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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 16:21

Le bulletin d'Octobre 2013 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes ou en cliquant ici

 

Au sommaire:

p. 1 : Le mois en images

p. 2-4 : Entretien avec Borys Gudziak, Exarque apostolique pour les ukrainiens de France

p. 5 : Exposition concours UART 2013

p. 6-7 : Rencontre avec Jean Avy, artiste peintre et musicien

p. 8 : Actualité du livre

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 16:28

Le bulletin de Septembre 2013 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes ou en cliquant ici


Au sommaire:

p. 1 : Editorial
p. 2-4 : « Les Français à Odessa » Un projet éditorial devenu réalité
p. 5-6 : Jean Munsch : Le Lorrain – Ukrainien
p. 7 : Bons baisers du passé...
p. 8 : Expositions
p. 9 : Actualité du livre

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 12:49

Entretien avec Rouslan Syvoplyas (RS) coordinateur  du projet éditorial et Oleksandr Galyas (OG), auteur du livre

 

___________-_____.jpgQu'est-ce que vous a incité à vous pencher sur la memoire française d'Odessa?


RS – En juillet 2010 j'étais à la tête d'une filiale régionale du Crédit Agricole à Odessa. Nous nous apprètions à récevoir une délégation de la maison mère de Paris. En nous préparant à cette visite, nous avons eu envie de raconter des choses intéressantes et des faits marquants sur Odessa et je me suis aperçu que les informations sur le rôle que les Français ont joué dans l'histoire de la ville sont dispersées. Il n'existait pas d'édition qui évoquait de manière chronologique l'impact que les ressortissants français ont eu sur les développements économiques, culturels, artistiques d'Odessa ainsi que dans d'autres domaines. En conséquence, après l'excursion dans la ville, lors de laquelle nos collègues français ont découvert l'Odessa française, je me suis adressé au Président du conseil de direction de la banque, monsieur Philippe Guidez avec une proposition de soutenir l'édition du livre “Les Français à Odessa”. Il a soutenu cette idée. Après quoi, Oleksandre Gallas, mon ami journaliste et écrivain odessite et moi, nous avons commencé à nous documenter.


Aujourd'hui je ne fais plus partie du groupe Crédit Agricole mais je veux leur exprimer encore une fois toute ma gratitude  pour leur soutien et leur financement au projet.


Un peu plus tard, nous avons convié des collaborateurs de l'Alliance Française à Odessa pour contribuer à celui-ci. Ils nous ont aidé à rassembler les informations, à rédiger et traduire le livre en français. Ils ont également organisé sa présentation le 27 avril dernier qui a eu lieu dans la bibliothèque nationale d'Odessa de Gorkiy, en présence de son excellence l'ambassadeur de France en Ukraine Alain Rémy.


Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre?

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OG – Je m'intéressais à la France bien avant d'avoir lu “Les trois mousquetaires”. Au début du siècle dernier mon grand père a travaillé chez le comte Tolstoi, dans les bâtiments où actuellement se trouve la Maison des Chercheurs. Un jour, il a été amené à accompagner le comte en France. Les photos de ce voyage m'ont impressionné quand j'étais gamin. Après, j'ai beaucoup lu sur l'histoire de France et des Français. J'écoutais les chansons françaises, dont au moins deux interprètes ont des racines odessites : Joe Dassin et Serge Gainsbourg…


Pourquoi avez-vous décidé de faire le livre dans les deux langues? Qu'est-ce qui intéressera un francophone et attirera un lecteur ukrainophone?

OG -  Selon l'objectif du livre, il devait être offert à des bibliothèques, des universités et écoles. Nous avons visé un public francophone pour lui faire connaitre les Odessites d'origine française, et la langue officielle du pays étant l'ukrainien.


Les Odessites et d'autres lecteurs d'Ukraine seront curieux d'apprendre que le caractère si particulier d'Odessa, ce qu'on appelle “la mentalité odessite” a été en grande partie impacté par des Français et notamment le duc de Richelieu. Odessa a eu la chance qu'au tout début de sa fondation il a été à sa tête. Il réunissait en lui-même beaucoup de qualités – du talent exceptionnel de gestionnaire jusqu'à une modestie hors du commun.

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Parlez-nous du duc de Richelieu – comment a-t-il rejoint  Odessa et quel a été son destin après sa carrière à la tête de la ville?

OG – Je me permettrai de citer le livre.


Armand-Emmanuel-Sophie-Septimanie de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu... De cette longue liste de noms et de titres, les Odessites n'ont retenu qu'un seul : le duc. Mais quel interêt pourrait-on porter à ce mot une foit traduit en français ? Dans l'histoire mondiale, il existe en effet plusieurs ducs renommés, mais dans l'histoire d'Odessa, il n'y a qu'un seul : Richelieu.


Après la révolution française, en 1790, Richelieu part à la guerre russo-turque, où il a participé notamment à la prise de la forteresse d’Izmail. Pour son courage pendant ce siège, il a été décoré de l’ordre de Saint Georges de 4e classe et a reçu une épée en or – ses premières distinctions dans un pays qui deviendra bientôt sa deuxième patrie. Après la prise de la forteresse, Richelieu revient dans les quartiers du prince Grégoire Potemkine qui le reçoit très aimablement et lui propose de l’accompagner à Saint-Pétersbourg. Cette invitation était très alléchante parce que la gloire du jeune Français était parvenue jusqu’à l’impératrice. Néanmoins, il fut obligé de la décliner et de revenir en France pour régler une succession. Quelques années plus tard il écrit à Alexandre Ier en lui demandant d’être engagé. Il reçut rapidement une réponse positive. Ainsi, en octobre 1802 Richelieu arrive à Pétersbourg où il reçoit de l’empereur 10 000 roubles « pour s’établir », ainsi qu’une propriété à Kouzeme (ndt : une région de Lettonie). Il est gradé général-lieutenant et il reçoit La Croix de commandeur. Alexandre Ier lui proposa plusieurs postes dont Richelieu choisit le poste à la tête de la ville d’Odessa.


En ce qui concerne ses activités à la tête d’Odessa et la suite de sa carrière en France en tant qu’homme d’Etat, nous en parlons en détails dans le livre et j’invite tous vos lecteurs à le lire.
 
Comment le livre est distribué? Où peut-on l'acquérir?
RS – Le projet a été sans but lucratif. Donc, le livre est distribué gratuitement dans les écoles, les établissements d'enseignement supérieur et dans des bibliothèques. N'importe qui peut trouver le livre en version PDF sur le site Scribd.com, en passant par son moteur de recherché ou sur la page Facebook de Frenchmen in Odessa.

Quels sont les résultats de 40 ans de jumelage entre Odessa et Marseille?


OG – Aujourd'hui les Odessites n'en ressentent quasiment pas l'existence, même s'il y a des tentatives de renouveler la collaboration. Pour l'heure, de rares echanges ne se déroulent qu'au niveau des administrations des villes.

 
On peut avoir l'impression que l'initiative du développement des relations franco-ukrainiennes proviennent souvent du coté français. Quel est le rôle des Ukrainiens en leur approfondissement?


RS – Le projet du livre “Les Français à Odessa” temoigne que l'initiative du développement des relations franco-ukrainiennes est bilatérale et mutuelle. En Ukraine il existe plusieurs pôles d'initiative citoyenne. Parmi eux, je peux évoquer le groupe musical VV avec son frontman Oleg Skrypka qui organise régulièrement des veillées à Montmartre. Quant à Odessa, je noterai l'activité de la chaire de langue française de l'Université national d'Odessa.

Parlez à nos lecteurs d'une de vos sources - “Le club mondial des Odessites”?


OGLe club mondial des Odessites a été fondé en novembre 1990 afin de réunir des personnes “de nationalité odessite” à travers le monde entier. Le but de ce club est d'échanger et transmettre des actualités liées à la ville. Il aide la ville pour préserver son héritage culturel et historique. Depuis sa création l'écrivain Mikhail Jvanetskiy  est à sa tête.


Actuellement cette organisation édite activement des livres, mais également le journal “Vsesvitni odeski novyny” (Nouvelles mondiales odessites) et l'almanach litteraire “Derybassivska-Richelieuvska”. Le club mondial des Odessites a été à l'initiative de la création de plaques commémoratives dédiées à Issak Babel, Yuriy Olecha, au peintre Kiariak Kostandi et de l'édification du monument de Babel.


_____-_______.jpgDeux premières éditions périodiques d'Odessa ont été francophones, aujourd'hui édite-t-on à Odessa en français?


OG – En effet, dans l'histoire récente d'Odessa notre livre est une premiere tentative de publication francophone. Et c'est surtout la première édition billingue français-ukrainien dans l'histoire de la ville.  

Le lecteur a l'impression qu'aujourd'hui la ville est loin d'exploiter tout son potentiel et ne montre pas des niveaux de croissance comparable à ce qu'elle a vécu il y a 150 ou 200 ans. A votre avis, qu'est-ce qui est nécessaire pour qu'Odessa retrouve son lustre et sa prospérité d'antan?


RS – Odessa a connu son essort grâce à la gestion de la ville par des personnes qui  mettaient leurs propres interêts en dessous du bien commun. L'exemple de Richelieu est le plus flagrant. Alors si les pouvoirs actuels reviennent non  sur les paroles mais par leurs actes aux valeurs européennes proclamées, Odessa retrouvera son entrain culturel et commercial d'antan.


Quels plans avez-vous pour ce livre et pour vos autres projets?


RS – Malheureusement le budget du livre n'a pas permis d'exploiter tous les documents rassemblés. Alors, nous prévoyons de faire paraitre un livre électronique qui sera plus complet.

Mis à part ce projet, nous travaillons sur un prochain livre : une édition “Les Ukrainiens en France” qui sera également bilingue. Nous souhaitons y rassembler et publier des documents sur des personnalités ukrainiennes qui ont contribué à l'essort culturel et artistique français (en débutant par Anne de Kyiv). Ainsi nous parlerons de Grégoire Orlyk, de Serge Lifar, de Volodymyr Kossyk, d'Arkadiy Joukovskiy, de Borys Goudzyak et de bien d'autres. Ils doivent être reconnus non seulement comme des citoyens français mais comme des enfants de l'Ukraine. Certains de ces documents sont publiés sur notre page de Facebook "Ukrainians in France".

Dans ce livre nous parlerons également des Français qui ont eu des racines ukrainiennes, dont Joe Dassin, Martine de Breteuil, Pierre Bérégovoy, Serge Gainsbourg et Pierre Lazareff. Dans le livre on évoquera les années passées en France par des personnalités historiques et culturelles telles que la poetesse Anna Akhmatova, le chef des mutineries paysannes et  un des pères de l'anarchisme Nestor Makhno, le militaire et chef d'Etat Simon Petlura, l'industriel Mikhaylo Terestchenko, la peintre Maria Bachkirtseff,  le chanteur et musicien Oleg Skrypka, et de nombreux autres. Nous comptons sur le concours de la communauté ukrainienne en France. Ainsi, nous sommes en contact et comptons collaborer avec la société sientifique Chevtchenko à Sarcelles. Nous allons étudier la possibilité de l'édition de ce livre en format papier. Je profite donc de l'occasion et je m'adresse à tous vos lecteurs pour nous aider à travailler sur ce projet. Tous ensemble nous réussirons mieux ce projet au nom de la préservation de l'identité nationale des Ukrainiens en France et pour la sauvegarde du trésor spirituel de notre peuple!

 

Propos recueillis par Olga Gerasymenko

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 12:35

Le bulletin de Juillet-Août 2013 de Perspectives Ukrainiennes est disponible sur la page Archive des bulletins de Perspectives Ukrainiennes ou en cliquant ici

Au sommaire:

p. 1 : Editorial


p. 2-3 : Entretien avec Andriy Osadchouk, initiateur du site sur les cartes anciennes d’Ukraine : vkraina.com


p. 4-7 : Anne de Kiev, reine de France, comtesse de Valois


p. 8-10 : Agenda culturel


p. 11 : Actualité du livre

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 11:24

 

vkraina1.JPGLes cartes géographiques passionnent les géographes, les voyageurs et, depuis relativement peu de temps, les collectionneurs. Un site présentant une collection de cartes anciennes des territoires ukrainiens a été récemment lancé sous le nom de Vkraina.com. Il est consultable en ukrainien et en anglais. La version française n’est pour l’instant pas prévue, mais le site vaut le détour pour admirer le travail minutieux réalisé par des cartographes français sur la représentation des territoires de l’Ukraine actuelle. Parmi eux, le célèbre Guillaume Levasseur de Beauplan, qui a joué un rôle non négligeable pour l’Etat ukrainien.

 

Andriy Ossadchouk, collectionneur à l’origine du site, nous parle du trésor que constituent ses cartes.

 

Andriy collectionne les cartes de manière systématique depuis 5 ans. Les cartes de cette collection datent de Renaissance tardive jusqu’à la disparition de l’Etat cosaque, démantelé par Catherine II à la fin du XVIIIe siècle. Andriy a réalisé que la cartographie ancienne reste assez accessible et qu’avec quelques efforts on peut rapidement obtenir des résultats spectaculaires et constituer une belle collection thématique.

 

Selon lui, c’est grâce aux travaux  des cartographes français des XVIe-XVIIe siècle, et notamment Guillaume Beauplan, Nicolas et Guillaume Sansons, de Fer, La Rouge, que le nom « Ukraine », alors déclassé par la Moscovie-Russie, n’a pas disparu des cartes du monde. Ce sont eux qui ont fixé ce nom pour le territoire situé entre les Carpates et la Moscovie sur les cartes européennes et ont diffusé cette connaissance à travers le monde occidental.

 

Andriy Ossadchouk compare Guillaume Levasseur de Beauplan pour l’Ukraine à Christophe Colomb pour l’Amérique : il l’a fait découvrir au monde occidental. C’est ensuite Nicolas Sansons qui a assuré la diffusion des renseignements fournis par Beauplan, en les reprenant et les rééditant.

 

« A une certaine époque la cartographie était une affaire d’Etat et était jalousement surveillée. Le nom « Ukraine » ne faisait pas fantasmer, ni à Varsovie ni à Moscou. Il représentait un grand territoire à part, séparé de la Pologne et de la Moscovie. Cela incitait toujours les deux capitales à éviter son utilisation par tous les moyens jusque dans les années 1920. Paradoxalement, ce sont les Soviétiques qui ont réintroduit le nom « Ukraine » sur la scène inte

 

rnationale. Malheureusement, le peuple ukrainien l’a payé très cher » - explique Andriy Ossadchouk.

 

carte-d-Ukraine-1720---telle-que-Voltaire-la-connaissait.jpg

Une pièce maîtresse manque pour l’instant à la collection : l’édition originale de la carte de Guillaume Levasseur de Beauplan, éditée en 1660 à Rouen. En effet, le travail de Beauplan, extrêmement intéressant, a failli ne jamais être édité, en raison de difficultés de financement. Sa carte n’a paru qu’en édition originale très limitée même pour cette époque. Néanmoins, des éditions plus tardives de cette carte sont visibles sur le site Vkraina.com.

 

Par ailleurs, la carte de Beauplan est la première carte aussi précise d’un pays européen. Notons que ni l’Italie, ni la France, ni aucune autre région européenne ne possédait de carte de ce format et avec de tels détails.

 

Même après tous les efforts des cartographes des siècles précédents, l’Ukraine reste souvent une tache blanche entre la Pologne et la Russie pour les Européens.

 

Que faudrait-il faire pour que ce blanc se remplisse de couleurs et de traits ? Selon Andriy Ossadchouk, « pour cela tout habitant entre Lviv et Louhansk doit effectuer  un travail sur lui-même, et prendre conscience de son identité. Tant que tous les habitants de l’Ukraine ne comprendront pas qu’ils sont les citoyens d’un grand pays avec une grande histoire,  le trou restera. Pourtant, même en Europe, peu de pays ont une histoire aussi riche que celle de l’Ukraine.».

 

Je comparerais l’Ukraine à Apple après le premier départ de Steeve Jobs : une belle histoire sur le déclin, qui a pourtant un énorme potentiel à développer. Tout dépend de nous-mêmes. – dit-il.

 

Par Olga Gerasymenko

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 10:16

 

anne-de-kyiv-portrait.jpgC’est au Moyen Âge, plus précisément  en 1051, que la princesse Anne quitta sa ville natale Kiev pour aller épouser Henri Ier, roi de France, petit-fils de Hugues Capet. «  Anne semblait digne en tous points de devenir la compagne du roi français. Elle était la fille de Yaroslav le  Sage, grand prince des Ruthènes, dont les exploits contre Boleslav, roi de Pologne, avaient porté le nom jusqu’aux confins de l’Occident. » Son aïeul Vladimir le Grand s’était  élevé à un haut degré de puissance et, en introduisant le christianisme parmi ses peuples, en 988, leur avait fait prendre place au milieu des nations civilisées. Yaroslav le Sage recueillit l’héritage de Vladimir le Grand. Il fut baptisé en même temps que son père (sous le nom de Youri). Parvenu au pouvoir, il poursuivit la politique de son père et amena l’Etat Kiévien au sommet de sa puissance. Il agrandit Kiev, l’entoura d’un mur d’enceinte, édifia de nombreuses églises et des palais. Il se soucia de l’élévation du niveau d’instruction et fonda des écoles. La célèbre Laure de Petchersk, important centre de monachisme et de rédaction des chroniques, fut elle aussi fondée sous son règne.

 

   Sous Yaroslav le Sage, l’Etat Kiévien entretenait  de nombreuses relations internationales. Yaroslav établit des alliances dynastiques avec les familles régnantes de l’Europe entière. Lui-même épousa une  Suédoise nommée Ingégerde. Ils eurent 9 enfants : leurs fils Iziaslav qui épousa une princesse polonaise, Vsevolod, une princesse byzantine, Sviatoslav, la petite fille de l’empereur germanique  Henri II.

 

Quant aux filles, Elisabeth, la sœur aînée d’Anne, épousa l’étonnant aventurier Harald le Brave, roi de Norvège, à qui Oslo doit sa fondation en 1058.  Veuve, elle s’unit en secondes noces à Sven, roi de Danemark. Sa plus jeune sœur Anastasia, se maria  vers 1050 avec le roi de Hongrie André Ier, et Anne épousa Henri Ier, le roi de France.

 

  Malgré 30 ans de règne, Henri Ier est peu connu en France. Par son aïeul Hugues Capet, il descend de Robert le Fort et d’Othon de Saxe, ancêtre des Capétiens et de la dynastie saxonne des empereurs de Germanie. Son père Robert le Pieux eut pour précepteur le moine d’Aurillac, un européen au savoir universel,  tour à tour astronome, musicien, diplomate. A l’école de ce savant pédagogue, il devint un prince cultivé, savant même, poète et musicien, en même temps que souverain d’assez grande allure. Il avait voulu pour ses fils une instruction sérieuse, comme celle dont il avait lui-même bénéficié. Mais les circonstances firent de lui un guerrier, tenace et courageux, plus qu’un homme de gouvernement. Il connut sans doute la période la plus difficile qu’ait traversé la dynastie capétienne.

 

   Henri eut quant à lui une enfance difficile ; sa mère, la belle et impérieuse Constance d’Arles, fille du comte de Toulouse Guillaume Taillefer, ne l’aimait pas et lui préférait ses cadets. Sacré à Reims le 14 mai 1027, il prit le pouvoir quatre ans plus tard, à la mort de son père, ce qui fut l’occasion pour Constance de lui créer toutes sortes de difficultés, soulevant même contre lui ses deux jeunes fils Robert et Eudes. Mais c’est seulement après la mort de sa mère en 1032, qu’il put songer à s’établir lui-même et à fonder une famille.

 

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   Mais pourquoi Henri 1er, roi de France, choisit Anne pour épouse ? Après avoir perdu en 1044 son épouse Mathilde, fille de l’empereur Henri II, qui ne lui avait pas donné d’héritier, il hésita longtemps avant de la remplacer. Il chercha vainement pendant plusieurs années une princesse en Germanie, car l’église s’opposait à des mariages consanguins, jusqu’au septième degré de parenté. Henri avait le désir de consolider la jeune dynastie capétienne par une union plus féconde que la première. Et lorsqu’il entendit vanter la beauté  d’une jeune princesse, dont le père régnait à Kiev, cette ville splendide, aux quatre cents églises, aux coupoles dorées, il décida de demander la main de la fille de Yaroslav le Sage qui occupait un rang glorieux parmi les princes de son temps. Même si ce pays lointain était alors quelque peu mystérieux et peu connu des peuples d’Occident, la renommée de Yaroslav le Sage était parvenue jusqu’à la cour d’Henri Ier. La France n’avait pas seulement besoin d’un héritier, mais de renforcer ses alliances et d’augmenter son prestige auprès des autres royaumes.

 

   Lorsque Henri Ier prit la décision d’envoyer les messagers au « Roi des Ruthènes » pour lui demander la main de sa fille, il chargea de cette mission une équipe brillante, Roger II, évêque de Chalon, Gauthier, évêque de Meaux, Gosselin de Chauny et plusieurs autres grands du royaume. Le retour de cette suite avec la princesse eut lieu entre 1049 et 1050. Le mariage fut célébré le jour de la Pentecôte,  le 19 mai 1051, dans la cathédrale de Reims. Ce mariage ne pouvait que renforcer le pouvoir d’Henri Ier, et garantir des liens avec un état puissant, l’Etat de Kiev. Il semblerait qu’à compter de 1059 et jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, plusieurs rois de France, en accédant au trône prêtèrent serment sur un très ancien Evangéliaire que la princesse Anne avait amené avec elle de Kiev. Il est l’un des plus anciens documents de langue ruthène écrit en cyrillique et glagolitique, conservé à la Bibliothèque Nationale.

 

Anne-de-Kyiv-monument.jpg

   Anne semblait s’être acclimatée en France : elle partagea la vie errante de son époux, celle des rois et seigneurs en général qui allaient de résidence en résidence, mais elle marqua apparemment quelques prédilections pour celle de Senlis. Le couple royal eut trois enfants : Philippe qui régna après son père, Robert qui mourut jeune et Hugues le Grand, plus tard comte de Crépy et chef de la branche royale de Vermandois.

 

   Selon les témoignages des chroniques, le couple royal paraissait bien s’entendre ; le nom de la reine Anne était mentionné à côté de celui du roi, dans plusieurs actes. Ainsi, le 12 juillet 1058, son nom parut dans un diplôme donné par Henri Ier au monastère de Saint- Maur-des Fossés. La même année elle confirma la charte donnée par son époux en faveur de l’abbaye de Hasnon. Le 29 mai 1059, la reine assista au sacre de son fils Philippe à Reims. A ce moment-là un acte fut donné en faveur du monastère de Tournus.

 

   Henri Ier mourut à Vitry-aux Loges près d’Orléans, le 4 août 1060, à l’âge de 52 ans. Après sa mort, Anne se retira avec ses enfants au château de Senlis. Elle conserva la tutelle et la garde du jeune roi. Au cours des trois années qui suivirent la mort d’Henri, le nom de la reine Anne figura encore dans plusieurs pièces.

 

 Il existait à Senlis, au faubourg de Vietel ou Vitel, une petite chapelle en ruines, dédiée à Saint-Vincent. Autour de cette chapelle s’étendait un vaste pré, appelé le Pré -du-Roi. C’est sur ce terrain que la reine fit construire son abbaye, avec la permission de son fils Philippe. Les travaux terminés le 29 octobre 1065, la consécration de l’église put avoir lieu.

 

   Après la mort de son époux, Anne se consacra à l’éducation de ses enfants, tout en remplissant un rôle politique indiscutable au cours de la première année de régence. Elle agit en souveraine auprès de son fils Philippe, c’est pourquoi son nom fut souvent mentionné à côté de celui-ci.

Anne_de_Kiev_autograph.PNG

   Puis soudain, elle disparut, on ne parla plus d’elle, ou très peu. Cette brusque disparition nous autorise à placer au cours du deuxième semestre 1061 l’intervention de Raoul, comte de Crépy et de Valois dans la vie personnelle de la reine. La chronique de son temps nous le présente comme un seigneur intelligent, ambitieux, peu scrupuleux, qui ne craignait ni l’armée du roi, ni les censures de l’église, ni l’opinion publique. Il attaqua et s’empara de tout ce qui lui convenait : villes ou châteaux, car c’était un bon chef militaire. Il commença par hériter de Gautier III, son cousin, mort sans enfants, des comtés d’Amiens, de Chaumont, de Mantes et de Pontoise. Puis son épouse Adélaïs, fille du comte Vaucher, lui apporta les seigneuries de Bar-sur-Aube, et de Vitry en Pertois. Sa seconde épouse Haquenez, apparentée aux comtes de Champagne, lui apporta aussi quelques avantages territoriaux.  Raoul devint ainsi un personnage puissant. Ce vassal intraitable était à ménager. Henri le savait, c’est pourquoi Raoul apparaissait souvent à la cour. 

 

   Restée veuve à l’âge de 30 ans, Anne épousa Raoul de Crépy. Ce mariage survenu 2 ans après la mort d’Henri eut lieu dans des circonstances assez particulières puisque Raoul, déjà veuf de sa première femme, s’était remarié en 1053 avec Haquenez, qu’il avait ensuite accusée d’adultère et songé à répudier. Aucun chroniqueur, aucun document d’époque ne parle de rapt. Il faut attendre l’historien Mézeray, pour apprendre qu’il s’agit d’un enlèvement. Le pape Alexandre II, mis au courant de ce mariage contraire aux lois ecclésiastiques, excommunia Raoul.medaille-anna-yaroslavna-la-reine-de-france.jpg

 

   Les réactions de l’entourage furent vives. La lettre que le pape avait adressée à la reine Anne est remplie d’exhortation sur les devoirs d’épouse et de mère : «  après des compliments sur sa générosité, sa bienveillance envers les pauvres, ses libéralités qu’elle leur fait, il lui conseille de conserver la soumission à l’Eglise, d’y exhorter le roi et d’élever ses fils dans une saine justice ». 

 

   Nous savons peu de choses sur ce que fut la vie d’Anne devenue comtesse de Crépy. En 1063, elle se trouvait à Soisson où son fils Philippe confirma une donation faite en faveur de l’abbaye St-Crépin. Le roi signa d’une croix, à côté du monogramme qui le désignait « Philipus ». Anne signa à son tour d’une croix, en caractère slavon. A plusieurs reprises les diplômes royaux ou autres de l’époque signalent sa présence aux côtés de Philippe à Corbie ; en 1067 ils se retrouvent à Amiens.

 

Raoul de Péronne mourut en 1074. Après sa mort Anne se retira à Senlis, près de son fils le roi Philippe et du prince Hugues, qui assistait son frère dans le gouvernement. Crépy sans Raoul ne signifiait plus rien pour elle. Sa dernière signature date de 1075, sur un diplôme en faveur de l’abbaye de Pontlevoy, près de Blois. Il est probable qu’Anne quitta la cour peu après. A ce moment-là elle n’avait que 52 ou 53 ans. Il y a tout lieu de croire qu’elle se retira dans quelque monastère où elle finit en paix ses jours, dans la prière et dans la pénitence.

 

   Au XVIIe siècle, un savant jésuite, le père François Ménestrier, fait une étrange découverte dans l’abbaye de Villiers en Gâtinais. Il s’agit d’une tombe plate dont les extrémités sont rompues. On peut y voir la figure gravée d’une femme, ayant sur la tête une couronne en forme de bonnets que l’on destinait aux grands électeurs. La coiffure décrite par Ménestrier ressemble à celle que portaient les princes de Kiev. Nous savons que l’abbaye de Villiers ne fut fondée qu’en 1220, par conséquent, la reine morte beaucoup plus tôt ne peut y avoir été enterrée. Il est probable que son corps y fut transporté 50 ans après sa mort. L’hypothèse qu’elle soit retournée dans son pays ne repose sur aucun fait précis et paraît tout à fait invraisemblable. Pour quelle raison, un quart de siècle après avoir quitté son pays, une princesse devenue tout à fait française, aurait voulu aller finir ses jours sur les bords du Dniepr ? Elle n’y aurait plus retrouvé que des collatéraux indifférents ou hostiles. Son père étant mort, en 1075, ses frères Sviatoslav et Iziaslav se disputaient le trône paternel avec acharnement depuis plusieurs années et Anne ne pouvait l’ignorer. Ainsi, on ne voit guère les raisons d’un retour au pays de son enfance, mais il est encore plus difficile d’imaginer « qu’elle ait pu briser les liens de l’affection maternelle, et tout autant ceux de l’affection pour son peuple auquel elle était profondément attachée, elle, princesse de Kiev qui était devenue reine de France ».

                                

Par Olga Mandzukova-Camel, professeur émérite à l’INALCO

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 11:18

Invit Deresh Androukhovytch

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 08:55

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SOURCE  DE LUMIERE SPIRITUELLE


Les traditions ukrainiennes remontent à plus d'un millénaire, profondément enracinées dans la terre nourricière.
De  tout temps, les gens ont adoré le soleil, symbole tant de la fête d’Ivan KUPALA  (Saint-Jean) que de celle de Noël.


« Mes œuvres sont destinées à attirer l'attention sur les performances magiques et mettre en scène, les chants, les jeux, les costumes, les légendes… qui font l’identité de notre  peuple, afin d’orienter les gens vers leurs racines natales. La préservation des traditions séculaires permet non seulement de nous sentir partie intégrante de la nation, mais fournit aussi une source incontestable d’inspiration particulière pour toutes nos pensées et nos actions.


Cette exposition est une invitation au voyage dans l’univers poétique de la peinture amenée à la quintessence par les croyances séculaires liées au phénomène des solstices d’été et d’hiver. Deux fêtes ont inspiré la création de mes œuvres pour l’exposition à Paris ».

 


La fête d’Ivan KUPALA


Les anciennes traditions revivent dans la nuit d’Ivan KUPALA du 6 au 7 juillet.  Cette nuit peut vraiment être appelée Enchantée, puisque ce soir-là se réveillent les sorcières, les sirènes, les lutins. Mais le feu d’Ivan KUPALA a le pouvoir de chasser ces êtres surnaturels malveillants. Afin de se protéger des mauvais esprits, on allume le feu, appelé le feu purificateur et on danse autour de lui. La flamme illumine des visages souriants et mystérieux.  Les jeunes filles tissent des couronnes de fleurs et les jettent dans l'eau. On croyait que ce jour-là le soleil se baignait dans l'eau, donnant la puissance curative aux herbes, aux fleurs et à l’eau elle-même.


Cette nuit là tout le monde cherche à libérer ses désirs les plus intimes, parce que la fête de KUPALA c’est l’éloge de la jeunesse et de l'amour.


Une seule participation à cette action rituelle rend impossible l’oubli du mystère et de la magie de la fête.


Je tiens à souhaiter à tous les gens qui feront connaissance avec mes œuvres qu’un rayon de soleil reste à jamais dans leurs âmes.

 


Fêtes de Noël


 « Une nouvelle joie est arrivée, telle qu’il n’y en avait encore jamais eu auparavant » – c’est avec ces mots ci, issus d’une chanson de Noël ukrainienne (kolyada en ukrainien) qu’est rappelée avec joie la naissance de Jésus. Au fil du temps, des coutumes très anciennes se sont mêlées aux rites chrétiens. La période est dédiée à la régénération des forces vitales du monde, c'est à dire des hommes, des animaux et de la nature, pour que s'accomplisse dans les meilleures conditions le cycle du temps qui passe. La célébration de Noël, comme beaucoup de fêtes religieuses chrétiennes, est imprégnée de traditions ancestrales slaves. Dans les chansons de Noël, la naissance du Christ est très souvent comparée au lever du soleil. La fête en elle-même est ponctuée de traditions prenant une signification particulière pour l’année à venir.


Avec l'arrivée de Noël le mystère vénéré lie l’adoration et les festivités exubérantes.


Les traditions d'aujourd'hui associent magie, bénédictions de la nouvelle année à venir, décoration de la maison et symboles de conciliation.


Les chants de Noël sont très présents pendant cette période. Dans certaines régions, les "cantiqueurs", groupes d'enfants ou de jeunes adolescents vont quêter de maison en maison avec des étoiles multicolores et des crèches.
Dans les villes et villages d'Ukraine l’énergie turbulente de voix joyeuses des chanteurs se mêlent avec les étoiles brillantes de Noël et les costumes fantastiques des participants. Pendant ces moments féeriques on s’imprègne de l’esprit d’unité avec sa terre et ses ancêtres, on comprend combien on en a besoin et que la fête ne pourra guère avoir lieu sans nous.

 

andriy nabokaAndriy NABOKA
 
Peinture à l'huile.


Andriy NABOKA est né le 14 Février 1985 à Kiev, en Ukraine. Sa passion et son intérêt pour les arts se sont manifestés dès son plus jeune âge, le conduisant à la ferme décision de devenir peintre.


Il a fait de brillantes études à l'Académie Nationale des Beaux-Arts dans l'atelier du professeur A. LOPUKHOV. En 2009, il est admis au département des jeunes peintres auprès de l'Union nationale des Artistes d'Ukraine. Plusieurs fois lauréate de compétitions nationales et internationales, il est remarqué par la Fondation «Ukraine» pour ses séries de toiles originales «Dialogue avec la couleur », « Jazz », « Musique » dont les expositions ont été organisées en Ukraine et à l’étranger.


EXPOSITIONS
2002– Exposition personnelle à la galerie « Tente d'Art», Kiyv
2002– Exposition personnelle à la Bibliothèque nationale pour l'enfance  et la jeunesse
2003– «Le Jour d’Artiste-2003» Kiyv
2006– «Virgule et point», Musée d'art régional de Tchernivtsi
2006– Musée d'art d’Ivano-Frankivsk
2007– Exposition personnelle à la galerie «Tente d'Art», Kiyv
2008– Exposition de Noël, Union Nationale des Artistes, Kiyv
2009– Exposition personnelle à la société de Baker Tilly Ukraine, Kiyv
2009– «Arsenal Art»  dans la galerie «Cercle», Kiyv
2009– «Art Arsenal» dans la galerie «Metro», Kiyv
2010– Dans la galerie «ARTIST», Kiyv
2010– «Printemps à Kiev» dans la galerie «Tente d'Art»
2010– Exposition personnelle à la  Fondation « Ukraine»
2010– Prague, «Zuzuk Galery»
2011– Exposition personnelle «Couleurs du jazz» aux États-Unis : Rochester et Buffalo.


Ses œuvres se trouvent dans des collections privées en Ukraine, en Amérique, au Portugal, en Allemagne et en Russie.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 11:16

Il y a un siècle et demi, un Français, un certain Honoré de Balzac, a sillonné les routes d’Ukraine. Sa destinatiPRIx-Balzac-Verkhovnia-2013-4.jpgon était un village perdu dans les plaines ukrainiennes, Verkhovnia. Il est allé jusqu’en Ukraine par défi, par passion, par amour.

En 2008, un autre Français a traversé ces mêmes plaines, en train tel un voyageur d’autrefois… il s’agit d’Emmanuel Lepage.  Natif de Bretagne, il n’avait pas eu peur de mettre le cap à l’Est !  Il s’est arrêté à plus de 3000 kilomètres de Saint Brieuc, à  Volodorka, près de Tchernobyl. A la suite de ce voyage deux livres ont vu jour - "Les Fleurs de Tchernobyl" et "Un Printemps à Tchernobyl".

Emmanuel a, en effet cette, particularité  de rechercher l’inspiration dans les terres supposées inhospitalières.  Il sillonne le vaste monde à la rencontre des quatre éléments et y rencontre souvent un cinquième  – l’être humain.

C’est une quête intérieure et poétique qui  l’anime. Elle le conduit à  l’universel, tel le cheminement du pèlerin de Compostelle.  « Un Printemps à Tchernobyl » s’inscrit tout particulièrement  dans cette approche sensible et artistique de ce qui relie la nature et les hommes.

Sujet tragique, synonyme d’anéantissement, la catastrophe du 26 avril 1986 semblait, aux yeux du monde et notamment des français,  avoir figé l’Ukraine dans l’ambre de l’éternité et du désespoir.

Mais Emmanuel Lepage a merveilleusement retranscrit la résurrection d’une terre et d’un peuple qui a une foi absolue en la vie, au-delà des épreuves, au-delà  de la souffrance.PRIx-Balzac-Verkhovnia-2013-2.jpg
 
Quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois, il avait parlé d’avoir pris des couleurs gris et noir pour dessiner Tchernobyl, et il s’est retrouvé avec du vert… Cette phrase résume l’étymologie du mot « Tchernobyl »! En effet, «Tchernobyl » veut dire à la fois – « un conte noir » mais aussi l’herbe d’absinthe, cette plante verte, qui inspirait les artistes en menant, parfois, ceux qui n’étaient pas assez prudents, à leur perte.
 
Emmanuel Lepage a réalisé un album éblouissant de lumière, de poésie et d’émotion, en alternant paysages de campagne, friche industrielle et urbaine, en conjuguant nuances de gris et couleurs éclatantes.

 « Un Printemps à Tchernobyl » est le récit lucide d’une reconstruction aux confins de la peur et du courage, tout à la fois vertigineux, profond, intense et terrifiant.

C’est en reconnaissance de ce témoignage, porté par un puissant sentiment d’humanité, que la rédaction de Perspectives Ukrainiennes a décidé à l’unanimité de décerner à Emmanuel Lepage le prix Balzac – Verkhovnia 2013.
PRIx-Balzac-Verkhovnia-2013-3.jpg
Perspectives Ukrainiennes remercie chaleureusement monsieur le Sénateur Hervé Maurey, président du groupe d’amitié France-Ukraine, qui s’est associé à cette remise de prix, en accueillant la cérémonie ce 19 juin 2013.

 

Pour voir les photos de la soirée

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 10:37

EL.jpgMa connaissance visuelle, sensorielle de l'Ukraine est extrêmement parcellaire, elle limite à Tchernobyl et ses environs.

Mais cette résidence dans ce petit village aux bords de la zone m'aura permis de connaître un peu mieux l'Ukraine.... et de l'aimer, paradoxalement au travers de la plus grave catastrophe technologique du vingtième siècle.

 

Alors que je m'attendais en vivant quelques semaines là-bas à être confronté à des terres ou rode la désolation, aller peut-être même au pays de la mort, j'ai été happé par autre chose. Malgré le drame quotidien que vivent ces populations depuis maintenant plus de 27 ans, malgré les maladies, malgré la situation sanitaire et sociale catastrophique, malgré cette terre outragé, cette population continue à se battre.

 

Un combat pour la vie. C'est de ça que j'ai voulu témoigner dans mon livre de vie, mais aussi d'espérance et de courage.

 

Une espérance qu'un monde fort de ce drame puisse s'interroger sur ses choix énergétiques... même si Fukushima semble nous dire qu’on n’apprend rien du passé.

 

Un courage, celui de ce peuple ukrainien écrasé par les deux totalitarismes du XX siècle et qui a dû faire face à cette catastrophe inouïe, un peuple épris de liberté et de justice qui a su reconquérir son indépendance, un peuple qui sait que lutter c'est vivre.

 

Mesdames, messieurs, monsieur le Sénateur, je tiens à remercier l'équipe de Perspectives Ukrainiennes de m'accorder ce prix.

Couv-Printemps-Tchernobyl-web-bandeau.jpg

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