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2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 15:59

Monsieur l’Ambassadeur, Madame la Sénatrice, Chère Lesya, Chers membres de l’association « Perspectives ukrainiennes », Chers collègues, Chers amis.

Je suis très honorée de recevoir le prix « Nathalie Pasternak » décerné par l’association « Perspectives ukrainiennes ». Je remercie vivement les membres du jury d’avoir choisi mon ouvrage « L’Ukraine. De l’indépendance à la guerre » paru aux éditions Le Cavalier bleu en 2021. J’en profite ici pour remercier très vivement mes éditrices, ici présentes, Anne-Laure Marsaleix et Marie-Laurence Dubray, qui m’ont rapidement fait confiance sur ce projet, qui m’ont accompagnée tout au long de l’écriture et, bien sûr, depuis la parution du livre, trois mois avant le début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine.

Je suis également très honorée d’être, à cette occasion, au côté des précédents lauréats, toutes ces personnes qui ont également œuvré pour la promotion de la connaissance de l’Ukraine en France. Mon regard se tourne notamment vers de veilles connaissances comme Philippe de Suremain, Alain Guillemoles ou Galia Ackerman même si Galia n’est pas avec nous ce soir. Je souhaite aussi ici rendre hommage à Nathalie Pasternak, présidente du Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne de France de 2004 à 2016 qui a œuvré sans relâche pour faire connaître l’Ukraine en France et pour alerter sur la menace militaire russe dès l’annexion de la Crimée en mars 2014.

Ce prix m’est particulièrement cher parce qu’il consacre un travail de plus de 25 ans sur l’Ukraine où je me suis rendue pour la première fois à l’été 1996 pour un stage à la délégation de l’Union européenne à Kiev. Ce prix me donne ainsi l’opportunité, si vous le permettez et relativement brièvement, de revenir sur mon parcours et ma relation à l’Ukraine qui s’est avérée de plus en plus intense. Quelques semaines après ce stage, j’entame une thèse à Sciences po Paris sur les mouvements nationaux à la fin de l’URSS en Ukraine et en Biélorussie, mouvements nationaux appelés fronts populaires et connus sous le nom de Roukh pour l’Ukraine. A cette époque, je dois dire que ces deux pays ne suscitaient pas un grand intérêt parce que le grand pays, le plus prestigieux était la Russie. Tout cela n’a pas ébranlé ma curiosité, y compris pour des raisons familiales, et je me suis attachée justement à comprendre l’Ukraine de l’intérieur et non de l’extérieur comme beaucoup le font y compris aujourd’hui. Je me souviens des journalistes qui venaient à Kiev pour un événement, pour quelques jours de Moscou ou de Varsovie, et auxquels j’expliquais la nécessité de suivre les médias ukrainiens qui montreraient une toute réalité que les médias russes ou polonais. Ils avaient du mal à comprendre que la Russie était devenue un sujet de politique étrangère en Ukraine et que le pays disposait de son propre espace politique, médiatique, économique, social et culturel.

Après la soutenance de ma thèse à Sciences po Paris en 2001, j’ai continué à travailler sur la transformation politique et la construction nationale en Ukraine. J’ai aussi observé et été marquée par les grands événements politiques dans ce pays à partir du début des années 2000. En 2004, je suis partie sur Maïdan une semaine après le début de la Révolution orange où j’ai assisté en direct à l’invalidation des résultats du second tour. Cet événement donne une visibilité à l’Ukraine et participe, sans doute, à mon recrutement à l’université de Bourgogne en 2005. En 2014, je me suis également rendu sur Maïdan quelques semaines après le début du mouvement de protestation contre la suspension de la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne alors que la contestation devenait de plus en plus insurrectionnelle en raison la répression policière. Entre mes voyages en Ukraine, je participais à des émissions dans les médias pour parler de ce mouvement qui était souvent présenté de manière caricaturale par des experts qui ne l’avaient pas observé in situ et qui pouvaient reprendre la lecture du Kremlin visant notamment à amplifier le rôle de l’extrême-droite.

2014 marque un tournant pour l’Ukraine mais aussi une changement dans mes recherches. Avant Maïdan, j’avais entamé un travail sur la mémoire des villages brûlés par les Nazis pendant la Seconde guerre mondiale. Je suis allée dans certains d’entre eux dont Korioukivka dans la région de Tchernihiv. Mais, après l’annexion de la Crimée et le début de la guerre dans l’est du pays, je décide d’aller dans le Donbass sous administration ukrainienne et notamment dans la ville de Sloviansk où je me rends de 2015 à 2021. Je rencontre à cette occasion des Ukrainiens qui, comme moi, cherchent à comprendre le Donbass et y découvrent son hétérogénéité qui contraste avec l’image d’une région homogénéisée par la propagande soviétique puis russe autour de l’industrie et de la russophonie. Je discute également avec des habitants du Donbass qui s’interrogent sur leur propre identité et ont soif de connaissances sur l’histoire de leurs villes d’avant la période soviétique qui a souvent été gommée des manuels d’histoire et de l’espace public. J’assite aussi à des commémorations liées à la guerre en cours et entreprend de travailler sur la mémorialisation de celle-ci et de ses analogies avec celle de la Seconde guerre mondiale.

L’ouvrage auquel ce prix est décerné est le fruit de toutes ces recherches mais également celui d’un enseignement sur l’Ukraine sur le campus de Sciences po Paris à Dijon et auquel une trentaine d’étudiants assistent tous les ans depuis 2014. Si l’idée de l’ouvrage apparaît rapidement après Maïdan, ces années d’enseignement m’ont permis de discerner, de manière plus visible, les idées reçues sur le pays, celles qui très tenaces avaient du mal à se dissiper et que j’ai voulu décortiquer dans un ouvrage pour que mes analyses soient accessibles au plus grand nombre. L’ouvrage paraît en novembre 2021 lorsque les services de renseignement américains alertent sur une possible invasion russe de l’Ukraine. Et beaucoup me diront après qu’il était prémonitoire parce que le mot « guerre » était rarement utilisé dans les années 2019-2021. On préférait l’expression « crise ukrainienne » qu’on entend encore parfois comme si le mot « guerre » était exagéré et jetait une ombre au tableau. Et pourtant, lorsque j’étais dans le Donbass, j’observais une guerre bien présente : des tranchées, des bombardements quotidiens, des soldats morts presque toutes les semaines.

Le 24 février 2022 marque une nouvelle transformation dans ma relation à l’Ukraine. L’Ukraine ne me quitte plus puisque j’y pense tout le temps, ou presque, que j’informe sans cesse sur ce pays et parce qu’une tristesse sourde et profonde s’est installée en moi. Mais je suis aussi portée par l’élan patriotique ukrainien et très admirative de l’effort de guerre, militaire et civil. J’ai pu observer une initiative bénévole d’aide médical aux soldats dans la région de Lviv lors de mon premier voyage après l’invasion fin avril/début mai et j’ai été frappée, comme au moment de Maïdan et dans les années qui suivirent par l’inventivité et la détermination des Ukrainiens à transformer leur pays et à exprimer de multiples formes d’entre-aide et de solidarité. J’ai aussi poursuivi mes recherches sur la mémorialisation et la muséification de la guerre en allant visiter une exposition sur la guerre en cours au musée de la Seconde guerre mondiale à Kiev au début du mois de novembre. J’ai mené des entretiens avec des directeurs de musée pour mieux comprendre quelles étaient leurs représentations de la guerre mais aussi comment la guerre avait transformé leurs activités professionnelles. Une recherche qui bien que tragique n’en est pas moins très enrichissante. J’essaye, à ma manière et par cette recherche, d’accompagner l’Ukraine dans ce moment difficile.

Cet ouvrage représente ainsi pour moi une sorte d’hommage à l’Ukraine parce que ce pays m’a non seulement enrichie personnellement mais il a enrichi mes recherches et je pense celles de nombreux de mes collègues. Ce livre m’a soutenu, m’a accompagné depuis le début de l’invasion et je suis sûre qu’il continuera à le faire dans les prochains mois. C’est aussi pour cela que je suis fière que le prix « Nathalie Pasternak » lui soit décerné et qu’il s’inscrive ainsi de plein pied dans les études ukrainiennes en France.

Merci pour votre attention et pour votre soutien.                                          

Paris, le 28/11/2022

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 10:28

L’Association Perspective Ukrainiennes avec le soutien de l’Ambassade d’Ukraine en France, a organisé le 28 novembre 2022 une cérémonie de remise de Prix de Nathalie Pasternak 2021/2022. L’événement a eu lieu dans les locaux du Centre Culturel de l’Ambassade d’Ukraine en France, en présence des représentants du groupe d’amitié Ukraine-France au Sénat, du corps diplomatique ukrainien en France, ainsi que des élus, des membres de la société civile, des journalistes et des anciens lauréats.

 

Cette année le prix de Nathalie Pasternak est remis à Alexandra Goujon, maître de conférences à l’Université de Bourgogne, pour son livre « L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre » édité par le Cavalier Bleu.

 

Alexandra Goujon, lauréate du prix Nathalie Pasternak 2021-2022, Lessya Darricau-Dmytrenko, présidente de Perspectives ukrainiennes

Jusqu’à récemment l‘Ukraine restait une terra incognita en France, comme tant d’autres pays de l’Europe centrale et orientale, éclipsés par une Russie fantasmée. Depuis la révolution Orange, la révolution de Dignité et le début de la guerre, un nombre d’intervenants dans l’espace publique français informent ou désinforment le public et les décideurs au sujet de l’Ukraine. Alexandra Goujon, avec son regard de l’universitaire et scientifique, expert et analyste très fin décortique les sources des idées reçues les plus répandues sur l’Ukraine et donne les clés de leur compréhension. Ainsi son livre a un double avantage : faire découvrir davantage l’Ukraine et combattre la désinformation.

 

L’association Perspectives Ukrainiennes salue le travail réalisé sur le livre « L’Ukraine : de l’indépendance à la guerre », ainsi que l’ensemble de l’œuvre d’Alexandra Goujon.

 

Cet événement, organisé chaque année maintenant depuis 2010, est une occasion pour l’association Perspectives Ukrainiennes de soutenir et promouvoir des personnalités dont les œuvres et initiatives contribuent à faire connaître l’Ukraine en France et renforcer les liens existants entre les deux pays.

 

L’association de loi 1901 Perspectives Ukrainiennes existe depuis 2008 et remet des prix depuis 2010 aux personnalités dont le travail contribue à la meilleure compréhension de l’Ukraine en France.  Le Prix de Natalie Pasternak porte le nom de celle qui a disparue il y a sept ans et qui a joué un rôle inestimable pour la connaissance de l’Ukraine en France et le soutien à la révolution de la Dignité. Elle a semé un esprit et une énergie qui sont toujours présents parmi nous. Dans le choix d’attribuer son nom au prix de Perspectives Ukrainiennes nous souhaitons contribuer à maintenir vivant son souvenir, cette énergie et cet esprit.

Voir aussi communiqué de presse.

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12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 11:45
Un week-end à l'Est : Odessa mise à l'honneur par le festival

Un week-end à l’Est a été initié par Vera Michalski et Brigitte Bouchard en 2016 avec deux objectifs : raviver la vie culturelle dans le Quartier Latin et créer des passerelles entre les cultures.


Chaque année, en novembre, le dynamisme culturel d’une ville d’Europe centrale ou orientale se répand dans le 6e arrondissement de Paris (et rayonnera au-delà pour cette édition) sous l’impulsion de ses artistes, écrivains, cinéastes, musiciens, philosophes.


D’expositions dans les galeries en rencontres dans les librairies, de séances cinéma au Christine Cinéma Club en conférences aux Beaux-Arts de Paris et en concerts dans les églises du quartier, le programme, ciselé, crée, dans une ambiance effervescente, autant de possibilités de rencontres et d’échanges, pour la très grande majorité en accès libre.


Après Varsovie, Kyiv, Budapest, Belgrade et Sofia, nous avons choisi de revenir à l’Ukraine en accueillant Odessa. Avec Ilya Kaminsky et Boris Khersonsky, respectivement parrain de l’édition et invité d’honneur, c’est aussi la poésie qui est célébrée.


Avec une centaine d’invités pour une quarantaine d’événements, cette édition se veut à la hauteur de notre soutien au peuple ukrainien en guerre.
Les éventements se dérouleront sur la semaine du 23 au 29 novembre 2022 sur différents sites parisiens.

Voici le programme complet.

Programme du festival Un Week-end à l'est

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20 octobre 2022 4 20 /10 /octobre /2022 21:54

Depuis notre création en Juin 2008, Perspectives ukrainiennes avait pour ambition la promotion de l'Ukraine dans toute sa diversité et ses multiples aspirations et l'organisation de manifestations s'inscrivant dans une thématique ukrainienne. 

Mais depuis le 24 février 2022, nous avons dû repenser nos priorités et procéder à la modification de nos statuts. Nous avons rajouté dans nos objectifs les actions dans le domaine humanitaire et caritatif afin de venir en aide au peuple ukrainien face à la barbarie de la guerre.

Il est temps de présenter un bilan intermédiaire de nos actions, pour vous témoigner l'utilité de chaque effort venant de la France vers l'Ukraine. Il est vrai que l'expression de chaque bonne volonté sert à penser les plaies et combler les manques qui ont été infligés par l'envahisseur russe. 

Bonne lecture! 

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17 juin 2022 5 17 /06 /juin /2022 16:03
Le 25ème anniversaire du choral Achoriny

Interview avec Sylvie Chemin-Roy, Présidente de l'association Achoriny

Cette année verra pour Achoriny un double anniversaire ?

En effet, cette année Achoriny fêtera ses 25 années d’existence et je fêterai mes 10 ans de présidence de cette belle association. 

Quel a été le parcours d’Achoriny depuis les 10 dernières années ?
Lorsque j’ai été élue, Vasyl Borys chef de chœur venu d’Ukraine assurait déjà la direction musicale d’Achoriny depuis 2006 et tout naturellement les choristes se sont dirigés vers les chants ukrainiens. Nous avons noué des liens très étroits avec le choeur Boyan dirigé par Vasyl Chuchman, choeur ukrainien situé à Lviv. Avec les Boyan nous avons donné 2 concerts communs à Lviv et Dolyna et les avons reçus 2 fois en France, notamment en 2017 pour fêter nos 20 ans d’existence. D’autres échanges ont également eu lieu avec d’autres chorales, Lysenko de Bunnik aux Pays-Bas et Kvinta d’Odessa.

Depuis le 24 février, notre choeur s’est naturellement impliqué dans l’aide d’urgence au peuple ukrainien :
•    participation à la collecte de produits. de première nécessité avec la municipalité de Montigny-le-Bretonneux ;
•    participation à différents concerts caritatifs au bénéfice de la Protection Civile, du Secours Catholique, de Perspectives Ukrainiennes et de Aide Médicale Caritative France-Ukraine notamment ;
•    des familles d’Achoriny se sont portées volontaires pour l’accueil de réfugiées ; ces jeunes femmes et jeunes enfants participent également aux différents concerts et leur talent de musiciennes et de chanteuses donnent une aura supplémentaire à Achoriny.

Quels sont les perspectives pour Achoriny ?
A court terme, c’est à dire au second semestre, nous avons l’espoir de nous produire au théâtre Montansier de Versailles en novembre. D’autres projets sont en cours à Gif-sur-Yvette, Enghien les Bains. 
Tant que le conflit continuera Achoriny sera au côté de nos ami(e)s ukrainien(ne)s, nous sommes français et ukrainiens de c(h)oeur !
Quant à moi, j’aimerais pouvoir former mon ou ma successeur(e), tout en continuant à chanter simplement en qualité de membre, mais çà c’est une autre histoire !
Par Lesya Darricau-Dmytrenko

Illustrations de quelques concerts caritatives en 2022 du choral Achoriny
Illustrations de quelques concerts caritatives en 2022 du choral AchorinyIllustrations de quelques concerts caritatives en 2022 du choral AchorinyIllustrations de quelques concerts caritatives en 2022 du choral Achoriny

Illustrations de quelques concerts caritatives en 2022 du choral Achoriny

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 14:46

 

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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 23:22

Dans les conditions de guerre, le Musée de l'art de la région de Tchernihiv Hryhoriy Galagan poursuit son travail. Les commissaires d’exposition et des experts de l’établissement œuvrent sur les projets virtuels et des expositions en ligne, afin de garder le lien avec les visiteurs et habitués, et soutenir les artistes à cette époque complexe.


Leur réponse à la guerre s’est concrétisée en exposition virtuelle «Inter arma", regroupant des œuvres de differents artistes,  de Victor Onistchenko, d’Olena Satchenko, de Nata Levitassova, de Kateryna Vasetchko, ou encore de J. Luigi Rossi. Les créations évoquent des immeubles détruits de Tchernihiv, la tragédie de Boutcha et de Marioupol, l’émotion douloureuse de la guerre et la foi en la victoire.

Reviens en vie


Notamment les œuvres poignantes de l’artiste originaire de Nizhyn, Kateryna Vasetchko attirent l'œil. Elle décrit le quotidien de la guerre, ce qui fait mal, ce en quoi elle croit… La guerre a changé la vie de la jeune femme, forcée de fuir sa maison natale pour son enfant. Actuellement Kateryna utilise une tablette graphique pour travailler.


Kateryna Vasetchko est diplômée de l'École des arts de M. Zankovetska. Elle travaille à la Maison des enfants et de la jeunesse de Nizhyn. Ces dix dernières années, elle créait des figurines et des poupées uniques, et pour ses tableaux elle s’inspirait des vues de sa Nizhyn bien aimée. Aujourd’hui ces œuvres font des heureux dans des collections privées du monde entier. Par ailleurs, l’artiste faisait des aquarelles, des fresques murales et illustrait des livres ainsi que des poésies de Lina Kostenko.


Ses œuvres numériques racontent la guerre. Chaque œuvre est une histoire de toute une vie : voici une fillette avec un chat dans une maison bombardée, là c’est une femme ligotée à Boutcha, ici c’est le portrait d’un militaire masqué avec le texte « Reviens en vie »…


A la fin de la guerre, le musée de l’art de la région de Tchenihiv Hryhoriy Galagan sera heureux et honoré de vous faire découvrir l’exposition grandeur nature dans la quiétude de ses salles.

En attendant, rendez-vous sur la page Facebook du Musée.

 

Selon le texte d'Oleksandra Ostriakova, Tchernihiv

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8 mai 2022 7 08 /05 /mai /2022 21:09
Le printemps peut-il être noir et blanc ? Existe-t-il un éternel février ? Les mots d'or ne valent-ils plus rien ? Malheureusement, l'Ukraine connaît les réponses à toutes ces questions. Malheureusement, les réponses sont "oui".
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Chaque année, le 8 mai, avec l'ensemble du monde civilisé, nous rendons hommage à tous ceux qui ont défendu la planète contre le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Des millions de vies perdues, des destins mutilés, des âmes torturées et autant de raisons de dire au mal : plus jamais ça !
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Nous savions le prix que nos ancêtres ont payé pour cet enseignement. Nous savions combien il est important de le préserver et de le transmettre à la postérité. Mais nous ne savions pas que notre génération serait témoin de la profanation de ces mots, qui, comme il s'est avéré, ne sont pas la vérité pour tout le monde.
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Cette année, nous disons "Plus jamais" différemment. Nous entendons "Plus jamais ça" différemment. Cela semble douloureux, cruel. Sans exclamation, mais avec un point d'interrogation. Vous dites : "plus jamais ça" ? Dites le à l'Ukraine.
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Le 24 février, le mot "jamais" a été effacé. Abattu et bombardé. Par des centaines de missiles à 4 heures du matin, réveillant toute l'Ukraine. Nous avons entendu de terribles explosions. Nous avons entendu : ça recommence !
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La ville de Borodyanka est l'une des nombreuses victimes de ce crime ! Derrière moi, il y a un des nombreux témoins ! Pas une installation militaire, pas une base secrète, mais un simple immeuble de neuf étages. Peut-il constituer une menace pour la sécurité de la Russie, d'1/8e de la planète, de la deuxième armée du monde, d'une puissance nucléaire ? Y a-t-il chose plus absurde que cette question ? Oui.
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Des bombes explosives de 250kg, avec lesquelles la superpuissance a bombardé cette petite ville. Sans émotion. Cette ville ne peut pas dire aujourd'hui : plus jamais ça ! Elle ne peut rien dire aujourd'hui. Mais ici, tout est clair sans mots.
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Regardez cette maison. Il y avait des murs ici. Il y avait des photos dessus. Et sur ces photos, il y avait ceux qui ont connu l'enfer de la guerre. Cinquante hommes qui ont été envoyés en Allemagne pour le travail forcé. Ceux qui ont été brûlés vifs quand les nazis ont brûlé plus de 100 maisons ici. 250 soldats qui sont morts sur les fronts de la Seconde Guerre mondiale, et un total de près de 1000 habitants de Borodyanka qui ont résisté et vaincu le nazisme. Pour garantir : plus jamais ça. Ils se sont battus pour l'avenir des enfants, pour la vie telle qu'elle était ici jusqu'au 24 février.
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Imaginez des personnes qui vont se coucher dans chacun de ces appartements. Ils se souhaitent bonne nuit. Éteignent la lumière. Embrassent leurs proches. Ils ferment leurs yeux. Ils rêvent à quelque chose. Le silence est total. Ils s'endorment tous, sans savoir que tout le monde ne se réveillera pas. Ils dorment profondément. Ils rêvent de quelque chose d'agréable. Mais dans quelques heures, ils seront réveillés par des explosions de missiles. Et quelqu'un ne se réveillera plus jamais. "Plus jamais".
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Le mot "jamais" a été supprimé de ce slogan. Amputé pendant la soi-disant opération spéciale. Ils ont poignardé nos coeurs et, en nous regardant dans les yeux, ont dit : "Ce n'est pas nous !" Torturé en disant "les choses sont moins simples qu'il n'y paraît". Tué les mots "Plus jamais", en déclarant : "Nous pouvons recommencer".
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Et c'est ce qui s'est passé. Et les monstres ont recommencé. Et nos villes, qui ont survécu à une occupation si odieuse que 80 ans n'ont pas suffit à faire l'oublier, ont revu l'occupant. Et ont vécu la deuxième période d'occupation de leur histoire. Et certaines villes, comme Mariupol, ont subi la troisième. Pendant deux années d'occupation, les nazis y ont tué 10 000 civils. En deux mois d'occupation, la Russie en a tué 20 000.
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Des décennies après la Seconde Guerre mondiale, l'obscurité est revenue en Ukraine. Tout est de nouveau noir et blanc. Encore ! Le mal est revenu. Encore ! Dans un uniforme différent, sous des slogans différents, mais dans le même but. Une reconstruction sanglante du nazisme a été organisée en Ukraine. Une répétition fanatique de ce régime. Ses idées, ses actions, ses mots et ses symboles. Une reproduction maniaque et détaillée de ses atrocités et de ses "alibis", qui donnent prétendument un but sacré au mal. Répétition de ses crimes et même tentative de surpasser le "maître" et de le faire descendre du piédestal du plus grand mal de l'histoire humaine. Établissement d'un nouveau record mondial de xénophobie, de haine, de racisme et du nombre de victimes qu'ils peuvent faire.
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Plus jamais ça ! Des paroles de sagesse ! L'hymne du monde civilisé ! Mais quelqu'un a chanté faux. Déformant le "Plus jamais" avec des notes de doute. Réduit au silence, commençant son aria mortelle du mal. Et cela est clair pour tous les pays qui ont vu de leurs propres yeux les horreurs du nazisme. Aujourd'hui, ils ont une terrible impression de déjà vu. Une fois encore !
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Toutes les nations qui ont été qualifiées de sous-hommes, d'esclaves n'ayant pas le droit d'avoir leur propre État ou d'exister tout court, entendent des déclarations qui exaltent une nation et effacent les autres avec facilité. On prétend que vous n'existez pas vraiment, que vous êtes créés artificiellement et que vous n'avez donc aucun droit. Tout le monde entend le langage du mal. Encore !
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Et ensemble, ils reconnaissent la douloureuse vérité : nous n'avons pas résisté plus d'un siècle. Notre "plus jamais ça" a tenu 77 ans. Le mal nous a échappé. Il renaît. Encore et maintenant !
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C'est ce qu'ont compris tous les pays et toutes les nations qui soutiennent l'Ukraine aujourd'hui. Et malgré le nouveau masque de la bête, ils l'ont reconnue. Parce que, contrairement à certains, ils se souviennent de ce pour quoi et contre quoi nos ancêtres se sont battus. Ils n'ont pas confondu le premier avec le second, n'ont pas changé de place, n'ont pas oublié.
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Les Polonais n'ont pas oublié, sur les terres desquels les nazis ont commencé leur marche et tiré le premier coup de feu de la Seconde Guerre mondiale. Ils n'ont pas oublié comment le mal commence par vous accuser, vous provoquer, vous traiter d'agresseur, puis attaque à 4h45 du matin en disant que c'est de la légitime défense. Et ils ont vu comment cela s'est répété sur notre terre. Ils se souviennent de la destruction de Varsovie par les nazis. Et ils voient ce qui a été fait à Mariupol.
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Le peuple britannique n'a pas oublié comment les nazis ont anéanti Coventry, qui a été bombardée 41 fois. Comment sonnait la "Sonate au clair de lune" de la Luftwaffe, lorsque la ville était bombardée sans interruption pendant 11 heures. Comment son centre historique, ses usines, la cathédrale St. Michael ont été détruits. Et ils ont vu des missiles frapper Kharkiv. Comment son centre historique, ses usines et la cathédrale de l'Assomption ont été endommagés. Ils se souviennent que Londres a été bombardée pendant 57 nuits d'affilée. Ils se rappellent comment les V-2 ont frappé Belfast, Portsmouth, Liverpool. Et ils voient les missiles de croisière frapper Mykolaiv, Kramatorsk, Tchernihiv. Ils se rappellent comment Birmingham a été bombardée. Et ils voient sa ville jumelle Zaporizhzhia être endommagée.
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Les Hollandais s'en souviennent. Comment Rotterdam est devenue la première ville à être complètement détruite quand les nazis ont lâché 97 tonnes de bombes sur elle.
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Les Français s'en souviennent. Souvenez-vous d'Oradour-sur-Glane, où les SS ont brûlé vifs un demi-millier de femmes et d'enfants. Les pendaisons de masse à Tulle, le massacre dans le village d'Ascq. Des milliers de personnes à un rassemblement de la résistance dans Lille occupée. Ils ont vu ce qui a été fait à Bucha, Irpin, Borodyanka, Volnovakha et Trostyanets. Ils voient l'occupation de Kherson, Melitopol, Berdyansk et d'autres villes où les gens n'abandonnent pas. Et des milliers d'entre eux se rendent à des rassemblements pacifiques, qui échappent au pouvoir des occupants, et tout ce qu'ils peuvent faire, c'est tirer sur des civils.
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Les Tchèques ne l'ont pas oublié. Comment en moins d'un jour, les nazis ont détruit Lidice, ne laissant que des cendres du village. Ils ont vu Popasna détruit. Il n'en reste même pas de cendres. Les Grecs, qui ont survécu aux massacres et aux exécutions sur tout le territoire, au blocus et à la Grande famine, n'ont pas oublié.
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Les Américains qui ont combattu le mal sur deux fronts s'en souviennent. Qui ont surmonté Pearl Harbor et Dunkerque avec les Alliés. Et ensemble, nous traversons de nouvelles batailles, non moins difficiles.
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Tous les survivants de l'Holocauste s'en souviennent - comment une nation peut en haïr une autre.
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Les Lituaniens, les Lettons, les Estoniens, les Danois, les Géorgiens, les Arméniens, les Belges, les Norvégiens et bien d'autres n'ont pas oublié cela - tous ceux qui ont souffert du nazisme sur leur terre et tous ceux qui l'ont vaincu dans la coalition anti-Hitler.
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Malheureusement, il y a ceux qui, ayant survécu à tous ces crimes, ayant perdu des millions de personnes, qui ont lutté pour la victoire et l'ont obtenue, ont profané leur mémoire et leur exploit aujourd'hui.
Ceux qui ont permis le bombardement des villes d'Ukraine depuis ses terres. Les villes qui, avec nos ancêtres, ont été libérées par leurs ancêtres.
Ceux qui ont craché au visage de leur "Régiment Immortel", en le plaçant à pied d'égalité avec des tortionnaires de Bucha.
Et ont lancé un défi à toute l'humanité. Mais qui ont oublié l'essentiel : tout mal se termine toujours de la même façon - il se termine.
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Camarades ukrainiens !
Aujourd'hui, en cette journée du souvenir et de la réconciliation, nous rendons hommage à tous ceux qui ont défendu leur patrie et le monde contre le nazisme. Nous soulignons l'exploit du peuple ukrainien et sa contribution à la victoire de la coalition anti-Hitler.
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Explosions, tirs, tranchées, blessures, famine, bombardements, blocus, exécutions de masse, opérations punitives, occupation, camps de concentration, chambres à gaz, étoiles jaunes, ghettos, Babyn Yar, Khatyn, captivité, travail forcé. Ils sont morts pour que chacun d'entre nous apprenne le sens de ces mots dans les livres, et non de notre propre expérience. Mais cela s'est passé différemment. C'est injuste pour nous tous. Mais la vérité vaincra. Et nous surmonterons tout !
🔻
Et la preuve de cela s'appelle "Werwolf". C'est l'ancien quartier général et bunker d'Hitler près de Vinnytsia. Et tout ce qu'il en reste, ce sont quelques pierres. Des ruines. Les ruines d'une personne qui se considérait comme grande et invincible. C'est un guide pour nous tous et les générations futures. Ce pour quoi nos ancêtres se sont battus. Et ont prouvé qu'aucun mal ne peut éviter la responsabilité. Il ne sera pas possible de se cacher dans le bunker. Il n'en restera aucune pierre. Alors nous surmonterons tout. Et nous en sommes sûrs, car nos militaires et tout notre peuple sont les descendants de ceux qui ont vaincu le nazisme. Nous gagnerons donc à nouveau.
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Et il y aura à nouveau la paix. Enfin, de nouveau !
Nous surmonterons l'hiver, qui a commencé le 24 février, perdure ce 8 mai, mais se terminera définitivement, et le soleil ukrainien le fera fondre ! Et nous contemplerons cette nouvelle aube avec tout le pays. Et la famille et les proches, les amis et les parents seront à nouveau réunis ! Enfin, à nouveau ! Sur les villes et villages temporairement occupés, notre drapeau flottera à nouveau. Enfin, à nouveau ! Nous nous réunirons. Et il y aura la paix ! Enfin, de nouveau ! Finies, les visions en noir et blanc, seulement un rêve bleu et jaune. Enfin ! Nos ancêtres se sont battus pour cela.
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Honneur éternel à tous ceux qui ont combattu le nazisme !
Mémoire éternelle à tous ceux qui périrent durant la Seconde Guerre mondiale !
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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 22:55
Réponse à la lettre du 4 avril 2022:
Madame Dymyd,


Par le présent je confirme la bonne réception de votre mail, reçu en date de 4 Avril 2022, par lequel vous me sollicitez afin de connaitre mes positions sur les actions menées en Europe pour arrêter la guerre en Ukraine.

Chaque jour, la Russie commet des crimes de guerre atroces d’une violence inexplicable qui rassemblent à des actes du génocide de la nation ukrainienne. Une attaque sur le couloir humanitaire se situant dans une gare à Kramatorsk confirme cela à nouveau. Je suis persuadée que seule une réponse Européenne forte et unie pourra mettre fin à cette guerre.

Présidente du Groupe d’Amitié France-Ukraine à l’Assemblée Nationale, je suis engagée dans la gestion de la crise humanitaire depuis les premières heures du début de la guerre. Nous échangeons d’une manière régulière avec les homologues de la Rada afin d’entendre leurs besoins et apporter les réponses rapides et concrètes.

Suite à une concertation avec Président Zelensky, la France a fait le choix de maintenir les liens diplomatiques avec le président poutine. La France a également fait un choix de silence sur ses envois militaires. Cependant, elle continue à soutenir l’Ukraine militairement, diplomatiquement et par les envois d’aide humanitaire.

La dépendance de la France du gaz russe s’élève à 17%. Une politique de transition énergétique initiée par le Président Macron va œuvrer dans le but d’assurer l’indépendance énergétique de la France en la matière.

La plupart d'entreprises françaises ont fait le choix d’arrêter leur activité en Russie, les quelques peu restantes ont rencontré une pression considérable de la part de la population et font le choix de suspendre leurs activités aussi.

Jeudi 7 Avril, par 93 votes, la Russie a été suspendue du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Dans son allocution en date de 2 Mars 2022, Emmanuel Macron a nommé la Russie en tant qu’agresseur. Je suis persuadée que les instances internationales vont condamner la Russie pour des crimes de guerre commis sur le territoire ukrainien et la Russie va rembourser le montant des destructions commises en Ukraine.
 
La France a accepté la demande d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne et continuera à œuvrer pour qu’il soit fait dans les délais raisonnables.

J’espère avoir répondu à vos interrogations.

Je vous prie d'agréer, Madame Dymyd, l'assurance de ma considération distinguée.

 

 

 

Valéria FAURE-MUNTIAN

 

Députée de la Loire

Membre de la Commission des Finances, de l'Économie Générale et du Contrôle Budgétaire.

Présidente du Groupe d’amitié France-Ukraine

Présidente du Groupe d’études "Assurances"

 

LOGOBLEU-v2

 

Bureau de Madame Valéria FAURE-MUNTIAN, Députée de la Loire

126 rue de l’Université - 75 007 – PARIS

valeria.faure-muntian@assemblee-nationale.fr

T. 01 40 63 48 12

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 22:48


Madame la Députée,

A l'heure où le monde entier est sidéré par les images terrifiantes du massacre de Boutcha, nous attirons votre attention sur les conséquences de la guerre d'anéantissement menée par la Russie à l'encontre du peuple ukrainien. Il est en effet avéré que les atrocités commises par l'armée russe dans les territoires libérés au Nord de Kyiv sont perpétrées dans la plupart des localités soumises aux troupes d'occupation.

L'Ukraine a donné à la France une reine, Anne de Kyiv et un premier ministre, Pierre Bérégovoy. La République française compte environ 80 000 français d'origine ukrainienne ainsi que 60 000 ressortissants ukrainiens. Ils attendent des parlementaires français des actions concrètes pour sauver le peuple ukrainien du processus génocidaire mis en œuvre par Moscou.

L’Europe doit se donner les moyens pour arrêter la guerre en Ukraine au plus vite car demain la guerre viendra en Europe, comme cela s’est déjà passée dans notre histoire.

Nous vous sollicitons pour savoir quelles sont vos positions ou actions pour :
·          fournir une aide militaire sans restriction de la France à l'Ukraine y compris des avions, comme le demande président V. Zelenskyi, pour permettre à l’Ukraine d’arrêter la guerre ;
·          sauver les civils bloqués à Marioupol et dans d’autres villes ;
·          introduire des sanctions strictes contre la Russie, y compris arrêt d’achat du gaz, et exiger le départ des entreprises françaises de la Russie ;
·          mettre en place des procédures exceptionnelles de traitement de la Russie en tant qu’agresseur dans des institutions internationales et exclure la Russie de l’ONU et de toutes les institutions visant à protéger les droits de l’homme. La Russie étant responsable des massacres et des destructions massives en Ukraine, doit être condamnée pour des crimes de guerre et rembourser les destructions commises en Ukraine ;  
·          soutenir l’adhésion de l’Ukrainienne à l’Union européenne.

En tant qu’association Perspectives Ukrainiennes, nous sommes engagés depuis les premières heures de cette guerre dans les différents projets pour soutenir et aider les populations en Ukraine : sensibilisation et collaboration avec plusieurs mairies, aides humanitaire, accompagnement des réfugiés arrivant en France.

 
Veuillez agréer, Madame la Députée, l'expression de notre haute considération.
 
Présidente : Lesya DARRICAU-DMYTRENKO
Vice-présidente : Olga SORIN-GERASYMENKO
Secrétaire Générale: Maria PRUNAK-RUNGEARD
Trésorière : Maryana DYMYD
Président d'honneur : Frédéric HNYDA

 

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