je travaille de temps en temps pour différents médias , écrivant des articles et en tant que traductrice. La maison d'édition « Vydavnytstvo starogo Leva » vient de publier ma traduction vers l'ukrainien d'un livre pour enfant « Ma soeur Katy », de Monika Feth. La maison d'édition kyivienne « Sima » a publié mes traductions de contes de George Sand.

«A la découverte de la cuisine ukrainienne » est déjà commercialisé par les librairies?
Le livre est présenté sur le site des Éditions Publibook. Il figure dans la rubrique « nouveautés » Il est  possible de le commander directement chez mon éditeur. Très prochainement il pourra être acheté sur  le site Amazon.com. Les Éditions Publibook viennent de m'envoyer une liste de librairies en France, où mon livre sera disponible à la vente. Cette année, il sera présenté et proposé dans plusieurs salons du livre. Mais le but de ce travail n'est pas commercial. C'est plutôt, je dirais, une démarche philanthropique. un souvenir de l'Ukraine et de la vie ukrainienne dédié à tous ceux  qui sont partis, loin de leur familles, qui ont tenté leur chance et se sont exposés aux épreuves de l’exil.

http://www.publibook.com/librairie/images/9782748385670_r.jpg

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 17:36

La journée de la femme en Ukraine n’a absolument rien d’une journée de revendications, c’est au contraire une fête. L’atmosphère de la journée est toute en fleurs et convivialité. Au delà des clichés et des fantasmes répandus en France, 9 femmes ukrainiennes apportent leurs éclairages sur les nouvelles identités de la féminité ukrainienne.

1. Quelle grande figure féminine ukrainienne a marqué selon vous ces 20 dernières années ?
2. Dans quelle mesure la conception ukrainienne des rapports homme/femme vous paraît-elle différente de la vision française ?
3. Que pensez-vous des actions menées par le mouvement féministe ukrainien Femen ?

 

 

Olena.jpgOlena,  illustratrice et journaliste trilingue,


1. La figure féminine : Ioulia Timochenko, Lina Kostenko, Oksana Zabouzko. Difficile d'en donner une, mais si j'ai à choisir, je dirais - Ioulia! Controversée mais incontournable, au fort caractère, endurante, a fait beaucoup d'erreurs mais c'est une femme d'action qui n'a pas froid aux yeux.

2. L'homme reste toujours une figure centrale dans l'univers des femmes ukrainiennes. La femme française peut placer son épanouissement personnel à la première place. En Ukraine, une femme est perçue d'abord comme une mère, le reste est secondaire ; il me semble que les rapports homme/femme en France sont plus équilibrés, même si cela n'exclut pas des difficultés à trouver un bon équilibre. Par ailleurs, en France, la place du père est aussi importante que celle de la mère dans l'éducation des enfants. La notion de  garde partagée en cas de divorce n'existe pas en Ukraine. Les pères se désengagent plus facilement ou sont souvent  écartés après le divorce même si cela ne répond pas à leur attente...

3. Le mouvement Femen se fait remarquer, c'est indéniable. Tout le monde en parle, mais a-t-il atteint ses objectifs ? J’en doute….


liana.jpgLiana, linguiste et traductrice

1. Tymochenko. Ces dernières années elle a été la plus brillante et hors du commun.

2. Les couples ukrainiens suivent leurs cœurs, les couples français ont une approche plus rationnelle dans leurs relations.

3. Je ne connais pas malheureusement leur idéologie, je ne sais pas qui est derrière ce mouvement, mais cela semble intéressant...
Je n'aime pas le mot "féminisme" au sens où on l'emploie aujourd'hui. Je préfère parler de solidarité féminine.



olga.jpgOlga, consultante

1. C’est incontestablement Oksana Zaboujko. Mais je dois avouer que si la question portait sur ces dix dernières années, alors j’aurais probablement pensé à Ioulia Timochenko.
Oksana Zaboujko est une écrivaine, poétesse, philosophe et une personnalité publique. Sa super-nova a explosé sur le terrain littéraire au début des années 1990 à la publication du scandaleux « Etude de terrain du sexe ukrainien ».
Oksana Zaboujko a replacé la femme au cœur de la littérature. Elle parle du monde vu par la femme active, intelligente, responsable.

2. La femme ukrainienne, malgré tout ce qu’on peut lire et entendre à l’Occident, est pudique. Elle est d’abord mère et chef de foyer, et ensuite épouse et/ou maîtresse. Un proverbe ukrainien illustre bien les rapports traditionnels homme-femme : « Un homme c’est une tête, une femme c’est un cou : la tête regarde où le cou tourne ». Quand j’ai « testé » ce proverbe sur mes amis français, les Français ont été enchantés de ce partage respectueux des rôles, les Françaises n’ont vu qu’un cloisonnement, une réduction du rôle de femme. Mais dans ce proverbe le rôle de l’homme est également bien défini (« réduit »).
Tout n’est absolument pas rose en Ukraine (ni en France d’ailleurs). La femme ukrainienne a des cadres (imposés par des hommes, ou choisis par des femmes ???) à respecter. Mais, à mon avis, la femme française, souhaitant se libérer des limites, ne fait que s’en créer d’autres.
Sinon, en comparant l’égalité des sexes dans nos deux pays : une Ukrainienne gagne 70% du salaire d’un Ukrainien, une Française – 80%. Le plafond de verre existe bien dans les deux pays. Il me semble que la proportion de femmes au foyer est plus importante en France.

3. Ces actions choquent ou amusent en Ukraine. Je pense que pour les jeunes femmes participant à ces actions le but est le même que pour les jeunes femmes françaises qui souhaitent participer à des télé-crochets. Dans les deux cas on se souvient souvent de leurs seins, mais moins du visage et encore moins de la cause.
Les actions de Femen sont inefficaces dans les sphères de leur « lutte », mais très efficaces dans la sphère de communication. Ma conclusion – le but de Femen est la communication et non la défense des causes déclarées.



Lessya.jpgLessya, cadre dans le tourisme

1. À mon avis, la poétesse et écrivaine Lina Kostenko a beaucoup marqué les 20 dernières années de la littérature ukrainienne et  sa culture en général. Les critiques littéraires ont depuis longtemps identifié l’idée prépondérante de son travail - l'originalité sans compromis. Elle est fidèle à ses convictions et à ses principes éthiques. La vie littéraire de Lina Kostenko a été très difficile. Elle a toujours écrit de manière aiguë et critique. Sa forte personnalité n'a jamais fait de compromis avec les autorités et c’est pour cela qu’elle est restée 16 ans dans un "silence" forcé. Elle a refusé plusieurs prix proposés par différents gouvernements ukrainiens en disant qu’elle « ne porte pas de bijouterie politique ».
Lina Kostenko a toujours eu beaucoup de succès auprès des lecteurs mais une partie de ses recueils de poèmes ont été inaccessibles à cause de la censure. J’aime la valeur de ses principes moraux.
Après la catastrophe de Tchernobyl, Mme Kostenko s’est mobilisée pour sauvegarder les monuments historiques de la région de Polissia. Elle a également répertorié et enregistré des trésors inestimables du patrimoine ukrainien. Elle cherche maintenant des ressources pour faire un musée.
Actuellement, hélas, elle vit dans la solitude et sort peu. Elle fêtera le 19 mars, ses 82 ans.

2.Les rapports homme/femme en Ukraine et en France sont, à mon avis, complètement différents. Il m’a été très difficile par exemple, d’accepter il y a 11 ans à mon arrivée en France, de gérer mon budget. C’était impensable en Ukraine. J’ai beaucoup réfléchi à cette question et je trouve que cela nous procure une certaine indépendance. Par ailleurs, je pense que les salaires des hommes en Ukraine sont beaucoup plus importants que ceux des femmes mais personne n’évoque l’idée de remédier à cette inégalité. En Ukraine, c’est l’homme qui doit payer pour toutes les dépenses du foyer et le salaire de la femme (si elle travaille) est pour elle. C’était normal pour moi quand j’ai quitté l’Ukraine, mais impensable et inacceptable aujourd’hui.
 En fait, cela dépend beaucoup des familles, mais en général, les hommes ne s’occupent pas beaucoup des enfants, ne participent pas aux tâches ménagères et ne font pas les courses. La nouvelle génération fait évoluer ce mode de fonctionnement qui reste encore d’actualité dans la génération de nos parents.

3. Je sais que Femen est assez mal perçu en Ukraine, y compris parmi mes proches, mais je crois que ce sont des filles très courageuses qui n’ont pas peur de revendiquer la place de la femme dans la société ukrainienne (assez machiste, il faut le dire). Plusieurs ukrainiennes partagent leurs revendications mais elles ne sont pas très nombreuses à se joindre à Femen. Il est bien regrettable que les filles de Femen soient perçues de manière sceptique en Ukraine. Elles attirent l’attention des medias (même étrangers) et revendiquent des libertés très importantes – elles étaient parmi les rares à s’opposer à l'idée d'une interdiction totale de l’avortement en Ukraine. J’admire l’efficacité et le radicalisme de Femen et je partage pleinement leur slogan « Mon corps – Mon affaire ».

 



alla.jpgAlla, journaliste

Pour moi, et c'est sûrement subjectif, la grande figure féminine ukrainienne est Lina Kostenko, qui est toujours restée simple, sans se préoccuper d’entrer dans le jeu de la représentation. Sur le plan politique et international, l’Ukrainienne la plus connue est sûrement Timochenko. 

 2. Les rapports entre les hommes et les femmes restent en grand partie assez traditionnels, surtout en province où les tâches sont souvent réparties. Les moeurs s'occidentalisent chez les jeunes et dans les grandes villes.

 3. Je crois que ces filles ont peut-être certains problèmes à régler avec les hommes, ou avec leur père en particulier. Comme elles veulent souligner avant tout qu'elles existent, c'est une recherche de notoriété, qui n'est pas encore suivie et que l’on ne peut pas qualifier d'action politique. Plusieurs slogans paraissent immatures. Comme, par exemple, "You + Ya = H...a", le jour du verdict de Timochenko, ce qui devrait signifier que Yanoukovich et Timochenko, c'est la même (mauvaise) chose. Un peu simpliste, je dirais. Mais je sais que les hommes sont plus compréhensifs avec elles. Et après tout, les filles sont si jeunes, elles peuvent, si elles le souhaitent, progresser encore.



ania pAnna, analyste bancaire

1. C’est sans doute Ioulia Timochenko. On peut partager ou pas ses propos mais, en tout cas, c’est une femme qui a marqué les esprits et dont on se souviendra dans les 20 ans à venir.

2. L’Ukraine reste quand même beaucoup plus traditionnelle, voire machiste. Mais on peut nuancer cette opinion. C’est cette période de Guerre qui a mis les femmes à contribution pour des travaux traditionnellement réservés aux hommes. Cela dit, pendant mon enfance, j’ai vu des femmes libres, prendre des décisions et faire preuve d’autorité, tant dans leur vie familiale que dans leur vie professionnelle. Néanmoins, il faut reconnaître que les tâches ménagères relèvent du domaine des femmes et que peu d’entre elles figurent dans la liste des dirigeants de l’Ukraine.
Je crois que les Ukrainiennes n’osent pas revendiquer leurs droits et préfèrent soumettre leurs décisions aux hommes, en jouant le rôle de sexe faible et en leur laissant croire à leur supériorité.

3. C’est juste ridicule. Je ne crois pas que l’on puisse les prendre au sérieux, au contraire, elles discréditent les idées féministes.


Oksana.jpgOksana, entrepreneur

 

1. Bien sûr, on pense à Ioulia Timochenko… Pour ma part, aucune grande figure féminine ukrainienne ne s’est vraiment imposée.

2. Vue de l’extérieur, on peut penser que la conception patriarcale traditionnelle est encore très dominante en Ukraine. Cependant, dans les faits, il y a beaucoup plus de femmes qui détiennent des postes de leader dans les structures économique ou politique et leur réussite ne suscite pas de commentaires machistes. Femmes au foyer ou actives, la femme en Ukraine ressent moins de pression sociale que la femme française dans ses choix  professionnels ou familiaux.

3. Même si j’approuve leur engagement en faveur des femmes et de la démocratie, je pense que leur choix d’action provocatrice ne fait que renforcer, à l’étranger en tout cas, les clichés répandus sur les femmes ukrainiennes.

 

 

Ania.jpgAnna, cadre dans le domaine de la culture

1.  La société ukrainienne étant à forte dominante masculine, peu de femmes se démarquent de la pléthore d'hommes qui la régit. Les figures féminines médiatisées ne sont pas les plus charismatiques. Par ailleurs, il est difficile de citer ne serait-ce qu'une femme active de façon constante tout au long des 20 dernières années.
Ceci dit, si je devais citer un nom, ce serait Ioulia Timochenko, bien que je n'aime pas le personnage, beaucoup trop fourbe à mes yeux.

2. Pas facile de répondre en quelques phrases. Les rapports hommes/femmes ukrainiens sont globalement assez traditionalistes. Souvent l'égalité homme-femme prend la dimension "il paye tout, elle est belle" et c'est regrettable. Dans ces conditions, le partage des tâches domestiques, par exemple, est très inégal au sein d'un couple ukrainien. Les Françaises se concentrent davantage sur elles-mêmes et leur carrière, les Ukrainiennes sur la famille. Pour comparer, dans les années 2000, l'âge moyen des femmes à la naissance du premier enfant est de 23 ans en Ukraine et de 29 en France. Ces chiffres sont assez parlants...
En revanche, la galanterie est de mise chez la plupart des hommes slaves. Ils cèdent plus facilement leur place dans le métro, aident à porter les charges lourdes, ouvrent la porte pour laisser passer une dame. En gros, toutes ces choses qui font bondir les féministes françaises.

3. Étant de nature pudique, je suis troublée par la nudité exhibée par ce groupe de protestation. Toutefois, je suis consciente que leur manière d'agir est un moyen d'attirer l'attention et de dénoncer le mal-être actuel de l'Ukraine. Ce genre de communication corporelle gêne, bouscule, dérange, et cela assure la médiatisation des actions de FEMEN à l'échelle à la fois nationale et internationale. Dans tous les cas, je partage entièrement le fond de leurs revendications.



Ira.jpg 

 

Iryna, critique littéraire

1. Il y en beaucoup: de Ioulia Timochenko à Olga Kurilenko. A mon avis, Solomia PAVLYTCHKO est la femme la plus importante de cette dernière décennie en Ukraine. C'est une femme qui a conçu une nouvelle  approche de la littérature dans l’Ukraine contemporaine. C'est elle qui a introduit de nouvelles méthodes d'analyse et qui s’est investie pour aider les scientifiques à oublier l'héritage idéologique encore présent dans les sciences actuellement. Ainsi, dans les années 90, Solomia PAVLYTCHKO par ses démarches, a permis pour la première fois une approche féministe de l’analyse du texte littéraire ukrainien (à l’époque de l'URSS cette approche était considérée comme "fausse" et "nuisible"). Actuellement, l’évolution de cette science des lettres en Ukraine s’inspire des théories de Solomia PAVLYTCHKO.

2. Les conceptions sont différentes - et cela me semble bien normal. La différence de vues ne dépend pas du pays. Est-ce que les Françaises et les Ukrainiennes sont vraiment si différentes? Je ne le pense pas.
Par contre, on ne peut pas nier qu’au vu du niveau de vie assez bas, certaines femmes s’investissent dans leur beauté et vont à la recherche d’une vie meilleure à l'étranger ou dans les bras d’un homme plus riche qu'elle. Cela dit, comme dans le roman "Madame Ex" d’Hervé Bazin, certaines se laissent aller après le mariage et d’autres souffrent de violences de peur de quitter leur famille.
Mais il ne faut pas oublier que des stéréotypes sur les "filles / femmes de l'Est" véhiculent de fausses images. On oublie trop souvent que les femmes en Ukraine (comme dans toute l’ex- URSS) ont eu accès au marché du travail, au droit de vote, au divorce et à l'avortement dans les années 1920.
Les rapports homme/femme dépendent de plusieurs facteurs. En Ukraine actuellement, on observe l'influence des stéréotypes d'après guerre. A l'époque où la plupart des jeunes hommes ont été tués à la guerre, les femmes sont restées seules. Pour une femme de cette époque, avoir un homme valorisait l’image de soi.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. L'urbanisation, l’autonomie, la pilule, l'avortement, l'accès à l'éducation et au marché du travail, le droit au congé de maternité de 3 ans… tout cela contribue à identifier la femme ukrainienne à toute autre femme occidentale.

3. Les filles de "Femen" représentent un mouvement très contradictoire. D'une part, elles manifestent la puissance du corps féminin qui n'appartient qu'à la femme. D’autre part, elles utilisent ce même arsenal qui est le stéréotype parfait de la "fille de l'Est" : elles sont belles, jeunes, sveltes et nues... En tout cas je pense que le mouvement provocateur, comme "Femen" est très utile car il attire l'attention sur la pensée féministe en Ukraine.

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 09:19

Toute équipe de Perspectives Ukrainiennes vous souhaite une heureuse et prospère année 2012!

Bonneannee2012-.jpg

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 10:56

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/42/Stamp_Svyatyi_Mykolay_2002.jpgChaque année, les enfants attendent avec impatience Svyatiy Mykolay : il est leur bienfaiteur et apporte toujours de beaux cadeaux. Comme le veut la tradition, les enfants écrivent la lettre à Svyatiy Mykolay en faisant la liste des bonnes choses qu’ils ont faites pendant l’année, puis ils demandent pardon pour leurs bêtises et sollicitent un cadeau.

 

Selon la légende, la nuit du 18 au 19 décembre Svyatiy Mykolay descend du ciel d’où il voit tout ce que font les enfants. Il a un traîneau doré avec des chevaux blancs. Il arrive dans les maisons par la porte et non pas par la cheminée, comme le père Noël. Invisible, il met les cadeaux sous l’oreiller des enfants, à l’exception de ceux trop volumineux qu’il laisse près du lit. Il est souvent accompagné d’anges et de petits diables. Chacun d’entre eux argumente pour donner ou non le cadeau. Les petits diables tentent de voler le sac de cadeaux. Toutefois, ils n’y parviennent pas car Svyatiy Mykolay sait tout et les anges veillent.

 

Traditionnellement, les cadeaux préparés par les parents étaient des « Mykolajtchyky », des biscuits au miel aux formes multiples. Tous les enfants qui avaient été gentils durant l’année recevaient des biscuits ; les enfants pas sages étaient d’abord menacés, mais ils recevaient tout de même des biscuits pour qu’ils soient plus gentils l’année suivante.

illustrations-0955.jpg

Autrefois, la veille de la fête, les anciens du village se réunissaient pour brasser la bière de blé. Le grand festin qui suivait se terminait par des courses en traîneaux et avec des chants. Le Saint était célébré partout en Ukraine, mais certaines régions avaient leurs particularités. Dans la région de Kharkiv, les festivités duraient 3 jours. On y préparait la Koutia (un plat rituel à la base de blé, de pavot et de miel) et l’Ouzvar (une boisson sucrée à base de fruits secs) pour assurer une bonne récolte des céréales et des fruits l’année suivante. Dans la région de Podillia, on attendait « polaznyk » - c’est ainsi qu’on désignait la personne qui était la première à franchir le seuil de la maison ce jour là. Si c’était un homme qui franchissait le premier la porte de la maison, cela préfigurait la richesse et du bonheur toute l'année. Mais auparavant, le maître de la maison devait traverser la cour pour nourrir ses bovins en les saluant par la formule : "Que Dieu accorde à mes bovins une bonne journée et une bonne santé, ainsi qu’à moi et à ma femme!". Dans la région de Kiev, le maître de la maison qui revenait de l’église prenait un bol d'eau bénite, du pain et du sel, de la kwacha (une boisson fermentée), et allait bénir sa propriété et son bétail, en disant: « Svyatiy Mykolay, pardonne-nous et protège-nous de tout mal ! ».

 

Lesya Darricau-Dmytrenko

illustrations:

- timbre ukrainien Svyatiy Mykolay

- composition en pate à modeler d'Oksana Sklyarenko  www.coking.at.ua

 

 

 

Recette de « Mykolajchyky »
(Biscuit au miel)

http://s004.radikal.ru/i207/1101/9f/1e657d419269.jpg


Ingrédients

4 tasses de farine
1 cc de cannelle moulue
1/2 cc de clous de girofle moulus
1/2 cc de gingembre moulu
1/2 cc de noix de muscade moulue
1 tasse de sucre en poudre
2 cc de levure
2 oeufs
1 tasse de miel
2 cc de zeste d'orange
1 oeuf battu avec un peu d'eau pour le glaçage
20 amandes émondées (sans peau)
Cristaux de sucre

 

Préparation

Mélanger la farine, les épices, le sucre en poudre et la levure. Ajouter les œufs, le miel et le zeste d'orange pour faire une pâte ferme. Sur un plan de travail fariné, étaler la pâte d’1/2 cm d'épaisseur environ. Découper différentes formes (poisson, cheval, lion etc.), déposer sur une plaque antiadhésive de cuisson, et la brosser avec le glaçage. Placer une demi amande au milieu de chaque biscuit, saupoudrer de cristaux de sucre, et cuire au four préchauffé à 180 degrés environ 15 minutes. Refroidir sur une grille. Conserver dans des boîtes hermétiques.
 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 21:48

DSC01332.JPGPour les chrétiens orthodoxes, la fête de Pâques est une célébration majeure de l’année. Les croyants font la veillée nocturne à l’église. Les non-pratiquants vont bénir leurs Paskas (pain traditionnel de Pâques) dès potron-minet. – Force de tradition qui n’a pas pu être éradiquée même par 70 ans d’athéisme d’Etat. Pourtant il a été fatal à de nombreux trésors de la culture ukrainienne.

Perspectives Ukrainiennes propose à nos lecteurs une recette de Paska, de la part de notre ami, Igor Stassiouk, chef-cuisinier ukrainien établi à Londres.

 

 Scan001.jpg

Recette du Gâteau de Pâques (Paska) avec les raisins secs

Ingrédients


4 verres de farine supérieure de blé
2 verres de lait
1 verre de sucre en poudre
100g de levure fraiche ou 10g de levure de boulanger déshydratée
10 jaunes d'œuf
200g de beurre doux (ou de margarine)
1 verre de raisins secs
zeste d’un citron (facultatif)

sel


Préparation


D’abord dissoudre la levure dans 0,5 tasse de lait tiède avec 1 cuillère à soupe du sucre et 2 cuillères à soupe de farine.

Battez les jaunes d’œuf avec le sucre, ajoutez du lait tiède, du sel, de la farine, des raisins, le zeste de citron. Pétrissez bien.

 

Lorsque la pâte est levée, ajoutez du beurre fondu, pétrissez bien à nouveau et laissez reposer dans un endroit chaud.

 

Huilez un moule et mettez de la chapelure au fond. La pâte doit être légère. Remplissez le moule au 1/3 avec la pâte. Laissez reposer. Badigeonnez le dessus de Paska avec 1 jaune d'œuf battu.

 

Faites cuire au four à 180° pendant 1 heure. Laissez la Paska refroidir avant de démouler. Mettez le glaçage.   

Glaçage


Battez 1 verre du sucre en poudre et le jus d’un citron pendant 15-20 min jusqu'à ce que le mélange adhère au récipient. Selon votre goût vous pouvez ajouter du rhum ou de la liqueur d’abricot.

 

Traduit de l’ukrainien par Olena Yashchuk

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