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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 16:27

Logo-Odaess-Consulting-small.jpgAujourd’hui 27 juin marquera l’histoire ukrainienne…

Tout d’abord, c’est aujourd’hui que le cessez-le-feu unilatéral mis en œuvre par le nouveau président ukrainien Piotr Porochenko prend fin. Le terme de ce cessez-le-feu aux allures d’ultimatum laisse le champ ouvert à toutes les possibilités : prolongation et discussions, recours à la force à grande échelle, intervention militaire de la Russie… Si on ne peut qu’espérer une issue pacifique à ce conflit qui a déjà fait de nombreux morts, aujourd’hui aucune option ne peut être écartée.

Aujourd’hui 27 juin, l’Ukraine s’engage dans un avenir européen en signant avec l’Europe le volet économique de l’Accord d’association. Cette signature marque le début d’une nouvelle ère de gouvernance et la réorientation des relations internationales de l’Ukraine.

Si l’incertitude est de mise quant à l’évolution du conflit dans l’Est, il n’y a pas de doute à avoir sur la guerre économique que livre et va continuer de livrer la Russie. La Russie a mis ses menaces à exécution et a coupé les livraisons de gaz à l’Ukraine depuis déjà une dizaine de jours et demain ce sont des pans entiers de l’économie ukrainienne qui risquent de se voir priver de la manne russe.

La signature de l’Accord d’association sera sanctionnée par la Russie par la création de barrières douanières, fiscales et techniques. Les recours que l’Ukraine déposera à l’OMC prendront du temps à être traités et déjà les exportations de biens industriels vers la Russie se sont effondrées au cours des six derniers mois.

Les bonnes relations entre « peuples frères » sont bel et bien consommées et l’Ukraine n’a plus à espérer de salut que de l’Europe et de son riche marché. Mais pour accéder à ce marché l’Ukraine n’a d’autre choix que de changer radicalement de système. L’état des relations avec la Russie ne permet pas de transition douce et l’Ukraine n’est pas encore prête à exporter massivement vers l’UE. Elle va devoir passer d’une forme de « libéralisme russe » où les relations, les accointances et l’argent rapidement empoché tiennent lieu de principes impondérables, à une forme de capitalisme européen, où la libre concurrence est la première des vertus.

Le gouvernement a une feuille de route et pourra profiter d’une aide technique et financière des Etats occidentaux pour moderniser son appareil d’État et libéraliser à bon escient le marché, mais les entreprises et les entrepreneurs privés vont se retrouver face à un système qui leur est tout simplement inconnu.

Bien sûr l’orientation européenne prise par l’Ukraine aura des retombées formidables pour ce pays, mais avant de récolter les fruits de cette modernisation à marche forcée, tous ceux qui n’auront pas voulu, su ou pu s’adapter à ces nouvelles règles disparaitront à plus ou moins brève échéance. C’est l’un des principes de base de la libre concurrence : seuls les meilleurs resteront, les autres sont condamnés à disparaître.

Les mentalités post-soviétiques, les outils de production désuets, les produits imposés aux clients devront être remplacés par la notion de service, le marketing, l’efficience industrielle, le contrôle qualité, etc.

Au delà de l’indispensable modernisation de l’état, de l’amélioration du climat des affaires, de la lutte contre la corruption pour lesquelles le gouvernement s’est engagé, les entreprises vont devoir elles aussi se réformer pour améliorer leur compétitivité. Plusieurs catalyseurs pourraient les y aider.

La libéralisation du système des visas pour l’Europe va permettre aux ukrainiens de découvrir ce vers quoi ils veulent aller. C’est en connaissant l’objectif que l’on atteint sa cible. Aujourd’hui déjà les ukrainiens qui ont voyagé en Europe sont moteurs et à l’origine de beaucoup de réalisations fructueuses.

Par ailleurs, le risque de défaut de l’État ukrainien écarté grâce aux aides accordées par les institutions financières internationales et les États devrait permettre petit à petit d’abaisser le taux directeur de la Banque centrale d’Ukraine et de favoriser l’accès aux crédits nécessaires à la modernisation des outils de production.

Enfin, les investisseurs étrangers, lorsque le pays finira d’être pacifié auront tôt fait de comprendre l’intérêt qu’ils ont à investir dans un pays aux nombreuses et fortes potentialités qu’elles soient agricoles ou industrielles. Ces investisseurs apporteront avec eux, équipements, méthodes et savoir-faire.

L’Ukraine est donc promise à un avenir churchillien* : elle est à l’aune d’une formidable réussite, ses potentialités vont enfin être mises en valeur mais ceux qui resteront au bord de la route seront nombreux...

Par Emmanuel de Bettignies


Pour lire davantage, rendez-vous sur la page de la revue de presse mensuelle d'ODAESS

 

 

* Winston Churchill lors de son discours à la Chambre des communes le 13 mai 1940 avait prononcé la phrase devenue célèbre :
I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat.(Je n’ai rien d’autre à vous offrir que du sang, de la peine et des larmes) ajoutant, You ask, what is our aim? I can answer in one word: It is victory, victory at all costs, victory in spite of all terror, victory, however long and hard the road may be; for without victory, there is no survival. (Vous vous demandez : quel est notre but ? Je réponds par un seul mot : la victoire, la victoire à n’importe quel prix, la victoire en dépit de toutes les terreurs, la victoire quelque longue et difficile que soit la route pour y parvenir, car sans victoire, il n’y a pas de survie).

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 23:21

conférence Ukraine 10 avril2014 boris najman-copie-1

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 23:54

logo bridgitteLE SUJET...
Crise en Ukraine, comment entreprendre en Ukraine aujourd’hui et demain?


 Les sujets suivants seront abordés par des spécialistes des questions ukrainiennes
❖    Origine et analyse ;
❖    Quelles perspectives politiques et géopolitiques pour l'Ukraine ?
❖    (R)Evolution en Ukraine : risques et opportunités pour les sociétés françaises.

 

 

 

…LES INTERVENANTS



http://a402.idata.over-blog.com/190x236/2/03/17/22/illustrations/Philippe-de-Suremain.jpgPhilippe de Suremain
Ministre plénipotentiaire hors classe – Ambassadeur de France en Ukraine de 2002 à 2005.


Philippe de Suremain a commencé sa carrière dans les années 60 à l’administration centrale de L’Europe. Il occupe ensuite plusieurs postes diplomatiques dans les pays du bloc soviétique (Moscou-Budapest-Vilnius) avant et après la chute de l’URSS et au Moyen Orient (Téhéran, Tel-Aviv). Il occupera son dernier poste d’ambassadeur à Kiev de 2002 à 2005 et sera par conséquent aux premières loges de la Révolution Orange de 2004.

Philippe de Suremain est encore très actif et publie régulièrement des articles sur l’Ukraine dans différentes revues géopolitiques.




large_alexandra-goujon.jpgAlexandra Goujon
Maître de conférence en science politique

Diplômé d’un doctorat en science politique sur le thème ‘Nationalisme et démocratie à la fin de l’URSS. Les fronts populaires d’Ukraine et de Biélorussie’, Alexandra Goujon est maître de conférence à l’université de Bourgogne. Elle délivre des cours sur l’Europe et ses institutions, les relations internationales, la transition politique dans les Etats post-soviétiques et le nationalisme dans l’ex-URSS.
Alexandra Goujon a contribué à de nombreuses publications sur l’Ukraine et la Biélorussie, est régulièrement invitée à des colloques internationaux. Elle a déjà publié plusieurs ouvrages sous son nom notamment : Révolutions politiques et identitaires en Ukraine et en Biélorussie (1988-2008), Belin, 2009.




emmanuelbis1-271x300.jpgEmmanuel de Bettignies
Gérant Odaess-Consulting

Double diplômé de l’Institut Catholique des Arts et Métiers et d’un Master 2 en Management International, Emmanuel de Bettignies a travaillé 6 ans en Russie de l’Oural à Moscou, du BTP à l’agroalimentaire avant de s’installer en Ukraine, à Odessa où il a monté sa société Odaess-Consulting.

Odaess-Consulting, société de conseil, de représentation et d’intermédiation en Ukraine accompagne depuis plus de 3 ans des sociétés françaises sur le marché ukrainien. Dans le cadre de son travail de veille de marché, Odaess-Consulting publie mensuellement une revue de la presse ukrainienne, sélectionnée et traduite en française et anglais. Ces publications sont reprises par plusieurs revues spécialisées en géopolitique et commerce international.

 

Communiqué de presse

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 22:37

cocktail-PhP-1.jpgInterview avec Philipe Pegorier, directeur d’Alstom pour la Russie, Ukraine, Biélorussie: "L’Ukraine est un pays important pour Alstom. Le groupe y est présent à hauteur de 25% dans LouhanskTeplovoz par le biais de son partenaire Russe TMH. En Ukraine, Alstom a également participé à la modernisation de la centrale hydroélectrique de Dniepr à Zaporijjya."

Parlez-nous de votre travail ?
Je suis basé à Moscou et il m’arrive de venir régulièrement en Ukraine. Je connais bien le pays pour y avoir été expatrié à deux reprises : j’y ai vécu durant 6 ou 7 ans au moment de l’indépendance (j’ai alors travaillé au consulat général de la France) et entre 2007 et 2010 en travaillant pour le ministère de l’Economie et des Finances français.

Je suis actuellement à la tête d’une filiale d’Alstom pour la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie. Elle représente les quatre métiers du groupe : transport, thermal power (turbines pour les centrales électriques), énergies renouvelables (turbines pour le solaire, éolien et surtout pour l’Ukraine l’hydroélectrique) et réseaux électriques (Grid).

L’Ukraine est un pays important pour Alstom. Le groupe y est présent à hauteur de 25% dans LouhanskTeplovoz par le biais de son partenaire Russe TMH. En Ukraine, Alstom a également participé à la modernisation de la centrale hydroélectrique de Dniepr à Zaporijjya. Par ailleurs, Alstom fournit des filtres à particules pour réduire la pollution des centrales et des usines industrielles ukrainiennes. Energoatom (ndr : société publique gérant les stations nucléaires) est un client important pour le groupe dans le secteur de la maintenance et de la modernisation des turbines des centrales nucléaires ukrainiennes. Si la santé économique du pays a été meilleure, le groupe pourrait y travailler de manière encore plus dense.

Dans le domaine du transport, Alstom a de très bonnes relations avec LAZ (usine automobile de Lviv), puisque nos deux entreprises ont un projet commun de fabriquer un tramway à Lviv. Néanmoins, cet important projet est retardé par le manque de solvabilité des grandes villes ukrainiennes (Lviv, Donetsk, Zaporijjya, Dnipropetrovsk etc) qui devraient devenir les premiers acheteurs du tramway.

 
Est-ce que Alstom collabore avec d’autres sociétés françaises en Ukraine ?
Oui, bien sûr. En Ukraine, EDF est notre partenaire privilégié. Avec ce groupe nous travaillons sur les projets de thermal power.

Jusqu’ici nous n’avons pas encore travaillé avec des bureaux d’études français en Ukraine, mais on le fait déjà en Russie. C’est probablement dû au niveau des projets ukrainiens, qui ne sont pas encore assez matures pour concerner les bureaux d’études français.

 
Avez-vous des partenaires locaux en Ukraine ?
Nous avons beaucoup de partenaires locaux. D’une part ce sont des susmentionnés LAZ, LouhanskTeplovoz et Energoatom. D’autre part, l’Ukraine sert également de base pour nos achats pour nos projets russes. Ainsi, la cabine de conduite pour la locomotive EP-20 est fabriquée à Zaporijjya. Alstom-Atomenergomash, notre joint-venture avec Rosatom (ndr : agence nucléaire publique russe) prévoit une localisation importante de composants pour les turbines à vapeur pour des centrales nucléaires en Ukraine.

 
Peut-on donc dire qu’Alstom est gagnant dans les deux cas – dans le cas de signature de l’accord d’Association avec l’Europe et dans le cas du rapprochement économique avec la Russie ?
Oui, on peut le dire ainsi. Puisque les partenariats entre les industriels russes et ukrainiens sont forts et se renforceraient dans ce deuxième cas. Alstom en profitera grâce à ses partenariats russes.

Quelles conséquences ont les évènements actuels en Ukraine sur le travail d’Alstom ?
Nous avons appliqué des mesures de sécurité qui consistent à déconseiller à nos salariés la fréquentation des quartiers du centre de Kyiv –c’est-à-dire que nous conseillons vivement d’éviter Khrechatyk et le quartier gouvernemental. Mais notre bureau étant situé dans le quartier de Podil, nous n’avons pas de difficultés et nous ne sommes pas impactés dans notre travail quotidien.

Nous n’avons rien suspendu à cause des mouvements contestataires en Ukraine. La situation du pays reste donc grave, la crise politique coïncide avec la crise économique. Ce n’est jamais bon pour les affaires. Le business a besoin de stabilité.
Image4.png
 
Vous avez pu observer l’Ukraine durant ces 20 ans d’indépendance, comment le pays a-t-il changé ?
L’évolution de la société est un processus naturel. Aujourd’hui, les gens parlent plus l’ukrainien ; il faut dire qu’il y avait un grand flux migratoire des régions ouest vers la capitale. Notons la fermeture de nombreuses usines en Ukraine, sauf celles qui font partie du tissu militaro-industriel russe et c’est un sujet sensible.

En Ukraine, notamment en Crimée, commencent à apparaitre des projets d’énergies renouvelables. Alstom travaille-t-elle sur ces projets ?
Nous sommes bien sûr très intéressés par ces projets. Malheureusement, l’obligation de production locale qui est très ambitieuse ne nous permet pas encore de nous positionner sur ces projets. On continue à produire en Europe, ainsi nos turbines à vent sont fabriquées en Espagne.

 
Sentez-vous la concurrence chinoise ?
Les chinois commencent à arriver. Leurs produits sont les moins chers et ils ont des conditions de financement très compétitives. En même temps, les producteurs européens restent mieux performants en termes de technologies.

 
Quel est votre politique de recrutement en Ukraine ?
En Ukraine nous avons une équipe composée d’expatriés et d’une douzaine d’Ukrainiens. En Russie nous avons également quelques ukrainiens dans nos équipes. Ce sont des professionnels avec une très bonne formation d’ingénieurs et une bonne technicité, parlant russe et anglais.

Dans les équipes peu de gens parlent français. Le français reste en option, puisque dans 95% des postes, l’anglais est obligatoire. En effet, l’anglais est une langue d’entreprise et toute notre documentation est en anglais. Ce qu’on exige de nos employés locaux c’est surtout avoir une bonne formation locale, connaitre des systèmes et des normes locaux, des GOST (ndr : normes techniques) etc et bien sûr la connaissance d’anglais.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 09:34
CEFU.jpgCercle Économique France-Ukraine organise une rencontre-débat "Les droits des investisseurs et la situation économique en Ukraine dans le contexte de l'EuroMaïdan" le jeudi 23 janvier 2014 à 18h00 à l'Amphithéâtre de l'EMS à Strasbourg (61, avenue de la Forêt Noire, 67000 Strasbourg, voir plan d'accès).

Oleksiy GONCHARUKavocat ukrainien (CEO, Constructive Lawyers), président de l’ONG «Défense des Droits des Investisseurs Victimes de Fraudes», interviendra sur les sujets d'actualités, comme :  
  • la protection des droits des investisseurs en Ukraine ;
  • les impacts de la non-signature de l'Accord d'association et de la zone de libre-échange approfondie et complète UE - Ukraine le 30 novembre 2013 à Vilnius ;
  • les accords entre l'Ukraine et la Fédération de Russie conclus le 17 décembre 2013 à Moscou ;
  • la situation économique actuelle et l'EuroMaïdan.

M. GONCHARUK est également professeur de droit de l’investissement en Ukraine et co-fondateur du courant politique "La force du peuple". 

Une traduction simultanée vers le français sera assurée. 

L'entrée est libre, l'inscription est souhaitée avant le mercredi 22/01 (soir), en contactant Ivanna Pinyak, Présidente de l'Association CEFU Cercle Économique France-Ukraine par mél ivanna.pinyak at gmail.com.
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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 21:57

photo-J-Roche.jpgRencontre avec Jean Roche,  directeur de Beten international, société française d’ingénierie et de consulting spécialisée dans les pays de la CEI et principalement en Ukraine, depuis plus de 20 ans.

Beten offre une vaste gamme de services d’ingénierie aux développeurs, investisseurs et clients institutionnels. Sa vocation demeure principalement le montage de projets industriels, dans les bâtiments, les infrastructures, l’énergie et l’agriculture…
Pour plus d’informations

- Comment est née votre entreprise ? Pourquoi ce nom ?

Après mes études d’ingénieur en construction et génie climatique et énergétique,  j’ai travaillé dans les années 1970, dans des bureaux d’études et réalisation des projets dans le bâtiment et l’industrie.  Au bout de dix ans, j’ai créé ma propre société, Beten, ce qui veut dire initialement Bureau d’études (BE) Techniques et Nucléaires et maintenant c’est devenu Bureau d’Etudes en Technologies Nouvelles. Nous mettons dans ce terme également tout ce qui concerne les techniques d’environnement et de développement durable. 


- Quels sont vos premiers contacts avec l’Ukraine ?

Ma première visite de l’Ukraine remonte à 1967 ou, en tant qu’étudiant, j’ai visité l’Université Chevtchenko de Kyiv avec l’association France-URSS. Ce fut un voyage mémorable, à une période ou peu de choses concrètes et précises étaient connues de cette zone de l’ex URSS. Nous avons eu l’occasion de contacter de près la population étudiante de l’époque, de voir des usines grandioses (l’usine de tracteurs « Octobre Rouge » à Stalingrad, le barrage hydroélectrique sur la Volga, le stade de 100000 place de Leningrad, etc…), et de visiter Moscou et les musées du Kremlin ! Nous sommes revenus en jeunes héros pour présenter un reportage de tout cela à notre école d’ingénieurs de Strasbourg !


Ensuite, après mes études, j’ai eu le privilège, en tant que jeune ingénieur, de m’occuper dès  le début de ma carrière, de grands chantiers de construction comme : le parlement Européen à Strasbourg, une usine de pneumatiques en Allemagne, le forum des Halles à Paris, un quartier à la défense.


Puis je suis intervenu dans les secteurs industriels de pointe, et notamment j’ai travaillé sur le site nucléaire de « La Hague », ce qui m’a permis d’être parmi les premiers français à être au courant de la catastrophe de Tchernobyl (via les détecteurs de contamination qui ont rapidement repéré la pollution en provenance de l’est, puis par les images satellites).


En 1985, en pleine période de glasnost et de pérestroïka, j’étais à Moscou pour m’occuper de la construction d’usines dans le cadre du Plan et de la Reconstruction du Complexe Militaro-industriel de l’URSS. C’était le début de la période Gorbatchev, et nous avons directement négocié avec le Kremlin la construction de 20 usines de fabrication de circuits imprimés à travers de l’Union Soviétique. Cette évolution du complexe militaro-industriel avait pour objectif de fabriquer des objets de vie courante comme magnétoscopes, machines à laver, téléviseurs, etc….


J’ai été sollicité en tant qu’ingénieur français car en URSS, il y avait un manque de savoir-faire sur le circuit imprimé permettant de réaliser des appareils électro-ménagers modernes, et un besoin de maitriser la réalisation rapide d’usines complexes en « clef en main ». A l’époque on savait aller sur la lune, mais tout ce qui était la vie quotidienne était négligé. Par exemple, dans les immeubles soviétiques les marches dans les escaliers n’étaient jamais toutes de même hauteur, ce qui était particulièrement dangereux, et un total paradoxe pour nous, jeunes ingénieurs !

- Comment avez-vous travaillé en Ukraine de cette époque? Avez-vous vécu l’insécurité ?
En fin de cette période de perestroïka, je me suis retrouvé, au cours d’un voyage avec ma femme, en plein Putsch d’Aout 1991, et nous avons quasiment assisté en direct à la chute de l’Union soviétique. On a été présent, au pied des murs du Kremlin, lors du déboulonnage des statues de Sverdlov et Dzerjinski, les fondateurs du KGB !


C’était une période assez trouble ou nous avions deux usines en construction, une à Bakou en Azerbaïdjan, et l’autre à Alexandrie (région de Kirovograd) en Ukraine. Avec la guerre du haut Kharabat, les atterrissages à l’aéroport de Bakou se faisaient entre deux rangées de char, et pour se rendre jusqu’au chantier, il fallait franchir de nombreux barrages avec des miliciens qui nous mettaient sous le nez une kalachnikov bien armée !


Ensuite, pour pouvoir terminer ces usines, et à cause de la prise d’indépendance de l’Ukraine, j’ai dû déménager à Alexandrie en 1992 où je me suis installé dans la « Maison des Français ». J’ai pu terminer et mettre en route cette usine, mais ensuite la situation économique s’est dégradée, et j’ai vu l’inflation parfois grimper de 300% par jour. J’ai dû travailler comme les ukrainiens, en faisant du « troc » (« barter », comme on dit en Ukraine), car nous n’étions pas en mesure de donner le vrai prix : on me donnait un bateau de blé ou de tournesol, et en échange je fournissais des matériel agricoles comme des moissonneuse batteuse, des tracteurs, des semoirs, etc.  


Par la suite, nous sommes intéressés à beaucoup d’autres projets dans des domaines très divers comme par exemple dans le secteur minier (extraction et purification du Kaolin), ou la rénovation d’usines pharmaceutiques comme BHFZ, DARNITSA, KIEVMEDPREPARAT, ZDOROVIE, etc…
voeux-Beten.jpg
- Quels projets menez- vous actuellement ?
Nous avons toujours plusieurs projets en cours dans différents secteurs, ceci afin de répartir notre risque, et de tenir compte de l’instabilité économique de l’Ukraine.


Nous travaillons depuis de nombreuses années dans la production et la transformation des plantes aromatiques, et exportons les huiles essentielles produites en France et dans le reste du monde.


Dans le secteur de l’immobilier notre dernier projet et un complexe commercial multifonctionnel de 7000 m2 basé à Berditchev. Nous l’avons appelé Galerie Honoré de Balzac en souvenir de cet illustre écrivain qui s’est marié il y a maintenant plus de 200 ans à Berditchev, avec la comtesse Evelyne HANSKA.


En souvenir de cette histoire mémorable, j’ai créé l’Association Franco-ukrainienne Balzac-Hanska dont le but est de perpétuer, célébrer et promouvoir la mémoire des amours d'Honoré de Balzac et de la comtesse Hanska dans un souci d'amitié franco-ukrainienne. On peut nous rencontrer sur notre page Facebook , mais aussi sur notre site officiel, sur lequel on peut découvrir actuellement un très intéressante description à épisode, des incroyables voyages que faisait Balzac à l’époque, au travers de l’Europe, et notamment vers Berditchev et Verhrivna, pour rencontrer son amoureuse !


Vous pouvez aussi consulter, en sus de nos divers sites internet professionnels, celui particulièrement dédié à la Galerie Balzac. Nous cherchons actuellement, pour finir de remplir ce bâtiment, des clients qui pourraient être intéressés à nous louer tout ou partie des deux derniers étages de ce magnifique bâtiment, afin d’y installer des bureaux en « backoffice » ou un hotel etc….

Enfin il faut aussi signaler que ces quatre dernières année nous nous sommes beaucoup intéressés au secteur des énergies renouvelables, telles que l’éolien, le solaire et la biomasse.


Nous avons ainsi pu développer une dizaines de projets de taille et d’implantation diverses, dont le plus avancé, dans le domaine de la biomasse, est en cours de réalisation. D’un puissance d’environ 5MW, il permettra d’assurer l’énergie écessaire au process industriel d’une importante usine Agroalimentaire, en économisant le gaz dont l’Ukraine manque assez cruellement.

- Comment collaborez-vous avec votre bureau ukrainien ?
Ces vingt dernières années nous avons employé beaucoup de jeunes ukrainiens qui ont évolué très rapidement et positivement en adoptant les méthodes occidentales. J’ai formé moi-même mes collaborateurs et les ai envoyé faire des stages en France. Je travaille avec eux à Kiev en tant que chef de notre représentation locale et actionnaire de l’entreprise Ukraine Développement que nous avons créée.

- Avez-vous noté une évolution récente dans le monde des affaires ukrainien ?
La meilleure croissance de l’Ukraine, et de dynamique des affaires, avait eu lieu à l’époque du Président Koutchma.
Avec l’arrivée de Youtchenko et Tymochenko, le monde des affaires s’était ouvert, et rapproché des investisseurs Européens.


Aujourd’hui, depuis la crise de 2009, et la venue du gouvernement de Yanoukovitch, les choses semblent de plus en plus difficiles. L’espoir suscité par la signature à Vilnius de l’Accord d’Association avec l’Europe vient de tomber. Nous formons donc les vœux pour l’Ukraine que l’accord qui vient d’être récemment signé avec les Russes permettra, en 2014, de relancer la dynamique de croissance du Pays, afin d’éviter à l’Ukraine un retour en arrière, voir une nouvelle crise économique. Ceci impliquera cependant que nombre d’entreprises à capitaux étrangers doivent réadapter leur stratégie en fonction de la nouvelle donne politique.

Propos recueillis par Maryana Dymyd

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:03

billets-de-banque-Ukrainiens.jpgL’économie ukrainienne, caractérisée par un vieillissement significatif de son appareil productif, voit ses acteurs se diviser sur la question d'une réforme fiscale, d'inspiration libérale, dont la finalité serait de favoriser les investissements tant domestiques qu’internationaux. Un tel projet serait de nature à remettre en cause les différents aménagements dont bénéficient les petits entrepreneurs.

 

L'avènement d'une réforme fiscale est attendu depuis des années aussi bien par les investisseurs internationaux que par plusieurs grands groupes industriels constituant le cœur du grand capital ukrainien ; les liens étroits qu'ils entretiennent avec le nouveau gouvernement ne pouvaient qu'inciter ce dernier à entreprendre une refonte, à leurs profits, d'une fiscalité considérée comme lourde.

 

L'enjeu d'une telle réforme est une dynamisation des stratégies d’investissement et la rénovation des capacités de production. Actuellement, de nombreux groupes ukrainiens font le choix de transférer leurs profits vers des zones off-shore pour éviter l’impôt sur les sociétés ; ils financent ensuite leurs efforts d’investissement en empruntant sur les marchés financiers internationaux.

 

Le secteur des PME et de l’entrepreneuriat individuel jouent un rôle fondamental pour la stabilité sociale de l’Ukraine et représente plus de 2,5 millions d’emplois. Bénéficiant de régimes spéciaux et d'exemptions diverses, ces entreprises sont présentes pour l'essentiel dans le secteur du commerce de détail ; elles sont particulièrement actives dans l’importation des produits de consommation mais n'interviennent que de manière marginale dans les exportations.

 

Ainsi, contrairement aux pays riches (Allemagne, Japon, France…) où les PME sont, pour la plupart, intégrées dans des réseaux de sous-traitance pour les grandes entreprises, en Ukraine, elles sont presque totalement déconnectées de « l’ économie du grand capital », celle-ci étant essentiellement axée sur l’exploitation des ressources naturelles et orientée vers l’exportation.

 

Il n'est pas anodin que la mise en place d'un régime fiscal simplifié pour les petits entrepreneurs soit intervenue consécutivement à la « Révolution Orange » ; cela s’explique certes par l’orientation idéologique de l’ancien Président et mais aussi par la nécessité de s'assurer durablement le soutien politique des petites et moyennes entreprises.

 

En tout état de cause la réforme du code fiscal du gouvernement Azarov soulève le problème fondamental de la légitimité de l'État aux yeux des Ukrainiens, ces derniers cultivant une méfiance générale envers les pouvoirs publics. En toile de fond se joue l'équilibre politique, la prospérité économique ainsi que la stabilité sociale du pays.

 

 

par Sergiy Chukhno

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 11:24

http://lh3.ggpht.com/_PCh4hz0iPd8/TBnopFZxKRI/AAAAAAAAABk/89ohgphQ2Ng/s800/IMG_3155.JPG

Le 3ème forum de l’Association des Cadres Ukrainiens en France s’est tenu à Paris le 16 juin dernier sur le double thème de l’actualité économique et de l’environnement des affaires en Ukraine.

 

Contexte


Larissa Baratin, présidente fondatrice de l’A.C.U.F. évoque l’asymétrie des échanges et des investissements. Ceux-ci sont très nettement en faveur de la
France qui est passée en 2009 du rang de 10ème investisseur à celui de 7ème. Outre le domaine bancaire, les investissements français se concentrent dans le secteur agroalimentaire, l’industrie, l’informatique et la distribution.

 

« L’Ukraine est une pièce maitresse de la construction européenne » tient à rappeler Philippe de Suremain,
ancien ambassadeur de France à Kiev. Il souligne qu’au-delà des récents changements politiques, la géopolitique ukrainienne continue d’interroger l’Europe quant à ses frontières. M. de Suremain ajoute que si le pays connait certains changements de cap en surface, les mentalités continuent d’évoluer en profondeur selon un rythme soutenu.

 

Un projet infrastructurel emblématique

http://lh5.ggpht.com/_PCh4hz0iPd8/TBnqG24wQVI/AAAAAAAAACg/y-7hR2sF0cU/s576/IMG_3172.JPG


Jean-Denis Arnal, directeur du développement international au sein du groupe Bouygues Construction, a présenté l’état d’avancement de la construction d’une enceinte de confinement du sarcophage de Tchernobyl. Le groupe Bouygues qui intervient depuis 2007 au sein du consortium Novarka est amené à relever un défi technologique avec la réalisation d’une arche, d’une portée de plus de 250 m, constituée d’une charpente metallique de 18 000 tonnes (près de trois fois le

poids de la Tour Eiffel).

Selon M. Arnal, ce projet titanesque permet au groupe Bouygues de prendre rang sur le marché ukrainien et de se positionner pour les chantiers à venir. L’Ukraine s’emploiera tôt ou tard à moderniser son réseau routier qui est en très mauvais état ; le secteur autoroutier est embryonnaire et comparable à celui de la France à l’aube des années 60.

Le retour gagnant de Michel Terestchenko


Michel Terestchenko est né à Paris. Diplômé de l’ESSEC, il décide en 2003 de venir travailler en Ukraine d’où étaient originaires ses grands parents en y apportant des investissements français. De 2005 à 2007, il devient consultant pour plusieurs grands groupes français. A partir de 2008, il choisit d’investir lui-même en Ukraine dans le développement des activités agricoles qui lui paraissent les mieux adaptées : les fibres naturelles (chanvre et lin) , le miel et le séchage de légumes.

http://lh4.ggpht.com/_PCh4hz0iPd8/TBnqvLmqQXI/AAAAAAAAADA/1DASNi15Wfg/s800/IMG_3179.JPG

Visite surprise du vice premier ministre Sergiy Tihipko


 De passage à Paris, le vice premier ministre Sergiy Tihipko est venu prendre part à la seconde partie du forum.
Accompagné de Anatolii Bernatskyi, chef de la mission économique et commerciale de l’ambassade d’Ukraine, il a exprimé son vif intérêt pour les relations franco-ukrainiennes et s’est longuement entretenu avec les différents intervenants.

 

Copyright des photos ACUF

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 09:43

http://lh6.ggpht.com/_sTD9EhmonlA/R_srq-_7tRI/AAAAAAAAAbo/jUZ4fMOYh7Y/s640/IMG_3039.JPG

Les cadres ukrainiens et leurs amis se rencontreront autour d’un débat sur l'évolution des échanges économiques franco-ukrainiens. Il s'agit du troisième forum de l’Association des cadres ukrainiens en France ; cet évènement est soutenu par la Mission économique ukrainienne.

Les représentants des milieux d’affaires français qui travaillent en Ukraine viendront débattre de l’évolution de l’environnement des affaires dans le pays. Parmi les intervenants figurent notamment des représentants de Bouygues TP, du cabinet Salans, ainsi qu'un invité spécial, membre de la famille Tereschenko, qui développe des projets agricoles en Ukraine.

Pour tout renseignement : cadresukrainiens@yahoo.fr.

 

(Mise à jour du 4 juin 2010: Les inscriptions sont closes).

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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 13:35
A l'approche de l'anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, les regards européens portés vers l'Ukraine sont plutôt tristes et compassionnels. Tchernobyl est devenu le symbole du danger de l'énergie nucléaire, souvenir encombrant pour tous les partisans de ce type de production d'électricité. Mais le destin est riche en coïncidences.

Car l’Ukraine qui évoque immédiatement le souci de surveiller la sûreté nucléaire peut offrir à l'Europe une  solution plus sûre et garante de sa souveraineté au moment où les approvisionnements en gaz s’inscrivent dans une relation de dépendance.  Possédant la sixième réserve mondiale d'uranium, ce pays réunit toutes les conditions pour devenir, en partenariat avec la France ou un autre membre du « club nucléaire », un coproducteur important du combustible dont ont besoin les réacteurs européens.

Les gisements d’uranium ukrainiens sont peu exploités, ils ont été longtemps sous le coup du secret défense. Jusqu'à la Révolution orange, cette ressource faisait l'objet de la convoitise russe à laquelle Kiev ne cédait pas, sans pour autant mener de recherche de partenariat externe.

C'est en 2005 qu'une possibilité de collaboration entre la France et l'Ukraine dans le domaine de l'extraction et l'enrichissement de l'uranium a été évoquée pour la première fois. A cette occasion Julia Timochenko, devenue premier ministre ukrainien, s'était déclarée partisan d'un projet commun avec AREVA. Mais sa démission, en même temps que des obstacles dressés par des hommes d'affaires ukrainiens affiliés aux intérêts russes ont mis un terme au projet.

Aujourd'hui la question d'un joint-venture franco-ukrainien se pose à nouveau. En visite à Paris le 4 mars 2009 Julia Timochenko a abordé avec les dirigeants d'AREVA la possibilité d'exploiter ensemble les gisements d'uranium ukrainiens et de construire sur place une usine de premier cycle d'enrichissement.

Les conflits gaziers à répétition mettent en évidence un besoin d'alternative tant énergétique que politique aux hydrocarbures. Les pays possédant des grosses réserves de gaz ne sont pas, hélas, porteurs d'une vision démocratique du monde. Au contraire: la Russie, l'Iran, l'Arabie Saoudite ou encore le Nigeria sont au mieux à la recherche du confort politique pour leurs régimes au pouvoir, si ce n'est de l'augmentation de leur influence sur les pays consommateurs. Un tel contexte oblige à faire appel au nucléaire, avec toutes les précautions et dans le respect des standards de sécurité.

En tout état de cause, une telle collaboration avec l'Ukraine serait de nature à ouvrir à la France des perspectives compétitives au niveau du marché mondial et rassurantes sur le plan politique.

Alla Lazareva
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